3.3.4. Le Nigeria - l'eNaira et les défis d'adoption
d'une CBDC
Le Nigeria a adopté une approche différente en
lançant l'eNaira en octobre 2021. Il est devenu ainsi le premier pays
africain à lancer une CBDC et le deuxième au monde après
les Bahamas (International Monetary Fund [IMF], 2023 ; Central Bank of Nigeria
[CBN], 2024). Malgré des objectifs ambitieux, l'adoption demeure
problématique. Le taux d'adoption est resté faible,
représentant moins de 1 % de la monnaie totale en circulation en mars
2024, près de trois ans après son lancement (Fintech Magazine
Africa, 2024). Le montant de CBDC en circulation est passé de 2,55
milliards de nairas (1 589 831 dollars) fin décembre 2022 à 12,53
milliards de nairas (7 811 993 dollars), portant le montant total de CBDC
à 0,37 % de toute la monnaie en circulation (CoinDesk, 2024 ; IMF,
2023).Les données d'utilisation révèlent une faiblesse
structurelle. Le FMI constate que 98,5 % des portefeuilles ont
été inutilisés un an après le lancement de l'eNaira
(IMF, 2023). Néanmoins, les utilisateurs actifs de l'eNaira au Nigeria
ont doublé, passant de 5 millions en 2023 à 10 millions en 2024,
et le nombre de portefeuilles eNaira a augmenté de plus de 12 fois entre
octobre 2022 et mars 2023, pour atteindre 13 millions (Central Bank of Nigeria
[CBN], 2024 ; Cointelegraph, 2025).La principale raison de cette montée
en valeur et en volume est parce que la CBN a commencé à utiliser
l'eNaira comme canal de versement pour certaines aides sociales et subventions
gouvernementales, notamment dans le cadre de programmes de transferts
monétaires ciblés (IMF, 2023).
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