II.2.3. EAUX USEES
II.2.3.1. Origine
Une eau est considérée comme « usée
» lorsque son état et sa composition sont modifiés par les
actions anthropiques, de manière à ce qu'elle soit difficilement
utilisable pour tous ou pour certains usages, auxquels elle devrait servir
à l'état naturel. De manière générale, une
eau usée encore appelée eau résiduaire est une eau qui a
subi une détérioration après usage (Cors, 2013). Suivant
l'origine des substances polluantes on distingue quatre catégories
d'eaux usées (Letah, 2012).
II.2.3.2. Typologie des eaux usées
c) Eaux usées domestiques
Elles sont constituées d'une part des eaux vannes
encore appelées « eaux noires » issues des toilettes et
chargées des matières organiques azotées, de germes
fécaux, et d'autre part des eaux grises provenant des ménages
(lavabo, lessiveuse, baignoire, ...) et des rejets issus essentiellement des
activités ménagères. Les eaux usées domestiques (ou
eaux grises et eaux vannes), provenant de l'activité
résidentielle (sanitaires, douches, lessives et cuisines), constituent
un flux d'effluents faiblement à moyennement concentré en
matière organique biodégradable et en nutriments. Elles sont
également enrichies en micro-polluants tels que les détergents,
les graisses, et les résidus de produits d'hygiène,
nécessitant un traitement adéquat pour prévenir la
contamination microbiologique et l'eutrophisation des milieux aquatiques
récepteurs.(Kouam, 2024). Les eaux usées domestiques sont riches
en matières organiques biodégradables.
La composition chimique moyenne d'une eau usée
domestique est présentée au tableau (I) suivant.
Tableau 1. Composition chimique moyenne d'une eau usée
domestique (Banque Mondiale, 2023).
|
NATURE
|
MATIERES INORGANIQUES
|
MATIERES ORGANIQUES
|
|
COMPOSANTS MAJEURS
|
Azote, Phosphore, Potassium,
Calcium
|
Hydrates de Carbone,
Graisses, Matières
Protéiques
|
|
POURCENTAGE
|
10 à 30 %
|
70 à 90 %
|
D'après ce tableau, les eaux usées domestiques
sont très riches en matières organiques (70% à 90 %) dont
la dégradation par les micro-organismes donne des éléments
nutritifs.
d) Eaux usées industrielles et artisanales
Les déchets industriels, comme leur nom l'indique, sont
des déchets provenant des processus de fabrication, de transformation,
d'utilisation, de nettoyage, d'entretien et de consommation industrielle.
(Ropero, 2024). Dans l'industrie moderne, l'eau est une ressource transversale
dont les usages se déploient sur quatre fonctions essentielles : elle
est un composant vital du procédé de transformation (eau de
processus), un agent indispensable de la salubrité et du transport des
déchets (eau de lavage), un vecteur de transfert thermique (eau de
refroidissement), et une source d'énergie (eau de chaudière).
L'efficacité de la gestion industrielle repose sur la segmentation de
ces flux d'eau, chacun générant des effluents aux
caractéristiques de pollution distinctes. (OCDE., 2023). Les eaux
usées industrielles au Cameroun se distinguent par une grande
hétérogénéité de composition en fonction du
secteur d'activité, et excèdent la simple charge organique et
nutritionnelle des effluents domestiques. Au-delà des polluants
classiques (matières organiques et nutriments), ces rejets sont
fréquemment enrichis de substances dangereuses telles que les
métaux lourds (issus des tanneries), les hydrocarbures, et divers
micropolluants chimiques et solvants. Cette complexité et cette
toxicité accrue rendent leur traitement particulièrement
difficile et coûteux, tout en exacerbant la menace sur la santé
publique et les écosystèmes aquatiques récepteurs.Les
études menées sur les cours d'eau en milieu urbain au Cameroun
confirment la présence significative de métaux lourds et
d'hydrocarbures dans les effluents industriels, souvent à des
concentrations supérieures aux limites autorisées par le
Décret n° 2003/084/PM, soulignant l'insuffisance du traitement et
le risque de bioaccumulation. (Ngangoumet al., 2024). Certaines d'entre elles
doivent faire l'objet d'un prétraitement de la part des industriels,
avant d'être rejetées dans les réseaux de collecte. Elles
ne doivent être mêlées aux eaux domestiques que lorsqu'elles
ne présentent plus de danger pour les réseaux de collecte et ne
perturbent pas le fonctionnement des usines de dépollution (Koffi et
al., 2023).
|