1.2.3. Les trois fonctions
canoniques de la monnaie
Depuis Aristote, et de manière plus systématique
depuis les économistes classiques, on reconnaît trois fonctions
fondamentales à la monnaie (Jevons, 1875).
L'unité de compte permet d'exprimer la
valeur des biens, services et actifs dans une mesure commune. Cette fonction
facilite les comparaisons de prix, la comptabilité et le calcul
économique en général. Elle suppose toutefois une certaine
stabilité de la valeur monétaire. Quand l'inflation devient
excessive ou que l'hyperinflation s'installe, cette fonction se trouve
gravement perturbée (Laidler & Rowe, 1980).
L'intermédiaire des échanges
constitue la fonction la plus visible de la monnaie. Elle facilite les
transactions en éliminant cette fameuse double coïncidence des
besoins qu'exige le troc. La monnaie permet ainsi la division du travail, la
spécialisation productive et le développement du commerce
à grande échelle, comme l'avait déjà observé
Adam Smith en 1776. Son efficacité dans ce rôle dépend de
son acceptation généralisée, de sa liquidité et des
coûts de transaction liés à son utilisation.
La réserve de valeur offre la
possibilité de transférer du pouvoir d'achat dans le temps. Les
agents économiques peuvent épargner aujourd'hui pour consommer
demain. Cette fonction exige que la monnaie conserve sa valeur dans la
durée, ce qui devient problématique en période d'inflation
forte ou de crise de confiance. Elle entre alors en concurrence avec d'autres
actifs comme l'or, l'immobilier ou les obligations, qui peuvent servir de
réserves alternatives (Keynes, 1936).
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