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Les Modes et Les Moyens de Formation Des Termes Biochimiques

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par Houssam Abu Mussallam Houssam El-Yafi
Université Lumière Lyon 2 - DEA en Langues et Cultures étrangères (LTMT) 2004
  

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VI. Les conditions de l'emprunt 

Il apparaît en effet qu'il y a un certain nombre de conditions qui constituent un terrain favorable à l'emprunt :

· Conditions linguistiques

a) Contact entre langues

La condition fondamentale de l'emprunt est avant tout une situation de bilinguisme : il ne peut y avoir emprunt que s'il y a, à un moment donné, situation de communication bilingue, totale ou partielle, entre individus, groupes ou communautés tout entières.

Par ailleurs, tout comme l'emprunt qui en résulte, le contact linguistique peut être direct ou indirect.

b) Compétence néologique

Comme l'affirme Saussure201(*) , toute langue vivante est soumise aux principes étroitement liés de mutabilité et d'immutabilité : si le "conservatisme" prédomine souvent, la néologie n'en est pas pour le moins constante et nécessaire ; toute langue est donc, initialement, apte à se modifier. Quoique la néologie puise généralement dans un fonds antique, elle recourt également à des sources externes, actuelles et dynamiques, pour designer des réalités nouvelles ou pour « remplacer un mot use parfois affectivement par un terme d'autant plus noble qu'il est moins fréquent »202(*) .

c) Besoin de dénotation et/ou de connotation

Qu'il soit dénotatif ou connotatif, l'emprunt a une fonction de communication et vise à combler une carence réelle ou imaginée ; il procède d'un vouloir-dire et se traduit par la recherche d'une dénomination ou d'une certaine forme d'expressivité, jugées inexistantes dans la langue emprunteuse.

d) Ecarts quantitatifs du lexique

Certains linguistes estiment qu'une langue emprunte pour corriger les variations quantitatives de son lexique. En français, il n'y a pas beaucoup de mots commençant par « k ».

· Conditions extralinguistiques

a) Relations entre communautés

Des lors que deux communautés linguistiques sont en contact linguistique, elles entretiennent nécessairement des relations ; ces dernières se développent et s'organisent sur la base d'idées. Toute relation sociale, économique, culturelle ou politique entre deux communautés suppose donc préalablement certaine concordance idéologique. Le cas entre le français et l'anglais.

b) Rapport affectif entre communautés

Si les relations entre communautés conditionnent 1'emprunt, elles n'en déclenchent pas véritablement le processus : celui-ci trouve son origine dans la nature de ces relations, dans «  1'attitude de la communauté linguistique, ou plus précisément de la communauté socioculturelle, celle qui se définit par sa culture et ses cadres de pensée, en face d'une autre culture »203(*). Dans une situation de contact - de rapport idéologique -, chaque communauté se positionne vis-à-vis de 1'autre ; ce comportement se fonde sur un jugement appréciatif, subjectif, allant de l'amélioration (prestige) à la péjoration (mépris).

* 201 SAUSSURE, Ferdinand (de) (1976) : « Cours de linguistique générale ». Paris : Payot. P 104.

* 202 Dubois, Jean (1963). « L'emprunt en français. L'information littéraire ». Vol. 15, n° 1. p 12.

* 203 Dubois, Jean (1963). « L'emprunt en français. L'information littéraire ». Vol. 15, n° 1. p 11.

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