3.4 Epidémiologie
3.4.1 Épidémiologie de la
shigellose
La shigellose est une infection gastro-intestinale
causée par l'une des quatre espèces de
bactéries Shigella, dont S. sonnei. Il s'agit
d'un agent pathogène virulent dont la dose infectieuse est très
faible, ce qui signifie qu'il suffit d'un petit nombre de bactéries,
soit environ 10 à 100 organismes, pour provoquer la maladie. Les
êtres humains constituent le seul réservoir connu et peuvent
excréter des bactéries dans les selles pendant des semaines
après avoir présenté une diarrhée sanglante.
Les Shigella se trouvent dans le tractus intestinal
des personnes infectées et peuvent se transmettre par voie
fécale-orale à la suite d'un contact direct entre personnes, d'un
contact avec les selles d'une personne infectée ou d'un contact
indirect, par exemple par l'intermédiaire de mouches, d'objets
souillés ou de la consommation d'aliments ou d'eau contaminés.
Les porteurs asymptomatiques peuvent également transmettre la maladie.
La transmission sexuelle durable est devenue une voie de transmission
importante de la shigellose.
Les symptômes les plus courants associés aux
infections à S. sonnei comprennent : diarrhée
aqueuse ou sanglante, douleurs et crampes abdominales, fièvre,
nausées, vomissements, perte d'appétit, maux de tête et
malaise. La plupart des infections à S. sonnei provoquent
une maladie de courte durée, avec une guérison en une semaine et
un faible taux de létalité, mais ce pronostic n'est pas toujours
applicable aux sujets immunodéprimés et des complications peuvent
survenir. Les infections modérées à sévères
sont habituellement traitées par des antibiotiques, mais compte tenu de
l'incidence croissante des Shigella multirésistantes et
ultrarésistantes dans le monde, les options thérapeutiques sont
de plus en plus limitées. Des cas d'infections à S.
sonnei ultrarésistantes ont été signalés
précédemment en Australie et aux États-Unis
d'Amérique.
La shigellose est endémique dans la plupart des pays
à revenu faible ou intermédiaire (PRFI) et est une cause majeure
de diarrhée sanglante dans le monde. On estime que chaque année,
elle est à l'origine d'au moins 80 millions de cas de
diarrhée sanglante et de 700 000 décès. La
quasi-totalité (99 %) des infections à Shigella se
produisent dans les PRFI et la majorité des cas (~70 %) et des
décès (~60 %) concernent des enfants de moins de cinq ans.
On estime que <1 % des cas bénéficient d'un traitement en
milieu hospitalier.
3.4.2Charge de morbidité Shigellose
endémique
La shigellose est endémique dans la plupart des pays
en développement et constitue la première cause de
diarrhée sanglante dans le monde(World Health Organization, 2008). On
estime qu'elle provoque chaque année au moins 80 millions de cas de
diarrhée sanglante et 700 000 décès(World Health
Organization, 2008). Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des infections dues
à Shigella surviennent dans les pays en développement, et la
plupart des cas (environ 70 %) et des décès (environ 60 %)
concernent des enfants de moins de cinq ans. Probablement moins de 1 % des cas
sont traités à l'hôpital--'--'-(Ung et al., 2019).
3.4.3Epidémies dues à
Shigella dysenterie 1
Les flambées de diarrhée sanglante due à
Sd1 sont très fréquentes dans les zones pauvres et
surpeuplées, avec un assainissement insuffisant et de mauvaises
conditions d'hygiène et d'approvisionnement en eau(World Health
Organization, 2008). Les réfugiés et les populations
déplacées sont particulièrement exposés au risque.
Au cours des vingt dernières années, des flambées
épidémiques de grande ampleur ont éclaté en
Afrique, en Asie du Sud et en Amérique centrale(World Health
Organization, 2008). Entre 1993 et 1995, des flambées ont
été rapportées dans plusieurs pays d'Afrique centrale et
australe(World Health Organization, 2008). En 1994, une flambée brutale
parmi les réfugiés rwandais au Zaïre a provoqué
environ 20 000 décès au cours du seul premier mois(World Health
Organization, 2008). Entre 1999 et 2003, des flambées ont
été rapportées en Sierra Leone, au Libéria, en
Guinée, au Sénégal, en Angola, en République
centrafricaine et en République démocratique du Congo(World
Health Organization, 2008). En 2000, des flambées de diarrhée
sanglante due à Sd1 résistant aux fluoroquinolones ont
été observées en Inde et au Bangladesh. En Amérique
centrale, la plus récente des épidémies de grande ampleur
a duré de 1969 à 1973 et a provoqué plus de 500 000 cas et
20 000 décès(World Health Organization, 2008).
|