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Gestion du résultat, les déterminants de la structure financière et le coàt de la dette: étude empirique sur les entreprises tunisiennes non financières cotées


par Mohamed Ali Saadellaoui
University of Carthage - Finance 2016
  

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2-2 Les modèles de mesure de la gestion du résultat : un état de l'art

Les premiers travaux empiriques sur la gestion des résultats avaient essentiellement pour but de savoir si le choix d'une méthode comptable spécifique a un effet sur le résultat. Toutefois, face aux critiques adressées à ces études, Hagerman et Zmijewski (1979) ont affirmé qu'au lieu d'examiner chaque méthode comptable séparément, il est préférable d'examiner un portefeuille de méthodes et étudier son influence sur le résultat. Cependant, cette approche ne reflète pas la totalité des décisions comptables prises par les managers, c'est donc le besoin d'avoir une mesure exhaustive, que les accruals ont vu le jour.

Selon DuCharme et al (2004) «les accruals» nommés aussi ajustements comptables, traduisent le choix des méthodes comptables et l'identification du facteur temps pour les dépenses, les revenus et les changements des estimations comptables. Healy (1985) a été le premier qui mesures la gestion du résulta par les accruals. Il définit les accruals comme « la somme des ajustements comptables aux cash-flows de l'entreprise permis par les organismes de normalisation». Pour Cormier et al (2000) et Draief (2010) : « les accruals englobent tous les ajustements qui permettent de passer d'une comptabilité de caisse à une comptabilité d'exercice, qu'il s'agisse des dotations, des provisions ou encore des changements de méthodes comptables qu'ils sont reliés aux activités d'exploitation».

Les accruals ont pour spécificité de se référer à des principes comptables permettant aux dirigeants d'exercer leurs pouvoirs discrétionnaires sur le résultat comptable. Par ailleurs, il est plus avantageux pour le dirigeant de gréer les résultats via les accruals que de changer les méthodes comptables puisque le changement des méthodes doit être divulgué, par contre, le dirigeant n'est pas obliger de divulguer l'information concernant la gestion par les accruals, par conséquent, elle est moins visible et difficilement détecté par les auditeurs et les analystes financiers.

Les ajustements totaux sont égaux à la différance entre le résultat net et les flux de trésoreries liés à l'exploitation, or, c'est difficile de manipuler le total des accruals, puisqu'une partie des accruals « les accruals non discrétionnaires »4(*) découle d'une application régulière des règles de la comptabilité d'engagement, Jeanjean (2011). En effet, le total des accruals comptables inclus à la fois les ajustements comptables discrétionnaires et celles non discrétionnaires. Ces derniers, proviennent de l'activité régulière de l'entreprise, elle n'est pas donc soumise à la décision des dirigeants, alors que les ajustements comptables discrétionnaires sont le résultat de l'intervention du manager dans la façon avec laquelle il va présenter l'information financiére. Donc, la gestion du résultat ne porte que sur la composante discrétionnaire des accruals totaux ou elle peut faire l'objet d'un transfert d'une parte du résultat d'un exercice à un autre de sorte que la somme de ces transferts sur le long terme soit nulle. Cette composante correspond à la différence entre les accruals totaux et les accruals non discrétionnaires, (Baklouti et al. (2011), Pastor et Poveda (2005) et Klibi et Matoussi (2010)).

Matoussi et al. (2011) annoncent que l'utilisation des accruals discrétionnaires a attiré l'attention des chercheurs sur le comportement du marché financier face à de telles pratiques comptables discrétionnaires, supposées influencer les titres des sociétés cotées. Klibi et Matoussi (2010) précisent que la gestion des résultats s'opère à travers la manipulation intentionnelle des accruals discrétionnaires.

Or les accruals totaux se calculent comme suit :

Accruals totaux = résultat net - flux de trésorerie lié à l'exploitation

Accruals discrétionnaires = accruals totaux - accruals non discrétionnaires

Plusieurs méthodes d'estimation des accruals discrétionnaires ont été suggérées par la littérature comptable. Ils sont passés par des amélioration ou fil du temps en commerçant par les modèles stationnaires de Healy (1985) et DeAngelo (1986), par la suite, les modèles économiques de Jones (1991) et Jones modifié (1995) et enfin les modèles d'approche transversale Kothari et al (2005). Dans ce qui suit, nous présentons ces modèles de mesure de gestion du résultat.

* 4 « La composante non discrétionnaire comprend l'ensemble des éléments comptables sur les quels les dirigeants n'ont pas le pouvoir décisionnel en matière de politique comptable. Elle inclut principalement la variation du besoin en fond de roulement, les dotations aux amortissements nettes des reprises incluses dans le calcul de la capacité d'autofinancement et les flux monétaires résultant des décalages dans les comptes de régularisation des opérations financières de restructuration des dettes et des cessions des créances ». Draief (2010)

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