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Culture managériale et pérennisation des projets de développement au Cameroun: cas du nazareth agro pastoral training and production centre de menteh (bamenda)

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par Albert Legrand TODJOM MABOU
Université Catholique d'Afrique Centrale - Master Développement et Management des Projets en Afrique 2014
  

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1. 2. Organisation Organisation politique, socioculturelle et économique du peuple84(*)des populations de Nkwen

1. Organisation politique

Comme cela est de coutume chez la plus part des peuples des grassfield, le pouvoir politique chez les Nkwen est héréditaire. Le roi est l'incarnation de la force et de la puissance. Cette considération s'exprime par l'usage du lion comme symbole du roi et fait de ce dernier un être aussi puissant que la mort. C'est ce qui justifie l'usage de l'expression « le chef est perdu » pour dire qu'il est mort car rien ne peut lui ôter la vie.

Il est également l'incarnation du peuple car tout le peuple se résume dans sa personne. C'est pourquoi lorsqu'il est malade, on dit que « le royaume est enrhumé ». En effet, la santé du village et son bien être dépend de ceux du chef.

Toutefois, tel que mentionné ou évoqué comme nous l'avons noté dans la présentation de l'origine du peuple Nkwen, la chefferie fait face à quelques conflits latents entre le chef suprême qui trône au palais de Futru et le « sous-chef » du groupe de la population qui réside à Menteh. En fait, le chef suprême a interdit l'utilisation de cette expression « sous-chef » pour désigner ce dernier car selon lui il n'y a pas de chefferie à Menteh mais plutôt

?????La suite !!!

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Le village Nkwen a perdu son dernier chef, Ngufor III, orsqu'un chef est désigné, il perd son nom naturel au profit d'un autre que lui donne la tradition. Selon cette tradition, deux noms sont utilisés alternativement entre les règnes pour désigner le chef suprême. Il s'agit d'Azehfor et de Ngufor. Lle 03 novembre 2013. Son successeur, Azehfor III a été intronisé le 18 novembre 2013 comme le veut la tradition.'actuel chef porte le nom de Ngufor. Le précédent portait le nom d'Azehfor et le suivant portera le même nom. En effet, le nom du chef se choisit de manière alternative entre deux noms : Ngufor et Azehfor.

Sur le plan de l'administration politique du peuple, malgré une prépondérance de la personnalité du chef dans le style de management, les pouvoirs ne sont pas totalement concentrés entre sles mains du chef à lui seul, car d'autres instances traditionnelles constituent des contre pouvoirs. C'est une forme de démocratie traditionnelle pour éviter la dictature. Mais la culture managériale reste fortement marquée par le patriarcat, style de management social dans lequel l'homme, en tant que père, est dépositaire de l'autorité au sein de la famille ou plus largement, au sein du clan. La perpétuation de cette autorité est fondée sur la descendance par les mâles, la transmission du patronyme et la discrimination sexuelle. Les femmes sont subordonnées à l'homme qui possède l'autorité : le père, le mari ou à défaut le frère. Le patriarcat, ce modèle de société fondé sur la filiation paternelle, Pierre Bonte et Michel Izard le définissent comme «Une forme d'organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l'autorité par les hommes »85(*)

Le Nkwifor, groupe de grands conseillers à la tête duquel siège le Chef, apprécie le règne de celui-ci C'est donc avec l'aide du Kwifor ou autorité suprême, que le chef règne sur le peuple Nkwen. Toutefois, cCe conseil ou autorité suprême peut décider de destituer le chef si une raison objective le rejustifiecommande. Ceci requiertDans ce cas, l'unanimité du conseil exige l'exécution du Chef, et demande que le chef soit exécuté car il ne peut en exister deux chefs dans le royaume. Ce conseil détient également des pouvoirs traditionnels pour le service et la protection exclusifs du chef sans les lui conférer

Cette partie peut-ètre fusionné avec l'origine d'une certaine manière, ya des informations pas très pertinentes pour la comprehension du sujet !

. Après les Nkwifor viennent les Tantohs.

Les Tantohs sont des personnes qui ont reçu un titre traditionnel après avoir offert d'importants dons au Chef, à la chefferie ou à la communauté locale traditionnelle. Le nombre de Tantohs est illimité, car en plus de leur rôle de conseillers, ils sont une source de financement pour le chef et la chefferie et jouent le rôle d'acteurs du développement. Après les Tantohs suivent les Atantche, chefs de quartier qui règnent véritablement sur un groupe d'habitants : autant de quartiers, autant d'Atantche.

Organisation économique

Comme dans beaucoup de villages du Nord Ouest, plusieurs rituels chez les Nkwen perpétuent la tradition, mais surtout la vie et aident à promouvoir le développement humain et matériel. C'est le cas de ce rituel pratiqué par les Atantche ou chefs de quartier et organisé annuellement au cours duquel la terre, les femmes en difficulté de conception ainsi que des enfants reçoivent la bénédiction. Cette cérémonie se déroule au pied d'une chute d'eau importante au lieu dit Nefie dans le quartier Menteh. Pour finir, l'eau de la chute est portée à la chefferie dans une calebasse traditionnelle appelé Bacte'e. Ce rituel précède généralement une célébration culturelle très célèbre : la danse annuelle.

Les Nkwen comptent une variété de célébrations culturelles. C'est pendant les deuils et surtout les funérailles encore appelées death celebration, que la particularité culturelle de la population explose en de multiples danses traditionnelles exécutées par des groupes spécifiques. La danse annuelle ou annual danse, encore appelée la danse du chef, s'organise chaque année avant la fin du mois de décembre, mais parfois sa programmation est biennale pour espérer une meilleure préparation. Cette danse mobilise au palais royal tous les quartiers des villages avec leurs associations. C'est une opportunité pour les populations de Nkwen de se joindre au Chef pour célébrer ensemble la joie, le succès, la vie, la santé, la prospérité et autres bienfaits reçus des ancêtres. Au moment de l'enquête, il se dit que la danse annuelle n'est pas organisée depuis deux ans à cause de la santé chancelante du chef.

L'organisation sociopolitique du peuple Nkwen répond au modèle managérial patriarcal. En effet, la figure de père ou supérieur social est prépondérante dans la manière de gérer les biens et les personnes. Cette culture managériale s'apparente au paternalisme qui caractérise plusieurs projets de développement mis en oeuvre par les organisations religieuses comme le NAPTPC. L'analyse de la culture managériale patriarcale des Nkwen a donc pour objectif d'aider à comprendre le contexte dans lequel se développe le projet qui constitue notre cas d'étude.

En effet, la plupart des ouvriers dudit projet sont natifs du village et n'ont pas reçu une formation intellectuelle élevée. En conséquence, les spécificités de la gestion politique chez les Nkwen peuvent influer sur l'accueil que le personnel réserve au mode de gestion pratiqué au quotidien par les promoteurs et les dirigeants NAPTPC. Deux réactions sont possibles : les agents locaux adoptent soit une attitude de soumission suivant le modèle patriarcal traditionnel de management, soit une attitude de rébellion suivant la tendance entretenue par les populations de Menteh vis-à-vis de l'autorité du Chef.

D'autres activités socioculturelles sont organisées chez les Nkwen à l'instar de la semaine culturelle, régulièrement fixée au mois de juillet ou d'août de chaque année. En effet l'union nationale des étudiants Nkwen célèbre annuellement la « Coupe du Chef Ngufor » avec la participation de presque tous les quartiers du village. Aux trois premiers sont décernés des prix dont 15% de chacun sont remis au comité de développement du quartier. De manière particulière, l'union des étudiants de Menteh en collaboration avec les étudiants d'Alahlie, un quartier voisin, organise une coupe pendant la période des vacances86(*). D'autres activités telles que des excursions, des conférences sur des thèmes variés et l'exhibition culturels étoffent le programme de cette semaine culturelle. Les organisateurs y invitent très souvent les notables qui maîtrisent la culture du village.

C'est sur cette base socioculturelle que la Congrégation des Pères Piaristes décide en 1993

Source ???????

de promouvoir une initiative qui devait grandir pour devenir plus tard une ferme école officiellement connue sous le nom de Nazareth Agro Pastoral Training and Production Center87(*). En effet, les activités agropastorales occupent une place importante parmi les activités économiques de la population. Et puisque c'est une de leurs sources de subsistance, la durabilité dans l'espace et le temps de ces activités est aussi une préoccupation pour la population locale. C'est cette incertitude sur la stabilité du projet qui motive le développement d'autres activités économiques pour parer à l'insuffisance des revenus issus des activités agropastorales.

L'économie du peuple Nkwen repose principalement sur les activités agropastorales. Les activités génératrices de revenus peuvent être regroupées en quatre domaines principaux, à savoir : les cultures, l'élevage, l'aquaculture et les activités non conventionnelles. L'observation des espaces cultivés dans cette région montre que la production agricole, réalisée essentiellement par des exploitations familiales traditionnelles, concerne notamment les choux, les ignames, la pomme de terre, la tomate, le « jama jama »88(*). C'est une agriculture de subsistance que les populations pratiquent en réalité pour perpétuer l'héritage parental dans ce domaine et pour protéger les espaces contre l'expropriation imposée par des personnes influentes dans le village. Souvent les cultivateurs travaillent à perte si l'on évalue la production et surtout l'énergie investie. Les potentialités pour l'agriculture ne manquent pourtant pas, mais l'insuffisance des intrants (semences améliorées, machines, engrais...) pèse lourdement sur les motivations et sur le rendement. C'est pourquoi l'agriculture est difficilement pérenne.

L'élevage bovin, deuxième activité génératrice de revenus du village Nkwen représente un maillon essentiel de la sécurité alimentaire des populations. L'alimentation du bétail est essentiellement tirée du pâturage. Les points d'eau étant en nombre insuffisant, la transhumance, qui en résulte, est source de conflits entre agriculteurs et éleveurs. Ce sous- secteur est miné par de sérieux problèmes, particulièrement l'insuffisance d'infrastructures utiles à la transformation et à la commercialisation comme des aires d'abattage, des marchés à bétail. Comme l'agriculture, l'élevage se pratique plus pour la subsistance et il est également difficilement pérenne.

Les activités non conventionnelles génératrices de revenus touchent le domaine commercial. Aujourd'hui une tranche de la population se consacre à des activités commerciales non déclarées tels que les voyages dans les pays d'Asie pour acheter des articles à revendre au Cameroun, ou l'usure. Par ailleurs, En effet, la population est majoritairement constituée de fermiers et l'on observe une division du travail selon le genre. Les hommes sont essentiellement des vignerons et des éleveurs de porcs, volailles, et rarement des chèvres et moutons. Les femmes ont à leur charge prioritairement l'agriculture notamment les cultures maraichère : choux, ignames, pomme de terre, tomates, jama jama89(*). Ce sont ces activités agropastorales qui constituent la principale source de revenu des populations même si aujourd'hui, certain se consacrent de plus en plus à d'autres activités commerciales notamment les voyages dans les pays d'Asie où ils achètent des articles qu'ils revendent au Cameroun. L'agriculture et l'élevage deviennent ainsi des activités secondaires

Revoir les espaces entre les paragraphes

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Rrelevons par ailleurs que c'est dans le village Nkwen que s'était s'est installé pendant plusieurs années un réseau mafieux de trafic de drogue, et surtout de faux billets et assorti d'arnaques pour ceux qui espéraient faire multiplier leur fortune à travers des activités illicites telle quecomme le phénomène des « money dobbler »90(*). Après que ce réseau soit a été démantelé, il a fallu une longue période aux forces de l'ordre pour dissoudre complètement leurs les activités défendues. En effet, le gouvernement a été finalement obligé de créer dans le quartier Mile 4, fief des malversationsu réseau, les une brigade de gendarmerie, un poste de commissariat de police, une commune et un sous- préfectorat pour veiller à la dissolution du réseau et contrecarrer sa reprise.

Les activités économiques non conventionnelles suscitées, à leur tour, sont précaires. Par exemple l'activité « money dobbler » a été tenue en échec par les forces de l'ordre. Ceux qui voyagent en Asie ne sont pas plus favorisés. Très souvent néophytes dans les affaires, ils subissent d'énormes pertes ou sont dupés. Ceci entraîne généralement l'arrêt de leur activités économiques et parfois avec d'énormes dettes.

Au demeurant, la population de Nkwen fournit l'effort de développer des activités pour subvenir à ses besoins de subsistance. Mais parfois ces activités ne sont pas pérennes parce qu'elles ne sont pas bien pensées, ni bien gérées ou simplement ni réalisées au bon endroit, avec les dispositions techniques requises une production et une vente optimales.

De l'organisation politique, économique et culturelle de la population se dégage un souci permanent de stabilité et de bien-être qui pousse les Nkwen à rechercher comment survivre durablement dans l'espace et le temps. Le NAPTPC s'insère dans ce contexte culturel. Avant d'analyser la relation entre la manière de gérer le projet et sa pérennisation, nous allons au préalable analyser globalement le projet..

* 84 Notre enquête du 24 novembre 2013 auprès d'un prince du village Nkwen à Bamenda et du catéchiste du quartier Menteh (propos traduit de l'anglais par nous-même).

* 85 Pierre BONTE, Michel IZARD, Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie, Paris, PUF, 1991, p. 455.

* 86 Notre enquête du 24 novembre 2013 auprès d'un prince du village Nkwen à Bamenda et du Catéchiste du quartier Menteh (propos traduit de l'anglais par nous-même).

* 87 Archives du NAPTPC.

* 88 C'est une espèce de légume consommé abondamment dans le Nord Ouest. Il se mange principalement avec le couscous mais peut également être accompagné par la banane plantain mûre ou non la banane douce et le macabo couramment appelé cocoyam dans la région.

* Daniel 89 C'est une espèce de légume beaucoup consommé dans le Nord Ouest. Il se mange principalement avec le couscous principalement mais peut également accompagner certains plats tels que le plantain mur et non mur, le macabo couramment appelé cocoyam dans la région.

* 90 Il s'agit d'un fléau dont les populations de Nkwen et ses environs ont souffert pendant plusieurs années. En effet, c'était un réseau formé d'individus faussaires qui promettaient aux populations notamment les étrangers ou des personnes de passage dans la localité, de multiplier leur argent alors qu'en fait c'était une méthode d'escroquerie. Plusieurs personnes ont ainsi été dupées et ont perdu de fortes sommes d'argent et d'autres biens matériels avant l'éradication par les forces de l'ordre, du fléau.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.