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Conception et dimensionnement d'un système optimisé de traitement des effluents de l'abattoir de Saint-Cloud dans l'arrondissement d'Ebolowa II


par Sidoine Dave YAGOUE KAMENI
Université d'Ebolowa - 2iE Ouagadougou - GSGS - Master ANC 2025
  

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II.2.4. EAUX USEES DES ABATTOIRS

La pollution rejetée dépend directement :

- Du taux de récupération du sang ;

- Du mode d'évacuation des matières stercoraires ;

- De l'importance de la triperie boyauderie ;

- Des ateliers annexes (salaison, conserverie...).

Ces établissements consomment beaucoup d'eau potable pour assurer l'hygiène de ces locaux et du produit de l'abattage. La consommation d'eau entraîne la formation d'un effluent qui devrait subir une épuration avant d'être rejeté dans le milieu extérieur (Peiffer, 2003). Ainsi les abattoirs figurent parmi les industries les plus polluantes en raison des grandes quantités de déchets générés (Labioui et al., 2007).

II.2.4.1. Pollution par les effluents des abattoirs

La nature organique des effluents des abattoirs implique que, dans une situation dégradée où il serait mal pris en charge par la filière de traitement, il peut perturber le milieu récepteur dans lequel il est rejeté. Ces effluents constituent une source de nutriments qui va déstabiliser les réseaux trophiques du milieu, favorisant la croissance de la population d'espèces saprophytes qui vont dominer les autres espèces, amenant l'écosystème concerné à une réduction de sa biodiversité (Peiffer, 2003). Ainsi dans la classification des générateurs des polluants, les industries alimentaires (abattoirs inclus) sont considérées comme les principales sources des polluants organiques. La saignée d'un bovin de poids moyen (environ 300 kg) libère un flux sanguin hautement concentré. L'estimation de 210 grammes de matière organique par bovin abattu confirme que, bien que le sang puisse représenter seulement 4% à 10% du poids vif, il est proportionnellement le principal contributeur à la pollution. La contribution moyenne de la saignée à la charge organique totale des effluents d'abattoir est estimée entre 35% et 50%, la matière organique libérée par bovin étant directement corrélée à la richesse protéique du sang, soulignant l'impératif technique de la collecte intégrale pour le contrôle de la pollution en sortie de ligne d'abattage. (Nzali et al., 2024). Cette charge polluante équivaut à la quantité de la matière organique produite par 39 habitants en un jour. La pollution engendrée en moyenne par un litre de sang correspond à celle provoquée par deux habitants et par jour. Les eaux usées des abattoirs présentent en moyenne un ratio DCO/DBO5 variant de 0,63mg/L à 1,70mg/L conforme avec celui des eaux usées urbaines à dominance domestique présentant un rapport DCO/DBO5 inférieur à 3. Donc, on peut conclure que même si les eaux usées des rejets urbains présentent une charge organique élevée, elles sont facilement biodégradables. L'examen de ce rapport souligne bien le caractère biodégradable des eaux usées des abattoirs (Gannoun et al., 2015).

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