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à‰tude de l'impact des transferts privés de la diaspora sur le taux de change en Haà¯ti.


par Riphard Serent
Université Quisqueya - Economie 2009
  

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Chapitre I : Cadre conceptuel, revue de la littérature théorique et empirique

L'objectif de ce chapitre revêt un double aspect. Il s'agit, dans un premier temps, de mettre l'accent sur les concepts clés répondant à une meilleure compréhension de notre travail; dans un second temps, nous établirons, de manière sélective, une revue de littérature théorique et empirique de travaux de recherche relatifs aux transferts privés et au taux de change.

1.1- Cadre conceptuel

Dans le but de faciliter la compréhension de notre travail de recherche, il nous importe de nous arrêter sur certaines notions clés dont il nous faudra délimiter les aspects qui nous intéressent; ces concepts clés sont : taux de change, transferts privés, migration.

Taux de change

En général, les taux de change sont les cotations sur le marché des cours des devises étrangères en termes de monnaie nationale, ou, ce qui revient au même, l'inverse, c'est-à-dire les cours en termes de monnaie étrangère de la monnaie nationale. En tant que tels, ils sont les taux de change entre monnaies qui sont utilisées dans la plupart des transactions qui passent les frontières, qu'il s'agisse du commerce international, du tourisme, des investissements internationaux ou des flux monétaires à court terme entre pays.

? les différents types de taux de change

Le taux de change peut être coté soit à l'incertain, soit au certain : à l'incertain, il représente le nombre d'unités de monnaie nationale qu'il faut fournir pour avoir une unité de monnaie étrangère; dans le cas d'Haïti par exemple, au 30 septembre 2007 il fallait 43,04 gourdes pour 1 dollar américain. Tandis qu'au certain, le taux de change, représente le nombre d'unités de monnaie étrangère que l'on peut obtenir avec une unité de monnaie nationale; par exemple, à un moment donné il fallait 54 gourdes 10 pour 1 euro. A noter que la cotation à

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l'incertain est cohérente avec le fait que la hausse de tout prix10 déprécie la valeur réelle de la monnaie locale. En effet, la hausse du taux de change coté à l'incertain correspond bien à une dépréciation de la monnaie nationale (et à une appréciation des devises).

? Taux de change effectif et taux de change bilatéral.

Comme chaque pays effectue des transactions et a des relations d'investissement avec un certain nombre d'autres pays, aucun taux de change unique ne peut mesurer correctement le pouvoir d'achat de la monnaie nationale en termes généraux de devises étrangères. On a ainsi développé le concept de taux de change effectif pour obtenir une évaluation du cours moyen pondéré des devises étrangères en termes de la monnaie nationale. Le taux de change bilatéral est par définition, le taux de change relatif des monnaies de deux pays.

? Taux de change au comptant et taux de change à terme.

Le taux de change au comptant est celui que l'on utilise dans les opérations de change au comptant11 ; c'est celui qui a été pris en compte dans notre définition principale du taux de change. Le taux de change à terme (T) est celui qui est défini pour les opérations de change à terme entre deux devises. Il est défini en fonction du taux au comptant (E) à partir de la relation suivante : T=E*(1+r'/1+r), ou r et r' sont respectivement les taux d'intérêt pour le terme convenu dans chacun des deux pays.

? Taux de change nominal et taux de change réel.

Par définition, le taux de change nominal mesure le prix relatif de deux monnaies alors que le taux de change réel mesure le prix relatif de deux paniers de biens, des produits nationaux par rapport aux produits étrangers en monnaie nationale ; il correspond au rapport de deux pouvoirs d'achat, en ce sens, il constitue un indicateur de la compétitivité-prix12 du pays

? Les déterminants du taux de change

Les études empiriques traditionnelles sur les taux de change décrivent l'évolution de ces derniers en fonction d'un ensemble de variables macroéconomiques fondamentales telles que les

10 Celui de la devise étrangère

11 Les cotations sur le marché au comptant se traduisent concrètement par deux prix : un cours acheteur et un cours vendeur, la différence entre les deux représente la marge de la banque.

12 Le taux de change réel mesure en définitive le pouvoir d'achat externe de la monnaie, c'est-à-dire son pouvoir d'achat sur les biens étrangers.

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prix, l'offre de monnaie, les taux d'intérêt, les écarts de productivité, la dette publique, les termes de l'échange et les actifs étrangers nets, habituellement exprimés en écarts entre les pays.

Transferts privés

Pour l'Organisation Internationale de la Migration (OIM), les rapatriements de fonds désignent tous les transferts monétaires effectués par les migrants vers leurs pays d'origine ; en d'autres termes, les flux financiers associés à la migration. Dans la plupart des cas, les envois de fonds sont des transferts monétaires effectués à titre individuel par un travailleur migrant ou un immigré au profit de proches dans son pays d'origine. Ces envois de fonds sont communément appelés transferts privés. Dans le cadre de notre travail nous avons donné différentes appellations à cette variable : Transferts de devises, transferts de fonds ou transferts tout court. Les travaux de recherche qui analysent ce phénomène nous fournissent de précieuses données descriptives cependant limitées en raison des contraintes sur les plans géographique, socioculturel et temporel auxquelles ces derniers font face.

? Les déterminants des transferts privés

Selon l'OCDE, le niveau des flux de transferts opérés par un émigré dépend à la fois de ses possibilités, à savoir, son revenu et la partie qu'il épargne de ce revenu et aussi sa motivation à rapatrier ses économies dans son pays d'origine. Au fait, l'une des méthodes d'étude des déterminants des flux de transferts consiste à analyser les motifs qui animent les migrants au moment d'envoyer de l'argent ; toutefois, les ouvrages qui traitent la question distinguent comme déterminants des transferts privés : l'altruisme pur, le simple intérêt personnel, les arrangements tacites avec la famille restée dans le pays natal et les décisions de gestion de portefeuille. D'un autre côté, comme le fait remarquer Stark (1991), il n'existe pas de théorie générale des transferts de fonds.

Migration

Selon l'OIM (Organisation International pour les Migrations), les définitions de la «migration» et par extension du «migrant» reposent sur des contextes politiques, sociaux,

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économiques ou culturels distincts qui peuvent varier13 énormément. Le phénomène migratoire présente de réelles variations quant à sa signification sociale et économique et on peut élaborer une typologie de la migration en se fondant sur diverses distinctions. De ce fait, la politique migratoire et la gestion des migrations seront influencées par les distinctions retenues pour les définitions pratiques. Par exemple, les choses peuvent se définir sous un angle géographique («migration»), ou sous un angle humain («migrants»). Vu sous un angle géographique, «la migration» est le mouvement d'une ou de plusieurs personnes d'un endroit vers un autre et le franchissement de frontières administratives ou politiques dans l'intention de s'installer, définitivement ou temporairement, dans un endroit différent de leur lieu d'origine. On peut également établir une distinction entre «le pays d'origine», à savoir le point de départ, et «le pays de destination», à savoir le point d'arrivée. Par ailleurs, bien souvent la migration ne se produit pas directement entre un point d'origine et un point de destination, mais passe par un ou plusieurs «pays de transit».

Vu sous un angle humain, toute personne qui quitte son pays dans l'intention de résider dans un autre, est appelée «migrant» ou «émigré». Dans le nouveau pays, cette personne sera considérée comme un «immigrant» ou recevra une appellation analogue déterminée par la législation, car chaque Etat établit ses propres lois en matière d'immigration. Le terme «migrant» est plus général que «émigrant » ou «immigrant» car il ne précise pas la direction du mouvement.

? Bref survol de la migration haïtienne

Les premiers grands mouvements migratoires remontent au début du 20ème siècle, particulièrement entre 1915 et 1934 avec l'occupation américaine. Les principales destinations se résumaient essentiellement à Cuba et la République Dominicaine dans les plantations de canne à sucre ; l'Amérique du Sud dans la construction du canal de Panama ; et aussi la France.

Entre 1950 et 1960, on assiste à une émigration croissante vers les Bahamas du fait que le tourisme pendant cette période nécessité une main-d'oeuvre abondante et bon marché (dans la construction de routes, d'hôtels et dans les services) que Haïti est notamment prête à offrir. Le

13 jl n'est guère aisé de donner une définition acceptée universellement; l'existence de définitions variées se traduit par une variation des critères statistiques, elle est une source de difficultés dans la comparaison des données.

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secteur agricole du sud des Etats-Unis attirent également les Haïtiens vers la fin de cette période (plantation et coupe de bois, culture de la tomate, etc.)

A partir des années 1960, on assiste à la première grande vague de fuite de cerveaux ; en effet, l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du Nord et les Caraïbes constituent les principales destinations. Cette vague d'émigration est attribuable aux persécutions politiques et aux états de violence qui caractérisent le régime des Duvalier dès 1957.

Vers le début des années 1970, les Haïtiens commencent à quitter le pays directement des campagnes, et cela souvent sur des embarcations de fortune. En effet, en 1972, les premiers boat people arrivent à Miami. La Floride est de nos jours, un des Etats ou la croissance démographique haïtienne en diaspora est la plus importante14.

Dans les premiers mois qui suivent la fin de la dictature des Duvalier en 1986, Haïti connait un solde migratoire positif, c'est-a-dire, les Haïtiens de la diaspora retournent en masse au pays tandis que les vols de départ n'ont pas beaucoup de succès. Mais, la succession des gouvernements militaires sur fond de crise politique inversent rapidement le mouvement. Cependant à la fin des années 1990, on retrouve le même mouvement migratoire que celui des années 60 ou l'émigration des cadres de l'administration publique et des professionnels de la classe moyenne devient monnaie courante. C'est la deuxième plus grande vague de fuite de cerveaux que subit le pays en moins de 50 ans.

Pour mieux comprendre les différentes approches faites des concepts clés du travail, on va essayer de les placer dans un contexte de revues de littérature qui constituent la deuxième partie essentielle de ce chapitre.

11

14 Pour la seule année 1980, plus de 12000 Haïtiens étaient arrives illégalement sur les cotes de la Floride

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