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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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b) Le temps et l'espace

Les liens relatifs au temps et à l'espace prennent souvent la forme de connecteurs logiques. Les connecteurs logiques sont au sens large tous les termes qui assurent l'organisation d'un texte : les conjonctions, les adverbes, les groupes prépositionnels, les locutions, et parfois même certains procédés anaphoriques, comme les adjectifs numéraux ou des expressions spatiales. Le connecteur comme lien unique reste rare dans l'hyperfiction, dans la mesure où la plupart du temps ils appartiennent à des unités sémantiques ( phrase, syntagme, lexème. ) De plus le lien ne peut être source de sens qu'en rapport d'une part avec son contexte d'apparition et d'autre part son contexte d'arrivée. Un exemple tout de même, Jean-François Verreault, au début de la zone deux du Noeud201(*) nous en propose deux :

« Rien d'intéressant ici pour le moment,

Je le jure...

Vite, allons ailleurs! »

Le premier connecteur « pour le moment » peut être paraphraser par « pour l'instant », il invite donc le lecteur à une autre page. Le deuxième est contenu dans la phrase « allons ailleurs », l'adverbe « ailleurs » est à replacer en fonction du premier adverbe de lieu « ici ». Il est donc mis en relation avec l'énonciation et les circonstances « ici, je et maintenant », pour le moment exprime le « maintenant » et « ailleurs » en opposition à « ici ».

· L'espace

L'espace est rarement introduit par des connecteurs non défini, car les auteurs nous précise en effet le lieu. Cependant il existe dans La malédiction du parasol202(*) des compléments de lieu indéterminé comme ailleurs et loin qui font référence à des lieux non précisés. La fonction du lien est alors d'apporter une précision : «  Le pays des vacances était encore loin »203(*) est lié à une image, une carte postale nous montrant une plage de sable, de même ailleurs :  « Elle avait parfois l'impression d'être devenu invisible, tant elle sentait les regards des hommes la traverser, la contourner pour se fixer ailleurs »204(*), nous emmène vers un personnage masculin. Par deux fois elle utilise « là » pour exprimer un autre lieu, elle y ajoute : « sur le trottoir », ou « dehors ». En effet l'adverbe « là » s'oppose à « ici », dans la mesure où il désigne « dans tel lieu, autre que celui où l'on est ». Le « là, dehors » indique donc que le personnage est « dedans ».

Les liens relatifs aux espaces indiquent généralement des lieux définis, comme par exemple « Ce n'était pas la première fois que le docteur Marbella se rendait directement du Cactus Rouge à l'hôpital » 205(*), alors que le lecteur en lisant cette phrase n'a pas d'indication relative à la nature du lieu, le lien précise : « C'était Hélène qui avait eu l'idée d'entrer dans ce bar mexicain, dont l'enseigne représentait un cactus rouge s'allumant et s'éteignant dans la nuit ». Le lien détermine donc la nature du lieu. Il explique l'enseigne mais en changeant de personnage et d'indication temporel. Le lien a une fonction d'une part explicative « ce bar mexicain » et descriptive « dont l'enseigne représentait un cactus rouge s'allumant et s'éteignant dans la nuit ». Alors qu'ici le lien a une fonction explicative, et reposait sur une métonymie le nom pour le lieu, il peut aussi avoir pour fonction de mettre en parallèle deux situations : « En rentrant de l'école, il vit de loin, allongée sur le trottoir devant sa maison.. »206(*) le lien « sur le trottoir » est repris dans le second passage : « Léna avait décidé d'attendre Jérôme sur le trottoir devant chez elle. ». La figure de rhétorique joue sur la reprise du lieu « sur le trottoir », mais avec un changement de perspective. Le lien joue sur la reprise des même termes mais dans un contexte différent. Il est aussi à souligner que le complément circonstanciel de lieu est suivit de « devant sa maison » pour la première apparition et de « devant chez elle » pour la seconde occurrence, il y a donc deux compléments circonstanciels. Le second a pour objectif de préciser le premier.

Le lien relatif au lieu peut aussi avoir pour une fonction de déplacement c'est le cas notamment dans les synopsis, par exemple page 73, est écrit « il accompagne Déborah à l'hôpital », le lien transporte le lecteur au lieu et à la situation, la page contient le même lien contenu dans la phrase suivante : « pourquoi avait-il proposé à Déborah de l'accompagner à l'hôpital ? »207(*), le lien annoncé dans le résumé est repris dans le texte, avec une tournure interrogative, alors que le premier lien avait une fonction de déplacement, le second lien nous renvoie vers un autre endroit de l'hôpital : « Marina sortit précipitamment du bloc opératoire... »208(*). Le lien, complément circonstanciel introduit par la préposition « à » joue sur la polysémie de la préposition en effet dans ses deux contextes d'apparition il est lié au verbe accompagner, mais le changement de temps du présent au plus-que parfait, fait passer d'une action en cours à une action accomplie. De plus la préposition dans le premier cas indiquait le lieu où l'on va, dans la seconde le lieu où l'on est. D'autres liens reprennent ce processus de déplacement, d'emmener le lecteur vers le lieu annoncé comme par exemple « Paméla se planque dans une cabane au fond de la forêt »209(*), le lien convie le lecteur à la situation de Paméla, dans cette cabane il y a donc un système de transport d'un lieu à un fragment de page. L'espace est isolé et clos. Le lien « Roberto (...) se recueille sur la tombe de son ami Alex »210(*) contenu lui aussi dans un résumé nous indique le passage suivant : « le jour de l'enterrement d'Alex... » au lieu d'un déplacement dans l'espace, l'auteur nous invite à un déplacement dans le temps, puisque les premières lignes débute par « le jour de », le recueillement et la méditation ne sont évoqués qu'à la fin du passage par : « ils grommelèrent quelques vagues formules de circonstance avant de s'en aller et de les laisser seuls ». Le lien est donc prétexte à une scène, et à une narration. Le lieu n'est que symbolique.

Ainsi pour conclure sur les indications de l'espace certains comme l'hôpital, le cactus rouge sont des lieux de rencontre, de passage communs à divers personnages, c'est pourquoi les deux textes se complètent ou s'expliquent. Le lien spatial a donc plusieurs fonctions : une fonction de déplacement d'un lieu cité et son transport dans ce lieu, une fonction déterminative dans le cas de lieu non explicite, une fonction de lier les épisodes entre eux et enfin une fonction de mise en parallèle de deux situations. Les indications temporelles vont avoir approximativement les mêmes fonctions.

* 201 VERREAULT Jean François, Le Noeud, [en ligne], 1998-2000 : http://www.total.net/~amnesie/

* 202 Anne-Cécile Brandenbouger, La malédiction du parasol [format PDF], Paris, 00h00.com, « collection 2003 », 8 février 2000

* 203 ibid. p 160 et 161

* 204 ibid. p 185 et 186

* 205 ibid. p 6 et 8

* 206 ibid p 59 et 109

* 207 ibid. p 80

* 208 ibid. p 81

* 209 ibid. p 183 et 187

* 210 ibid. p 152

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