WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le sacrifice de l'animal dans les sociétés africaines précoloniales: le cas des Mbo à  la lumière ds égyptiens anciens

( Télécharger le fichier original )
par Cédric Stéphane Mbah
Université de Yaoundé 1 - Master 2 en Histoire 2017
  

précédent sommaire suivant

CHAPITRE III- LES ANIMAUX DU SACRIFICE SANGLANT, SYMBOLIQUE DU SANG ET DE LA PAROLE DANS LES SACRIFICES CHEZ LES EGYPTIENS ANCIENS ET MBO PRECOLONIAUX

Chez certains peuples en Afrique, la relation d'intimité entre l'homme et l'animal est si forte que perdre un animal, c'est perdre une partie de sa vie-même. Pour les Massai du Kenya, par exemple, l'élevage n'avait pas de but économique : le boeuf, pour un Massai était comme son frère, il ne le tuait pas, ne le vendait pas, ne le mangeait pas non plus. Il consommait son lait, son beurre puis les échangeait par contrecoeur pour obtenir d'autres produits de base225(*).

Dans cette perspective, l'homme, dieu et l'animal deviennent presqu'unifiés à travers la symbolique qu'on attribue à l'animal.Chez les Egyptiens anciens l'animal devient même le réceptacle des dieux sur terre. Toutefois, chez les Mbo, l'élevage des animaux n'est pas une activité économique véritable. Ceux-ci n'élèvent pas en grand nombre, mais plutôt en nombre très réduit dans l'optique de pérenniser le legs ancestral qui est celui de l'utilisation des animaux pour maintenir la vie des hommes si elle venait être attaquée. Offrir son animal en sacrifice dans ce sillage, c'est symboliquement s'offrir soi-même. Ainsi, l'animal ou mieux une partie de soi-même devrait donc entrer en contact avec la transcendance pour obtenir les faveurs des dieux. Dans ce sillage Fabrice Poutcheu reconnaît que :

Il existe un lien étroit et une interaction entre le monde visible et le monde invisible. Aussi dans la réalité africaine, l'existence d'un ordre du monde, régi par les divinités reliant entre eux tous les éléments du cosmos et que l'homme doit respecter demeure une évidence. L'homme peut, pour des raisons diverses, contribuer au désaxement de cet ordre, ce qui, du coup, le met en mauvaise posture dans son positionnement cosmique. Le sacrifice sanglant devient dès lors l'ultime voie pour la réconciliation de l'homme avec son monde. Verser le sang permet à l'homme de bénéficier de la bonté, de la clémence et de la miséricorde de Dieu et de ses Ancêtres. Il s'agit de mettre à nu une vie pour sauvegarder une vie226(*).

Ainsi pour comprendre cette relation de rapprochement entre l'homme, le divin et l'animal, il revient à étudier : le caractère sacré des animaux en passant par le processus de domestication et de diffusion des animaux en Egypte antique et dans l'univers Mbo. Il conviendra également de ressortir les types d'animaux utilisés dans les sacrifices et d'analyser la place du sang et de la parole dans les sacrifices animaliers chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux.

I- LES ANIMAUX DU SACRIFICE SANGLANT DANS LA SOCIETE EGYPTIENNE ANCIENNE ET MBO PRECOLONIALE

Dans l'univers Egyptien et Mbo précolonial, toutes entreprise de la vie est tributaire des entités divine et cosmiques. Cependant, l'utilisation d'un type d'animal dans les sacrifices chez les égyptiens anciens et les Mbo précoloniaux, était fonction des croyances religieuses qui voyaient le sacrément en l'animal. Cette sacralisationva inéluctablement conduire au processus de domestication des animaux qui seront délibérément choisis selon le type de sacrifice à exécuter en un lieu donné.

A- LE CARACTERE SACRE DES ANIMAUX CHEZ LES EGYPTIENS ANCIENS ET LES MBO PRECOLONIAUX

Certains animaux étaient, en effet, considérés comme des hypostases227(*) du dieu sur terre. Depuis la période prédynastique, les tribus installées sur les bords du Nil pratiquaient déjàles cultes totémiques, liés aux forces de la nature228(*). Ces premières dynasties en sont très imprégnées, puisque les rois portaient le nom des animaux « roi-scorpion », « roi-lion », etc229(*). Cependant la sacralisation des animaux fut institutionnalisée pendant le Nouvel Empire et connut son apogée à l'époque ptolémaïque. Dieu, homme et animal sont alors étroitement liés puisque dans le cadre de certains rituels sacrificiels, l'animal se présente comme la courroie de transmission entre l'Homme et Dieu230(*).

1- L'animal : Le réceptacle des dieux sur la terre chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux

Considérer l'animal comme réceptacle des dieux sur terre, c'est généralement faire allusion à l'animal dit totem. Ce dernier est vénéré comme une divinité, l' ancêtre d'un clan ou un protecteur231(*).

Chez les négro-africains le totem est une espèce naturelle. Il s'agit le plus souvent d'un animal, qui représente l'ancêtre mythique du clan et qui lui donne son nom. Chez les Mbo, le léopard l'animal totem de la communauté est devenu l'élément essentiel des faits et geste de la communauté Mbo. Cet animal retrace l'historique du peuple Mbo et représente le lien invisible par lequel ces derniers puisent leur force vitale. Se faisant, certaines associations joignent à leurs nominations, le nom de l'animal totem, dans le but probable d'avoir le soutien favorable de ce dernier dans l'entreprise associative. Ainsi aurons-nous les associations, qui se nommeraient Ban Bi Ngoh littéralement la progéniture du léopard ou encore «Edingeûh Bêènh Ngeûh » : la fraternité des enfants du léopard. Cette dévotion à Ngoe ou au léopard est la manifestation de son appartenance à une entité qui, est ici celle d'un sous groupe bantou appelé, peuple Ngoe ou encore le peuple de l'ancêtre éponyme léopard.

Les rituels par lesquels les descendants du totem vénèrent cet animal tutélaire sont nombreux chez les Mbo. C'est le cas des rituels qui se déroulent à Koupé : endroit où aurait vécu Ngoe le léopard. Le totem exerce un double rôle : d'une part il exprime la parenté, la coopération entre l'homme et la nature. D'autre part il assure la continuité entre le présent et le passé. En d'autres termes, le totémisme est le vecteur et le garant d'une transmission de traditions ancestrales, via l'alliance de chaire à chaire qui, installent la communauté dans la cosmogonie, les mythes d'origines, les récits fondateurs etc. Damman232(*) pense que le totémisme implique une parenté entre un groupe humain et une espèce animale. Ces deux opinions se rejoignent et évoquent l'animal comme pouvant être choisi,en lieu et place de protecteur ou guide par une alliance de l'homme. Dans ce sillage, le totem est lié à son propriétaire (Homme) de façon mystique. Le totem existe du vivant de son maître et même après sa mort, mais sans maître cette fois. Donc, le totem-animal est une autre forme de la nature de l'homme dans l'optique du sacré.

Selon Alexandre Moret, Contrairement à ce que l'on a voulu faire croire, l'Egypte ancienne était une société essentiellement totémique et non zoolâtre233(*). Chez les Egyptiens le totem représente un ancêtre ou un Dieu (Horus-Faucon, Anubis-Chacal, Apis Bull-Taureau, Thot-Ibis etc.). A partir du Nouvel Empire, chaque Nomes adorait une espèce animale, plus ou moins incarnation de la divinité protectrice de la région. Un animal est élu dans le temple comme celui qui "possède l'âme du dieu". Considérés comme les incarnations des dieux, les animaux sacrés vivaient dans les temples. On leur rendait un culte, tel une statue du dieu. Ils étaient momifiés et enterrés dans les nécropoles à leur mort. Une fois ceci fait, une autre bête était désignée comme héritier. C'est le cas du taureau de Memphis, animal sacré représenté par le taureau Apis, qui est considéré comme l'incarnation d'Osiris ou de Ptah à Memphis notamment. Une cour a été placée pour Apis dans le temple de Ptah à Memphis. Lors de la mort d'Apis, un nouvel Apis apparaissait. Il devait être reconnaissable par certaines marques sacrées sur son corps, tel que sa couleur (principalement noire) et un noeud sous sa langue234(*). Apis est parfois représenté en tant qu'homme avec la tête d'un taureau.Un même dieu peut être représenté de façon différente : Hathor peut apparaître sous la forme animale (une vache), sous la forme humaine (une femme) ou un mélange des deux (une femme avec une tête de vache). De même, Amon peut être représenté sous la forme humaine, sous celle d'un bélier ou d'un homme à tête de bélier. De ce fait, l'animal représente l'homme en même temps qu'il est l'incarnation des dieux. Ces derniers attributs confèrent à l'animal, un caractère sacré, regalia de l'exercice du pouvoir dans l'univers égyptien ancien et Mbo précolonial.

2- L'animal : un bestiaire du pouvoir chez les Egyptiens anciens et Mbo précoloniaux

Dans le monde négro-africain, le pouvoir est inséparable de certains instruments symboliques et significatifs qui accompagnent ceux qui l'exercent. Le pouvoir dont il est question ici, est la capacité qu'a un être de faire quelque chose pouvant lui conférer une considération particulière. Chaque insigne est d'abord un message et représente une réalité. Ceux qui exercent ledit pouvoir sont les rois, les chefs, les notables, les prêtres, les guérisseurs etc. Bref ceux qui dans l'exercice de leurs fonctions utilisent ou mieux font usage des animaux et des objets faits à based'un ou plusieurs éléments du corps des animaux.

Chez les égyptiens et les Mbo, l'animal occupe une place importante dans la vie des Hommes si bien qu'il représente l'élément matériel de l'univers235(*) associé au pouvoir. En Afrique noire particulièrement chez les Mbo, l'animal est un regalia du pouvoir du chef, en ce sens que les chefs traditionnels arborent généralement les insignes faits des objets issus des parties des animaux dont la fonction et la symbolique émanent de la tradition et les croyances. Toutefois, nous avons observé les plumes d'oiseaux [épervier, aigles selon les cas] sur le bonnet des chefs, symbolisant le commandement, car l'oiseau est un animal qui vole au dessus des hommes. De ce fait le chef dans l'exercice de son pouvoir se doit de se mettre au dessus de ses sujets comme l'oiseau au dessus de la tête des Hommes236(*).

Cet aspect est également remarquable chez les Egyptiens anciens pendant l'accession de Pharaon au trône. La titulature royale237(*) élaborée par le collège de prêtres au moment de l'intronisation définit la nature royale et constitue en même temps une idéologie du pouvoir. Se faisant les attributs des grands noms ou ren-our à pharaon, font le plus souvent allusion aux animaux qui doivent l'accompagner dans l'exercice de son règne. Ainsi au quatrième non de la titulature Nesout-bity, Pharaon appartient à l'abeille et au jonc. Loin de symboliser la basse et haute Egypte comme nous l'apprend les textes, Cette appartenance symboliserait, celui qui appartient à une société bien structurée et prête à se défendre de toute attaque de l'ennemi, pour ainsi faire allusion au règne des abeilles dans une ruche.

Quant à la représentation hiéroglyphique de ces noms ou mieux leur écriture, les animaux sont pour la plupart des temps mentionnés en premier chef, dans le but d'associer les animaux à l'exercice du pouvoir de Pharaon. Ainsi,le premier nom de la titulature Horus, il est précédé d'un faucon. Il peut aussi être précédé de la formule "taureau puissant238(*)". Le deuxième nom est celui des deux maîtresses, qui chacune protège l'une des deux Terres de l'Egypte. La déesse cobra Ouadjyt pour la Basse-Egypte et la déesse vautour Nékhbet pour la Haute-Egypte239(*). Le troisième nom, Horus d'or (ou Faucon d'or). Ce dernier est formé du signe du faucon surmontant le signe de l'or. Nous constatons que ces titres sont liés aux animaux dont le choix est relatif aux croyances, au rôle et à la symbolique que les peuples égyptiens anciens et Mboprécoloniaux donnaient à ces animaux et aux objets provenant de leur corps.

Figure 2: Titulature de Séthi Ier inscrite sur les briques de faïence

Le premier nom est lenom d'Horus: il est précédé d'un fauconet de la formule "taureau puissant".

Le deuxième nom est le nom des deux maîtresses (ou dames, ou déesses) .La déesse cobra Ouadjyt pour la Basse-Egypte, la déesse vautour Nékhbet pour la Haute-Egypte.

Le troisième nom est l'Horus d'or(ou Faucon d'or). Il est formé du signe du faucon surmontant le signe de l'or.

Source : « Titulature de Séthi Ier », http://www.egyptos.net/.titulaturroyal/0111-nenu.htm, consulté le 02 mai 2015

Pour les Egyptiens, l'image de l'animal possède une puissance magique, que lui procure celui qui l'a gravé. Aussi pour eux, la tête de l'animal a le même pouvoir que l'animal tout entier. Cette conception rejoint celle des négro-africains et particulièrement les Mbo qui veulent que la partie vaille le tout. Ainsi, pour Myriam Philibert, la tête possède l'ardeur du principe actif de la puissance et revêt les mêmes symboliques que le crane240(*).

Les tradipraticiens ou les prêtres en Afrique arborent souvent les plumes d'oiseaux, les peaux d'animaux, etc, pour exercer leurs fonctions. Toutefois, les lieux d'exercices du pouvoir sont généralement jalonnés des parties issues des animaux à savoir : les têtes de serpents, les reliques d'animaux, les poils etc. Ces objets officient le plus souvent en ces lieux comme des gardiens et pourvoyeurs de puissance aux tradipraticiens qui les utilisent dans l'optique de mener à bien leurs fonctions. D'ailleurs,Claude Lévi-Strauss reconnaît que, les ornements utilisés par les cultures traditionnelles n'ont pas une fonction purementdécorative. Ils sont également destinés à augmenter la force du porteur 241(*)[tradipraticiens et hommes qui les arborent]. Toutefois dans l'Egypte antique, Lefebure nous apprend que les édifices et les domaines étaient sous la protection des animaux, c'est ainsi qu'à Edfou, l'on trouvait dans le temple de Karnak, un socle de lion qui protège le temple de tout esprit pernicieuse. Sur ce socle est inscrit « je suis celui qui écarte le malfaiteur, je repousse la marche de qui transgresse la voie242(*) ». Les prêtres égyptiens portaient aussi les amulettes ayant l'effigie des animaux afin de leurs conférer symboliquement les vertus et la force dudit animal.

Dans le même ordre d'idées, selon Chevalier et Greerbrant243(*), les prêtres égyptiens revêtaient une peau de léopard pour officier lors des cérémonies funéraires. Tout de même chez les Mbo, lors des cérémonies, les dépositaires de la tradition tenaient par la main les cannes couvertes des poils de la queue de buffles. La tenue ou bien le port de certaines parties des animaux dans l'univers égyptien ancien et Mbo précolonial, indique le transfert magique qui donne aux hommes la puissance de l'animal244(*). Dans ce sillage, nous constatons que les animaux concèdent le pouvoir mystique. Le fait d'arborer les objets issus de certaines parties des animaux, signifie selon nos informateurs, que l'on tient en lui le témoignage et la vertu magique du sacrifice, en ce sens que le sacrifice évoque la mort, l'holocauste245(*). L'animal est ici ce qu'il faut tuer ou livrer pour qu'il y ait la vie.Ceci atteste dès lors que les ennemis de l'homme défunt, ou encore du malade agonisant sont anéantis246(*). Cette conception nous donne l'idéeque la vie de l'animal dans les sacrifices rituel chez les égyptiens et Mbo pourrait jouer le rôle de substrat pour sauver une vie humaine.

3- L'animal substrat humain dans les sacrifices animaliers chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux

La substitution est l'action de remplacer quelque chose, quelqu'un par son alter ego, par une chose ayant plus ou moins de valeur. Dans la tradition africaine, l'entité idéale pour remplacer l'Homme dans les sacrifices rituels, est l'animal247(*).

Toutefois, dans certains rituels sacrificiels chez les Mbo, lorsqu'on désire racheter la vie d'une personne agonisante, on procède à la substitution par une vie ayant la même valeur et donc celle d'animal. Cette conception nous semble être universelle dans l'univers négro-africain. Eric de Rosny nous apprend que dans la société Ngangan, lorsqu'on désire racheter la vie d'une personne malade vouée à la mort, suite aux attaques pernicieuses du Kon, les prêtres Ngangan se doivent en contrepartie d'offrir dans un rite magique, l'équivalence de la vie à sauver. Cette opération de substitution se ferra avec la chèvre. Car il précise que «  la chèvre c'est vous [...], la chèvre ce sont vos malchances248(*). ».

Chez les Egyptiens anciens, l'animal était substitué par les dieux dans le culte divin. Comme nous l'avons mentionné plus haut l'animal pouvait être confondu au dieu. Ainsi faire le culte du Bélier à Abydos, c'était faire le culte de Rê, dieu soleil ou encore dévouer un culte au faucon serait faire le culte d'Horus. De ce point de vue, le sacrifice de l'animal qu'on désignait par animal typhon ou sethien était Seth lui-même. Il devait rituellement être mis à mort, dans le but de restaurer l'ordre cosmique. Par le principe de substitution, l'animal dans le rituel sacrificiel remplace la personne de Seth.

Ce principe de substitution s'applique également lorsqu'il s'agit de compensation. Ce dernier désigne un acte par lequel, une personne s'engage à réparer le préjudice et dommages physiques ou moraux causés à une tierce personne. Cet engagement intervient après un arrangement entre différentes parties. Ainsi, dans la société Mbo, lorsqu'une fille se mariait, la famille de l'époux ou bien lui-même, procédait à une compensation via la dote, en réparations du préjudice causé aux parents de la jeune fille. Le préjudice ici, est celui de l'enlèvement de la jeune fille. En guise de compensation, la famille de l'époux se devait de remplacer symboliquement la jeune fille par une ou plusieurs chèvres, selon que le mariage est endogène ou exogène249(*).

Il serait convenable de retenir que, tout comme chez les anciens Egyptiens, l'animal chez les Mbo est intrinsèquement lié à la vie des Hommes. Il substitue l'homme dans les sacrifices, il est le réceptacle des dieux, il confère le pouvoir etc. Tous ces symboles sacrés attribués aux animaux par le biais des croyances religieuses dans l'univers égyptien et Mbo précolonial, conduisent l'Homme à domestiquer les espèces animales, afin de mener sans difficultés les sacrifices animaliers qui jadis, étaient en Egypte antique l'apanage des animaux sauvages250(*).

B- DOMESTICATION DES ESPECES D'ANIMAUX DE SACRIFICE CHEZ LES EGYPTIENS ANCIENS ET LES MBO PRECOLONIAUX

Selon Pierre Gigard, la domestication d'une espèce animale est l'acquisition, la transformation de caractères et de comportements héréditairesde l'animal au contact de l'homme suite à une interaction prolongée ou à un effort volontaire de sélection humaine251(*). La domestication d'une espèce animale peut également se comprendre comme la perte ou le développement des caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux nouveaux et héréditaires, résultant d'une interaction prolongée, d'un contrôle, voire d'une sélection délibérée de la part des communautés humaines. Il est sera bon de remarquer que, la domestication fut une étape importante du développement des sociétés humaines car elle s'est faite conjointement avec le développement de l' agriculture et de la sédentarisation252(*).Il conviendra dans cette rubrique de présenter le processus de domestication selon les différentes théories qui vont de l'adoption à la diffusion. Il sera également question de présenter l'Egypte antique comme un lieu d'adoption et de diffusion des espèces animales. Cependant, il sera judicieux de représenter l'univers Mbo comme un foyer de diffusion à travers la migration des populations du nord vers le sud, selon la théorie migratoire de Cheikh Anta Diop253(*).

1- Processus de domestication

Le processus de domestication, la diffusion des espèces, les techniques d'élevage s'étalent sur des périodes longues et loin d'être parfaitement déterminées. On admet pour plusieurs espèces le principe de bien de foyers de domestication distincts. Les domestications s'étalent du néolithique à nos jours, à l'exception de celle du chien, qui a précédé plusieurs millénaires l'élevage des autres espèces pendant sédentarisation des populations254(*). Les dates et foyers des domestications anciens ont essentiellement été estimés par des méthodes archéologiques255(*). Il s'agit plus spécialement de l' archéozoologie.

Les historiens ne sont pas tous d'accord sur les raisons qui ont poussé les premiers hommes à domestiquer des animaux. Mais bon nombre s'accordent pour dire que, la motivation des premiers éleveurs ne résulte pas d'un besoin de nourriture car, la chasse procurant suffisamment de viande. Pour certains commeDehondt et Desmets256(*), le début de l'élevage coïncide avec la sédentarisation des Hommes. Pour d'autres comme Jean-Pierre Digard257(*), il serait lié à des croyances selon lesquelles l'homme, soumis à la domination des dieux, aurait pris le pouvoir sur l'animal. Quoi qu'il en soit, selon l'état des recherches actuelles, le premier animal à avoir été domestiqué est le chien, entre 15000 et 10000 avant Jésus-Christ258(*)t.  L'élevage des caprins, bovins, ovins et porcins aurait débuté vers 8500 avant Jésus-Christ259(*). Dans ce sillage la domestication n'est pas un aspect ex nihilo de la vie des Hommes. Pour cette raison, elle s'est faite de manière processuelle suivant les procédés des méthodes biologiques, écologiques, comportementales etc.

Du point de vue biologique, le processus de domestication commence lorsqu'un nombre restreint d'animaux se sont isolés de l'espèce sauvage. Cette population peut alors connaître un phénomène de micro évolution en s'adaptant aux conditions d'élevage et du fait de la sélection humaine. Cette évolution est marquée par l'apparition de traits domestiques, c'est-à-dire des nouveaux caractères interprétés comme des gènesconservés, voire sélectionnés alors que les allèles qui les portent seraient restés rares ou auraient été éliminées par sélection naturelle à l'état sauvage260(*). Ce sont des caractères morphologiques comme la taille plus grande ou plus petite que celle de l'espèce sauvage, des coloris nouveaux, le poil long, frisé ou encore la queue enroulée. Ce sont aussi des caractères physiologiques comme l'augmentation de la prolificité et la précocité de la croissance. On note aussi la perte de caractères physiques comme les cornes pour une partie des races de chèvre ou d'aptitudes comme une diminution de la mobilité, de la vitesse de course ou de l'aptitude au vol, ainsi que la perte d'aptitudes comportementales. Ceci fonde une interprétation de la domestication comme altération du génotype,

Du point de vue écologique, certaines espèces sont élevées à l'état domestique dans un milieu identique ou proche de celui de leurs ancêtres sauvages. À l'inverse, on remarque que le nombre relativement faible d'espèces domestiques est compensé par leur distribution souvent très large, dans des milieux et sous des climats variés et très différents de ceux d'où l'espèce est originaire. La poule, originaire des régions tropicales est élevée jusqu'au cercle polaire arctique261(*). Quant au porc, originaire des régions tempérées, il est élevé jusqu'en climat équatorial plutôt que d'autres espèces de suidés262(*), originaires de ces climats mais non domestiquées.

Du point de vue comportemental, La domestication est non seulement une modification des caractères physiques d'une espèce, mais aussi de son comportement. Cette évolution consiste en premier lieu en un caractère moins farouche, à une tolérance voire une familiarité plus facile à l'égard des humains ainsi qu'à l'atténuation des comportements potentiellement dangereux à leur égard263(*). A partir des altérations psycho-comportementales des animaux d'un point à un autre, selon une évolution darwinienne, l'adoption des animaux sera effective dans plusieurs foyers du monde, à l'instarProche Orient et de l'Egypte antique.

2- L'Egypte : un foyer de domestication des animaux en Afrique

Si les données concernant l'origine de la domestication des bovidés, plus précisément du boeuf (Bos taurus),démontrent une origine proche-orientale264(*), la question est loin d'être résolue pour l'Afrique265(*). Dans les années 1970, lors de leur prospection archéologiques en Égypte méridionale, dans la région de Nabta Playa et Bir Kiseiba, l'équipe de Wendorf et Schild a mis au jour un grand nombre de vestiges allant du IXe au IIe millénaire avant Jésus-Christ. Parmi les plus anciens sites, Bir Kiseiba, daté entre 8500-7800 avant Jésus-Christ, a fourni quelques restes de bovinés attribués au boeuf domestique266(*). Les premiers restes assurés du boeuf domestique en Afrique sont datés du VIIe millénaire et proviennent encore d'Afrique du Nord plus précisément d'Égypte méridionale notamment au Tibesti267(*). Ce boeuf africain est principalement connu au niveau archéologique par les restes osseux et les représentations graphiques datant de la période pharaonique en Égypte. Il se caractériserait notamment par de longues cornes et une bosse cervicale moins développée que celle du zébu268(*) .

A contrario, pour un certain nombre d'espèces animales, l'absence de leur ancêtre sauvage en Afrique atteste sans aucun doute leur origine exogène. Tel est notamment le cas du mouton Ovis aries, de la chèvre, Capra hircus, du porc Sus domesticus, du chien Canis familiaris ou plus récemment du zébu Bos indicus, du dromadaire Camelus dromedarius, du poulet Gallus gallus, etc. Ces derniers se révèlent comme étant des espèces qui auraient été domestiquées pour certains en Egypte et pour d'autres diffus en Afrique par le biais de l'Egypte.

Toutefois la première introduction d'une certaine espèce animale s'est faite depuis le Proche-Orient via l'Égypte pour des animaux d'embouche tels que les moutons, chèvres et porcs269(*). Cependant la présence des caprinés est attestée dès le VIe millénaire avant Jésus-Christ dans le sud du Sinaï, région d'El Qaa et dans l'Est de l'Égypte270(*) . Leur diffusion le long du Nil ainsi que dans le Sahara et le long des côtes d'Afrique du Nord a été rapide puisqu'on les trouve dans ces régions dès le Ve millénaire271(*). La dernière des principales espèces domestiques à venir du Proche-Orient serait le poulet272(*). C'est encore d'Égypte que provient son plus ancien témoignage grâce au dessin d'un jeune coq dans la tombe de Ramsès IX (1156-1148 avant J.-C.)273(*). En revanche, il semble que ces animaux n'aient pas été très répandus dans la région de l'Egypte ancienne avant la période ptolémaïque, vers le IVe siècle avant Jésus-Christ274(*) . Cette vision nous permet de comprendre que l'Egypte est un foyer en même temps d'adoption et diffusion des espèces animales. Se faisant la diffusion de ces différentes espèces animales va évoluer dans le temps et l'espace pour atteindre l'univers Mbo à partir des migrations des peuples de la vallée du Nil vers le sud du Sahara où se localise l'espace Mbo.

3- L'univers Mbo : Un espace de diffusion de l'espèce animale du sacrifice

La grande phase humide de la première moitié de l'Holocène275(*) puis le début de l'aridification à partir du VIe millénaire avant notre ère, a entraîné de grands mouvements migratoires. Ce desséchement a largement contribué à vider progressivement les zones les plus arides du Sahara tout en laissant place au pastoralisme de nouvelles zones, notamment la zone forestière et le Sahel,jusque-là inaccessibles en raison de la présence de la mouche tsé-tsé276(*). Il faut attendre le IIe millénaire avant Jésus-Christ pour que les premiers boeufs atteignent la Mauritanie. L'argument climatique est aussi avancé par Smith277(*) pour l'introduction du bétail (caprinés) et de la céramique dans le sud de l'Afrique. Dans tous les cas, les débuts de l'élevage dans la partie méridionale de l'Afrique sont très récents puisque les premiers restes d'animaux domestiques n'apparaissent que vers le premier siècle après Jésus-Christ.Enfin, la diffusion et l'adoption de l'élevage ont été avant tout fonction de facteurs humains et culturels. Nous ne pouvons résumer en quelques lignes la totalité des différents schémas potentiels de diffusion des animaux via les migrations humaines, acculturations, diffusions des techniques... Cependant, les différentes théories sur la diffusion des animaux en Afrique sont envisageables d'une période à une autre à l'échelle du continent.

Au final, l'arrivée des animaux domestiques en Afrique et leur diffusion se sont faits de manière très disparate et dans une très longue durée. On peut alors imaginer une situation proche de celle qu'a décrite Guilaine à propos des mouvements de néolithisation autour de la Méditerranée :

Il est probable qu'en fonction des environnements aptes à être colonisés et de la dynamique des communautés agricoles, voire de la résistance des populations indigènes, la chronologie de la diffusion n'a pas répondu à un modèle homogène et régulier mais à ce que l'on peut appeler un modèle général «?arythmique?», marqué tantôt par des accélérations, tantôt par des tassements278(*).

L'état des connaissances et les différentes hypothèses émises sur la question de diffusion des animaux dans l'univers Mboest tributaire de l'état des recherches archéologiques néanmoinspas encore du tout entreprises dans l'univers Mbo. À l'exception de quelques zones du Cameroun, comme le site de Makary au septentrion ou encore le site de Shum Lakamdans la zone des grassfields, les données archéo-zoologiques sont encore très rare au Cameroun. De ceci, nous pouvons dire qu'une grande partie de l'histoire de la domestication animale en Afrique reste encore à écrire, offrant là-même, de riches perspectives pour les recherches futures. Toutefois nous retenons de ce qui précède que l'adoption et la diffusion des animaux ont été avant tout fonction de facteurs humains mais, beaucoup plus culturels ou religieux qui exigent le type d'animal à utiliser dans les des sacrifices animaliers.

C- TYPE D'ANIMAUX DU SACRIFICE RITUEL CHEZ LES EGYPTIENS ANCIENS ET LES MBO PRECOLONIAUX

Nous remarquons dans la société Mbo, que le sacrifice sanglant est réalisé par la mise à mort d'un type surtout domestique d'animal. Or au départ, chez les Egyptiens anciens, les animaux sauvages étaient préférentiellement sacrifiés. Ainsi,les animaux domestiques sont rarement sacrifiés chez les Egyptiens anciens. Le sacrifice des animaux domestique dans cette société, était uniquement l'apanage des pauvres gens qui n'étaient pas en mesure de se procurer des bêtes sauvages279(*).Néanmoins cette conception va s'altérer au fils du temps pour intégrer les animaux domestiques dans les sacrifices animalier en Egypte antique.L'âne, le porc, assimilés à Seth et considérés comme impurs font exception280(*). C'est ainsi que dans les sacrifices animaliers chez les égyptiens anciens et les Mbo précoloniaux, nous avons recensé les animaux parmi les familles des bovidés, des volailles et des suidés.

1-Les bovidés

Selon le dictionnaire universel, les bovidés sont des mammifères comprenant tous les ruminants à cornes creuses en particulier des bovins, les ovins, les caprins et les antilopes281(*). Les bovidés sont les espèces d'animaux les plus présents dans les sacrifices animaliers dans la société égyptienne et Mbo ; ceci en raison de leur dimension religieuse et zodiacale. Ainsi chez les Egyptiens anciens,les taureaux, les boucs, adorés en Égypte sous différents noms, étaient les images vivantes des divinités. Le taureau et le bouc ou le chevrier céleste, figurés dans la division zodiacale où se trouvait l'équinoxe du printemps, étaient le symbole du soleil, qui, à cette époque de l'année, féconde la nature282(*). On attribuait au taureau et au bouc sacrés, non seulement la faculté fécondante, mais le pouvoir de communiquer à l'espèce humaine cette même faculté283(*).

Au demeurant, dans le but de sceller l'alliance avec la transcendance, c'est-à-dire celle des hommes et le divin ou encore celle de la communauté humaine avec l'ensemble de ses membres sous le contrôle des divinités notamment lors des rapports sociaux dans la société Mbo, le sacrifice rituel s'impose comme principe indéniable de reconnaissance d'un échange. Dans cette perspective, l'immolation d'une victime animale clôt, achève symboliquement et spirituellement ladite communion ascendante. D'où le choix des animaux considérés comme plus proches du divin notamment le taureau et le bouc ou mieux des bovidés chez les égyptien anciens et les Mbo précoloniaux.

Aussitôt qu'un dignitaire était mort dans la société Mbo, les dépositaires de la tradition s'empressaient de lui administrer un substrat symbolique. Ce dernierdevait suivant l'opinion traditionnelle, être rituellement mis à mort. Cet acte sacrificiel changeait en allégresse le deuil où la mort du dignitaire dans lequel était plongé le peuple Mbo d'autant plus que le dignitaire pouvait être chef de famille, grand prêtre etc. Ce substrat était donc un bouc. Ainsi, on dira du défunt qu'il est allé en voyage mais pas qu'il est mort. On dira également d'une vieille personne décédée qu'elle est rentrée d'où elle vient et non qu'elle est morte284(*).Il est judicieux de préciser dans la circonstance de la mort d'un être humain, qu'il s'agit exceptionnellement du sacrifice des quadrupèdes. Au demeurant l'immolation d'un ovin permettra ainsi d'opérer une substitution de la vie humaine par celle de cet animal sur le plan de la réalité supra normale chez les Egyptiens anciens285(*) et les Mbo286(*). Toutefois, le sacrifice d'un bovinconstituera un sacrifice extrême, suite à une circonstance gravissime qui nécessite la présence de la communauté villageoise. Ce genre d'acte sacrificiel est plutôt rare chez les Mbo.

Photo 3: Les quadrupèdes du sacrifice chez les Mbo

Source,Cliché Cédric Mbah, Ekanang le 24 Décembre 2014

Photo 4:Scène de sacrifice d'un quadrupède en offrande à Dieu en Égypte antique

Source : « sacrifice » http://www.immortel/egypte.com/article.php?lng=frPg=441 consulté le 25 Avril 2015

* 225E. G. Amazon, Sur la terre des Massaï, Albin Michel , Paris, 2003. p. 24.

* 226 F. R. D. Poutcheu, « Les sacrifices magico-religieux chez le fe'efe'e de l'ouest du Cameroun », Mémoire de Maîtrise en Anthropologie université de Yaoundé I, 2008, p. 82.

* 227Hypostase : Nom féminin, du latin hypostasis qui à son tour vient du grec hupostasis pou désigner le terme : placer sous. La signification étymologique du substantif « hypostase » serait donc « ce qui a été placé en dessous ».En partant de cette même origine étymologique le terme hypostase a été repris dans différents domaines et disciplines : Dans la théologie chrétienne, ce terme désigne une substance fondamentale, un principe premier. L'hypostase est chacune des trois personnes de la Trinité (le Père, le Fils et l'Esprit saint), en tant que distincte des deux autres mais substantiellement une et consubstantielle avec elles. Il y a en Dieu trois hypostases en une seule nature ; en Jésus-Christ une hypostase en deux natures. EnMédecine. Dépôt de sang dans les parties basses des poumons (accumulation produite en général à la suite d'une insuffisance cardiaque), dépôt d'urine. En Linguistique. Remplacement d'un terme appartenant à une catégorie grammaticale par un terme appartenant à une autre catégorie grammaticale. Exemple : un verbe employé à la place d'un nom. EnPhilosophie : Substance, sujet.

* 228 D. Basdevant, Dieux et Pharaon d'Egypte, Paris, Hatier, 1991 p. 22.

* 229 Anonyme, « Egypte-Afrique », http://www.egypte-ancienne.fr/, consulté le 3 Mai 2014.

* 230Guy Le Moal, « Introduction à une étude du sacrifice chez les Bobo de Haute-Volta », Systèmes de pensée en Afrique noire, no5, 1981, p. 111.

* 231 G. A. Van, L'état actuel du problème totémique, Paris, Éditions Ernest Leroux, 1920, p. 12.

* 232 E. Damman, Les religions de l'Afrique, Payot, Paris, 1964, p.123.

* 233 A. Moret, Le rituel du culte divin journalier en Égypte : D'après les papyrus de Berlin et les textes du temple de Séti Ier, à Abydos, Slatkine, Paris, 2007.

* 234 B. Nico, « symbolique des animaux », http://www.egyptos.net/, consulté le 02 mai 2015.

* 235 M.A. Bohême et A. Forgeau, Pharaon, les secrets du pouvoir, Armand Colin, Paris, 1988, p. 97.

* 236 Entretien avec Ngala Otto, responsable du clan epeumenh du village Mboanké, Mboanké le 21 décembre 2014.

* 237 Dans l' Égypte antique, la titulature royale est l'ensemble des noms officiels par lesquels un pharaon est désigné dans les textes légaux et les grandes inscriptions dédicatoires. La titulature du roi d'Égypte se compose de cinq « Grands Noms », chacun formé d'un titre suivi d'un nom proprement dit. À partir du Moyen Empire égyptien, les cinq noms se suivent dans un ordre canonique et invariable. Les quatre premiers sont attribués à l'occasion du couronnement. Le nom d'Horus est le plus ancien titre attesté par les sources iconographiques. Dès l' époque prédynastique, il place le détenteur de la charge royale sous la protection du dieu faucon Horus ; une très ancienne divinité céleste et solaire adorée à Nekhen. Ce nom s'inscrit invariablement dans le serekh qui est l'image stylisée du palais royal. À partir de la première dynastie, le nom de Nebty ou des Deux Maîtresses place le roi sous la protection de Nekhbet et Ouadjet, les déesses vautour et serpent protectrices de la Haute et Basse-Égypte. À partir de la IIIe dynastie, le nom d'Horus d'or associe le dieu Horus à l'éclat de l' or. Il s'agit d'une évocation de la brillance de l'astre diurne dans le ciel mais aussi une référence voilée au dieu Seth par ailleurs surnommé « Le doré ». Dès la première dynastie, le nom de Nesout-bity fait référence à la royauté en tant qu'institution divine et pérenne (nesout) mais aussi en tant que charge éphémère (bity) exercée par un mortel. Ce nom s'inscrit dans un cartouche et a la préférence des Égyptiens lorsque le pharaon n'est désigné que par un seul de ses titres. Le nom de Sa-Rê ou Fils de Rê, en usage à partir de la IVe dynastie, est le nom de naissance du prince héritier, attribué par sa mère dès le premier jour de son existence. Chaque titulature est élaborée par un collège de prêtres au moment de l'accession au trône. Elle est ensuite officiellement promulguée et diffusée auprès des différentes autorités subalternes du pays.

* 238 Parmi tous les animaux vénérés dans l'ancienne Égypte, le plus sacré fut le taureau. Il incarne la force physique, la fertilité et la vigueur sexuelle. Sa queue était un des attributs du pharaon ; trophée attaché à la ceinture du roi, il lui offrait la puissance de l'animal sacré. Dans certaines villes et régions (nomes (sepat), il existait des cultes de taureaux spécifiques : Apis associé à Ptah (Pteh) dans la ville de Memphis, Mnévis associé à Rê dans la ville d'Héliopolis. Anonyme, « Titulature royale » http://egypte-antique.org/,cosulté le 25 mai 2015

* 239T. Joulin,« L'Egypte antique » http://www.toutankharton.com/, Consulté le 22 Mai 2015.

* 240 M. Philibert, la naissance du symbole, Horizon ésotérique, Paris, 1999, p. 28.

* 241 Anonyme, « serviteurs de Dieu », http://www.egypte-bd.com/0100-menu.htm, consulté le 28 Mars 2015.

* 242 E. Lefebure, Rites égyptiens : construction et protection des édifices, éd Le pin de Luquet, Paris, 1996, p.76.

* 243J. Chevalier et A. Greerbrant, Dictionnaire des symboles : mythes, rêves, coutumes, gestes, couleurs, nombres, Robert Laffont/ Jupiter, Paris, 1969, p. 564.

* 244 Entretien, Serge Matou, 65 ans, Tradipraticien, Mouamenan le 7,8, 9, 10 Mars 2015.

* 245 Ibid.

* 246 Poutcheu, « Les sacrifices magico-religieux chez le fe'efe'e..., p. 75.

* 247 E. Rosny (de), les yeux de ma chèvre, p. 52.

* 248 Ibid. p. 52.

* 249 Entretien avec Mme Ntimé, née Marie Boul, 92 ans, Ménagère, Ekanang le 15 Août 2014.

* 250 P. Germond et J. Livet, Le Bestiaire égyptien, Mazenod, Paris, 2001, p. 85.

* 251 J. P. Digard, L'homme et les animaux domestiques : Anthropologie d'une passion, Fayard, coll. « Le temps des sciences », Paris, 1990 p.123.

* 252 G. Mokhtar, (dir), Histoire générale de l'Afrique, tome II, Histoire ancienne, Paris, UNESCO, 1980, p. 124.

* 253 Diop,Nations nègres et culture Tome 2, Présence Africaine, Paris, 1979.p 84.

* 254 F. Petter, Les animaux domestiques et leurs ancêtres, Bordas, 1973, p. 26.

* 255 J. Goldberg,« Domestication et comportement », Bulletin de la Société zoologique de France, vol. 128, no 4, ý 2003, p. 89.

* 256Dehondt et Desmets, « Le symbolisme des animaux » www.rusus.revues.org/42, consulté le 28 Mars 2015

* 257 J.P.Digard, L'homme et les animaux domestiques : Anthropologie d'une passion, Fayard, coll. « Le temps des sciences », Paris, 1990 p.45.

* 258J. S. Pierre « Éthologie et domestication »(www. Wikiwix Archive.is Google Que faire ?, 2005, Université de Rennes 1, cours, 34 p, page 20[PDF]. Consulté le 24 Avril 2015.

* 259 Ibid. p.25.

* 260 Anonyme, «  Animal domestique » Index international et dictionnaire de la réadaptation et de l'intégration sociale, sur Université de Rennes 1 - Faculté de Médecine, https://fr.wikipedia.org,, consulté le 25 mars 2015.

* 261 B. West, B.X. Zhou, « Did chickens go north? New evidence for domestication», https://fr.wikipedia.org,, consulté le 25 mars 2015.

* 262E. Giuffra et al, « The origin of the domestic pig: independent domestication and subsequent introgression », https://fr.wikipedia.org,, consulté le 25 mars 2015.

* 263 J. Goldberg, « Domestication et comportement », Bulletin de la Société zoologique de France, no 4, ý2003, p. 89.

* 264R. Bollongino, et al. «Do Not Indicate Hybridization between European Aurochs and Domestic Cattle», www.rusus.revues.org/42, consulté le 28 Mars 2015.

* 265J .L. Gebremariam «Domestication animale en Afrique », www.rusus.revues.org/42, consulté le 28 Mars 2015.

* 266 Ibid.

* 267 A. Gauthier,La domestication. Et l'homme créa ses animaux. Errance, Paris, 1990, p.45.

* 268 C. Grigson, «The craniology and relationship of four species of Bos », Journal of archaeological Science, no7, 1980 p.25.

* 269A. Close, «Sinai, Sahara, Sahel: the introduction of domestic caprines to Africa», Tides of the Desert. Contributions to the Archaeology and Environnemental History of Africa in Honour of Rudolph Kuper. Cologne, Heinrich Barth Institut, 2002. p. 158.

* 270Ibid. p. 58.

* 271Ibid. p. 59.

* 272MacDonald, «The domestic chicken (Gallus Gallus) in Sub-Saharan Africa: a background to its introduction and its osteological differentiation from indigenous fowls (Numidinae and Francolinus», Journal of Archaeological Science, no19, 1992. p. 48.  

* 273Ibid, p. 48.

* 274B. Clutton. «The spread of domestic animals in Africa», in The archaeology of Africa. Food, metals and towns, Rutledge, London, 1993,p. 62.

* 275 Selon le dictionnaire universel, l'holocène serait l'étage le plus récent du quartenaire, qui succède au paléolithique supérieur soit 8000 ou 7000 avant Jésus-Christ à nos jours.

* 276H. Jousse, «A new contribution to the history of pastoralism in West Africa», in Journal of African Archaeology, no 24, 2004, p.196.

* 277 A. B. SMITH, «Early herders in Southern Africa: a synthesis», in Animals and People. Archaeozoological, Papers in Honour of Ina Plug. Oxford, Archaeopress, 2008, p. 124.

* 278 J. Guilaine, De la vague à la tombe. La conquête néolithique de la Méditerranée, Seuil, Paris, 2003, p. 106.

* 279 P. Germond et J. Livet, Le Bestiaire égyptien, Mazenod, Paris, 2001, p. 45.

* 280 Ibid. p. 48.

* 281Dictionnaire universel, Hachette Edicef, France, 2000, p. 161.

* 282 C. Desroches-Noblecourt, Lorsque la nature parlait aux égyptiens, Edition Philippe Rey, 2003.

* 283 J. Dulaure, Les divinités génératrices, 1805, p. 142.

* 284 Entretien avec, Charles Njalla, 82 ans, Planteur, Voyant, Ekanang le 6, 7 Janvier 2015 et le 12, 13 et 21 Février 2016.

* 285Sauneron, « sacrifices humains », Dictionnaire..., p.256.

* 286 Essoh, Origine et civilisation, Tome II, 1999, p.48.

précédent sommaire suivant







9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



Appel aux couturier(e)s volontaires

Hack the pandemiuc !

Moins de 5 interactions sociales par jour



BOSKELYWOOD from Ona Luambo on Vimeo.