II.2.4. EAUX USEES DES
ABATTOIRS
La pollution rejetée dépend directement :
- Du taux de récupération du sang ;
- Du mode d'évacuation des matières stercoraires
;
- De l'importance de la triperie boyauderie ;
- Des ateliers annexes (salaison, conserverie...).
Ces établissements consomment beaucoup d'eau potable
pour assurer l'hygiène de ces locaux et du produit de l'abattage. La
consommation d'eau entraîne la formation d'un effluent qui devrait subir
une épuration avant d'être rejeté dans le milieu
extérieur (Peiffer, 2003). Ainsi les abattoirs figurent parmi les
industries les plus polluantes en raison des grandes quantités de
déchets générés (Labioui et al., 2007).
II.2.4.1. Pollution par les effluents des abattoirs
La nature organique des effluents des abattoirs implique que,
dans une situation dégradée où il serait mal pris en
charge par la filière de traitement, il peut perturber le milieu
récepteur dans lequel il est rejeté. Ces effluents constituent
une source de nutriments qui va déstabiliser les réseaux
trophiques du milieu, favorisant la croissance de la population
d'espèces saprophytes qui vont dominer les autres espèces,
amenant l'écosystème concerné à une
réduction de sa biodiversité (Peiffer, 2003). Ainsi dans la
classification des générateurs des polluants, les industries
alimentaires (abattoirs inclus) sont considérées comme les
principales sources des polluants organiques. La saignée d'un bovin de
poids moyen (environ 300 kg) libère un flux sanguin hautement
concentré. L'estimation de 210 grammes de matière organique par
bovin abattu confirme que, bien que le sang puisse représenter seulement
4% à 10% du poids vif, il est proportionnellement le principal
contributeur à la pollution. La contribution moyenne de la
saignée à la charge organique totale des effluents d'abattoir est
estimée entre 35% et 50%, la matière organique
libérée par bovin étant directement corrélée
à la richesse protéique du sang, soulignant l'impératif
technique de la collecte intégrale pour le contrôle de la
pollution en sortie de ligne d'abattage. (Nzali et al., 2024). Cette charge
polluante équivaut à la quantité de la matière
organique produite par 39 habitants en un jour. La pollution engendrée
en moyenne par un litre de sang correspond à celle provoquée par
deux habitants et par jour. Les eaux usées des abattoirs
présentent en moyenne un ratio DCO/DBO5 variant de 0,63mg/L
à 1,70mg/L conforme avec celui des eaux usées urbaines à
dominance domestique présentant un rapport DCO/DBO5
inférieur à 3. Donc, on peut conclure que même si les eaux
usées des rejets urbains présentent une charge organique
élevée, elles sont facilement biodégradables. L'examen de
ce rapport souligne bien le caractère biodégradable des eaux
usées des abattoirs (Gannoun et al., 2015).
|