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Les contrats dans le cyberespace à l'épreuve de la théorie générale: problèmes et perspectives

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par Cica Mathilda DADJO
Université d'Abomey Calavi - BENIN - Maîtrise en droit des affaires et carrières judiciaires 2003
  

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Paragraphe 2 La compétence juridictionnelle internationale.

A. LA COMPETENCE INTERNATIONALE DES TRIBUNAUX BENINOIS.

En dehors des articles 14 et 15 du code civil qui créent des privilèges

de juridiction pour les nationaux, la loi n'est pas réellement intervenue dans le domaine des conflits de juridiction. C'est donc à la jurisprudence qu'il était revenu d'établir les règles générales de la compétence internationale de nos tribunaux.

Nous devons cependant préciser, d'une part, que les Etats africains francophones ont entre eux un traité de coopération judiciaire datant du 12

121 Dans le même esprit, un auteur écrit que « le statut international de l'Internet [a] notamment pour conséquence

directe l'existence d'une internationalité per se en ce qui concerne les contrats virtuels. » (GRAHAM (J. A.), Les aspects

internationaux des contrats conclus et exécutés dans l'espace virtuel, Thèse de doctorat, Université Panthéon-Sorbonne

(Paris I), mars 2001, p. 353).

122 De la même façon que lorsqu'une personne se livre à des activités en dehors de son pays de résidence ou de l'État dont

elle est ressortissante, les liens avec ces lieux ne sont pas coupés. Elle ne « perd » pas son lieu de résidence ou sa

nationalité. Olivier Cachard a parfaitement raison d'affirmer que « l'Internet n'élimine donc pas tous les facteurs de

septembre 1961 et que, d'autre part, chacun de ces Etats à conclu avec la France un traité semblable. Enfin, le traité de l'OHADA a institué, une unification des systèmes juridiques et judiciaires des états membres de l'organisation en ce qui concerne le droit des affaires.

En tout état de cause, la question reste malgré tout de savoir quels sont les fondements de la compétence internationale des tribunaux béninois. Nous nous bornerons à rappeler ici les fondements de la compétence internationale de ces tribunaux ainsi que les implications des dispositions des articles 14 et 15 du code Civil.

La règle du droit commun applicable en cette matière est la suivante123:

les tribunaux béninois sont compétents chaque fois que l'un des critères de compétence territoriale admis en droit interne c'est-à-dire par le code de procédure civil, se localise dans le territoire national. Il s'agit, notamment, du domicile du défendeur, du lieu de situation d'un immeuble ou encore du lieu de commission d'un délit. En somme, le régime de la compétence territoriale interne est étendue à la compétence internationale avec toutes ses implications.

Cela dit, il est possible pour les parties à un contrat international de souscrire à une clause attributive de juridiction ou, de prorogation volontaire

de compétence, désignant la compétence des juridictions de l'un des Etats dont elles sont ressortissantes.

La compétence du juge national peut résulter en outre de l'effet d'une convention bilatérale de coopération judiciaire entre les Etats dont les ressortissants sont concernés. De même, par ses implications, une convention

d'arbitrage peut conduire les parties devant le juge national.

rattachement ». (CACHARD (O.), La régulation internationale du marché électronique, Thèse de doctorat, Université

Panthéon-Assas Paris II, p. 25).

123 SOSSA (D.C.) , Cours de droit du commerce international, Quatrième année de sciences juridiques, FASJEP/UNB,

2000-2001, inédit.

Enfin, même les causes connues par les tribunaux étrangers peuvent encore aboutir devant le juge national, notamment lorsque l'exécution des décisions intervenues est recherchée sur le territoire national.

En vertu des articles 14 et 15 du code civil, les Tribunaux béninois sont compétents chaque fois qu'un national est partie au litige en qualité de demandeur ou en qualité de défendeur. Cette compétence couvre toutes les actions patrimoniales ou extrapatrimoniales sauf, bien entendu, les actions réelles immobilières et les voies d'exécution.

B. LA COMPETENCE INTERNATIONALE DES TRIBUNAUX BENINOIS FACE AU CONTRAT CYBERSPATIAL.

Des développements précédents, il ressort que la compétence des tribunaux béninois découle soit de la nationalité des parties, soit de la territorialité béninoise du litige124 ou encore d'une convention d'arbitrage125.

De ce constat, nous pouvons affirmer que les tribunaux béninois sont compétents pour connaître de tous les conflits nés de contrats cyberspatiaux auxquelles sont parties des Béninois. Il en sera de même pour les ressortissants des différents pays avec lesquels le Bénin aura conclu des accords de coopération judiciaire bilatérale. Le critère de nationalité des parties ne semble donc poser aucun problème du point de vue du cyberespace. Ceci parce que si, a priori le cybernaute ne connaît pas toujours avec certitude l'identité et la nationalité de son cocontractant, il le découvrira certainement dès qu'un conflit naîtra entre eux. Dans tous les cas, même avant la survenance de tout conflit, ils pourront faire preuve de prévoyance en désignant sur la base de leurs nationalités respectives la juridiction compétente.

Pour ce qui est de la territorialité, s'il ne pose pas de problèmes dans

le cas des contrats cyberspatiaux exécutés hors ligne, il en sera tout autrement quand l'exécution du contrat cyberspatial se fera en ligne c'est-à-

dire dans le cyberespace. Compte tenu des difficultés de localisation des

124 Art. 14 et 15 C. Civ.

actes dans le cyberespace, l'attribution de la compétence juridictionnelle aux tribunaux béninois sur la base du lieu d'exécution des contrats sera quasiment impossible. Nous reviendrons plus loin et plus en détail sur la question de la localisation dans le cyberespace.

En ce qui concerne les conventions d'arbitrage, elles ne posent en principe aucun problème si le critère de l'élection de l'arbitre est la nationalité des parties. Mais si ce critère relève du lieu de conclusion ou d'exécution du contrat, il posera les problèmes identiques à ceux mentionnés plus haut dans

le cadre de la compétence territoriale.

En tout état de cause, les règles béninoises de compétence juridictionnelle ont été conçues pour un monde physique dématérialisé et auront du mal à s'appliquer au contrat cyberspatial. En l'état actuel de notre législation, certains contrats cyberspatiaux échapperont à la compétence de nos tribunaux. Il serait certainement intéressant que le législateur se penche sur cette question en introduisant une clause concernant les contrats cyberspatiaux.

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