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Planification urbaine et enjeux de développement local :étude rétrospective-prospective de la ville de Ghomrassen

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par Haithem GHOURABI
Université de Carthage  - Diplôme national en urbanisme et aménagement 2011
  

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4- Le domaine démographique :

a) Histoire de peuplement de Ghomrassen:

Grâce à son site original, défensif, en plein centre de Jebel Demmer éloigné tant de la plaine que du désert, l'occupation humaine a été très ancienne à Ghomrassen. L'homme préhistorique a occupé les lieux depuis des milliers d'années. Ses traces sont toujours visibles sur le plateau qui entoure le site de Ghomrassen et dans ses ravins (Des éclats de silex, des tumulus, des dolmens, des peintures rupestres...).

Cette occupation humaine a continué durant l'Antiquité préromaine et romaine. Cette présence à l'époque antique est attestée par différents vestiges berbères, villages de crete, habitats troglodytes et installations romaines dans le cadre du Limes tripolitanus constitué de monuments défensifs (des fermes agricoles, des installations hydrauliques...).

Avec la régression de la domination romaine, les Berbères ont reconquis leur liberté jusqu'à la conquête arabe au VIIe siècle ap J.C qui a entraîné en premier lieu le refoulement des Berbères vers les montagnes et la création de villages de crête tels que Ghomrassen, Guermessa, Chenini, Duiret. En second lieu, il y a eu développement au niveau de l'hab itat troglodyte autour de ces villages et une mise en valeur des vallées du Jebel par la maîtrise de l'eau de ruissellement grace à un système agricole adapté aux reliefs (Jessour).

La population de cette région s'est convertie à l'Islam ; mais pour se démarquer des Arabes conquérants, elle a préféré la secte Kharijite Ibadite. Elle a fait partie du royaume Ibadite du Tahert en Algérie.

L'invasion hilalienne survenue au XIe siècle a entraîné l'arabisation progressive de ces Berbères, leur acculturation et leurs descentes de leurs refuges montagneux pour occuper les vallées et les plaines. Ils ont adopté, avec leur alliance arabe, le semi-nomadisme raison pour laquelle ils ont construit les Ksour de montagne suivis plus tard des Ksour de plaines.

A cause de la colonisation française, à la fin du XIXe et au début de XXe siècle, la population de Ghomrassen a dû occuper une partie de la plaine de la Jeffara en vue de la mettre en valeur et de cultivent des oliviers dans ses Jessour .

A cause de ces conditions naturelles difficiles la ville de Ghomrassen a connu d'importantes vagues l'émigration depuis le Moyen Age vers Tunis et vers les autres villes du pays.

b) Population et ménages : un fort risque de dépeuplement :

Ghomrassen compte 18 335 habitants en 2004 ce qui

représente 12,78 % de la population totale du gouvernorat (143 524 hab.)

 
 
 

Graphique.2 : Population en 2004

Pendant la décennie 1994-2004 Ghomrassen est caractérisée par un taux d'accroissement démographique négatif de -1,23% contre un taux d'accroissement démographique de 0,56 au niveau du gouvernorat.

Ce recul peut s'expliquer par l'émigration massive enregistrée dans la ville pendant cette décennie et par la chute du taux de natalité.

On note également que les cinq dernières années de cette décennie ont enregistré le grand pourcentage d'émigration dans cette ville.

Période 1999-2004 :

Population en 1999 : 19 508 personnes. Population en 2004 : 18 355 personnes. Avec un taux d'accroissement démographique négatif de -1 ,23 % 4 - 1153 personnes.

L'accroissement démographique = L'accroissement naturel + L'accroissement migratoire

= (36) + (-1189)

= - 1153 personnes

La diminution du nombre d'habitants dans cette ville n'a pas influé sur l'augmentation du nombre de ménages qui était de 3895 ménages en 1994 et passe à 4186 ménages en 2004.

Tableau 2 : L'évolution du nombre de logements et de ménages à Ghomrassen

-Le nombre de personnes par ménages a aussi diminué, de 5,32 personnes/ménages en 1994 à 4,5 personnes/ménages en 2004.

- En 2004 et concernant le nombre des étudiants de l'enseignement supérieur, Ghomrassen a enregistrée un pourcentage de 12,8% (19-24 ans), un pourcentage important par rapport aux autres délégations de sud tunisien.

-La ville enregistre un déséquilibre démographique et saisonnier dû au retour d'un grand nombre d'émigrés au cours des vacances d'été et des périodes de fêtes. (La population de la ville double voire triple)

4 Avec l'importance du phénomène de l'émigration qui a influé sur l'évolution démographique dans la ville, on note aussi la réussite de la politique du planning familial qui a réduit le nombre de personnes par ménages.

c) La migration : Un fort taux d'émigration:

La ville de Ghomrassen est caractérisée par le phénomène d'émigration qu'on peut repartir en trois types: l'émigration au niveau régional (vers Médenine,Jarzis), émigration au niveau national ( vers Tunis, Sousse) et une émigration au niveau international (vers la France et l'Algérie).

Le motif essentiel d'émigration de la population Ghomrassen est la recherche du travail et surtout le travail dans le commerce.

Graphique. 3 : Solde migratoire négatif

Graphique.4 : Ghomrassen présente plus 1/4 du solde
migratoire négatif du gouvernorat

Migration intérieure (1999-2004)

Cette émigration a produit ses effets démographiques sur des les villes qui ont accueilli cette population. On note la naissance d'une communauté de migrants dans certains quartiers notamment la cité de Stade à Mednine, le quartier de Bab Ejdid et Bab Elfala à Tunis et le quartier Barbès à Paris.Les changements sont bien perçus dans la ville de Ghomrassen au niveau du cachet architectural et des pratiques sociales.

Graphique .5 : Solde migratoire négatif

Graphique.6 : Le part de Ghomrassen dans le solde
migratoire (négatif) du gouvernorat

Migration extérieure (1999-2004)

Les émigrés originaires de Ghomrassen représentent 38% de la population émigrée dans le gouvernorat de Tataouine et ils représentent 44,2% des actifs à l'étranger par rapport au gouvernorat en 1998.

3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0

Tataouine Nord Tataouine Sud Ghomrassen Remada

Dhibet

Smar

Bir Lahmar

Graphique.7 : Répartition des actifs à l'étranger par délégation en 1998

Source : Office des Tunisiens à l'Etranger

4L'émigration de la population de Ghomrassen a garantit l'amélioration du cadre de vie d'une bonne partie de la population mais aussi elle a favorisé l'émergence de mauvaises pratiques sociales et économiques tel que la consommation à outrance surtout en été.

L'émergence de mauvaises pratiques sociales et économiques en relation étroite avec la Migration :

- On note l'existence depuis longtemps des marchés clandestins de change de devises (marché noir) dispersés dans toute la ville et dirigés surtout par les commerçants de la ville.

- Depuis 1998, on a observé l'émergence d'un nouveau phénomène lié à l'émigration vers l'Europe et surtout vers la France : c'est le trafic de VISA dirigé par des Hommes originaires de Ghomrassen et des responsables dans l'Ambassade de France.

A partir de notre enquete le prix `'d'achat» du VISA clandestin a évolué à travers les années comme suit :

L'évolution de prix du Visa en DT

18000
16000
14000
12000
10000
8000
6000
4000
2000
0

 
 
 
 

Prix du Visa DT

1998. 2002. 2004. 2008. 2010.

Graphique.8 : L'évolution de prix du Visa en DT

Source : Entretien avec la population

- Egalement, il y a un autre phénomène de trafic qu'on appelle `'le mariage Blanc `', qui a comme objectif d'avoir les papiers de résidence en France.

-Et finalement, plusieurs jeunes de Ghomrassen ont choisi l'émigration clandestine par la mer vers l'Italie comme dernière solution pour atteindre l'Europe.

4 Notons donc les effets négatifs de ce phénomène sur les pratiques socio-économiques à savoir la prolifération du marché clandestin de devises.

4 L'émigration massive dans cette ville a produit aussi un changement radical de la composition ethnique de la population de Ghomrassen : d'une majorité originaire de la ville vers une majorité originaire des agglomérations avoisinantes (Hwaya , Matmata ,Twazine ...)

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