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Le refus de la linéarité dans l'adaptation cinématographique de la Rue Cases-Nègre de Joseph Zobel

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par Théophile Muhire
Université Natinale du Rwanda - Licence en Lettres 2004
  

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3.2.3 L'école, lieu de désillusion

Dans le film, l'activité scolaire avait déjà commencé à la quatrième séquence, lorsque José corrigeait l'alphabet de Carmen. Cependant, on peut affirmer sans risque de se tromper que cette intervention précoce de l'école découle d'une erreur de montage, car il serait insensé que José enseigne à quelqu'un l'alphabet qu'il ne connaît pas encore lui-même. L'école proprement dite commence avec le deuxième acte comme dans le roman.

D'une manière générale, le film revient sur le bien-fondé de l'éducation :

« Sans le certificat d'études, nous tomberions tous dans les petites-bandes et tous les sacrifices de nos parents auraient été vains » (LRCN, p. 156).

Ces paroles de M. Roc, reprises par José, font écho à la vie personnelle des jeunes en milieu défavorisé. Quand il reçoit son éducation, il apprend les différences entre sa culture et celle qu'on lui enseigne à l'école. L'étude des pièces de Molière, de Corneille, de Racine, classiques de la littérature française au programme, aussi bien dans le roman que dans le film, ne correspond pas à la réalité de José : ces pièces n'ont pas été revues, ni adaptées à son milieu. Ces textes dont dépend pourtant sa réussite, mettent en position supérieure la culture française, tout en lui révélant le monde extérieur, un monde extrêmement aisé, contrairement à sa prison insulaire où il n'avait côtoyé que misère et humiliation.

Zobel poursuit son analyse en insistant sur l'éducation coloniale qui porte la lourde responsabilité d'inculquer et de générer ces ambiguïtés verbales chez les jeunes écoliers. Le roman, et non le film, montre comment, avec un changement de repère, ce milieu scolaire pousse José à prendre conscience de sa classe sociale mais aussi de son appartenance raciale. Il est aussi ironique de constater que c'est à l'école, lieu de promotion, qu'il devient conscient de sa mise en infériorité. C'est pendant sa scolarisation qu'il apprend qu'il est différent des autres étudiants : « personne ne me ressemble [...] je suis le seul de mon espèce » (LRCN, p. 171). Il en vient à avoir honte de lui-même et des siens, tout comme Adam et Eve, une fois chassés du paradis, avaient honte de leurs corps.

Là où le texte littéraire décrit le protagoniste désillusionné, le film opère une sorte de nuance et le spectateur a l'impression de voir le contraire. Une scène de film est particulièrement éloquente : José se rebelle contre son professeur qui l'avait accusé de plagiat et celui-ci se rend chez son élève pour demander pardon et reconnaître sa faute pour l'avoir chargé d'allégations dépourvues de tout fondement. Le lecteur du roman qui voit le film peut, à juste titre, supposer qu'il a mal compris, soit le roman, soit le film. Dans le roman, nous avons un José tout le temps humilié mais, dans le film, le même José devient un garçon très sûr de lui-même, voire fier de sa condition de petit-fils de « cultivatrice ».

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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