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Subjectivité et intersubjectivité dans la conversion indiviuelle masculine à l'islam en France au XXI siècle

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par Marie Bastin
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris -  2002
  

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Similitudes

· Dire sa foi

En manifestant son « envie » de se convertir ou en exprimant le sentiment intérieur de se « sentir musulman », le futur converti est accueilli par les musulmans sociologiques avec enthousiasme et coeur, avec une certaine fierté et comme, avec un soulagement. Effectivement, ces musulmans sociologiques avec lesquels le futur converti vit cette série de mobilisations, tendent à laisser venir le futur converti de lui-même à l'idée qu'il se sent musulman et l'accompagnent dans sa « découverte » en lui disant qu'ils avaient deviné qu'il [le futur converti] était musulman sans le savoir. L'interlocuteur musulman est conforté dans son intuition et dans son effort d'avoir exposer sa croyance, tout en ne forçant pas son « initié ». Le futur converti devenu à ce moment-là, le converti, se sent accompagné, respecté dans son choix et pris en main sans subir de pression. Parler la croyance se révèle décisif. Dire, oraliser et verbaliser le sentiment intérieur d'être musulman contient les prémices de la conversion qui se formalise en fait, simplement, par la prononciation de la shahâda159(*).

La conversion à l'islam, effectivement, est avant tout un choix libre et un geste authentique. Pour que cette liberté de choix soit respectée, la conversion doit être préservée de toutes démarches compliquées. La conversion peut être même, reconnue sans ces démarches, elle conserve, ainsi, sa dimension personnelle et individuelle, spirituellement islamique. L'un des contemporain du Prophète avait demandé à celui-ci : « comment pourrais-je devenir musulman ? Le Prophète lui répond : dis, je crois en Dieu et sois correcte. »160(*). Prononcer donc la shahâda est suffisant pour devenir et se reconnaître soi-même pour musulman. Le Prophète dit à cet égard : « Je suis censé juger les faits extérieurs et dieu seul peut juger ce que les gens ont à l'intérieur. »161(*) La profession de foi est, aujourd'hui, toujours valable et est porteuse du sens d'appartenance et de reconnaissance de la croyance de celui qui se veut, qui se dit et qui est reconnu musulman. Pourtant, le corpus ci-joint et l'expérience puisée à l'immersion dans l'univers de l'islam en France, nous permettent de constater l'existence de démarches que certains affirment comme nécessaires à la manifestation de la conversion à l'islam. Il s'agit, en effet, de se soumettre à une sorte d'examen de connaissances religieuses, comme apprendre la fatiha162(*) et la réciter devant, soit un musulman que l'on considère comme susceptible de rendre crédible la démarche, soit devant un « fonctionnaire de culte », le plus souvent un imam de mosquée ou de lieu de prière. Pour d'autres encore, il s'est agit, toujours par une forme d'ignorance et de bonne volonté ou de crédulité, de non seulement avoir à prononcer la shahâda, mais aussi la fatiha et de faire la prière, précédées des ablutions rituelles en présence de musulman(s) qui deviennent témoins du converti et de « sa bonne islamité », devant dieu et/ou devant un imam. Et encore et finalement, dans certains cas, devant celui ou ceux qui seront amener à délivrer au converti un certificat ou une attestation de conversion. Ces documents sont délivrés après examen toujours, à Paris, à l'Institut de la Mosquée de Paris ou par le service des ambassades d'Arabie Saoudite et d'Iran, en particulier. Quel sens et quelle valeur ont ces documents ? Il s'agit seulement de valeur administrative, en raison, en particulier de la nécessité de « prouver » à l'état d'Arabie saoudite et à ses exigences de politiques extérieure et intérieure, que l'on est musulman, pour se rendre sur le territoire saoudien afin d'accomplir la `umra ou le hajj163(*). Ces contraintes administratives mesurent-elles le degré de croyance du converti ? Ou sont-elles mises en places par l'Arabie Saoudite, sur le territoire de laquelle se trouvent les lieux saints de l'islam, afin de les préserver de toute « impureté » liée à la présence éventuelle de non-musulmans ?

* 159 Profession de foi : il n'y a de dieu que Dieu et Muhammad est son Prophète, la allah illa llah oua mouhammadou rassoulou llah.

* 160 Bokhari

* 161 ibid

* 162 Première sourate du Coran :

* 163 Petit et grand pèlerinage

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