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Analyse criminologique sur les espaces verts dans la ville de Lubumbashi

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par Pierre Nguz Mbaz
Université de Lubumbashi - bachelier 2015
  

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Section 3 : Les logiques autour de la disparition des espaces verts

La disparition des espaces est sous tendue par plusieurs logiques que nous démontrons dans cette section. Car, la gestion des espaces verts est assurée à Lubumbashi par trois services étatiques différents comme nous l'avons déjà souligné dans les lignes précédentes. Ces services entretiennent des relations qui sont loin d'être amicales. C'est ainsi que la disparition des espaces vert répond à une logique conflictuelle observable entre la Division des affaires foncières, la Coordination urbaine de l'Environnement ainsi que le Service de l'Urbanisme et Habitat. La disparition des espaces verts répond aussi à une logique de capitalisation dans la mesure où les dossiers en rapport avec la vente de ces espaces sont une grande ressource financière. Car, chaque fois qu'un espace vert est cédé à des entrepreneurs, les agents chargés de la gestion des espaces verts y retrouvent leur compte et ils favorisent le même processus pour d'autres espaces verts. En dehors de services étatiques en charge de la gestion des espaces verts, il y a l'implication des personnalités politiques dans la disparition des espaces verts. C'est ainsi que les logiques politiques justifient aussi la disparition des espaces verts.

Pour arriver à analyser la disparition des espaces verts à Lubumbashi, la présente section a pour objectif d'établir les différentes logiques qui justifient cette disparition. Il s'agit de la logique conflictuelle, de la logique de capitalisation ainsi que de la logique politique.

3.1. La logique conflictuelle

La logique conflictuelle illustre la manière dont les services chargés de la gestion des espaces verts ont du mal à trouver un compromis dans l'exécution de leurs tâches. En effet, il existe des interactions entre la Division des Affaires Foncières, la Coordination Urbaine de l'Environnement et le Service de l'Urbanisme et Habitat qui sont observables sous forme de rapports conflictuels. Monsieur Diko, agent du service de l'urbanisme et habitat nous a confirmé ce qui suit :

« Plusieurs services interviennent dans la matière de gestion des espaces verts, alors que la loi a déjà mis les limites et les tâches de chaque division. Mais il arrive que les autres services attribuent les espaces verts aux commerçants ou aux hommes politiques sans pour autant nous consulter. Notre responsabilité n'est pas prise en compte jusqu'à présent ».

Les agents du service de l'urbanisme et habitat se plaignent du fait que leur responsabilité n'est pas prise en compte dans l'octroi des espaces verts à des particuliers. En effet, le service de l'urbanisme et habitat a pour tâche principale d'aménager le territoire. Mais ce service se trouve très souvent impuissant pour résoudre certains dossiers dans lesquels sont impliqués des acteurs de grande renommée politique. La Coordination urbaine de l'environnement réclame quant à elle le monopole du traitement de ses dossiers. En voici un récit illustratif :

« Nous on s'occupe de l'entretien des espaces verts, et chaque service a sa propre tâche. Mais il y a certains de nos dossiers dans lesquels on voit la participation des autres services parce qu'il y a du profit ».

Chaque service possède son propre domaine d'activité où il traite des dossiers relatifs à ses attributions. Mais ce que le discours ci-haut tente d'affirmer, ce qu'il y a une ingérence de la part des autres services dans la manière de traiter les dossiers. Ainsi, l'octroi ou la vente d'un espace vert à un particulier est un dossier que chaque service revendique l'exclusivité. La disparition des espaces verts s'expliquerait par les conflits d'intérêt qui caractérisent les interactions ou les rapports entre les trois services de gestion des espaces verts.

Dans notre recherche, nous nous sommes hasardé de desceller l'extension que prend la logique conflictuelle autour des espaces verts. Et nous avons découvert qu'au-delà des trois services précités, d'autres services étatiques interviennent dans le traitement des dossiers en rapport avec les espaces verts. C'est en occurrence le Service de Mine et le service d'Agriculture qui entretiennent aussi des rapports de conflit avec le service de l'urbanisme et habitat dans la disparition des espaces verts.

Les conflits d'intérêts observables entre les différents services pourraient être expliqués par la non observance des textes juridiques, cependant, se borner à cette compréhension, c'est réduire les actions de ces acteurs à des simples comportements déviants. Mais nous admettons ensemble avec Jacques Faget (2005 :3), que la déviance n'est pas inscrite dans la nature humaine, que l'homme a plutôt tendance à respecter les normes et ne devient délinquant que parce qu'il y est contraint.

Ces contraintes amènent les agents de différents services à mener des actions poursuivant des intérêts spécifiques. C'est dans la recherche interindividuelle d'intérêts que résulte la logique de conflit entre les différents services. Car, la Division des Affaires Foncières attribue des parcelles et garde des portions de terre pour des écoles, marché, stade, espace vert... Après avoir loti les parcelles, la Division des Affaires Foncières laisse la gestion à la Coordination de l'environnement et à l'urbanisme pour la gestion des espaces verts. Après un temps, les mêmes agents récupèrent les portions réservées aux espaces verts pour les revendre lorsque le quartier prend de la valeur.

La disparition des espaces verts découle d'une logique de conflit entre les divers services qui sont à sa charge. Car, l'octroi des espaces verts à des particuliers est un dossier très juteux dans lequel chaque service veut non seulement participer mais aussi avoir le monopole. Dans la section suivante, nous nous démarquons de la perspective conflictuelle pour saisir la disparition des espaces verts dans une logique de capitalisation.

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