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Epidemiologie et caracterisation moleculaire de salmonella et shigella, chez les patients souffrants de diarrhée aiguë à  N'Djamena au Tchad


par N'gare Hassan Mahamat Tahir
Université de N'Djamena - Doctorat en Biologie 2025
  

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3.5Pouvoir Pathogène

3.5.1Dysenterie bacillaire

C'est la forme la plus sévère des infections à Shigella(Charles & Jean-Louis, 2007). Elle est due à S. dysenteriae, sérotype 1. Après une brève incubation de 1 à 2 jours, elle se traduit pardes douleurs abdominales, de la fièvre et l'émission de selles afécales faites de glaires mucosanglantes(Charles & Jean-Louis, 2007). Des perforations coliques peuvent se produire. La maladie peut se propager sur le mode épidémique et entraîner une mortalité appréciable sur des terrains fragiles(Charles & Jean-Louis, 2007).

3.5.2 Syndrome diarrhéique

Les infections à Shigella se traduisent plus souvent par une diarrhée d'allure plus commune. Elles surviennent surtout chez l'enfant(Charles & Jean-Louis, 2007). La diarrhée peut être sanglante et suivie parfois d'un syndrome hémolytique et urémique. Les infections à Shigella sont très fréquentes dans les pays en voie de développement, mais s'observent aussi dans nos régions, avec une incidence beaucoup plus faible(Charles & Jean-Louis, 2007). Les shigelles sont responsables d'une partie des diarrhées des voyageurs(Charles & Jean-Louis, 2007).

3.5.3Facteurs de Pathogénicité

ü Pouvoir invasif

Les shigelles envahissent le côlon (surtout dans sa partie distale) et provoquent une intense réaction inflammatoire au niveau de la muqueuse et de la lamina propria, ainsi que des ulcérations(Charles & Jean-Louis, 2007). Les bactéries n'ont pas tendance à se propager au-delà du côlon. Les shigelles ont la capacité d'envahir des cellules épithéliales grâce à un groupe de gènes plasmidiques (Ipa)(Charles & Jean-Louis, 2007). Elles provoquent au niveau de la cellule épithéliale des remaniements du cytosquelette qui permettent leur ingestion par un processus analogue à la phagocytose(Charles & Jean-Louis, 2007). Les shigelles lysent ensuite la vacuole de phagocytose et se multiplient activement dans le cytoplasme(Charles & Jean-Louis, 2007). Elles peuvent se déplacer dans la cellule et même d'une cellule à l'autre en provoquant une polymérisation de l'actine à un de leur pôle (grâce à un autre gène plasmidique). Lorsqu'elles sont phagocytées par des macrophages elles provoquent la mort cellulaire par apoptose et la libération de cytokines pro-inflammatoires, comme l'IL-1â. Les lésions semblent résulter à la fois de la prolifération bactérienne intracellulaire et de la réponse inflammatoire très intense(Charles & Jean-Louis, 2007).

ü Toxines

S. dysenteriae produit une toxine de structure complexe, faite d'une chaîne polypeptidique A et de 5 chaînes B. Les chaînes B assurent la fixation de la toxine sur son récepteur cellulaire. La chaîne A pénètre dans la cellule et clive un résidu adénine au niveau d'un ARN ribosomal(Charles & Jean-Louis, 2007). Cette altération entraîne l'arrêt des synthèses protéiques et la mort cellulaire. La diffusion de la toxine de Shiga semble impliquée dans le syndrome hémolytique et urémique. Elle est très proche de la Shiga-like toxin des Escherichia coli entérohémorragiques. Deux entérotoxines (1 et 2) ont été décrites. Elles jouent un rôle dans la diarrhée(Charles & Jean-Louis, 2007). L'entérotoxine 1 est produite par S. flexneri, l'entérotoxine 2, codée par un gène plasmidique, peut être produite par différentes espèces de shigelles(Charles & Jean-Louis, 2007) .

3.5.4Surveillance

La détection et la notification rapides des cas de diarrhée sanglante constituent la première étape, capitale, de la surveillance de la shigellose endémique et de la lutte contre la shigellose épidémique, et également des flambées de cas de dysenterie dus à E. coli entéro-hémorragique(World HealthOrganization, 2008). Le nombre de cas de diarrhée sanglante et de décès associés doit être déterminé et rapporté pour deux groupes d'âge, les enfants de moins de cinq ans et les patients de cinq ans et plus--'--'-(Ung et al., 2019). Tous les établissements de santé doivent désigner un responsable qui sera chargé de la notification exhaustive des cas de diarrhée sanglante et des décès associés(World Health Organization, 2008). Les rapports doivent être envoyés une fois par semaine au responsable sanitaire de district chargé de la surveillance de l'apparition des cas et de la détection des flambées épidémiques. Aux fins de surveillance, la définition standard des cas de diarrhée sanglante ou de dysenterie est « diarrhée avec présence de sang visible dans les selles »(World Health Organization, 2008).

Shigella est fortement associée à la dysenterie (McQuade et al., 2020).En conséquence, les lignes directrices de l'OMS recommandent le traitement de tous les cas pédiatriques de dysenterie avec de la ciprofloxacine ou de l'azithromycine pour une infection présumée à Shigella (Williams, 2018).

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