2.3.3. Moyens de paiement alternatifs limités
Les moyens de paiement non-cash demeurent marginaux dans notre
économie. Les chèques, bien que juridiquement reconnus, sont peu
utilisés en raison de la méfiance
généralisée qu'ils inspirent et des délais de
compensation interbancaire. Leur usage se limite essentiellement aux
transactions entre entreprises ou pour certains paiements formels tels que les
loyers commerciaux élevés et les règlements de factures de
fournisseurs.
Les cartes bancaires, qu'elles soient de débit ou de
crédit, concernent une fraction minime de la population. Deux
institutions bancaires, Unibank et SOGEBANK, opèrent normalement des
réseaux de guichets automatiques (U.S. Department of Commerce, 2023).
Tout récemment, Capital Bank. Les détenteurs de cartes de
débit peuvent effectuer des retraits depuis tout distributeur
automatique portant le logo « PRONAP », qui indique
l'interopérabilité entre les systèmes bancaires (U.S.
Department of Commerce, 2023). L'adoption des cartes bancaires se heurte
néanmoins à plusieurs obstacles structurels tels que le faible
taux de bancarisation, le nombre limité de terminaux de paiement
électronique (TPE) chez les commerçants, et les coûts
élevés pour les utilisateurs comme pour les accepteurs.
Même dans les zones urbaines, de nombreux commerces refusent les
paiements par carte, contraignant les clients à retirer du cash aux
distributeurs automatiques, eux-mêmes peu nombreux et fréquemment
hors service en raison des coupures électriques récurrentes.
Selon les données de 2022, seulement 46,9 % de la population a
accès à l'électricité, dont uniquement 18 % dans
les zones rurales (BTI, 2024).
Les virements bancaires existent mais demeurent complexes,
lents et coûteux pour les particuliers. Le Système de Paiement
Interbancaire Haïtien (SPIH) permet aux entreprises et aux particuliers de
traiter des transactions en temps réel entre les comptes bancaires
commerciaux via la BRH (U.S. Department of Commerce, 2023). Ce type de
transfert de fonds sécurisé permet des règlements bruts en
temps réel avec des frais de transaction très faibles. Le SPIH
est largement privilégié par les entrepreneurs haïtiens en
raison de sa traçabilité et de sa sécurité (U.S.
Department of Commerce, 2023). Toutefois, pour la population
générale, les frais de virement interbancaire découragent
leur utilisation pour les montants modestes, tandis que les délais de
traitement pour les virements non-SPIH peuvent s'étendre sur plusieurs
jours, ce qui rend ce moyen inadapté aux besoins de rapidité des
transactions quotidiennes.
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