II.2.2. DECHETS D'ABATTOIRS
D'une manière générale un déchet
municipal est un objet indésirable abandonné sur la voie
publique, même les cadavres d'animaux, bref une réunion de
résidus hétérogènes. Selon une étude
menée par Nzali et al. (2024), c'est l'ensemble des matières
résiduelles, solides et liquides, qui résultent de l'abattage des
animaux et des opérations de préparation primaire des carcasses
(saignée, éviscération, dépouille, lavage). Ces
sous-produits, bien que majoritairement considérés comme des
déchets en fin de chaîne, constituent des flux
hétérogènes et très chargés en
matière organique, en nutriments (protéines, graisses) et en eau,
représentant ainsi un risque environnemental majeur si non
traités, mais aussi un potentiel significatif de valorisation
matière et énergétique. Ils représentent la plus
grosse part des déchets d'abattoirs (environ 70% de l'ensemble). Chez
les bovins, ces matières sont vertes, très pailleuses d'aspect et
contiennent de fibres de 4 à 5 cm. Elles pèsent environ 45 kg par
contenu de pause et 3,5 kg pour les feuillets.
Compte tenu du pourcentage récupérable de ses
matières stercoraires, on peut compter sur 45 kg de matières
stercoraires par bovin. Il s'agit spécifiquement de :
Ø Cornes, onglons, os, poils et petits déchets
divers : Ils représentent des déchets non valorisés
et exposés en général dans l'environnement immédiat
des abattoirs entraînant une forte pollution. Les poils et petits
déchets divers sont produits à tous les niveaux durant les
activités d'abattage.
Ø Abats et viandes saisies : Ce sont des abats et
viandes saisis par les services vétérinaires qui sont
déclarés impropres à la consommation humaine, à la
suite de l'inspection sanitaire soit pour répugnance, soit pour
insalubrité. Les causes des saisies sont diverses, elles peuvent
être infectieuses, parasitaires, ou non spécifiques.
Ø Les déchets biomédicaux : Ce sont
des déchets issus de l'activité des cliniques, des
établissements de soins, des laboratoires et services
vétérinaires. Ces établissements produisent des
déchets à risques : objets coupants et tranchants, cultures
biologique de laboratoire, déchets anatomiques et cadavres d'animaux de
laboratoires, objets contenant du sang etc.
Ø Les déchets non polluants (fumier des
étables et de la salle de stabulation).
Ø Le sang : sous-produit liquide inévitable
de l'abattage, représente une fraction significative du poids vif de
l'animal (environ 4% à 10%), conférant aux effluents d'abattoir
leur charge organique et azotée la plus élevée. La gestion
optimisée et la séparation à la source de ce flux
hyper-polluant sont donc des actions prioritaires pour réduire
drastiquement le coût et la complexité du traitement des eaux
usées. (Diallo et al., 2023)
Ø Les eaux résiduaires : Elles sont les
eaux usées collectées à la sortie des industries
d'abattage. Les eaux résiduaires proviennent au niveau des abattoirs des
étables : purin, eau d'égouttage des fumiers, des postes de
travail de la viande, eaux de lavage des locaux d'abattage (triperies), eaux
pluviales, des cours d'eau, parcs, fumiers et les effluents des locaux
sanitaires. Le volume des eaux usées rejetées est
généralement proche en volume d'eau consommée par
l'abattoir. Ce volume varie de la durée de stabulation ses animaux avant
l'abattage, de la cadence d'abattage, du mode de transport des déchets,
et du travail effectué en triperie etc. (PNUE, 2020). Dans la
sous-partie suivant, nous traiterons en détails ces aspects d'eaux
polluées.
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