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Les Modes et Les Moyens de Formation Des Termes Biochimiques

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par Houssam Abu Mussallam Houssam El-Yafi
Université Lumière Lyon 2 - DEA en Langues et Cultures étrangères (LTMT) 2004
  

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Lelubre parle de quelques cas particulier d'UTC comme :

a) La phrase translatée terminologisée qui se compose à l'appuis de /mâ/ (ce qui). Mais nous n'avons pas trouvé un exemple dans notre corpus.

b) Les Constructions en rupture avec le système de communication de 1'arabe. On rencontre de telles constructions, comme par exemple la composition à l'appui d'un trait d'union, qui est une innovation, emprunté à l'anglais. il s'agit ici d'unité physique, dont justement la construction syntaxique est différente de ce qu'impose le système de communication de l'arabe.

Lelubre ajout que « de tels syntagmes n'ont pas vocation à recevoir les voyelles désinentielles. Ils sont en rupture avec le système de communication : ils relèvent d'une syntaxe différente, une syntaxe sans déclinaison, comme le sont, entre autres, tirés des langues arabes parlées »158(*). Nous n'avons pas relevé un exemple pareil dans notre corpus.

V. Conclusion 

Nous avons remarqué, d'après 1'examen des termes (UTC) figurant dans notre corpus, qu'il y a un grand nombre d'unités arabes (biochimiques) formées à l'aide du système de communication. La plupart de ces UTC ont une expansion d'identification et annective.

Cinquième chapitre

LA FORMATION DE TERMES ARABES DE BIOCHIMIE PAR RECOURS AU TRANSFERT SEMANTIQUE

I. Le recours au transfert sémantique

Pour pouvoir répondre à l'énorme demande terminologique dans les nouveaux domaines techniques et scientifiques, toute langue est contrainte de réutiliser son stockage de mots et de lexies déjà existant, en attribuant de nouveaux sens à ces lexies par l'emploi des tropes (figures de mots), comme la métonymie, la métaphore, l'hypallage et la résurgence (l'istinbât dans la tradition grammaticale arabe).

Lelubre commente : « Cette ressource est au contraire du recours au systèmes de nomination et de communication de la langue, est une ressource linguistiquement asystématique ». C'est-à-dire, elle s'oppose au principe de système habituel de néologisme159(*).

Les figures de style constituent une partie importante de toutes les langues. On ne peut pas envisager les figures seulement en tant que partie de la rhétorique, car il va de soi qu'elles jouent un rôle primordial dans l'évolution des langues. Existant dans tous les registres, elles constituent même un des principaux facteurs de formation de l'argot. Issues de changements sémantiques, elles produisent des glissements de sens. Il y a plusieurs types de figures de style, ce qui nous concerne dans le transfert sémantique est : la métaphore, la métonymie et l'hypallage.

II. Les figures de transfert sémantiques 

1- La métonymie160(*)

Elle réalise généralement l'extension au référant entier du nom d'une qualité, d'une forme, d'une fonction de l'une de ses composantes. « La métonymie saisit immédiatement le réfèrent qu'elle nomme par un nom qui, en quelque sorte, lui revient en raison de son appartenance à un ensemble : essentiellement, la partie pour le tout, le tout pour la partie » (A. Roman, cité par Lelubre », par exemple: " boire un verre " pour " boire le contenu de ce verre"161(*).

La métonymie est une opération de nomination référentielle et non pas linguistique. Lelubre s'accorde avec Dumarsais que « la métonymie s'appuie dans bien des cas sur un phénomène de contiguïté référentielle (ainsi, dans le cas de faction et du résultat de faction : il s'agit de deux phases intrinsèquement liées) ; cela est d'ailleurs la source du phénomène de polyréférentialité (une même dénomination, pour deux unités référentielles proches l'une de l'autre), qui peut être gênant en terminologie, mais difficilement évitable »162(*).  

La métonymie est très fréquente dans la langue technique, et en particulier, les noms d'unités en Physique et en chimie. Surtout dans un type de métonymie appelé « antonomase » où un nom propre (ou une périphrase énonçant sa qualité essentielle), est utilisé comme nom commun, ou inversement. L'antonomase est donc un trope qui permet d'employer  un nom commun pour signifier un nom propre ; un nom propre pour signifier un nom commun ; un nom propre pour signifier un autre nom propre. Voilà quelques exemples tirés de notre corpus :

- /tarkîb luwîs/, 'Lewis symbole' 3 (The Lewis structure of a covalent compound or polyatomic ion shows how the valence electrons are arranged among the atoms in the molecule to show the connectivity of the atoms)163(*) où le nom du savant qui découvre devient le nom de la découverte.

La même chose dans le terme :

- /mahlûl tûlinz/, (la solution de Tollen) où le nom du créateur devient le nom de la création. Mais il est important de noter que le terme arabe a été traduit à partir de l'anglais. Nous trouvons le « s » de possession (valeur syntaxique d'anglais) dans le terme arabe. L'intéressant est dans la transformation de « s » anglais en « z » conformément à la prononciation d'origine (Tollen's solution).

La métonymie est fréquente entre l'action et le résultat de cette action. Voici deux exemples : l'action de composer dans /tarkîb ?anzîmî/, "la composition enzymatique" et le résultat ou le produit la composition / tarkîb ?nzîmî /, "composition", et /tanzîm/ dans le terme /tanzîm hirmûniyy/164(*) " organisation des hormones " qui signifie " le fait d'organiser " ou " ce qui est organisé.

Il est à souligner que la métonymie, qui ne crée généralement pas de forme lexicale nouvelle, peut être la source d'une création de nouvelles formes lexicales, tant dans le cadre du système de nomination que celui du système de communication. Un terme formé par recours à la métonymie peut être la source de dérivation des adjectifs ou des noms.

2- La métaphore165(*)

DU MARSAIS définit la métaphore disant que c'est une «  une figure par laquelle on transporte pour ainsi dire la signification propre d'un mot à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui est dans 1'esprit »166(*).

Pierre FONTANIER affirme, à son tour que la métaphore consiste « à présenter une idée sous le signe d'une autre idée plus frappante, ou plus connue, qui d'ailleurs, ne tient à la première par aucun autre lien que celui d'une certaine conformité ou analogie »167(*).

LE GUERN résume le processus métaphorique à 1'aide de quelques lignes «la métaphore s'explique [...] par la suppression ou plus exactement par la mise entre parenthèses d'une partie des sèmes constitutifs du lexème employé »168(*).

Donc, la métaphore est basée sur le fait qu'un trait de similarité choisi comme un " attribut dominant " devient le nouveau nom. Elle porte sur le réfèrent, nécessairement; mais le nom qui est donné au réfèrent n'est plus le seul produit du système de nomination de la langue, il est aussi le produit d'une autre opération, culturelle, de transfert, dont le domaine n'est plus la langue.

ROMAN affirme que la métaphore est un moyen de nomination référentielle puisque le nouveau nom donné au réfèrent n'est plus le seul produit du système de nomination de la langue mais il est le produit d'une opération, culturelle, de transfert »169(*) . Il note que la métaphore est «  une opération de nomination non pas linguistique mais référentielle. Le "nom" qui est ainsi donné à la res est un "nom" nouveau en ce sens qu'il naît d'une rupture sémantique »170(*). Cette opération de transfert met en évidence, selon ROMAN, un trait de similarité entre deux unités référentielles (UR).

C'est un moyen possible de la nomination partielle, imaginée entre deux unités référentielles sélectionnées et non pas une relation constatée entre elles. Voyons maintenant quelques exemples:

- /'â?ilât `udwiyyah/, ( familles organiques ), ici le mot « famille » - qui est une forme de regroupement sociale- est métaphoriquement utilisé pour exprimer un groupe des composante organiques identiques entre elles.

- /mudîbât qutbiyyah/, (Solvants polaires), dans ce terme la lexie « pôle » est remployé métaphoriquement à cause d'une relation de similarité entre le pôle géographique et ce type de solvants très forts. Ces solvants sont utilisés lorsqu'il s'agit de mettre en réaction des composés organiques pour engendrer des nucléophiles anioniques. Le rôle de ce type de solvant ressemble dans son fonctionnement le pôle géographique.

Il est intéressant de signaler que le terme est traduit à partir de la langue source après sa soumission à une opération métaphorique.

- / ?zsâm nawawiyya/, "Nucléosomes", le terme adjectival /nawawiyy/ est dérivé du mot /nawâh/ "noyau" qui est ,à son tour, métaphorisé grâce à sa forme similaire à un noyau naturel du fruits.

D'autres exemples sur les termes biochimiques formés par recours à la métaphore :

- /?akl kalawiyy/171(*) , "Phagocytose" , ici , le terme arabe signifie que la cellule mange comme un être humain. Sachant que le terme "Phagocytose" signifie « la Capture et ingestion par une cellule de particules solides inertes ou vivantes du milieu ambiant».

- /surb kalawiyy/172(*), " Pinocytose", ici, le terme arabe signifie que la cellule boit comme un être humain. Sachant que le terme " pinocytose" signifie «Capture et absorption par une cellule de gouttelettes de liquide du milieu extracellulaire».

A savoir que la terminologie technoscientifique fait souvent appel à la métaphore comme étant un procédé de création terminologique très fécond. Mais ce n'est pas toujours valable, car les terminologues arabes conservateurs n'apprécient pas la réutilisation des termes anciens en leur donnant des sens nouveaux. Ils voient ce procédé moins productif, Lelubre dit que :

« Ce procédé de formation de termes, souvent invoqué et en particulier préconisé par les terminologues arabes conservateurs, est en fait peu productif : les unités référentielles nouvelles appellent des termes nouveaux ; par ailleurs, dans bien des domaines, surtout en arabe, ces termes anciens continuent à relever d'approches toujours en vigueur»173(*).

3- L'hypallage

C'est une opération de nomination par capture ; une base capture l'expansion d'une autre base. Elle est de nature linguistique.

L'hypallage est un procédé de rhétorique par lequel on attribue à certains mots d'une phrase ce qui convient à d'autres Il est à noter que l'hypallage ne sème pas la confusion quant au sens de la phrase. Il s'agit d'un jeu esthétique. Autrement, sans l'apport du jeu, il s'agit d'une erreur.

L'hypallage propose des jeux intéressants dans le texte parce qu'elle permet, sans perdre le sens véritable de la phrase, de lui conférer des éléments nouveaux

Quelques exemples tirés de notre corpus :

- /tafâ'ulât daw?iyyah/ 'light reactions'174(*) en anglais. Dans le glossaire anglais, il s'agit d'une sorte de réactions qui a besoin de la lumière pour se dérouler. Et non pas des réactions qui produisent de la lumière. Ce sens sous entendu dans la dénomination par hypallage. Nous proposons de le nommer 'light dependent reactions'. Il est bien entendu que le terme arabe est traduit à partir de l'anglais.

- /quwâ fanderfâl/, en anglais 'Van der waals powers', "forces de Van der Waals". Il ne s'agit pas d'un Van der Waals musclé ou un homme qui préside une puissance invulnérable mais il s'agit d'un savant qui a découvert ces sortes de force - des interactions de faible intensité entre atomes, molécules, ou une molécule et un cristal - . Il est à souligner que le terme anglais a été transmis à l'arabe en deux termes : Une fois transcris avec /v/ pour le /v/ de Van et le /v/ de Waals tout attachés et une autre fois transcris par /f/ pour le /v/ de Van et le /v/ de Waals tout attachés avec une /s/ comme terminaison. Cela est considéré comme une erreur phonologique car l'arabe le phonème /v/ est étrange à la langue arabe.

4- La résurgence175(*)

C'est le fait de donner un nouveau sens à un terme ancien, terme tombé en désuétude, et qui ne sera désormais utilisé qu'avec sa nouvelle acception dans le domaine de spécialité.

Lelubre dit que « Ce transfert sémantique peut s'opérer aussi diachroniquement. Il s'agit alors de résurgence (en arabe istinbat), où l'on donne une acception nouvelle à un terme ancien, tombé en désuétude, terme qui ne sera désormais utilisé qu'avec sa nouvelle acception (encore que son acception ancienne puisse subsister, mais de manière très marginale).

Par exemple : /qâfilât/ " convois " (voitures), avant " file de chameaux ". Nous n'avons pas trouvé des termes biochimiques de ce type dans notre corpus.

C'est aussi la réutilisation du stock de termes arabes anciens qui font partie du /turât/, par exemple:/suhûm/ est un terme ancien arabe qui est utilisé dans le sens (des graisses). Aujourd'hui il est remployé dans un sens spécialisé dans la biochimie pour signifier (lipides), qui sont des matières biochimiques constitués d'acides gras saturés ou insaturés.

III. Conclusion 

Nous avons étudié dans ce chapitre le premier procédé examiné dans notre corpus, qui concerne la formation des termes arabes de biochimie par recours au transfert sémantique. Nous avons remarqué aussi que ce procédé est largement utilisé dans la terminologie technoscientifique arabe. Le quatrième procédé, largement adopté dans notre corpus, concerne la formation de termes arabes de biochimie par emprunt, procédé que nous rencontrons souvent dans la formation de certains termes technico-scientifiques et pour laquelle nous allons consacrer un large chapitre.

* 158 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

* 159 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

* 160 Du grec metaphora, la métaphore est une figure de rhétorique. La métaphore est une figure de style implicite. C'est une comparaison sans outil de comparaison. Elle associe deux sèmes afin de créer une certaine image, une correspondance inédite impossible dans la realité. Ainsi, la métaphore remplace un mot A par un mot (ou une courte expression) B.

* 161 Petit Robert 1192.

* 162 DU MARSAIS, César (1977) (1ere éd. 1730) : « Traite des tropes », Paris, Le Nouveau Commerce, 322p.

* 163 http://onsager.bd.psu.edu/~jircitano/lewis.html

* 164 JSBiM1: 334

* 165 La métonymie (du grec metônumia, « changement de nom ») est une figure de rhétorique par laquelle un concept est dénommé à partir d'un mot désignant un autre concept. Il existe donc une relation obligée comme, par exemple, la cause pour l'effet, la partie pour le tout, ou le contenant pour le contenu.

* 166 DU MARSAIS, César (1977) (1ere éd. 1730) : « Traite des tropes », Paris, Le Nouveau Commerce, p155.

* 167 FONTANIER, Pierre (1977) (1ère éd. 1830) : « Les figures du discours », Paris, Flammarion, p 99.

* 168 LE GUERN, Michel (1973) : « Sémantique de la métaphore et de la métonymie », Paris, Larousse, p 15.

* 169 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p190.

* 170 Ibid p 187.

* 171 JSBiM1: 212

* 172 JSBiM1: 212

* 173 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

* 174 Réactions déclenchées par la lumière solaire.

* 175 /al ?istinbât/ dans la tradition arabe.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand