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L'affaire du marquis Alfred de Trazegnies d'Ittre (1832-1861).


par Olivier LERUTH
Université de Liège (Belgique) - Licence en Histoire  2005
  

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De Florence à Rome il n'y a qu'un pas. Rome capitale.

Enfin nous arrivons à la dernière étape de l'unité italienne, celle de la conquête de la future capitale, Rome. Au mois d'août 1862, Garibaldi décidait de marcher sur Rome aux cris de « O Roma o morte ! (Rome ou la mort !) ». Parti de la Sicile, il débarquait avec ses volontaires en Calabre mais était arrêté net par les troupes italiennes à Aspromonte (29 août).

Depuis 1865, Victor-Emmanuel avait élu domicile à Florence. Cette décision avait été prise de commun accord avec la France, en 1864, lors de la signature de la célèbre Convention de Septembre avec Napoléon III qui préparait par ailleurs l'évacuation dans les deux ans du corps expéditionnaire. On pouvait y lire :

« Article Ier. L'Italie s'engage à ne pas attaquer le territoire actuel du Saint-Père, et à empêcher, même par la force, toute attaque venant de l'extérieur contre ledit territoire.

Article II. Le France retirera ses troupes des Etats pontificaux graduellement et à mesure que l'armée du Saint-Père sera organisée. L'évacuation devra néanmoins être accomplie dans le délai de deux ans.

Article III. Le gouvernement italien s'interdit toute réclamation contre l'organisation d'une armée papale composée même de volontaires catholiques et étrangers, suffisante pour maintenir l'autorité du Saint-Père et la tranquillité tant à l'intérieur que sur la frontière de ses Etats, pourvu que cette force ne puisse dégénérer en moyen d'attaque contre le gouvernement italien.

Article IV. L'Italie se déclare prête à entrer en arrangement pour prendre à sa charge une part proportionnelle de la dette des anciens Etats de l'Eglise.

(Protocole annexe.) La convention signée en date de ce jour... n'aura de valeur exécutoire que lorsque Sa Majesté le roi d'Italie aura décrété la translation de sa capitale du royaume dans l'endroit qui sera ultérieurement déterminé par Sa dite Majesté. Cette translation devra être opérée dans le terme de six mois, à dater de ladite convention. (15 septembre 1864.)

(Protocole annexe.) Le délai de six mois pour la translation de la capitale de l'Italie commence, ainsi que le délai de deux ans pour l'évacuation du territoire pontifical, à la date du décret royal sanctionnant la loi qui va être présentée au Parlement italien. (03 octobre 1864.)46(*) »

En 1866, Napoléon rappelait effectivement ses troupes de la Ville éternelle. Elles eurent à peine le temps de rejoindre le pays, qu'il fallait repartir pour Rome lutter contre une nouvelle tentative de Garibaldi pour prendre la ville, en octobre 1867. Il partait sans l'accord du roi. Mais, évidemment, s'il y réussissait, c'était tout profit pour ce dernier. S'il y échouait, alors Victor-Emmanuel II n'avait qu'à le blâmer pour sa conduite. Les garibaldiens purent se vanter d'une victoire contre les Français à Monterotondo, mais ils furent défaits le 03 novembre à Mentana, par les troupes du général Failly. Cette intervention fut lourde de conséquences : le Prince Président avait enfreint la Convention de Septembre et par là, mécontenté tous les Italiens.

La prise de Rome se fit finalement par les troupes italiennes elles-mêmes, le 20 septembre 1870. Les Français occupés contre la Prusse, avaient rappelé le corps expéditionnaire. On pénétra par la porta Pia, sous les ordres du général Cadorna. Le 02 octobre, un plébiscite donnait une majorité écrasante des Romains en faveur de l'annexion. La Chambre des Représentants proposait, le 09 novembre, de faire de Rome la capitale du royaume. Victor-Emmanuel attendit cependant, pour s'y installer, que le Parlement ait voté la Loi des Garanties (13 mai 1871), réglant le sort du Saint-Siège. Le pape restait souverain et inviolable, possédait les palais du Vatican et du Latran. On lui assurait également une dotation de 3 225 000 livres l'an. Pie IX rejeta la loi des Garanties et le différend entre les papes et l'Etat ne sera réellement réglé que par les accords du Latran... en 1929. La chute de Rome correspondait également à la fuite de François II vers l'Autriche -il résidait à Rome depuis la chute de Gaète le 13 février 1861, dont il fut l'invité jusqu'à sa mort, en 1896.

* 46 Reproduit dans GUT Philippe, L'unité italienne... op. cit., pp. 58-59.

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