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Capital investissement; logique, technique et pratique

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par Mohamed Amin MEHAL
Ecole Superieure de Banque - DSEB 2006
  

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Section 1 : Business plan et études :

Il s'agira dans ce qui suit de présenter sommairement, le document de base sur lequel se fond l'analyse du capital investissement et des éventuelles investigations menées par les capitalinvestisseurs pour conforter leurs prises de décisions.

I. Le business plan :

Avant de se lancer dans quelques opérations d'investissement que ce soit, le capital investisseur se doit d'effectuer une prospection sur l'ensemble des entreprises en recherche de financement, ce qui lui permettra d'avoir une vue d'ensemble sur l'économie, de cerner les besoins et de cibler les entreprises présentant un véritable potentiel de croissance.

Le business plan est le document d'analyse par excellence.Le capital- investisseur se basera sur ce document pour procéder à la sélection.

1. Définition :

Le business plan ou encore plan d'affaire, est un document structuré, élaboré par l'entrepreneur à l'intention des investisseurs potentiels. Il expose de manière complète, détaillée, claire et objective le projet sous tous ses aspects ; innovants, techniques et industriels, humains, commerciaux et financiers.

Il doit refléter, selon le cas, la réalité du projet ou de l'entreprise et doit, ainsi, être souple afin de permettre toute modification imposée par une conjoncture pouvant survenir de l'extérieur ou à l'intérieur même de l'entreprise.

Le business plan est un document rédigé généralement en 25 pages en moyenne et est généralement composé de deux parties :

· La première est qualitative, reprend les choix stratégiques de l'entreprise et répond à des objectifs bien précis. Elle se compose de :

i. Une présentation managériale : un résumé devant éveiller l'intérêt des interlocuteurs en présentant le contenu général du projet d'entreprise sur une page.

ii. Une partie stratégique comprenant :

- Une présentation globale du projet, de la commercialisation du produit et l'organisation de l'entreprise.

- Une présentation du marché, de la croissance et de la segmentation marketing. - Planification et présentation de l'entreprise à moyen terme.

· La deuxième partie est quantitative et contient des tableaux chiffrés résultant de ses choix (comptes d'exploitation, bilans prévisionnels, tableau de financement et de trésorerie).

La rédaction du business plan est un exercice laborieux qui demande beaucoup d'effort et d'attention. Ce pourquoi, l'assistance d'un expert comptable ou d'un intermédiaire spécialisé est fortement recommandé aux porteurs de projets.

2. Le contenu du business plan :

Le business plan vise à présenter la stratégie de l'entreprise aux investisseurs. Pour arriver à cette fin, l'entrepreneur devra procéder comme suit :

- Formuler des objectifs claires et précis.

- Définir la meilleure stratégie.

- Constituer un plan d'action.

- Mesurer les risques et proposer les solutions.

- Réunir les moyens nécessaires à la réussite du projet.

Nous illustrons ci-après la démarche la plus utilisée dans la rédaction d'un business plan :

Le/les promoteur(s) du
produit.

Couple produit/marché l'environnement

Objectif

Stratégie

Communication Approvisionnement Recherche Gestion

Marketing Produit et production et développement

Plan financier

Schéma de rédaction d'un business plan70.

70 J-S LANTZ, guide d'aide à la conception d'un business plan, université du capital investissement, capital investissement. com.

2.1 Le facteur temps dans le business plan :

Le facteur temps demeure un élément déterminant dans l'élaboration du business plan. L'horizon de projection du ce document s'étend, en général, sur trois ans et peut aller jusqu'à cinq ans si le projet évolue dans un secteur à caractère peu conjoncturel.

Si l'entreprise existe déjà, son business plan ou plus précisément, son plan de développement doit contenir tous les éléments constitutifs de son passé : stratégie et états financiers des trois dernières années.

2.2 La présentation du business plan :

Dans un exposé de 25 pages, en moyenne, l'entrepreneur doit porter dans le détail tous les aspects de son projet : Stratégique, managérial, économique et financièr.

Néanmoins, la présentation du business plan n'a pas fait l'objet de normalisation. Il est, donc, rédigé à la guise de l'entrepreneur et y mentionne toute information -de quelque nature que ce soit- jugée prépondérante. Nous présentons dans ce qui suit un modèle reprenant les grands axes du business plan :

> Un résumé (2 à 3 pages) : il a pour vocation de donner rapidement et dès le début à l'investisseur les raisons pour lesquelles, il est intéressant de participer au projet. Il doit inspirer l'assurance que le projet ne repose pas uniquement sur une idée innovante, mais aussi, sur une stratégie détaillée et une équipe suffisamment expérimentée pour mener à bien le projet.

La description globale de l'entreprise :

- Statut de l'entreprise : a pour objectif de répartir les responsabilités, engagées par l'équipe et les investisseurs, par la détermination du statut que l'on souhaite donner à l'entreprise.

- Produit ou service fourni et sa place dans le marché : est destinée à éclairer l'investisseur sur la mission que l'entreprise se fixe et dans quel contexte. Cette partie est très importante puisqu'elle justifie l'intérêt du produit ou du service à travers une certaine vision du marché présent et à venir (il est bien sûr nécessaire de donner une projection du marché afin de justifier la pérennité du projet) sans, dissocier, en aucun cas, entre le produit et son marché, deux entités indissociables.

- Equipe dirigeante :

« J'investis dans des gens, et non dans des idées » Arthur Rock71.

Fait valoir la qualité de l'équipe dirigeante de l'entreprise. Il pourrait être judicieux de signaler, si c'est le cas, que les membres de l'équipe ont déjà travaillé ensemble auparavant, ce qui confère au projet une crédibilité supplémentaire.

- Perspective de l'entreprise et stratégie à court et moyen terme : sert à garantir l'investisseur du retour sur investissement.

Le résumé doit, en deuxième lieu, présenter les objectifs généraux de l'entreprise où l'entrepreneur fait un bref rappel des différents objectifs qu'il s'est fixés en restant le plus réaliste possible et sans rentrer dans les détails.

71 Arthur Rock, investisseur réputé dont le nom est associé à Appel ou Intel.

> La première partie : conception du business plan : elle est présentée en trois chapitres :

i. Analyse du produit ou du service rédigée en 3 pages, elle doit comprendre : Analyse détaillée du produit ou du service :

- Description : rédigée à l'intention de l'investisseur potentiel, elle met en avant l'évolution du produit dans le temps afin de le convaincre en insistant sur ce qu'il possède d'innovant et les atouts qui le mettent en situation préférentielle face à la concurrence.

- Applications clés : détailler les éventuelles applications du produit, sans omettre de mentionner la protection légale dont il bénéficie, que ce soit par un brevet, un secret...etc. l'entrepreneur peut y ajouter les projets, les idées de futurs produits ou d'amélioration envisagés, pour montrer que l'investissement se fait dans la durée ; l'investisseur pourrait être appâté par l'envie de faire croître une entreprise innovante.

Accords déjà signés :

il est nécessaire de montrer l'existence d'accords commerciaux déjà signés avec un minimum de deux voir trois contrats afin de prouver à l'investisseur que le projet a déjà fait objet de démarchage obtenant la confiance d'autres partenaires(fournisseurs, partenaires, clients), donnant au projet un caractère plus crédible.

Analyse du marché ;

Après avoir décrit le produit ou le service, l'entrepreneur devra présenter l'univers dans lequel il est destiné à évoluer, l'analyse du marché a pour vocation de mettre l'entrepreneur face aux inventeurs, il est, donc, important que le rôle de chacun soit bien défini car toutes les données de cette étude sont facilement vérifiables d'où la nécessité de faire attention à la source de l'information. De plus, l'analyse devra être aussi spécifique que possible car, une fois de plus, le couple produit /marché sont indissociables.

Positionnement du produit sur le marché :

Toutes ces descriptions se feront en montrant l'adéquation entre le marché et le produit, il faudra, à ce stade, définir le type de clients potentiels et le paysage industriel existant. La place qu'occupe l'entreprise dans le segment considéré est aussi à définir, ainsi, que celle en prévision.

La stratégie de conquête de nouvelles parts de marché sera développée, en montrant qu`elle est adaptée à la fois au produit et face aux concurrents présents.

Données industrielles :

Les données industrielles relatives au marché recherché y seront développées, telles que les innovations industrielles, les innovations dans la production et de ses outils. Les régulations gouvernementales seront aussi de la partie, ainsi que les futurs accords industriels envisagés.

Il ne faut toutefois pas rentrer dans les détails de la technologie utilisée dans le cadre d'une innovation qui seront développés par la suite.

Cible visée :

Elle doit comporter une analyse complète des clients potentiels, incluant le nombre de clients, la stratégie commerciale, le taux d'achat par client et le taux de renouvellement du produit. Cette partie est très importante car elle reflète des perspectives concrètes de vente.

ii. Objectifs et stratégies : (10 à 15 pages) :

Ce chapitre a pour but de reprendre les objectifs précédemment cités et de leur associer une stratégie adéquate. Pour plus de crédibilité, la stratégie doit être détaillée à chaque étape de la chaîne et ce jusqu'au consommateur.

Des orientations stratégiques bien définies représentent un gage d'un déterminisme bien réfléchi, il est donc préférable de présenter différentes stratégies pour différents scénarios possibles.

Plan général :

- mission entre amélioration et réponse à une demande précise : la stratégie ne sera pas la même si l'on se propose de répondre à une demande ou si l'on se place dans le contexte de l'amélioration d'un produit ou d'un service. Elle s'explique aussi par le contexte général du marché et de la concurrence ainsi que leurs perspectives d'avenir.

- atouts à exploiter : il est aussi important de revenir sur les différents atouts que l'entrepreneur se propose d'exploiter dans le développement du projet et qui justifient de ses chances de succès.

Plan marketing :

- stratégie : doit prouver que le produit ou le service peut être développer et que

l'entreprise pénétrera le marché avec. La projection des ventes permettra de prévoir le taux de croissance de l'entreprise.

- canaux de distribution : de part leur importance dans la chaîne de vente d'un produit, ils apparaissent dans un plan solide de façon claire, et sont justifiés par la nature du produit distribué ou du service fourni, ainsi que par la nature du marché pénétré et la localisation des différents points de productions et de ventes.

- analyse des « six P »

- Produit (design et marketing) : mettre en avant les caractéristiques du

produit qui influencent directement sa commercialisation.

- Prix : la stratégie du prix doit s'expliquer par le coût du produit, son image de marque, l'innovation qu'il présente, le type de réseaux de distribution adopté, les prix de la concurrence, la promotion qu'il requiert et les marges souhaitées.

- Place de distribution : il est important de déterminer les lieux de vente, ce qui permet de justifier du choix des canaux de distribution choisis.

- Positionnement : à partir de l'analyse de marché et des prévisions de croissance de l'entreprise, l'entrepreneur doit être en mesure de prévoir l'évolution des parts de marchés et de rentabilité de l'entreprise, un élément déterminant pour la rentabilité de l'entreprise, la viabilité du projet et les gains envisageables.

- Promotion : définit la politique de marketing, les supports sur lesquels

l'entrepreneur va s'appuyer ainsi que le moment opportun pour le faire.
- Personnel responsable du marketing : en souligne les atouts et justifie de la

pertinence de l'équipe.

iii. Partie opérative :

Il s'agit de présenter la structure de l'entreprise développée en incluant les données humaines, matérielles et de clientèles que possède l'entreprise.

Ressources humaines :

Ce chapitre doit comporter tous les aspects liés au personnel de l'entreprise, il reprend, notamment l'équipe constituée par l'entrepreneur, les compétences de chacun d'entre eux et surtout leurs expériences.

Pour les projets de R & D, dont l'équipe comprend des chercheurs, il doit être fait mention de la façon avec laquelle ils comptent accomplir leur mission.

S'il existe des lacunes dans des postes clés il est important de le signaler. L'investisseur, en l'occurrence le capital investisseur, pourrait débloquer la situation grâce à son apport relationnel.

Outre ces dispositions générales, cette partie doit reprendre :

- la stratégie de recrutement

- la politique de sous-traitance - le conseil d'administration

- les consultants

- l'arbre hiérarchique

Biens matériels :

- équipements : tout les biens en possession de l'entreprise ; matériel, locaux,

immobiliers, terrains, stocks... tout équipement figurant à l'actif du bilan.

- ressources : provenances des fonds, leurs constitutions et leurs exigibilités

Service clientèle ;

Il est étroitement lié aux réseaux de distribution et à la politique commerciale de l'entreprise. Il y est, essentiellement, fait allusion aux modalités de paiement dont pourraient bénéficier les clients de l'entreprise.

Frais complémentaires : taxes, assurances, licence requise.

> Seconde partie : C'est l'une des parties les plus importantes du business plan et

mérite pour cala une attention particulière. Elle se compose de cinq chapitres.

i. Finances : (3 à 5 pages) :

Soucieux de la rentabilité et de la croissance de son entreprise et conscient de l'enjeu que cela représente, l'entrepreneur élabore des prévisions financières détaillées afin de souligner les objectifs de performance et de retour sur investissement attendus.

Stratégies et objectifs :

Dans un premier temps, il convient de délimiter clairement les objectifs poursuivis et les stratégies adoptées pour les atteindre. Toutefois, ces objectifs doivent être raisonnables pour qu'ils puissent être réalisés.

Sources du capital :

Il est nécessaire de donner une estimation des fonds requis pour réaliser le projet, cela se déduit des prévisions chiffrées de la balance commerciale, des comptes d'exploitations, de l'état du cash-flow sur les deux ou les trois années à venir, d'en spécifier le type et d'en expliquer l'usage ainsi que le retour sur investissement.

ii. Risques : (2 pages) :
Gestion des risques :

Le but de ce chapitre est de donner une évaluation des risques encourus par l'entreprise et d'expliquer les solutions que l'équipe de management compte mettre en place pour résoudre ces différents problèmes. Ce chapitre doit refléter l'aptitude de l'équipe à prendre des décisions opportunes face à des situations délicates.

- Identification : il s'agit d'identifier les risques et de les quantifier.

Si le futur demeure délicat à prédire, il est du devoir de l'équipe de management de garantir le succès du projet et de l'optimiser.

- Minimisation des risques : après avoir identifier les risques, l'entrepreneur doit montrer qu'il est prêt à y faire face et ce en envisageant différents plans d'intervention.

iii. Données chiffrées : Prévisions financières :

Ces données représentent une simulation de l'exploitation de l'entreprise sur les premières années de son activité. Elles sont donc sensées quantifier toutes les prévisions financières de l'entreprise et les transcrire en

- comptes d'exploitation,

- comptes de résultat,

- bilans des actifs et des passifs, et cash-flow

iv. Technologie, système : (2 pages) :

Le business plan repose sur une innovation ou sur une opportunité, il est par conséquent, important de souligner cet aspect majeur en lui consacrant ce chapitre. Mais comme, le produit a déjà été décrit de façon détaillée dans la section d'analyse du produit et celle du marché, l'entrepreneur se contentera de spécifier les aspects les plus techniques du produit

Technique :

- Innovation : si le projet repose sur une innovation, l'entrepreneur doit en faire mention et d'en préciser clairement la nature et le fonctionnement, et ce en relation avec les besoins du marché.

- Brevet : doit spécifier si l'entrepreneur possède les brevets nécessaires, et si cette position de propriété est suffisamment protégée. Il est aussi nécessaire, si l'entrepreneur est en possession de marque ou de logos, d'en expliciter les protections dont ils bénéficient.

- Méthodes : s'il s'agit s'une nouvelle méthode que l'entrepreneur souhaite mettre en application, il précisera les caractéristiques de son fonctionnement et l'équipement spécifique qu'elle requiert. Il peut aussi, présenter une comparaison avec les produits ou services de la concurrence pour mettre en reliefs cette innovation.

v. Appendice :

Ce chapitre clos le business plan. il revient, par conséquent, sur les conditions de succès du projet.

Enjeux : (Analyse, Solutions envisagées) :

Cette section liste et définit les barrières connues qu'il faudra franchir lors du développement du projet. L'entrepreneur doit avoir, déjà, étudié les problèmes rencontrés et y apporter des réponses qu'il reportera dans cette section

Résumé des principaux acteurs : (Partenaires, équipe de direction) :

Dans cette dernière partie, il sera question des partenaires et des personnes qui mènent le projet au coté de l'entrepreneur en dressant leurs profils professionnels.

3. Utilité du business plan :

Le business plan revêt une importance capital tant pour l'entrepreneur que pour l'investisseur financier.

Pour l'entrepreneur, c'est l'occasion d'ordonner ses idées et de les mettre à l'épreuve en les soumettant à l'appréciation de l'investisseur afin de lui prouver son éligibilité à un apport financier. Il s'agit donc d'une fiche de route que l'entrepreneur doit suivre en vue de réaliser des projections de développement et de croissance.

Le business plan est un atout considérable pour l'entrepreneur qui, outre la levée de fonds, devient le fil directeur permettant de motiver l'équipe de recherche et de production et de les concentrer dans les objectifs du projet de départ.

Les investisseurs de leur coté se baseront sur l'étude du business plan dans leurs prises de décisions. En effet, le business plan atteste du sérieux du projet, de l'adéquation de la stratégie face à la concurrence, de la compétence de l'équipe et de l'opportunité d'investissement.

Souvent, investisseurs et entrepreneurs arrivent à un commun accord, et rédigent ensemble un business plan qu'ils concrétisent sur le terrain.

4. La « Blind Note >> et « la Management Présentation >> :

Les entrepreneurs postulant pour une demande de financement de leurs projets souhaitent, dans la majorité des cas, conserver la confidentialité des informations inhérentes au projet ou au procédé d'innovation qu'ils présentent.

Avant de présenter un business plan détallé, l'entrepreneur soucieux de la confidentialité des informations que présente son projet, dispose de formule plus simples et à moindres coûts telles que la « Blind Note » et la « Management Présentation ».

4.1. la Blinde Note :

C'est une présentation sommaire de l'entreprise ou du projet qui peut être largement diffusée car elle ne contient aucune information confidentielle.

Le business plan ne sera présenté au capital investisseur que s'il manifeste un réel intérêt pour le projet et signe un accord de confidentialité72.

4.2. la Management Présentation :

La Management Présentation est une pratique courante chez les start-up invitées à présenter leurs projets devant un auditoire d'investisseurs. Elle est présentée sous forme de transparents ou de diaporamas animés par un chef de projet ou par un membre de l'équipe.

II. la phase d'étude :

La réception du business plan par le capital investisseur est conditionnée par la signature d'un accord de confidentialité. Commence alors, une série d'investigations et d'analyse sur la base des informations qui y sont contenues afin d'évaluer et de minimiser le risque que présente le projet.

Cette étape est caractérisée par l'important nombre de rejets des dossiers. Elle est réalisée en deux étapes ; la première est effectuée par le capital investisseur lui-même ; la deuxième est confiée à des auditeurs spécialisés pour une analyse plus poussée du dossier.

1. l'étude du projet :

Cette étude consiste en l'étude technico-économique et financière du projet ainsi qu'en un jugement des aptitudes des hommes qui vont le gérer.

72 Voir infra, accord de confidentialité, p. 84 ;

1.1. L'étude technico-économique :

L'étude technico-économique est une analyse fine du business plan accomplie par une équipe spécialisée dans le capital investissement. A travers cette étude, l'équipe élaborera la première esquisse d'intervention en statuant sur la viabilité et l'opportunité du projet et doit mettre en exergue tous les aspects externes et internes s'y rattachant.

Finalement, l'investisseur s'efforcera :

- de bien connaître l'environnement économique, les intervenants sur le marché et leurs stratégies ;

- de bien comprendre la spécificité du projet et ces capacités d'insertion dans le marché ;

- de s'assurer de la cohérence de la stratégie et que les hommes sont à même de la mettre en oeuvre.

L s'agira donc de

 

faire un diagnostique externe ; celui de l'environnement économique, des concurrents et de leurs stratégies ;

procéder à un diagnostique interne ; celui des points forts et des points faibles du projet ;

s'assurer en définitif, de la complémentarité qui pourrait exister entre l'entreprise et le milieu dans lequel elle évolue.

L'équipe de capital investissement utilisera une méthode d'analyse adéquate pour chaque type de projet, qu'elle soit devant un projet de haute technologie (high tech) ou de faible technologie (low tech), un projet de création d'entreprise, de développement ou de transmission ; l'approfondissement de l'étude variera selon le cas.

1.2. l'étude financière :

Les investisseurs financiers s'intéressent essentiellement à trois points :

- l'étude des marges : marge brute, marge nette, RBE, résultat net...

- la structure financière : fonds propres et endettement ;

- le financement du bas de bilan : stock, créances, crédits, fournisseurs, besoin en fonds de roulement, fonds de roulement, trésorerie...

Après cette étude, l'investisseur sera en mesure d'apprécier la santé financière de l'entreprise et de faire des prévisions quant à ses besoins et sa capacité à réaliser des niveaux de rentabilité satisfaisants, elle peut, par conséquent, influer sur la prise de décisions des financiers

1.3. le jugement sur les hommes :

C'est le diagnostique le plus difficile car il porte sur le jugement des hommes et des femmes qui assurent le lancement et le suivi du projet quant à leur charisme pour diriger une équipe et leurs aptitudes à mener le projet à bien. Un diagnostique révélateur, sachant que la majorité des projets ayant échoués lors de financement par capital investissement ont pour origine l'incapacité des entrepreneurs à les mener à bien et à motiver leurs équipes.

L'analyse du capital investisseur se basera essentiellement sur le passé des entrepreneurs et des gestionnaires, pour se faire une idée sur leur professionnalisme et leurs personnalités ; les affaires qu'ils ont réalisées, leurs choix de collaboration, leurs réussites et leurs échecs, nombre d'informations qui renseignent l'investisseur financier sur leurs qualités de chefs d'entreprise et de leurs collaborateurs.

Il n'existe pas de méthode formelle pour juger de la qualité des hommes, néanmoins, l'investisseur financier doit compter sur son intuition dans l'appréciation d'un certains nombres de critères communs de sélection tel que : le savoir de combinaisons entre les out-put et les in-put en vue d'une éventuelle création de richesse, le savoir vendre du produit et surtout le savoir faire dans la création de valeur ajoutée ainsi que ses inspirations stratégiques.

L'investisseur n'oubliera pas de prendre en compte le fait que les chefs d'entreprise et leurs collaborateurs doivent assumer différents rôles de production, de l'animation au développement, vendre le produit et faire vendre leur titres sur le marché financier.

2. La phase d'audit et d'expertise (les due diligence) :

les due diligence interviennent au moment où l'entrepreneur et le capital investisseur sont parvenus à un accord préalable sur les termes et les conditions de financement, elles interviennent donc avant la signature de l'accord définitif de financement et, en général, avant que l'investisseur n'ait signé la lettre d'intention.

Le terme anglo-saxon « due diligence » signifie que le capital investisseur procèdera aux vérifications des informations contenues dans le business plan outre les autre investigations sur l'équipe dirigeante et le secteur.

Un réel travail de détective qui a pour objet de minimiser au maximum les risques liés à l'investissement et dont l'envergure dépend du type de situation rencontrée (taille de l'entreprise, durée de l'exploitation, vitesse de croissance, complexité des procédés technologiques, le financement demandé et la clarté du business plan fourni).

Les due diligence seront menées par des cabinets d'expert et d'audit (réseaux d'experts), externes à la société de capital investissement, et qui interviendront sur les points suivants :

2.1. Audit comptable et financier :

A l'exception des start-up le capital investisseur commandera systématiquement un audit comptable et financier auprès d'un cabinet d'audit spécialisé afin de s'assurer de la bonne s anté financière de l'entreprise.

Il consiste en une analyse financière des comptes et bilans de l'entreprise existante et une reconstitution des plans de financement et des plans de trésorerie.

2.2. Audit juridique :

L'audit juridique est assuré par les avocats du capital investisseur, ces derniers se chargeront d'examiner minutieusement les contrats commerciaux de l'entreprise ainsi que ses livres : livres des assemblées générales, livres des conseils d'administration. Ils se chargeront également de la vérification de la propriété des brevets et s'assureront de leur protection au niveau national et international.

En général, Ce sont les même avocats qui mettront au point des documents juridiques inhérents à la conclusion du contrat définitif d'investissement entre l'investisseur et le capital investisseur.

2.3. Audit fiscal :

L'audit fiscal consiste en l'examen de la situation fiscale et de toutes les opérations d'impôt effectuées : impôt sur les sociétés, TVA, impôt sur les plus-values, taxes sur les salaires, cotisations sociales...

2.4. Audit des compétences :

Le capital investisseur commandera un cabinet de conseil en ressources humaines qui se chargera de vérifier l'organisation et d'examiner la cohérence et la clarté de la nomenclature des postes. Ces vérifications porteront aussi, sur le respect par l'entreprise de la législation du travail.

Le capital investisseur s'enquerra des revendications des membres du syndicat et prendra connaissance des accords précédemment conclus afin d'éviter des conflits sociaux futurs.

2.5. Audit des systèmes et des procédures informatiques :

Le parc informatique joue aujourd'hui un rôle important dans la performance des entreprises, par conséquent, une société de service informatique pourrait être mandatée pour vérifier l'état de l'outil informatique en vue d'un éventuel renouvellement.

2.6. Audit environnemental :

Le recours du capital investisseur à l'audit environnemental s'explique par la législation environnementale de plus en plus sévère dans sa politique du pollueur payeur.

Cet audit permet d'assurer que les risques de pollutions dus au projet ne dépassent pas les quotas fixés par la législation. Cet audit a également pour mission d'assurer au capital investisseur qu'il n'aura pas à payer les dépassements en pollution, des dirigeants antérieurs de l'entreprise, en cas de transmission.

2.7. Audit des assurances :

Un certains nombre d'activités, en particulier industrielles, requièrent des conventions d'assurances adéquates. C'est pourquoi un cabinet spécialisé devra se charger de revoir les polices en fonction des risques encourus.

La phase d'audit est cruciale, tant pour l'entrepreneur que pour le capital investisseur. En effet, l'opinion que se fait le capital investisseur de l'entreprise ou du projet est alimentée, au cours des négociations, par les résultats auxquels sont parvenues les due diligence.

Les conclusions auxquelles sont parvenues les due diligence serviront de référence pour la détermination du contenu de la garantie du passif et du choix de la formule de valorisation de l'entreprise.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.