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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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d) Ted Nelson et Xanadu

Theodor Holm Nelson est considéré comme l'inventeur du concept et du néologisme « hypertexte », daté de 1965. Il est à l'origine de deux textes fondateurs de l'hypertexte dont il a surtout décrit les propriétés : Computer Lib/Dream Machines (1975) et Literary Machines (1985). Ces deux textes ont permis, associés à des conférences sur le sujet, la propagation du concept. Dans la réédition de Literary Machines, en 1993, T. H. Nelson définit l'hypertexte ainsi :

« Il s'agit d'un concept unifié d'idées et de données interconnectées et de la façon dont ces idées et ces données peuvent être éditées sur un ordinateur ».

T. H. Nelson y revendique néanmoins sa double filiation : Vannevar Bush et Douglas Engelbart. Le second ouvrage de l'auteur est consacré à la description de Xanadu9(*) qui est un dispositif hypertextuel d'archivage et de consultation de documents en réseau. L'idée sur laquelle repose ce système est de disposer d'un fond commun rassemblant les documents de l'humanité, accessibles à tous et modifiables en insérant des documents et en établissant des liens. Le document représente selon T. Nelson notre unité fondamentale et peut être ouvert sur n'importe quel autre document. L'ensemble des documents, d'après Hélène Godinet-Hustache10(*), représente une gigantesque base de données virtuelle et dynamique, dans laquelle les utilisateurs se déplacent, lisent des informations , les comparent à d'autres, les regroupent par thème, insèrent des références mentionnées dans un autre document, etc. 

L'auteur est aussi à l'origine de la distinction de deux catégories d'hypertexte :

- L'hypertexte par blocs ou fragments, comme avec une encyclopédie ou un jeu de fiches. Le lecteur lit un bloc de texte, puis un autre dans l'ordre qui lui convient.

- L'hypertexte étendu fait appel à la notion de renvoi. Chaque portion du texte présenté de manière non séquentielle renvoie à un ou plusieurs autres textes. Se trouvent ainsi combinés l'association d'un texte à un autre et le passage d'un bloc à un autre, l'ensemble constituant le parcours ou la « navigation »

L'idée innovante de T. Nelson est le concept de liens, mais les pistes associatives générées par les liens ne sont pas du même ordre que celles décrites par V. Bush. En effet l'analogie chez ce dernier est empirique, elle est commandée par l'utilisateur, alors que pour Nelson la structuration des connaissances est arbitraire pour le lecteur. La structure cognitive de chaque individu est basée sur des expériences antérieures, sa formation...

Nelson croit que la manière dont chacun accède aux connaissances, les relie et agit sur elles, devrait être différenciée. Mais Nelson, philosophe de formation, est de toute évidence davantage un théoricien de l'hypertexte qu'un réalisateur. Il se dit même « computopien », utopiste de l'informatique. Il créa en 1983 une société, du nom de son projet dans le but de le concrétiser : remplacer l'édition classique et développer des logiciels d'édition électronique de documents hypertextuels. Mais il faut attendre Bill Atkinson pour voir la mise en oeuvre effective de l'hypertexte.

* 9 C'était le nom de l'un des palais de rêve de l'empereur mongol Kubla Khan, près de Pékin, cité par Coleridge dans un de ses poèmes.

* 10 Hélène Godinet-Hustache, Lire-écrire des hypertextes, Villeneuve d'Ascq, Presses Universi-taires du Septentrion, coll. « Thèse à la carte », 1998.

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