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Les Modes et Les Moyens de Formation Des Termes Biochimiques

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par Houssam Abu Mussallam Houssam El-Yafi
Université Lumière Lyon 2 - DEA en Langues et Cultures étrangères (LTMT) 2004
  

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VIII. Conclusion

Grâce à la terminologie nous nous sommes rendu compte que le travail du terminologue est important car c`est lui qui isole l'UR et trouve une définition adéquate pour ce dernier. Dans la deuxième partie, nous allons étudier plus concrètement les UR de la biochimie. Nous examinerons aussi le rapport entre les termes "UT " de la biochimie et les UR dénotés et non dénotés. Les exemples vont nous montrer, si les TS exprimés à travers les termes arabes de la biochimie dénotent clairement les UR correspondantes.

DEUXIÈME PARTIE

LES MODES ET LES MOYENS DE LA FORMATION DES TERMES DE

BIOCHIMIE

INTRODUCTION À LA DEUXIÈME PARTIE84(*)

La langue arabe, comme les autres langues, dispose de plusieurs moyens qui représentent un grand système englobant des mécanismes pour former des termes spécialisés.

Le premier moyen (développé dans le troisième chapitre) concerne la formation de termes à l'aide du système de nomination et du système de communication (ce dernier sera l'objet d'étude dans le quatrième chapitre).

Dans le cadre des deux systèmes précédents, nous étudions (au cinquième chapitre) un moyens assez important dans la formation des termes arabes, c'est l'utilisation des tropes (métonymie, métaphore, et hypallage) dans un cadre plus large, intitulé le transfert sémantique.

Un autre procédé de formation des termes arabes, occupe un large chapitre (le sixième), où nous développons une étude détaillée sur l'emprunt arabe. L'emprunt n'est ni un phénomène nouveau, ni une spécificité de l'arabe. Mais il y a des signes qui montrent que l'arabe spécialisé ne peut survivre sans avoir recours aux ressources d'autres langues.

L'arabe de la biochimie fait appel à grande quantité d'unités lexicales par recours à la siglaison (analysée au septième chapitre). La siglaison représente un moyen largement utilisé dans l'arabe technique et scientifique. La troisième partie s'intéresse à la traduction spécialisée. C'est le huitième chapitre qui fera le fond d'une étude à développer, concernant la méthodologie de la traduction médicale.

LA FORMATION DES TERMES ARABES DE BIOCHIMIE DANS LE CADRE DES SYSTÈME DE NOMINATION ET SYSTÈME DE COMMUNICATION

I. Introduction générale

1. Le cadre théorique de la terminologie arabe 

La langue est un système de systèmes. Toute langue humaine dispose, comme matériau phonétique, de consonnes (C ), de voyelles ( V ) et de syllabes ( S ). Ce matériau est organisé en deux grands systèmes.

1- un système de phonèmes : les consonnes C et les voyelles V.

2- un système de syllabes S.

En arabe, le système syllabique est composé de syllabes qui sont uniquement de deux types, à savoir : S = {CV, CVC}. A. ROMAN voit que :

« Un tel sous-système syllabique détermine, dans le fonctionnement de la langue, une disjonction du sous-ensemble des consonnes, {C} et du sous ensemble des voyelles, {V} : y = {CV, CVC} => {C} n {V} = ?. Cette disjonction, des lors que les consonnes et les voyelles peuvent être utilisées indépendamment les unes des autres, permet l'attribution systématique de taches différentes aux consonnes et aux voyelles »85(*)

Selon le point de vue d'A. Roman, adopté dans notre travail, la langue arabe est un «  un système composé de quatre sous-systèmes interdépendants

· un sous-système de phonèmes, consonnes et voyelles

· un sous-système de syllabes [...]

· un sous-système de nomination

· un sous-système de communication »86(*).

Or, deux taches fondamentales doivent être assurées par toute langue humaine: l'une étant assurée par le système de nomination de la langue afin de permettre aux hommes de nommer et donc de transformer en objets linguistiques:

- « Des res ou entités du monde imaginées par eux, étrangères aux temps, dont le temps n'est pas une composante »87(*) (dénotent soit un objet " table " soit une idée " liberté").

- des modus ou entités du monde imaginées par eux, dont « le temps, s'inscrivant dans un déroulement apparent du temps »88(*) (dénotent soit une action " manger " ou un changement " libérer " soit encore une actualisation, c'est-à-dire un résultat d'une action ou d'un changement, « libre »).

Les unités de nomination de la langue sont ainsi les images linguistiques des RES et des MODUS inventés par les hommes.

L'autre tâche étant assurée par le système de communication de la langue pour permettre aux hommes de communiquer entre eux. La langue est donc un système de systèmes: un système phonologique, un système syllabique, un système de nomination et un système de communication. Tous ces systèmes sont interdépendants.

2. Les moyens de la création lexicale en arabe 

L'arabe dispose de plusieurs moyens : d'abord, de son système de nomination, mais ce système qui permet la création d'unités terminologiques simples (UTS)89(*) se trouve rapidement saturé face au nombre important de termes qu'il faut créer. La langue doit alors recourir au système de communication qui permet la création d'unités terminologiques complexes.( UTC )90(*), en combinant linéairement des formes créées, entre autres, par le système de nomination.

La langue dispose aussi d'un autre moyen, dans le cadre de ces deux systèmes : c'est l'utilisation des tropes (métaphore, métonymie et hypallage), qui permettent de créer des termes à partir de lexies déjà existantes en jouant sur les changements de sens, c'est-à-dire, sur le plan sémantique. Une autre possibilité s'offre encore à la langue, c'est l'emprunt. Le terme emprunté peut être par la suite intégré au système ou pas. Nous verrons plus tard comment chacun des deux systèmes de nomination et de communication peut participer à la création d'unités terminologiques.

Troisième Chapitre

LA FORMATION DES TERMES ARABES DE BIOCHIMIE DANS LE CADRE DU SYSTÈME DE NOMINATION

La formation des UTS à l'aide du système de nomination

Les unités terminologiques créées en arabe par le système de nomination sont des unités lexicales simples (UTC) constituées par un seul mot91(*), le mot étant défini comme une unité morphologique syntaxique autonome.

· Le système de nomination de l'arabe (les res et les modus) 

Ce système est construit en arabe sur des racines de consonnes. La plupart des unités de nomination sont construites sur des racines (les unités fléchies), les autres, qui ne sont pas construites sur des racines sont appelées unités amorphes. Quand il s'agit des unités fléchies, le système de nomination prend en compte:

a- Les unités de nomination générale, ou encore pro-formes, non spécifiées sémantiquement. Peu nombreuses, elles ont été construites sur des racines mono consonantiques (vc). Ces unités désignent toujours un seul élément,,qui est soit unique ( ex: « Tu »), soit montré comme unique ( ex: « Celui » ), soit encore non différencié. Ces racines monoconsonantiques sont formées sur les consonnes: /w/, /m/, /n/, /t/, /k/, et les avatars d'une ancienne occlusive médio-palatale sourde : /c/, /s/ /h/, / ?/, /y/, /yy /.

b- Les unités de nomination particulière, ou encore formes spécifiées sémantiquement. Elles ont été construites, dans le système, sur des racines de trois consonnes ( vCCC ), parce que cette combinatoire pouvait produire en nombre suffisant, et avec une économie optimale, les arrangements constituant les racines, c'est-à-dire les premiers signifiants de leurs sens " particuliers "92(*). Ces deux types d'unités de nomination peuvent être combinés.

1. Les unités amorphes 

Elles englobent les modalités, qui font partie du système linguistique, et les unités amorphes hors système93(*) que constituent, entre autres, les emprunts, les sigles et les unités brachigraphiques.

Les modalités sont des pièces du système de nomination, non construites sur des racines. Les signifiants de ces modalités sont:

- les voyelles, dont le système syllabique impose 1'emploi et dont c'est la position par rapport aux consonnes radicales qui établit le signifié qui leur est propre.

Les unités libres, comptant au moins une syllabe. Nous ne garderons ici que celles intervenant dans la formation des UTS.

· Les modalités qui déterminent une res

- le nombre: le singulier, le duel et le pluriel.

- le défini, par l'article défini ( ?al), qui est un morphème de quantification et donc une modalité de détermination. Il se connecte à une res, par exemple: devant une res nom commun, (?al) est une " unité numérale " qui arrête le nombre de la res; le syntagme constitué par /(?al)/ et la res est 1'etiquette d'un ensemble : /(?a)l-hurmûn/ " le hormone ", /(?a)-l fitamîn/ " le vitamine". ou d'un sous-ensemble : / (? a)l-hurmûnât/ " les hormones ", /(?a)-l fitamînât/ " les vitamines".

Il peut être aussi connecté à un modus qu'il se transforme alors en res. Des nombreux termes sont ainsi des modus transformés en res par l'article, par exemple le mot /ta?aksud/ est un modus " le fait d'oxygénation "94(*) et transformé par l'article /(?a)l/ en res, dans l'unité terminologique complexe: /tafâ'ulât l-ta ?aksud/, soit " les réactions d'oxygénation ".

· Les unités fléchies : les res

Comme nous l'avons signalé précédemment, le système de nomination de la langue arabe prend en compte deux sortes d'unités de nomination quand il s'agit des unités fléchies: unités de nomination générale et unités de nomination particulière. En ce qui concerne notre étude, c'est la deuxième sorte d'unité qui nous intéresse le plus, car Il n'existe que deux modus qui soient des unités de nomination générale, construits sur une racine monoconsonantiques : le modus "faire", qui a deux signifiants /s/ et / ?/ toujours en position préfixale, et le modus "être" qui a un seul signifiant /y/ toujours en position suffixale.

Les unités de nomination particulière peuvent être construites sur une ou plusieurs racines, mono- ou triconsonantiques et parfois même, hors système, - c'est-à-dire - quadriconsonantiques.

Celles qui sont construites sur une seule racine vCCC et dénotant des res semblent, dans le proto-arabe, avoir été distinguées des formes des modus construites de la même manière, par leurs voyelles, selon le schéma suivant:

RES MODUS

? C1 V1 C2 Ö C3 ? C1 V1 C2 V2 C3

Pour A. Roman95(*) , il semblait que les voyelles aient été utilisées selon la distribution suivante : /a/ : modalité ( + animé ) ex: /?akÖl/ " le manger ", /i/ : modalité ( - animé ) ex: /zisÖm/ " corps », /u/ : variante conditionnée de /i/ ex: /duhÖn/ " graisse " /kubÖz/ " pain". En arabe historique, il ne reste plus que des traces lexicalisées, c'est-à-dire qui ne sont plus systématiques, donc plus signifiantes, de cette distribution vocalique.

Nous avons trouvé quelques termes construits de cette façon dans le domaine de la biochimie. En voici quelques exemples: /duhÖn/, "lipide"96(*), /hamÖd/,"acide"97(*) . Les unités de nomination particulière dénotant des res peuvent être aussi construites sur une racine v C de res et une forme de racine vCCC. Et, dans ce cas, les exemples qu'offre la langue arabe historique rompent avec la disjonction des res et des modus que nous avons vue plus haut: ils présentent tous une voyelle entre C2 et C3, voyelle caractérisent un modus. Il existe plusieurs combinaisons:

1-v C + v CCVC+ suffixe : les racines v CCC et vC sont des racines de res. Le schéma v C + v C1C2VC3 + ât est réalisé v C + VC1C2aC3 + ât, où /t/ est la modalité d'abondance98(*). « C'est le cas de la forme /ma-f'al-ât/ où /m/ est le pro-lieu, comme /ma-ktab-ât/ " lieu ou se trouvent de nombreux livres ». C'est une forme que nous n'avons pas trouvée parmi les termes relatifs à la biochimie de notre corpus.

2-Une forme de modus à racine vCCC et une racine de res vC : le premier élément v CCC est un modus et le second vC la pro-res, /t/, avatar de /m/, la res générale99(*) . Les schèmes qui actualisent le modus comprennent : /fâ'il/, /maf'ûl/, /fa'ûl/, /fu''ûl/. Comme /fâ'il+ ât/ : le MODUS est un MODUS agentis comme : / 'â?il/ et /'a?ilât/ dans le terme /'a?ilât 'udwiyya/100(*), " familles organiques", et /'âmil/ dans le terme /'awâmil musâ'ida hayawiyya/101(*), " catalyseurs biologiques".

Il y a aussi des cas où le modus est un modus determinans et un autre cas où le modus est un modus determinans à modalité intensive, mais nous n'en avons pas trouvé d'exemple dans notre corpus.

Il existe d'autres unités de nomination particulière dénotant des res et construites sur trois racines ou même davantage, avec notamment le recours aux deux racines monoconsonantiques réalisées respectivement /yy/, avatar la racine de modus * vC " être " et /t/, avatar de la res générale /m/. La combinaison de ces deux racines à une forme, quelque soit la racine de cette forme, triconsonantiques ou quadriconsonantiques, permet de nommer des res abstraites et ce procédé est très utilisé dans les langues de spécialité, en constituant ce qu'on appelle le masdar sinâ'iyy avec l'ensemble (iyyat) qui se comporte comme un véritable suffixe et qui correspond à certains des nombreux suffixes de l'anglais et du français (-isme, -ite...). Bien entendu, il ne s'agit pas de la séquence (-iyyat) trouvée dans de nombreux adjectifs.

Exemple : "polysaccharide" /sukkariyyât/102(*), /sahmiyyât/103(*) "lipides", /mâ?iyyât/ dans le terme /mâ?iyyât al-fahm"104(*) hydrate de carbone ".

· Les unités fléchies: les modus

Il convient de distinguer le modus personnel ou verbe des modus impersonnels (" nom d'action ", participes, etc...), tels ceux que la tradition grammaticale arabe appelle masdar ?ism al-fâ'il, ?ism al-maf'ûl, ?ism al-?a:la, ?ism al-makân et ?ism al-zamân, etc.

a) Les modus personnels ou verbes

On distingue les verbes construits sur une racine triconsonantiques vCCC, appelés verbes simples ; exemple : /naqal/, "transporter", les verbes construits sur le même type de racine mais avec addition de modalités ; exemples : /qallala/, "diminuer", /rakkaza/, "concentrer", et les verbes construits sur une racine triconsonantiques et une ou deux racines monoconsonantiques ; exemples / ?astara/, "estérifier"105(*).

Ces deux dernières - tirés de notre corpus- catégories de verbes correspondent aux verbes augmentés de la Tradition ou les types de verbes construits par modalités ajoutées.

Les verbes qui ont pour schème la IIe forme verbale de la tradition orientaliste qui est /fa''ala/. Le verbe " itératif "ou la modalité itérative est produite par l'allongement de C2. Il a pour forme : /fa''ala/ ex: /haffaza/ "favoriser". Le schème /fa''ala/ a pour valeur de base la "répétition du procès" ou une valeur itérative qui produit à son tour une valeur seconde considérée comme la conséquence du sens itératif : c'est la valeur intensive comme /rakkaza/ , "concentrer". La modalité intensive est produite par l'allongement de C3. Elle est réservée aux verbes exprimant des changements de couleurs, d'états ou des défauts physiques

Il y a aussi, les verbes à transitivité déficiente ou incertaine : ils sont produits par l'allongement de la première voyelle ; ils ont pour forme /fâ'ala/ qui est la IIIe forme de la tradition orientaliste. Exemple : /râfaqa/ "accompagner" Dans /râfaqa a-t-tafâ'ul/.

Des verbes construits sur une racine vCCC de modus et une racine vC de res. Cette dernière racine est la racine du morphème écho du morphème de personne. Elle réfléchit le morphème de personne comme dans les verbes pronominaux en français. Elle a pour signifiants /t/ ou son avatar /n/.

Le morphème écho de signifiant /t/, combine avec la forme simple du verbe a pour forme /?ifta'ala/. C'est la VIIIe forme de la tradition orientaliste. Exemple : /?iktasaba/ (acquérir). El le morphème écho /t/ se combine également avec les formes augmentées par modalités ajoutées. Exemple, le morphème écho /t/ se connecte à la IIIe forme verbale /fâ'ala/ pour donner /tafâ''ala, VIe forme de la tradition orientaliste, comme dans le verbe /tamâzaza/ (se mêler).

Bien aussi, les verbes construits sur deux racines de modus : la racine vC du modus "faire" et une racine vCCC. Il s'agit, comme nous l'avons vu plus haut, du modus "faire", unité de nomination générale. Ces verbes ont pour forme /?af'ala/, et /?istaf'ala/. Exemples : / ?istamarra/ "se continuer", / ?staqarra/, "se stabiliser".

Dans notre corpus, la forme de verbe construite sur une racine quadriconsonantiques vCCCC est largement présentée. Il s'agit des termes scientifiques reproduits d'une opération d'amalgame ou des formes amalgamés comme : /halzana/106(*), "halogéner" et /halma ?a/107(*), "hydrolyser".

b) Les modus impersonnels 

Dans cette catégorie de modus nous citons :

1. Le nom d'action ou le /masdar/ de la Tradition grammaticale

Il n'a pas de morphème de temps général et il représente l'action faite par le verbe. Parmi les noms d'action correspondant à la forme simple du verbe, nous avons relevé /al-musâwuga/ (isomérisation), nom d'action correspondant au verbe /sâwaga/.

Quant aux noms d'action correspondants aux formes augmentées du verbe, ils sont construits chacun selon un schème déterminé.

Au schème /fa''ala/ (Ile forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action régulier qui est /taf'îl/. C'est le cas de /hammada/ (le faisant acide) donne /tahd/ "acidification".

Au schème /?af'ala/ (IVe forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action régulier qui est /?if'âl/. C'est le cas de /?asba'a/ (saturer la solution) /?isbâ'/, "saturation".

Au schème /tafa''ala/ (Ve forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action qui est /tafa''ul/. C'est le cas de /tahallala/ (se dessoudre) /tahallul/ "dissolution".

Au schème /tafâ'ala/ (VIe forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action /tafâ'ul/. C'est le cas de /tarasaba/ (précipiter) /tarasub/, "précipitation".

Au schème /?ifta'ala/ (VIIIe forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action régulier qui est /?ifti'âl/. C'est le cas de /?intasara/ (se diffuser dans la solution) /?intisâr/,"diffusion".

Au schème /?istaf'ala/ correspond un nom d'action régulier qui est /?istif'âl/. C'est le cas de /?istaqlaba/ "se métaboliser" / ?istiqlâb/, "métabolisation" et un autre cas quadriconsonantique /istana'a/ "fabriquer" , /istinâ'/108(*) "fabrication".

2. Le nomen loci vel temporis109(*)

Ce sont les ism al-makân et ism-zama:n de la tradition grammaticale arabe. Voici un exemple tiré de notre corpus : /maqarr fa''âl/, ( centre actif ».

3. Le nomen instrumenti110(*)

C'est le ism al-âla de la tradition grammaticale arabe. Il a trois schèmes qui sont utilisés dans les terminologies techniques et scientifiques : /mif'al/ (schème correspondant au verbe " simple ", /mif'ala/ (schème développé hors système du schème /mif'al/), et /mif'âl/ (schème qui peut être formé à partir de noms concrets) pour lesquels nous n'avons pas trouve d'exemples dans notre corpus.

4. Les modus à aspect spécifié ou modus non informis

Les modus agentis vel patientis, ce sont les ism al-fâ'il Nomen agentis selon la terminologie d'André ROMAN et ism al-maf'ûl Nomen patientis selon la terminologie d'André ROMAN:

a- Les MODUS agentis

Et Voici un exemple tiré de notre corpus :

· /fâ'il/ : /'âmil/ dans /'âmil ?idmisâs/ ," et /râbit/111(*) dans /maqqarr al-?inzîm ya'mal 'an tarîq kafd al-râbit", relateur ".

· sur le schème /mufa''il/ : /muwallid/ dans /muwallid al-?inzîm/112(*) ,"générateur".

· sur le schème /mufâ'il/ : /musâ'id/ dans /'âmil musâ'id 'ala a-t-tafâ'ul/ 113(*)," assistant ".

b- Les MODUS patientis

et Voici un exemple tiré de notre corpus :

· /maf'ûl/: /mahlûl / " solution "114(*).

· /mufa''al/ : /murakkaz/ " concentré "115(*).

· /mustaf'al/ : /mustahlab/ " lactate"116(*).

La plupart des participes passifs que nous avons relevés correspondent à la forme /mufa''al/ et la forme /mufa'lal/. Exemples

· /muhadraz/ dans l'UTC /mahlûl muhadraz/ (solution hydratée)

· /mu?aksad/ (oxygéné).

· /mubalmar/ dans /sukkar mubalmar/ (sucre polymérasé).

5- Les MODUS determinans117(*)

Il se trouve sur le schème /fa'ûl/ : forme simple, mais le plus fréquent est : /fa'îl/.

Des exemples tirés de notre corpus :

· /sadîd al-tafâ'ul/ " fortement réactif ".

· /da'îf ?ltafâ'ul/ "faiblement réactif ".

II. Le système de nomination de l'Arabe : L'affixation comme un moyen de création lexicale   

En ce qui concerne la formation des termes par affixes (préfixes et suffixes) et formants (lexies empruntées au grec ou au latin), il convient de souligner que les domaines de la chimie en général et de biochimie en particulier font appel massif aux formants et aux affixes.

L'arabe classique possède un ensemble réduit de racines monoconsonantiques utilisées comme préfixes ou suffixes. En Arabe moderne, dans les domaines de spécialité et surtout dans les domaines médicaux, il y a de nouveaux affixes, créés de l'Arabe (création endogène) ou bien empruntés (création exogène)118(*).

III. Le recours à des affixes et à des formants en biochimie 

On distingue généralement les affixes et les formants :

- Les affixes sont des pièces du système de nomination de la langue, constituants - en synchronie -, c'est un ensemble fermé. Lelubre rappelle que « Les affixes n'ont aucune autonomie : ils ne peuvent apparaître que comme constituants d'une unité de nomination, étant placés avant une base - il s'agit alors de préfixes - ou bien après- il s'agit alors de suffixes- »119(*) .

En français comme en anglais, les affixes sont une composante intégrée dans les deux langues, donnant à titre d'exemple : le suffixe « -isme » dans « métabolisme »120(*) /binâ?/, ou le formant « -ité » dans « réceptivité » /qâbiliyyat-u-t-talaqqiyy/.

- Les formants qui sont des éléments constitués à partir de lexies, prises telles quelles ou bien tronquées. Lelubre note que « Certains formants peuvent être syntaxiquement autonomes. Ils peuvent être crées à partir d'emprunts faits à d'autres langues »121(*). Il souligne que « C'est le cas en français et en anglais de nombreux formants crées à partir de lexies latines ou grecques, langues qui ont constitué en Occident depuis des siècles un vivier linguistique pour la formation des termes scientifiques. Ces formants savants sont parfois appelés confixes »122(*).

Quand il s'agit des formants en position préfixale, nous parlons des - formants antéposés -, ou en position suffixale nous parlons donc des - formant postposés - : Exemples en Fr : formants en position antéposée : « auto- »  dans autobus, et « photo -»  dans photographique. Formants en position postposée : « -mètre» dans thermomètre et « -scope », dans «  microscope ».

Les formants d'une langue donnée constituent une liste ouverte contrairement aux affixes. Lelubre note que « les formants constituent une liste a priori ouverte, susceptible en fonction des besoins de nomination d'être augmentée pour tel ou tel domaine »123(*).

L'arabe, est une langue sémitique. Elle s'appuie dans la formation de ses unités de nomination simples sur l'istiqaq. Lelubre rappelle que l'arabe « est une langue très pauvre en formants, au contraire du français et de l'anglais, langues indoeuropéennes, où les unités de nomination sont formées par agencement d'affixes ou de formants avec des radicaux syllabiques »124(*).

L'arabe est confronté à l'anglais et au français, dans sa terminologie scientifique. Ce qui le fait employer massivement, les affixes et les formants dans la création et le développement de leurs terminologies purement scientifiques. Dans le domaine de la biochimie, on parle d'un système de dénomination international fait par l'Union internationale de chimie pure et appliquée (abrégé en UICPA ou en anglais IUPAC : International Union of Pure and Applied Chemistry). C'est une organisation non gouvernementale qui s'intéresse aux progrès en chimie. Elle est l'autorité reconnue pour le développement de règles à adopter pour la nomenclature, les symboles et la terminologie des éléments chimiques et de leurs dérivés.

L'arabe possède plusieurs façons d'accueillir les affixes 

- l'emprunt pur et simple de termes ou bien - très fréquent -, c'est le cas de la biochimie arabe où l'arabe a transféré des listes d'affixes pré organisés en anglais et en français.

- L'arabe s'offre une autre possibilité, celle qui consiste à doter I'arabe des affixes et des formants qui lui font défaut. Lelubre ajoute que « C'est ainsi que l'arabe moderne a développé, dans certains domaines de spécialité, de nouveaux affixes et crée des formants »125(*).

L'arabe fait recours à la (création endogène) ou à l'emprunt (création exogène) », selon cette classification :

1. Préfixes et formants antéposés endogènes 

Le préfixe de négation /lâ/ représente le seul préfixe qui soit largement utilisé- il l'est depuis le Moyen Age- Il est écrit en général séparé de la forme qu'il précède. II n'a pas d'influence sur la flexion et la détermination de la forme qu'il précède. Voilà un exemple tiré de notre corpus : /tafâ'ulât lâ dawiyyah /126(*), 'dark reactions''127(*).

2. Préfixes et formants antéposés exogènes 

II s'agit de préfixes ou de formants qui sont directement empruntés au français et à l'anglais (formants d'origine gréco-latine).

Bien entendu que l'IUPAC possède une liste définie de préfixes, qui a été transférée à l'arabe comme elle est, mais en la se transcrivant en lettres arabes. Notons à titre d'exemple : «di-, tri- , tétra- ,iso, para,dé ...etc. » dans les termes biochimique suivants :  noté en arabe «  », et transcrit / ?izû ?anzîmât/ ,en français « isoenzymes »128(*), un autre terme noté en arabe «  », et transcrit /barâturmûn/ ,en français « hormone parathyroïde »129(*). Le préfixe « mono »
est généralement omis, dans les noms chimiques, mais il est utilisé pour préciser qu'un seul groupe caractéristique à été modifié : acide monoperoxyphtalique.

Soulignons que l'arabe se dote des préfixes et des formants traduits à partir du français et de l'anglais. Ils sont complètement intégré dans le corps d'arabe, notons à titre d'exemple : le terme français « désoxyribonucléique » où on trouve le format « -dé » traduit en arabe par «  » /lâ / dans le terme / hamd raybûziy lâ ?l-uksîzîny/130(*), la même chose dans le terme « electronégativité » où le formant « électro -» se traduit par « », /kahrû/ dans le terme arabe /?idâ-ktalafat al-d-darratân fi-l-kahrûsalbiyya/131(*).

Un problème à remarquer sur le niveau typographique dans le transfert des termes français ou anglais vers l'arabe, il s'agit d'un nuance graphique de traduction : le terme français « éther »132(*) s'écrit en arabe par trois formes graphiques : / ?aytar/, / ?îtar/ et / ?ytar/. Un autre terme s'écrit par fois avec hamza-tul- qat' « hamza de coupure »1 et parfois sans hamzah dans le même ouvrage : le terme « enzymes » s'écrit/ ?anzîmât/ et /?inzîmât/. Ce dernier se trouve en rupture avec la syllabe arabe.

3. Suffixes endogènes 

L'arabe possède un jeu restreint de suffixes, largement mis à contribution. Ce sont des suffixes grammaticaux comme :

a)Des suffixes grammaticaux : les anciens suffixes du système de nomination, les suffixe du pluriel et du duel /ât/, /ân/, ...etc.

b) Des suffixes lexicaux : les anciennes racines monoconsonantiques : /t/, représentant la res générale, /iyyah/ et /iyy/.

Notons aussi l'ensemble suffixal /iyy+ât/, formé de /iyy/ et du suffixe /ât/ du féminin pluriel, utilisé pour des termes dénommant des branches de la connaissance, en concurrence d'ailleurs, avec /iyyât/. Voilà des exemples tiré de notre corpus : un exemple au pluriel /sukkariyyât kumasiyyah/133(*) « 5'-saccharides » et le singulier est / sukkar kumasiyy/. Au pluriel /suhûm brûtûblâzmiyyah/134(*) « lipides protoplasmiques » et /sahmiyyât/ « lipides » et ce qui étonne, c'est le non existence du singulier arabe pour "lipide"135(*). Les auteurs ne font pas recours à un équivalent singulier malgré l'existence du singulier dans la langue source. Ils emploient le terme au pluriel seulement.

On trouve aussi - mais ils sont peu utilisés- les ensembles suffixaux /+âniyy/ et /+âniyyât/, concurrents de /iyyi/ et /iyyât/ ce que nous n'avons pas trouvé dans notre corpus.

4. Suffixes et formants postposés exogènes

L'arabe a emprunté à la langue turque et persane depuis longtemps. Rappelons à titre d'exemple un suffixe utilisé encore de nos jours dans de nombreux dialectes arabes -, le suffixe /ziyy/ pour les noms de métier comme /kahrabziyy/ « électricien ». Lelubre rappelle que « les suffixes ou formants empruntés à l'anglais et au français (et au grec et au latin, par le truchement de ces deux langues), sont devenus assez nombreux, se suffixant à des substantifs arabes ou empruntés depuis longtemps ».

- Un autre exemple (UTS) cité dans notre corpus /sukkarûz/, "succharose" où le suffixe /ûz/ représente un suffixe exogène postposé.

- Un autre exemple (UTC) cité dans notre corpus /sahmiyyât sukkarîdiyya mu'tadila/136(*), " glycolipides" où le suffixe /îd/ représente un suffixe exogène postposé.

- Ce qui se trouve aussi dans /mahlûl kibrîtât al-nuhâs/137(*) et /hamd al-kibrîtîk/138(*), où les suffixes /tât/ et /îk/ représentent des suffixes exogènes postposés.

IV. La création de racines nouvelles 

L'arabe a la possibilité s'enrichir son stock de racines. C'est un procédé parfaitement admis par les instances terminologiques arabes en langue de spécialité. Ce procédé peut être endogène (l'arabe tire une racine nouvelle à partir d'unités de nomination ou de syntagmes arabes préexistés) ou exogène (à partir d'emprunts). A savoir que la racine créée est la plupart du temps quadriconsonantiques :

1. Création endogène 

Elle peut se faire à partir d'une lexie ou d'un syntagme :

A partir d'une unité de nomination formée par le système de nomination de l'arabe. C'est la cas de la racine vq-l-b, formée à partir de /qalaba/ le terme «métabolisme»139(*) /?istaqlab/140(*) , et le verbe /?istaqlaba/ « métaboliser » pour donner une racine nouvelle de cinq consonnes.

L'arabe se dote par un autre moyen pour créer une nouvelle lexie à partir de deux lexies préexistantes au moyen du procédé de la centaurisation (ou amalgame) - qui est l'un des procédés que la Tradition grammaticale arabe englobe sous le terme de naht . Lelubre ajoute que «  la nouvelle lexie est constituée d'éléments, radicaux ou non, de deux lexies tronquées, généralement la première par apocopé et la seconde par aphérèse, et emboîtées l'une dans l'autre ; cette lexie peut être formée ainsi de quatre ou cinq consonnes ».

Cette création de lexie par centaurisation peut, dans certain cas, aboutir à la formation d'une nouvelle racine, donnons à titre d'exemple une racine amalgamé tiré de notre corpus : la racine quadriconsonantiques :

- vh-l-m-? ou vh-l-m-h dans le terme /halma?at141(*) al-sukkarûz/142(*), « hydrolysation de saccharose » qui possége un terme homogène qui est /halmaha/. Ces racines sont les produits d'une opération de centaurisation de lexies / hallala/, « analyser » et /mâ ?/, « l'eau » pour donner le sens « analyser par l'eau ».

2. Création exogène 

A partir de la racine créée, L'arabe utilise alors son système de nomination actuel pour former des termes arabes.

- Exemple de racine quadriconsonantiques créée : la racine v b-l-m-r, créée à partir de l'anglais et du français « polymère » et duquel l'arabe dérive / balmara/ « polymérisation » et /mubalmarât/, « des polymères ».

- Exemple d'un racine quadriconsonantique créée : la racine v ?-s-t-r, créée à partir de l'anglais et du français « ester »143(*) et duquel l'arabe dérive / ?astara/, «  estérification » dans /tafâ'ulât al-?stara/.

Il est à souligner que la biochimie est un des domaine les plus riche par les racines amalgamé exogènes, notons à titre d'exemples les termes suivant qui sont dérivés à partir d'une racine amalgamé - quadriconsonantiques et triconsonantiques - :

- / dahirat ?l-daylaza/144(*), « dialysation ou dialyses phenomenon ».

- / tafâ'ul ?l- ?astala/145(*), « acétylisation ».

- / tafâ'ul ?l- ?alkala/146(*), « alkylation »147(*).

- / tafâ'ul ?l- balmara/148(*), « polymérisation ».

V. La centaurisation 

La centaurisation ou l'amalgame (appelé aussi par le naht dans la tradition arabe) consiste en l'amalgame

- soit de deux racines : comme on a vu précédemment

- soit de deux formes existantes :

· /'usara ma'tukalawiyya/ « jus pancréatique ». Ce sont chacune des deux formes qui s'amalgament et perdent, la première par apocopé et la seconde par aphérèse une ou plusieurs syllabes. Il s'agit en fait de la réduction d'une unité constituée dans le cadre du système de communication. Mais, il est à remarquer l'existence d'un passage morphologique non motivé dans ce terme / ma'tukalawiyya/. La première forme est à l'origine "ma'awiyya" et la deuxième forme est à l'origine "kalawiyyaa". La première forme a perdu par centaurisation son suffixe grammatical et une partie de son morphème lexical. Ce dernier qui a été remplacé par la lettre / t / sans motivation.

· /fahma?iyyât/149(*) " hydrocarbonés" , ici aucune des deux formes qui s'amalgament n'a perdu aucun syllabe.150(*)

VI. Conclusion 

Nous avons remarqué, d'après l'étude des termes figurant dans notre corpus, qu'il y a un nombre limité d'unités arabes formées à l'aide du système de nomination. La plupart d'exemples représentent un élément - UTS- réparti dans un UTC englobante. Lelubre l'affirme quand il dit que : « les limites du système de nomination sont inscrites dans ce système lui-même, celui-ci ne pouvant générer qu'un nombre limité de formes »151(*).

Quatrième Chapitre

LA FORMATION DES TERMES ARABES DE BIOCHIMIE DANS LE CADRE DU SYSTÈME DE COMMUNICATION

La formation des UTC à l'aide du système de communication

I. Le système de communication de l'arabe 

Le système de communication joue deux rôles importants, à savoir

1- assurer l'insertion des unités de nomination produites par le système de nomination au sein de la phrase qui est son unité maximale, La phrase étant l'unité maximale du système de communication ;

2- permettre de créer des unités terminologiques, formées de plusieurs constituants (U.T.C.), et non pas formées d'un seul constituant (UTS)

Pour ce système, 1'arabe dispose de : voyelles désinentielles fonctionnels et coordonnants.

Les fonctionnels spécifiées sémantiquement sont

- les prépositions: unités amorphes, telles que: /'ala:/ qui signifie " sur, contre "; /fî/ qui signifie " dans "; /li/ " pour "; /min/ " de "; /bi/ " par".

- quelques fonctionnels supplémentaires, tels que: /baina/ qui signifie " entre "; /tahta/ " au-dessous "; /dûna/ " en-delà "; /didda/ " contre "; /fawqa/ " au dessus ".

- quant aux coordonnants, ceux qui sont susceptibles d'être utilisés dans la formation d'unités terminologues complexes sont : /wa/ " et "; /?aw/ ou ", aussi le coordonnant "zéro" (avec le tiret (-).

Avant de développer la formation des UTC relatives à la biochimie, nous présentons la structure de la phrase.

II. Les relations constitutives de la phrase 

La phrase est composée d'un noyau comportant deux et seulement deux unités de nomination, X et Y, qui peuvent recevoir des extensions. André roman dit que x et y « sont les deux éléments fondamentaux, structurellement nécessaires et inomissibles (.) Reliés par une relation biunivoque de cooccurrence »152(*).

A. ROMAN souligne que le sous-système de communication, ce serait donc établi, pour toutes les langues du monde semble-t-il selon le plan suivant :

Roman ajoute que :

« Dans ce plan, les unités de nomination "x" et "y" sont les deux éléments fondamentaux, structurellement nécessaires et inamissibles, du noyau de la phrase, ses éléments "nucléaires", reliés par une relation biunivoque de cooccurrence à l'instar des deux voix d'un duo. De fait, ces éléments sont au nombre de deux parce qu'un système ne peut comprendre moins de deux éléments ; et ils ne sont que deux parce qu'un système comprenant plus de deux éléments est un système complexe et qu'au demeurant sa complexité serait ici inutile. La relation biunivoque, " ?-------?" [...] solidaire ces deux éléments, elle les identifie, faisant d'eux les constituants mêmes du noyau de la phrase »153(*).

Les unités de nomination "x" et "y" constituent donc des bases. Elles peuvent recevoir des extensions x' et y'. Ces bases peuvent être complexes, c'est-à-dire décomposables en base et en extension : { x (+ E...)} ; les extensions, à leur tour, peuvent être complexes contenant d'autres extensions : {x' (+E...).

III. Les expansions de système de communication 

Il existe en arabe deux types d'extension

- par coordination : l'extension par coordination est une relation de liaison de deux ou plusieurs éléments à l'appuis de la préposition / wâw /, « et ». Notons à titre d'exemple l'expansion du terme abrégé (UICPA ou IUPAC) / ?l-ittihâd ?l-dawli lilkîmyâ ? ?l-bahta wa tatbîqiyyah/, (L'Union internationale de chimie pure et appliquée). La préposition /wa/ a relié l'extension par coordination / al-tatbîqiyyah/, (appliquée)  avec la base / al-bahta/, (pure).Cette base porte le numéro quatre selon l'ordre général des bases dans cette UTC.

- par subordination : l'extension par subordination est une relation hiérarchisée dont les unités sont les fonctionnels. Il en existe quatre types:

a- L'extension ou 1'expansion d'identification et d'identité

L' « épithète » « le qualificatif / na't » ou l' « appositif », « le substitut » ou le « badal » de la tradition arabe.

Exemples de qualificatifs : / ?ahd duhniyyah/ "lipides simples". La base est /?ahd/ ; l'extension est /duhniyyah/, adjectif de relation formé par ajout du suffixe nominal de relation /yâ ?an-nisba/. Un autre exemple, /haydrokarbonât mosba'a/ "Hydrocarbonés saturés"154(*). La base est /haydrokarbonât/; l'extension est /musba'a/, adjectif de employé au féminin ou pluriel. Les exemples dans notre corpus sont très nombreux.

Lelubre souligne que « L'expansion d'identification est très fréquente dans la formation des unités terminologiques complexes en arabe ».

b- L'expansion modale

Selon Lelubre, « elle dénote dans la phrase une certaine actualisation de sa base ». La base de cette expansion est un modus. C'est le complément absolu (/maf'ul mutlaq/ de la Tradition). Nous pouvons l'appeler aussi le " complément absolu ". Exemple cité dans les travaux de Lelubre : /mustaqtab ?ihlîziyyân/, "polarisé elliptiquement".

Nous n'avons pas trouvé un exemple d'expansion modale dans notre corpus.

c- L'expansion annective ou expansion d'annexion 

C'est le complément de nom de la tradition /mudâf ilayhi. Les exemples de cette forme sont très nombreux dans le domaine de la biochimie. Exemple : /tafa'ulât ?l-humûd ?l-karbuksîliyyah/ (les réactions des acides carboxyliques). La base est, / tafa'ulât /, le pluriel féminin du singulier /tafa'ul/. L'extension est /?l-humûd / qui est le pluriel du nom /hâmid/ (acide) à côté d'autres pluriel possibles comme /?ahd/ et /hawâmid/ .Cette extension à son tour devient la base pour une autre extension d'identité / ?l-karbuksîliyyah/.

A savoir qu' « Une unité terminologique complexe formée par extension peut à son tour recevoir une extension, et ainsi de suite. Cette propriété récurrente est largement utilisée dans la formation des unités terminologiques complexes, pouvant ainsi aboutir à des termes assez longs »155(*).

Lelubre commente sur ce type  disant que : « De très nombreuses unités terminologiques complexes sont formées par expansion annective »156(*).

d- L'expansion complétive

Ce sont les compléments circonstanciels ou le maf'ûI bihi et le jarr wa majrûr de la Tradition. Dans le cadre de la formation d'une unité terminologique, elle est introduite par une préposition ou par un zârr wa mazrûr/. C'est-à-dire que cette extension nécessite la présence d'un fonctionnel. Exemple /binâ? halaqiyy lilglûkwz/ "Glucose cyclique"157(*). Nous avons affaire dans cet exemple à une base qui est / halaqi / - l'extension d'identité de la 1ère base / binâ? / - suivie d'une extension complétive introduite par le fonctionnel / li/ (pour).

IV. Les unités terminologiques complexes formées par combinaison d'expansion

Rappelons qu'une unité terminologique complexe - formée par extension peut recevoir une extension et ainsi de suite (cette propriété est largement utilisée dans la formation d'UTC). Cette expansion peut être une expansion d'identification, annective, complétive ou encore une combinaison de ces divers types d'expansion, par exemple:

- /?anzîmât nazi'a li-l-haydrûzîn/, 'déhydogenase enzymes' , Ici, nous trouvons une expansion d'identification et une autre expansion d'annexion.

- /tarkîb brûtûblâzim al-kaliyyah/, (la composition du protoplasme cellulaire). Ici, nous trouvons deux expansions d'annexion consécutives.

Autre expansion du même genre: / tafâ'ulât al-humûd wal qawâ'id ?l-`udwiyyah/, en anglais  'acids bases reactions'
Nous sommes, ici, devant une UTC qui comprend trois base et trois expansions différentes : d'annexion, par coordination et d'identification.

* 84 La démarche suivie dans ce travail se coïncide avec le plan de classement (SDN, SDC, moyens de tropes et moyen de l'emprunt), ce plan qui a été adopté par M/ Lelubre en 2003-2004. Notons que cette démarche a été soumise à une modification de classement en 2005 pour donner (SDN, SDC et Emprunt).

* 85 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, pp 18-19.

* 86 Ibid. pp. 16-17..

* 87 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p 14.

* 88 Ibid. p14.

* 89 Unité terminologique simple.

* 90 Unité terminologique complexe.

* 91 Dans le langage courant, un mot est une suite de caractères graphiques ou de sons formant une unité sémantique et pouvant être distingués par un séparateur (blanc typographique à l'écrit, pause à l'oral).

* 92 ROMAN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. p 7.

* 93 Ibid. pp 80-85.

* 94 Réaction chimique caractérisée par la fixation d'oxygène sur une molécule biologique.

* 95 ROMAIN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. pp 33-34.

* 96 Nom générique des esters d'acides gras rencontrés dans les tissus vivants, de poids moléculaire élevé, et qui sont caractérisés par leur insolubilité dans l'eau et leur solubilité dans les solvants organiques (chloroforme, éther, alcool, etc.).

* 97 Se dit de toute substance pouvant libérer des protons ou ions H+.

* 98 ROMAIN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. p 39.

* 99 Ibid. p 39.

* 100 JSCM2 : 198

* 101 JSBiM1 : 216

* 102 JSCM4 : 430

* 103 SUBN6 : 047

* 104 SUBN6:023

* 105 Procédé chimique par lequel un acide se combine avec un alcool pour former un ester.
Réaction par laquelle un alcool réagit avec un acide pour donner un ester.

* 106 JSCM3 : 235

* 107 JUBH5 : 032

* 108 SUBN6 : 023

* 109 Nomen loci vel temporis selon la terminologie d'André ROMAN et /?ism al-makan wa z-zaman/ scion la Tradition.

* 110 Nomen instruments selon la terminologie d'André ROMAN et /?ism al-?ala/ scion la Tradition.

* 111 SUBN6 : 141

* 112 SUBN6 : 128

* 113 JSCM3 : 254

* 114 Liquide formé par la dissolution d'une substance solide (p. ex. médicament) dans un solvant.

* 115 Qualifie une solution ou une pulpe qui contient une forte proportion de produits dissous ou de solides en suspension.

* 116 Sel dérivant de l'acide lactique.

* 117 Nomen agentis selon la terminologie d'André ROMAN et /?ism mubalaga/ selon la Tradition

* 118 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2. p 189.

* 119 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

* 120 Ensemble des réactions biochimiques catalysées par des enzymes appropriées et aboutissant à des synthèses (anabolisme) ou à des dégradations (catabolisme) de molécules biologiques.

* 121 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

* 122 Ibid.

* 123 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

* 124 Ibid.

* 125 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

* 126 JSBiM1: 220

* 127 Réactions déclenchées sans la lumière solaire.

* 128 Terme désignant les diverses formes d'une même enzyme, différenciées par leur structure moléculaire.

* 129 Hormones se produisent de petites glandes endocrines au nombre de quatre, deux supérieures et deux inférieures, situées habituellement derrière le lobe latéral du corps thyroïde.

* 130 JUBH5 : 155

* 131 JSCM3 : 243

* 132 Oxyde d'éthyle volatil et très inflammable.

* 133 JSCM4 : 424

* 134 JUBH5 : 061

* 135 Ce qui signifie le non existence d'un équivalent singulier, malgré la possibilité de dériver un singulier sur le schème de déminutif /fu'ayl/ pour donner /suhaym/.

* 136 SUBN6 : 052

* 137 JSCM3 : 167

* 138 JSCM3 : 164

* 139 Processus des modifications chimiques continues qui ont lieu dans l'organisme vivant.

* 140 SUBN6 : 178

* 141 Ce terme est cité dans deux formes différentes /halma?a/ et /halmaha/, le /ha/ a remplacé le /?a/ pour la légèreté de prononciation.

* 142 JUBH5 : 032

* 143 Composé chimique résultant de l'action d'un acide carboxylique sur un alcool ou un phénol, avec élimination d'eau.

* 144 SUBN6 : 084

* 145 JUBH5 : 113

* 146 JUBH5:111

* 147 Réaction entre un alcène et un hydrocarbure à chaîne ramifiée.

* 148 JSCM3 : 248

* 149 JUBH5 : 031

* 150 Nous avons trouvé deux autres synonymes pour ce terme en arabe : /mâ?ât al-karbûn / et /mâ?iyyât al-fahm/.

* 151 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2, p257. Et ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p179.

* 152 ROMAIN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. pp 86-87.

* 153 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p 154-155.

* 154 Hydrocarbonés amenés à la capacité de saturation; se dit du complexe d'absorption saturé d'un cation donné.

* 155 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

* 156 Ibid.

* 157 Qualifie une molécule dont la structure comporte une chaîne fermée.

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