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Eléments méthodologiques d'exploration des risques dans les musées et les activités muséales

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par Achille Clotaire NGOMO ALGOT
Université de Technologie de Troyes - Master Ingénierie et Management en Sécurité Globale Appliquée 2014
  

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INTRODUCTION GENRALE

L'expansion des activités culturelles et la relative croissance de la consommation populaire des prestations associées est un des faits socio-économiques majeurs de ce début de vingt et unième siècle. Leur essor en présence de crise, vient ainsi renforcer leur positionnement comme nouveaux piliers du dynamisme économique en termes endogènes, à travers les externalités positives qu'elles sont censées générer tout en conservant leurs fonction de divertissement ou de délectation et d'instruction par des oeuvres de l'esprit. Mais la réalité d'un tel phénomène peut d'abord s'interpréter, d'un point de vue causal, de deux manières.

La dimension culturelle étant la manifestation la plus extériorisée de l'existence humaine prise dans son contexte social, l'expansion des pratiques culturelles est intrinsèque à la personne humaine et leur développement, au regard d'ailleurs de celui de la population à tous point de vue est évidente. D'un autre côté, les activités culturelles mentionnées ici dans leur diversité et leur dynamique s'avèrent de plus en plus liées à leur systématisation, d'un point de vue managérial à travers les organisations assez variées justifiant ainsi le concept même d'industries culturelles et son caractère déterminant dans l'émergence du secteur d'activités culturelles.

En ne voulant pas s'étendre plus amont des facteurs stratégiques de l'essor de la sphère de prestations culturelles, en parlant par exemple du facteur gouvernemental avec sa mission de cadrage et de développement du secteur culturel, en mémoire par exemple de l'oeuvre de M. André Malraux, fondateur du ministère de la culture en France, il est fort utile de se focaliser sur les organisations opérationnelles ayant favoriser telle ou telle activité culturelle.

Le cas de l'essor des musées, point de focalisation de la présente étude ; est à ce point essentiel dans la promotion des activités muséales en tant qu'organisations de collectionnement aussi bien des oeuvres d'arts et relevant de ce fait de la créativité humaine, que pour les vestiges de la nature considérés comme tels par leurs caractéristiques particulière et prenant ainsi la valeur de patrimoine.

En parlant de l'essor des activités considérées comme muséales, un fait remarquable est leur genèse, qui vient à les situer avant la fin de la renaissance dans un confinement social ne comprenant que la restreinte élite lettrée et fortunée de cette époque, à une phase de popularisation au XIXème où le collectionnement des oeuvres artistiques n'a plus pour seule visée la délectation du milieu bourgeois mais commence à se tourner désormais, au grand public. Le développement de l'institution muséale gagnera ainsi le XXIème siècle l'Europe pour s'étendre en Amérique du nord, avec une empreinte fort déterminante des milieux financiers ou industriels.

L'émergence des musées va ainsi être associée aux grands noms du capitalisme qu'il s'agisse, par exemple des musées MoMA des Rockefeller ou du Métropolitain Museum Of Art de la famille Lehmann à New York. Dans le même registre, on peut encore citer cas du réseau des Guggenheim Museum réparti dans plusieurs villes en Amérique, en Europe ou au moyen orient, oeuvre des Guggenheim ou le cas du Canada où le Musée Stewart ou encore le Musée des beaux-arts à Montréal sont les oeuvres respectives des familles Macdonald et Horn Stein, etc.

Après ce bref aperçu historique, l'illustration de l'essor des musées vu du point de vue de l'offre et de la demande peut être appréciée à travers le positionnement magistral de la France dans le domaine des activités muséales. Leur importance est saisissable par l'importance numérique y relative : leur nombre serait compris entre 2000 et 10 000, en parallèle avec une existence magistrale des entités aux missions connexes à savoir : 38000 monuments et 40 000 immeubles en qualité de monuments historiques. De même le classement des patrimoines mondiaux de l'Unesco y recense 31 sites dont 27 sont considérés comme plus fréquentés et ou on retrouve onze musées.

On ne peut aller plus loin dans ce genre d'énumération pour prouver la complexité du paysage muséal et l'intensité des activités cultuelles associées. On ne mentionnera non plus l'évidence de la mondialisation et de l'influence des industries culturelles dans l'expansion conséquente des activités de délectation des prestations culturelles liées. On ne peut cependant pas passer outre compte tenu du fond de la présente analyse du comportement de la demande de consommation des services culturels.

Parler de complexification de la demande de prestations muséales revient naturellement à se pencher sur les conséquences de l'offre des musées en termes de fréquentation du public ou encore de visiteurs tel que couramment désigné. Point besoin aussi de faire un tour d'horizon de la fréquentation des musées à travers le monde pour mettre en évidence la forte sensibilité du public pour la fréquentation des musées eu égard aux différentes prestations pouvant être offertes par les musées aujourd'hui (visites d'expositions, recherches, activités éducatives, de restauration, séances cinématographiques, etc.)

On veut faire remarquer ici les phénomènes de massification et de généralisation de la fréquentation muséale en ce début de vingt et unième siècle. Dominique Poulot(2001) dira d'ailleurs à cet égard que « les musées sont devenus en une génération l'une des institutions culturelles les mieux considérées et les plus fréquentées à travers le monde [...] »Cette affirmation peut être corroborée par la révélation selon laquelle 41% des sites les plus fréquentés en France sont des musées (INSEE, 2010).

En termes de fréquentation de musées en effet, la référence au cas français est révélatrice de l'intensité élevée de la demande en prestations muséales. Les 9.720.000 visiteurs enregistrés par le musée du Louvre, en 2012 peuvent en faire office d'illustration en remarquant au passage que ce score plaçait la France en première position, en ce qui concerne le nombre de visiteurs de musées. En faisant une légère rétrospective, la France connaitra même un accroissement de fréquentations de musées en 2011 de 4% par rapport 2010 et ce, pour un nombre de visiteurs de 13,4 millions. Constat spectaculaire en contexte de crise économique aux implications restrictives en matière de consommation.

Outre la dimension managériale dans planification des activités culturelles des musées, l'engouement pour les musées peut se justifier ici par les effets allant du développement des stratégies favorisant l'essor du tourisme culturel et de masse à l'augmentation des visites familiales sans omettre l'effet des politiques d'attractivité résultant des politiques de gratuité aux visiteurs spécifiques(jeunes, enseignants, professionnels de la culture, artistes, membres de la presse, etc. Ce peut aussi être le résultat des politiques de démocratisation de l'accès aux loisirs et activités culturelles comme peut en témoigner la loi du 11 février 2005 insistant spécifique sur la nécessité pour les musées d'aménagement des conditions d'une accessibilité optimales aux personnes en situation de handicap.

Dès lors le constat de l'essor des musées va faire surgir une série des préoccupations dont l'une des plus fondamentales relève du domaine de la sécurité.

Les établissements recevant du public l'instar des musées ou autres sites considérés comme tels ont l'exigence de la nécessité d'ouverture de ces espaces au plus grand nombre de visiteurs, selon bien entendu leurs capacités d'accueil. Elles se trouvent cependant au croisement d'une impérieuse nécessité d'apporter le maximum de garantie de sécurité aux biens culturels collectionnés par ces institutions mais aussi aux mêmes visiteurs. La réussite des missions de sécurité, compte tenu du jeu d'équilibriste imposé aux musées à travers les axes visiteurs et biens culturels conditionne la raison d'être du musée en ce sens qu'elles sont garantes du maintien de sa réputation.

La valeur capitale d'un musée fondant son capital immatériel le plus important est en effet sa réputation et partant son image aux yeux de l'environnement externe qui, sur le plan humain est aussi bien constitués de visiteurs potentiels que des personnes physiques ou morales pouvant en participer à la pérennisation des activités par l'obtention des ressources de plusieurs natures aux structures muséales. Cet environnement externe comprend aussi l'existence du cadre institutionnel et légal qui détermine le fonctionnement des musées loyal du musée. L'environnement naturel n'est pas neutre dans le fonctionnement d'un musée non plus.

L'évocation de l'environnement extérieur des musées veut témoigner de deux réalités. Il est source d'opportunités de pour l'institution muséales à travers le dynamisme des fréquentations, les flux de soutiens et d'information, la détermination d'un cadre légale et sécuritaire, mais aussi de la possibilité d'une jouissance d'atouts pouvant être procurés.

A l'inverse, aux environnements externe-et interne-sont peuvent être associés des menaces de natures aussi variée que le suggère la variabilité de l'environnement. Il s'agit des risques qui, en termes sécuritaires peuvent venir à impacter, en cas de réalisation la vie de l'institution avec une possibilité de remise en cause de sa raison d'être si la gravité de l'impact provenant de tel ou tel risque est de nature à déstabiliser partiellement ou totalement l'activité du musée.

Le cadre environnemental ainsi évoqué est méthodologiquement approprié pour aborder l'analyse des risques sécuritaires en environnement muséal. Cette approche a le mérite de nous rendre possible l'exploration des divers systèmes auxquels sont liées les entreprises muséales si l'objectif est d'arriver à une politique de prévention des risques muséaux à travers une approche globale de traitement de risques.

Il s'agit moins dans la présence étude, en effet de concevoir une recette particulière ou innovante de gestion des risques pour les musées. Une expertise dans le domaine de la mitigation des risques est tributaire, en amont de l'efficacité d'exploration des principales sources de menaces pouvant éloigner les activités muséales de toute perspective de déroulement dans un contexte de résilience.

Ceci tient aussi aux options de choix de solutions sécuritaires, par une organisation, devant un même risque entendu, clarifions le, comme une situation contrefactuelle, ayant une probabilité de survenue, assortie d'un impact plus ou moins critique pour la pérennisation des missions socio-culturelles et économiques d'un musée. L'hypothèse de base pour notre étude est donc que le choix de solution sécuritaire relève de la politique sécuritaire de l'entité muséale, en relation avec un diagnostic préalablement établi. Dans une telle situation, le recours à l'expertise sécuritaire sans réalisation concrète de risques ne peut que conduire à l'appui de solution méthodologique encore plus si le recours aux retours d'expérience est sujet à caution pour des raisons de carence de base d'information sur les événements néfastes ou dérangeant ayant été vécues par les organisations muséales.

Pour ce qui concerne le cadre de référence de l'étude, il se veut général, même si le recours à illustrations ou aux données disponibles ne concerne presque qu'exclusivement la réalité du monde occidentale. En ce sens les sources de données sur l'activité muséale en France a été essentielle pour orienter l'étude.

Le gaspillage, l'ignorance ou la négligence que connaissent les ressources culturelles méritent en effet le traitement d'auscultation, des sources d'inefficacité du dynamisme muséal dans beaucoup de pays en développement. En procédant de cette façon, l'approche systémique nous confortera sans doute sur les origines internes aux organisations muséales de ces fléaux évoqués.

Cependant l'étude n'a pas été sans difficultés de taille. Une analyse des risques étayée sur l'existence des réalisations concrètes des risques est plus intéressante naturellement. Mais quelques exemples peuvent suffire pour adopter une conduite managériale globale. Les quelques exemples historiques de risques réalisés et donc pesant aussi bien sur les biens culturels des musées que sur les personnes et les espaces aujourd'hui nous ont encouragé dans la présente démarche exploratoire, préalable à un plan de prévention durable et souple de risque en contexte d'activités muséales.

Cependant la littérature muséologique a été d'un recours très riche pour comprendre le rôle des musées dans le contexte des activités économiques et sociales du troisième millénaire.

Pour revenir à l'analyse systémique,appliquée à la gestion des risques muséaux, une décomposition méthodologique des parties clés appliquée à l'environnement muséal interne et externe peut s'avérer usuelle pour une analyse des risques dans leur globalité. Cette approche permettrait en fait de voir en le concept musée une juxtaposition d'espaces aux réalités particulières par rapport à l'offre des prestations muséales. Il s'agira des espaces physiques bâtis et non bâtis et de l'émergence de l'espace d'activités muséales virtuelles. D'autre part, le musée c'est d'abord ses collections puis son public en termes de visiteurs. C'est pourquoi notre analyse des risques associés à l'exploitation muséale va tenir compte de ces deux grands sous-ensembles en termes de sécurisation :

-au niveau des espaces physiques et virtuels ;

-au niveau des biens et des personnes.

Concernant les personnes nous avons voulus nous appesantir presque qu'exclusivement sur le l'accessibilité des personnes handicapés en partant de l'hypothèse que ces conditions sont déjà bonnes pour les autres visiteurs.

Pour ces raisons, nous traiterons de l'exploration des risques encourus par les musées selon deux. Le premier axe portera sur le cadre spatial des activités représenté, on le verra plus loin par trois dimensions. Le second traitera de la délicate question de sécurisation des biens culturels et des personnes. On marquera un accent exclusif, ici à certaines questions posées par la sécurité des personnes en situation de handicap

AXE I DE LA SECURISATION DES ESPACES MUSEAUX

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