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La production littéraire tchadienne écrite d'expression française : essai d'analyse sociologique.

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par Robert MAMADI
Université de Ngaoundéré - Master ès Letrres 2010
  

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3.2 La notion de culture nationale

La notion de culture nationale est basée sur des éléments communs au peuple tchadien. Ce peuple a en commun Les ancêtres tels que Toumaï, Lucy et la civilisation Sao. Il a subi la souffrance et l'humiliation sous la colonisation. Pour une unité, le Tchad a besoin de promouvoir une identité culturelle nationale en faisant la somme des cultures judéo-chrétiennes, arabo-islamiques et traditionnelles locales.

Par la littérature, les jeunes tchadiens ont réussi à représenter le Tchad aux concours internationaux et gagner des prix au nom De leur pays. Ils ne se sont point présentés comme Chrétiens ou Musulmans, Nordistes ou Sudistes, etc. Mais comme Tchadiens tout court. Ceci réhabilite la culture et l'identité nationales.

L'identité est le caractère de ce qui est un, uni à soi-même tout en présentant plusieurs aspects. C'est ce qui permet de reconnaître la personne. Cette reconnaissance implique une ressemblance à autrui, surtout un ensemble de critères qui vous sont propres et vous différencient des autres. Avant la colonisation il n'était pas possible de parler d'identité nationale. Il n'y avait pas une nation. Il n'y avait que des empires, des royaumes, des chefferies qui avaient la volonté d'annexer les terres voisines et les armées du roi adversaire. Chaque peuple ou ethnie était jaloux de sa culture et de son identité sectaire et intolérante.

La notion de nation tchadienne n'existait pas car pour parler de nation, il faut un peuple, un territoire et une volonté de vivre ensemble. La nation est à cet effet :

Un groupement d'hommes ayant entre eux des affinités tenant à des éléments communs à la fois objectifs (race, langue, religion, mode de vie) et subjectifs (souvenirs communs, sentiment de parenté spirituelle, désir de vivre ensemble) qui les unissent et les distinguent des hommes appartenant aux autres groupements nationaux» (Guillien et Vincent, 1988 : 307).

Ces éléments communs, objectifs ou subjectifs n'ont pu unifier la nation tchadienne avant la colonisation.

Thierry Michalon avoue que c'est au moment des indépendances qu'il était admis que les sociétés hétérogènes africaines s'organisent en un modèle étatique. L'État sera le dénominateur commun de ces sociétés diverses. Dans ce cas, il affirme :

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L'État peut ne plus recouvrir une seule nation mais plusieurs, englobant des populations hétérogènes qui se différencient par la langue, la culture et l'histoire. L'État se dote alors d'institutions très fortement [dé]centralisées afin de respecter la diversité nationale» (Michalon, 1984 :28).

L'État est un legs de la colonisation tout comme les frontières qui sont taillées au bon vouloir du colon. Pour cette raison, il ne peut exister une nation tchadienne mais des identités ethniques et sociales. La colonisation a unifié ces États précoloniaux dans un territoire : « Tchad ». Les Tchadiens doivent être fiers de l'être. Ils doivent oeuvrer pour l'unité nationale.

En 1960, le Tchad accède à la souveraineté nationale avec un État plurinational et pluriethnique. Les conflits ethniques n'ont jamais pris fin depuis cette époque postcoloniale. Il fallait faire de l'école nouvelle un cadre de formation citoyenne. Tel fut l'objectif fondamental de tous les régimes qui se sont succédé.

Ce sentiment national a produit sous Tombalbaye la « révolution culturelle » ou le retour aux sources, à l'authenticité, au moment du MNRCS. Malheureusement les premiers dirigeants du pays se sont caractérisés par la dictature, le parti unique, favorisant leur ethnie, leur regroupement au détriment des autres : « L'État devient l'affaire d'un seul homme et les réactions en chaîne se précipitent pour aboutir à la banqueroute sur tous les plans, les minorités contestataires, n'ayant aucun moyen de s'exprimer, s'exilent ou prennent le maquis» (Bangui, 1980 : 2-3)

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault