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Analyse du rôle des portefeuilles mobiles dans le développement de la digitalisation et de la modernisation de la circulation monétaire en Haà¯ti: le cas de Moncash (2018-2025)


par Sebastien DUVERSEAU
Université INUKA - Licence en sciences économiques 2026
  

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1.3. Fondements théoriques

1.3.1. Théorie de la monnaie et innovation monétaire

L'approche métalliste versus chartaliste

Deux grandes écoles de pensée s'affrontent sur la question de l'origine de la monnaie. Pour les métallistes, avec Menger (1892) et l'école autrichienne en tête, la monnaie naît naturellement deséchanges. Face aux limites du troc, les agents économiques finissent par adopter spontanément un bien comme intermédiaire d'échange. Sa légitimité vient de son acceptation collective et de sa valeur propre. Les chartalistes racontent une histoire différente. Knapp (1905), repris plus tard par les tenants de la Théorie Monétaire Moderne, insiste sur le rôle central de l'État. C'est le pouvoir de lever l'impôt et d'imposer un moyen de paiement qui donne sa valeur à la monnaie. La confiance qu'on lui accorde dépend directement de la solidité de l'institution qui l'émet.

L'innovation monétaire comme réponse adaptative

Schumpeter (1934) a montré comment l'innovation alimente la dynamique capitaliste. Dans le domaine monétaire, chaque nouvelle forme répond à des besoins concrets. Silber (1983) identifie trois moteurs principaux comme : diminuer les coûts de transaction, rendre l'intermédiation financière plus efficace, et parfois contourner des règles trop contraignantes. Les lettres de change au Moyen Âge, puis les billets de banque, les chèques et les cartes bancaires témoignent de cette évolution constante. Les portefeuilles mobiles prolongent cette histoire. Ils émergent là où le système financier traditionnel fonctionne mal, avec ses coûts élevés et ses barrières à l'entrée. Dans les pays en développement, ces innovations contournent carrément les infrastructures bancaires classiques en s'appuyant sur la téléphonie mobile, déjà massivement répandue (Jack & Suri, 2011).

La théorie de l'endogénéité de la monnaie

Les post-keynésiens, notamment Moore (1988) et Lavoie (1992), ont développé une vision où la masse monétaire dépend surtout de la demande de crédit. Les banques commerciales créent de la monnaie scripturale quand elles prêtent, un processus que la banque centrale ne contrôle qu'indirectement par les taux d'intérêt. Cette perspective devient cruciale quand on analyse les portefeuilles mobiles. En créant de nouveaux circuits de circulation hors du système bancaire classique, ces instruments changent potentiellement la façon dont la politique monétaire se transmet à l'économie. Comment la banque centrale maintient-elle son influence sur la masse monétaire quand une partie circule ailleurs (Kamgnia, 2015) ?

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