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Le refus de la linéarité dans l'adaptation cinématographique de la Rue Cases-Nègre de Joseph Zobel

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par Théophile Muhire
Université Natinale du Rwanda - Licence en Lettres 2004
  

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3.1.2.2 La fréquence

Avec la fréquence, on entre peut être plus dans une dimension aspectuelle que temporelle : c'est le caractère itératif ou singulatif du récit qui est envisagé. Soit la première phrase du roman « Quand la journée avait été sans incident ni malheur, le soir arrivait souriant de tendresse », le recours à l'imparfait permet à un seul énoncé de décrire un nombre indéfini d'événements donnés comme identiques et répétitifs. Le soir arrivait, souriant de tendresse chaque fois que la journée avait été sans incident ni malheur. Et cela est arrivé pendant plus d'une soirée. Cet énoncé raconte donc en une fois ce qui s'est produit n fois. C'est le mode itératif du récit.

Plusieurs procédés semblent avoir aidé Palcy à rapporter cinématographiquement ce genre d'énoncés qui dominent le texte romanesque. Les points suivants montrent les différentes tentatives de Palcy à transposer au cinéma les passages en mode itératif :

1. Le début du roman raconte la vie habituelle de José en l'absence de tout incident. Au cinéma, on recourt à l'utilisation d'une voix off de José qui reprend ce qui est écrit dans le roman.

2. José avait l'habitude de rentrer à la maison après avoir joué avec ses camarades à l'école :

« ... le soir je m'attardais à jouer avec quelques camarades devant l'école, puis je rentrais à la Cour Fusil [en passant par Petit-Bourg] après m'être assuré que je n'était coupable de rien d'extraordinaire » (LRCN, p. 108).

Pour porter sur écran un énoncé pareil, Palcy a procédé très simplement comme suit : elle fait montrer deux fois des enfants qui rentrent en jouant sur la route où l'on peut apercevoir un panneau sur lequel est écrit « Petit-Bourg ». L'effet que ce plan produit chez le spectateur, c'est qu'il prend connaissance à la fois de l'endroit et du caractère itératif des faits.

On aura cependant, remarqué que la plupart d'énoncés du genre itératif ont été rapportés au cinéma comme s'ils évoquaient des faits singulatifs, c'est-à-dire raconter une fois ce qui s'est produit une fois. Dans la mesure où l'image mouvante est d'essence singulative, elle ne peut photographier qu'une seule occurrence événementielle à la fois ; sauf cas de strictes duplications, si elle filme une seconde fois le même événement, elle en fournit une seconde version et non la simple répétition.

Quant à la forme répétitive du récit (raconter n fois ce qui s'est passé une fois), on remarque que c'est un procédé que Zobel n'utilise pas dans son roman. Par conséquent, Palcy non plus n'y fait nullement recours. Malgré tout, d'une manière générale, le récit de Palcy garde son caractère itératif qui découle du recours à de nombreuses interventions de la voix off du narrateur.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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