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Le sacrifice de l'animal dans les sociétés africaines précoloniales: le cas des Mbo à  la lumière ds égyptiens anciens

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par Cédric Stéphane Mbah
Université de Yaoundé 1 - Master 2 en Histoire 2017
  

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B-LE SACRIFCE DE L'ANIMAL UNE VICTOIRE SUR LA MORT DANS LA SOCIETE EGYPTIENNE ANCIENNE ET MBO PRECOLONIALE

La mort est perçue dans l'univers négro-africain comme un passage d'une vie terrestre, vers une vie céleste beaucoup moins périlleuse que celle des vivants sur terre. C'est certainement la raison pour laquelle les Egyptiens les plus nobles consacraient à la mort, l'espoir d'une ouverture vers la vraie vie. De ce fait, le défunt avant sa mort, se faisait confectionner un cercueil en or, un tombeau immense, afin de mener une vie en compagnie des objets précieux de la vie terrestre tel l'or, argent376(*) etc. Cependant, les Mbo pensent que la mort serait le chemin par lequel, l'homme devrait passer pour se rajeunir et recommencer une nouvelle vie terrestre. En revanche, cette opération de passage ne pouvait être possible que par les soins des hommes qui se devaient dans certains cas momifier le corps du défunt et dans d'autres cas de lui faire des offrandes ou lui sacrifier les animaux qui de ce fait était la clef de voute d'une vie post mortem.

1- Sacrifice : une ouverture vers la vraie vie chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux

La mort chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux est comprise comme le couronnement de l'existence terrestre. Au lieu qu'elle s'oppose à la vie, elle est plutôt l'apogée glorieux des difficultés terrestre377(*). Le sacrifice rituel, pendant le deuil chez les Mbo, devient de ce fait, la condition apodictique de toute transcendance en ce sens que l'on peut y voir une porte, une ouverture vers la vie, auprès de ses ancêtres et Dieu378(*).

Malgré la désolation, la tristesse et le vide que peut causer la mort du point de vu social, car, « événement pénible, source de chagrin, c'est arracher l'homme à son foyer, pour le jeter sur la terre du désert 379(*)». Le sacrifice de l'animal devient par la circonstance, lorsqu'il est exécuté, une victoire symbolique sur la mort dans la société égyptienne ancienne et Mbo précoloniale .Cette perception est liée à l'idée d'une accession du défunt à l'ancestralité ou au statut de divin. Le sacrifice l'animal après la mort, devient pour ainsi dire, un moyen de passage glorieux d'une existence à une autre, avec possibilité d'accéder au statut d'ancêtre ou de dieu.

La cosmogonie égyptienne d'Héliopolis nous apprend qu'Osiris est assassiné par Seth. Dans le cas d'espèce, la mort d'Osiris n'est pas naturelle, c'est une violence, une injustice contraire à la Mâat (ordre, vérité, justice380(*)) instituée par Dieu créateur. De ce fait, Seth est donc dans le tort pour avoir outrepassé les principes de Mâat, par l'assassinat de son frère Osiris. Une action judiciaire et un procès contre lui sont donc possible et même nécessaires. Dans le but de rétablir Osiris dans ses pleins droits, le sacrifice de l'animal qui substitue Seth devient dans ce sillage, le procédé pour vaincre la mort d'Osiris à lui donné par Seth381(*).

Les sacrifices animaliers dans l'univers égyptien ancien et Mbo précolonial, deviennent dans cette perspective, une ouverture vers une vie meilleur, un triomphe du bien sur le mal, un creuset de divination etc. Le sacrifice de l'animal sethien tue symboliquement Seth et accorde à Osiris le titre de roi du royaume des morts. «La mort» de la mort via le sacrifice de l'animal devient ainsi le seul moyen pour les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux de parvenir au stade d'une nouvelle vie, où ils continueront à vivre par réincarnation.

2- Le sacrifice: un moyen d'échange ou de réincarnation chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux

Les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux ne périssent absolument pas avec la mort, selon leur conception, tout meurt pour renaitre à une vie meilleure. Le mort est transformé en un autre être à travers le sacrifice de l'animal et bien d'autres rites: d'où la hantise d'une vie après la mort. Ainsi le Egyptiens anciens et les Mbo pensent vivre après la mort.

Si l'on s'en tient à Charles Gaston Njalla, à l'époque de nos parents, pour donner le nom à un bébé, les initiés prenaient la peine de regarder minutieusement avec la prétention de déceler quelques signes indicateurs de l'ancêtre réincarné dans le nouveau-né. A l'issue de l'observation et quelques rituels, le nouveau-né recevait le nom de l'ancêtre défunt et l'on pouvait dire que le défunt est de retour, qu'il est revenu sous la forme d'un enfant382(*). Cette manière de penser vibre en phase avec E. Schliemann qui reconnait que :

S'il est vrai que le nouveau né doit mourir à l'au-delà pour s'insérer dans la vie humaine, il n'en perd pas pour autant tout rapport avec son monde d'origine ; bien au contraire, il conserve avec lui une relation privilégiée durant la première partie de la phase terrestre de sa vie. Le lien le plus solide est entretenu avec le monde des ancêtres. L'enfant qui nait est un message provenant du séjour des morts. Il est le témoignage de leur bienveillance et de leur sollicitude pour le lignage. Le premier souci des vivants est de décrypter le message383(*).

Cette conception de Schliemann explique au mieux le raison pour la quelle les initiés sont consultés pendant la naissance chez les Mbo. Cela est faitdans le but de décelerl'ancêtre qui envoie le message afin que l'enfant porte son nom. De la mort à la réincarnation, vient se greffer la thèse de Fabrice Roberto Datchoua Poutcheu qui stipule que « la mort d'un vieillard est une naissance dans l'autre monde par réincarnation384(*) ». Néanmoins cet échange d'un être à l'autre ne pourrait être possible qu'avec l'exécution d'un sacrifice de l'animal par lequel les ancêtres seront revitalisés. Cependant les Mbo établissent un cordon ombilical entre la société des vivants et le village des morts. Ce cordon laisse apparaître une sorte d'harmonie, point de vue concordant avec celui de E. Schliemann qui reconnaît que « la conception et la mise au monde d'un bébé marque l'aboutissement d'un échange qui s'est effectué entre un groupe invisible donneur d'un enfant et une société visible qui le reçoit.385(*)».

Se faisant, la réciprocité sera consommée par le truchement d'un animal sacrifié que les vivants cèderont, pour être reçu par le groupe invisible de peur que le nouveau-né ne retourne via le trépas. Ainsi, le sacrifice de l'animal est perçu comme le gage d'échange entre le monde des morts, dispensateur et le monde des vivants, récepteur du nouveau-né. Ce dernier débutera une nouvelle vie par réincarnation dans un monde où il vivait jadis, mais arraché par la mort.

Ceci rejoint inéluctablement la pensée de Birago Diop dans l'expression« les morts en Afrique ne sont pas morts386(*) ». Ils ne sont pas partis, à en croire le poète sénégalais. Bien que vivants ailleurs d'une autre façon, ils restent cependant présents parmi les vivants. Ces derniers invoqués en cas de nécessité, répondent et donnent satisfaction aux vivants qui les auraient invoqués. D'où les rites d'invocations et les sacrifices animaliers pratiqués à leur égard avec pour objectif de satisfaire un aspect bien déterminé de l'homme en société. D'où l'idée des fonctions des sacrifices animaliers dans la société égyptienne ancienne et Mbo précoloniale.

II- LES FONCTIONS DU SACRIFICE DES ANIMAUX CHEZ LES EGYPTIENS ANCIENS ET LES MBO PRECOLONIAUX

D'après la théorie du fonctionnalisme de Malinowski, tout trait de la culture, comme le sacrifice de l'animal dans une société égyptienne ancienne et Mbo précoloniale remplit une ou plusieurs fonctions. Cependant, les informations recueillies sur le terrain nous révèlent que le sacrifice de l'animal chezles Mbo précoloniaux remplit plusieurs fonctions qui s'articulent autour du religieux, du socioculturel et de la thérapeutique.

A- FONCTION RELIGIEUSE DU SACRIFICE RITUEL DES ANIMAUX CHEZ LES EGYPTIENS ANCIENS ET LES MBO PRECOLONIAUX

Les sacrifices animaliers dans l'univers égyptien et Mbo précolonial, bien qu'étant des rituels auxquels on attribut plusieurs finalités, ils trouvent d'abord leurs fondements dans les buts religieux. Ainsi le sacrifice de l'animal facilitera le voyage du défunt vers l'au-delà, tout en restant le moyen de communication par excellence entre l'au-delà et les vivants chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux.

1- Le sacrifice : Un moyen de facilitation du voyage du défunt vers l'au-delà

Les Égyptiens conçoivent qu'après le décès, l'âme du défuntrenaît et accède au  royaume des dieux. Deux étapes majeures expliquent cette pensée égyptienne de la mort. D'abord,  le voyage du défunt vers l'au-delà avec le rite d'embaumement387(*). Ensuite son jugement par le dieu Osiris388(*). L'entrée de l'homme à l'au-delà via le ka est conditionnée par l'embaumement du Djet (le corps), rite qui fait renaître le défunt et lui donne accès au royaume céleste. Dans le même ordre d'idées, sont mis dans le sarcophage et à côté du défunt : offrandes, statuettes, et autres objets au titre « d'actants » pour lui tenir compagnie sur le chemin qui le conduit de la vie post-mortem389(*).

Cependant, dans la vision négro-africaine du monde, l'accession au rang d'ancêtre est le résultat d'un mérite décerné à une personne qui a vécu de façon modèle dans la société. Nul ne s'arroge cetitre aux dits de nos informateurs car, ce sont les vivants qui attribuent ce statut après la mort, ceci au cours d'une cérémonie officielle pour louer sa sagesse, sa vertu et, bien sûr, son exemple de vie terrestre par le truchement des sacrifices animaliers en son honneur.D'où le culte des ancêtres dans les religionsnégro-africaines et chez les Mbo en particulier. Par ailleurs, les ancêtresn'existant pas physiquement parmi les vivants, mais spirituellement,ces derniers sont invoqués également à travers les sacrifices animaliers dans centaines situations existentielles chez les égyptiens anciens et les Mbo précoloniaux.

Dans ce sillage le défunt se présente comme un prétendant qui veut accéder au rang d'ancêtre. L'accès de ce dernier au statut d'ancêtre ou encore de dieu, est très significatif pour les Egyptiens anciens et les Mbo. L'accès au statut d'ancêtre ne peut être possible que par les soins des vivants. Ceux-ci, par les sacrifices animaliers, permettent au défunt de figurer dans le panthéon des ancêtres ou des dieux de la communauté. Il convient à travers le rituel sacrificiel de dédier, un ou plusieurs animaux en offrande aux ancêtres, afin qu'ils facilitent et acceptent parmi eux le défunt pour qui l'on a sacrifié l'animal. Une fois le sacrifice exécuté lors du troisième jour du deuil chez les Mbo ou pendant la cérémonie dit Ngandêuh. L'homme peut être satisfait d'avoir accomplir son devoir d'accompagner le défunt au statut d'ancêtre390(*). L'on peut également être certain que le défunt a rejoint les ancêtres et qu'il peut désormais veiller sur les membres de la famille et de la communauté lorsque cela est nécessaire.

Lorsque Marcus Ndongmo et Michel Kouam affirment à propos du voyage du défunt vers l'au-delà  que : « Dans ce passage, le défunt a besoin de notre soutien [vivants] 391(*)». Il faut reconnaître que c'est ledit soutient qui lui est apporté en sacrifiant l'animal. Toutefois, le passage au statut d'ancêtre ne relève plus des vivants après le sacrifice exécuté ; mais plutôt de sa conduite avant sa mort. Avons-nous observé au tribunal d'Osiris que lorsqu'un homme était de mauvaise conduite, celui-ci ne traversait point le tribunal d'où sa seconde mort. Toutefois, si le défunt est accepté parmi ses paires, celui-ci devient ipso facto un ancêtre, un dieu. Dès lors, les vivants se doivent de rechercher les moyens pour entrer en contact avec lui. D'où le principe de communication entre les vivants et les divinités.

2- Le sacrifice : Un moyen de communication chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux

L'univers religieux chez les Egyptiens et les Mbo précoloniaux est constitué de deux dimensions : L'au-delà, lieu de résidence des divinités et des morts divinisés, puis ici bas, lieu de résidence des vivants. La communication entre les deux mondes se conçoit dans un principe de réciprocité.Les vivants influencent le monde des ancêtres autant que ces derniers agissent sur le monde des vivants en assurant comme le mentionne Jean Vernette « la cohésion du groupe, la fertilité des épouses et des champs, et les bonnes relations avec le monde des esprits392(*) ». A cet effet, il y a interaction entre les deux mondes. Les ancêtres détiennent le pouvoir supra humain qui leurs permet de défendre la société des vivants contre les forces négatives. En revanche, ils sont tout de même capables de nuire à leurs descendants en cas de transgression d'un tabou. Ainsi, l'état des relations entre les deux mondes dépend en partie de l'organisation du sacrifice de l'animal qui viendra par la circonstance harmoniser les rapports entre les vivants et les divinités dans la société égyptienne ancienne et Mbo précoloniale.

Toutefois, dans le schéma de communication, nous pouvons ressortir les maillons intervenants allant de l'émetteur ou le locuteur au le canal en passant par le code pour parvenir au récepteur ou l'interlocuteur. Par le biais de la métonymie, les vivants dans le but de communiquer avec les divinités, font généralement recours aux sacrifices qui sont dès lors le moyen par excellence de communication entre les vivants et les divinités. C'est ainsi qu'on aura les émetteurs qui sont les vivants, l'animal qui représente le canal, la parole le code et les divinités que représentent les destinataires. D'où le tableau actantiel suivant.

Schéma 6: Schéma de communication

RECEPTEURS (LES DIVINITES)

CODE (LA PAROLE SELON LA LANGUE DU SACRIFICE : LE MBO DANS LE CAS D'ESPECE)

CANAL : UN ANIMAL (LA VICTIME SACRIFICIELLE)

EMMETTEUR (UNE PERSONNE OU UN GROUPE DE PERSONNES)

Source : par nous-mêmes

N.B : Ce schéma est exclusivement transcendant et unilatéral d'autant plus qu'on passe par l'animal pour atteindre le divin.

L'ethnologue français Marcel Griaule reconnaît le fond et la forme du sentiment religieux africain comme un :

Système de relations entre le monde visible des hommes et le monde invisible régi par un créateur et des puissances qui, sous des noms divers et tout en étant des manifestations de ce Dieu unique, sont spécialisées dans des fonctions de toutes sortes393(*).

Cette conception n'échappe nullement pas l'Egypte ancienne, où, nous retrouvions divers temples ayant chacun un dieu. Cependant les cultes rendus à ces dieux convergent vers le Dieu unique qui était Rê, ra394(*). Toutefois, à partir du Moyen Empire, les sacrifices animaliers étaient faits aux morts et aux divinités pour devoir accomplir les exigences de la religion qui régissent toute action de la vie des Hommes en Egypte antique. D'où les cultes, les rites et les sacrifices animaliers qui sont les principaux régénérateur de la force vitale des divinités afin que les vivants obtiennent de ces derniers, santé, prospérité, bonnes récoltes, etc. Ces sacrifices établissant par ce fait des liaisons entre le monde des hommes et celui des ancêtres puis deviennent par là-mêmela bannière par excellence de la communion entre les divinités et les vivants.

3- Le sacrifice : Un temps de communion chez les Egyptiens anciens et les Mbo précoloniaux

On pourrait interpréter le sacrifice de l'animal comme étant un acte de communion notamment entre les vivants et les morts ou mieux avec les divinités. Les sacrifices peuvent se comprendre dans l'univers égyptien ancien et Mbo précolonial, comme des échanges entre les hommes qui les pratiquent et les divins qui les reçoivent. Dans les sociétés primitives, non monétaires, tout commerce suppose un échange, dons contre dons, à proportion de la situation et de la qualité des personnes engagées dans l'échange. « Do ut des », je donne pour que tu donnes, selon la formule latine bien connue. Le don n'est jamais gratuit mais, il s'effectue selon des codes sociaux précis et réglés par la tradition. Il en est de même dans l'échange entre hommes et puissances divines. On offre aux dieux le meilleur parce qu'on attend en retour, des dons inestimables notamment : la pluie, de bonnes récoltes, la victoire, la paix, la prospérité, la santé etc. De ce fait, le sacrifice étant un échange, il est également un partage.

L'un des aspects le plus marquant dans le sacrifice de l'animal dans les sociétés négro-africaines est le repas sacrificiel lorsque la victime est sacrifiée puis consommée de concert entre Hommes et dieux. Chaque partie recevant sa part, différence qui marque la séparation en le Ciel et la Terre mais aussi leur communion. Cependant,del'Ancien Empire jusqu'au Nouvel Empire, le sacrifice de l'animal était un élément indispensable au culte divin. De ce fait, le Mastaba de Ptahotep à Saqqara et de Thoutmosis III au Moyen Empire illustrent les scènes de sacrifices pour le culte de divin395(*). D'où le sacrifice de l'animal comme une frontière de rencontre et d'échange entre les Hommes et les dieux. Dans le souci d'offrande, l'acte de mise à mort est toujours sacrificiel. Après que la part des dieux a été prélevée et leur a été offerte, les hommes prennent leur part, soit pour la consommer sur place dans un grand banquet commun en compagnie de leurs paires ; soit pour l'amener chez eux, toujours dans l'optique de joindre la famille à la communion avec les dieux ou les ancêtres.

Les sacrifices sont des repas, dans lesquels les hommes, lorsqu'ils y prennent part, entrent en communion avec Dieu396(*). Même si les sacrifices ne se réduisent pas à la communion, c'est l'une de leur fonction. Le sacrifice rend l'aliment sacré. C'est dans cette perspective de communion qu'Horus se livre en communion avec le divin via le sacrifice de l'animal dont les parties sont minutieusement reparties en ces termes traduits par de Jan Assmann.

Je suis ton fils, je suis Horus.

Je suis venu pour t'amener ces tiens ennemis que l' Ennéade à soumis à toi

Atoum a abattu Seth pour toi en ce sien nom de bovin

Atoum l'a mis en pièces pour toi en ce sien nom de boeuf à longues cornes

Atoum te l'a livré comme une bête mauvaise

Il sera ligoté sous la garde du peuple du ciel en ce sien nom de boeuf de sacrifice.

Je te l'ai amené comme un boeuf avec une corde au cou.

Mange-le, goûte sa tête

Tous ses morceaux sont à toi

Sa carcasse m'appartient car je suis ton héritier sur ton trône397(*)

Dans cette perspective, nous pouvons entrevoir une relation de dons et de contre dons. Néanmoins le plus important reste que les vivants, par le moyen de sacrifice de l'animal, entrent en communion avec les divinités. Ainsi le sacrifice de l'animal dans l'univers égyptien ancien et Mbo précolonial se présente comme un lieu de rencontre, qui crée un temps de communion entre les vivants et les divinités après qu'ils aient communiqué. En ce temps les vivants posent des doléances et des voeux qui devront être accomplis sous le respect des clauses qu'ils se seront établis. Ces dernières sont généralement des pactes sacrificiels devant assurer comme le déclare Jean Vernette, « la cohésion du groupe 398(*)». D'où l'importance socioculturelle de pratiquer les sacrifices animaliers dans la société égyptienne ancienne et Mbo précoloniale.

* 376 J. Rouch, « Sacrifice et transfert des âmes chez les Songhay du Niger », In Systèmes de pensée en Afrique noire, no 2, 1976, pp. 55-66.

* 377 Essoh, Origine et civilisation..., p.41.

* 378U O. Elom, « Le rite « Edim ndam » et les usages du feu dans les rites funéraires des bene du Sud-Cameroun : contribution à une ethnologie du symbolisme », Mémoire de Maitrise en Anthropologie UY I, 2004, p.108.

* 379Sauneron « Mort », Dictionnaire..., p. 176.

* 380Sauneron, « Mâat », Dictionnaire..., pp.156-158.

* 381 J. Mombo, Les victoires du divin selon l'Egypte ancienne, Lazard, Paris, 1991, p.95.

* 382 Entretien avec Charles Njalla, 82 ans, Planteur, voyant, Ekanang le 21 février 2016.

* 383 J.P, Eschlimann, maître sur la terre africaine, Payot, Paris, 1980, p.83.

* 384 F. R. D. Poutcheu, « Les sacrifices magico-religieux chez le fe'efe'e de l'Ouest du Cameroun », Mémoire de Maitrise en Anthropologie, 2008, p. 65.

* 385J.P Esclimann, naître sur la terre... p. 94.

* 386 B. Diop « souffles », Amadou Koumba, Les contes, Présence Africaine, Paris, 1961, p. 173.

* 387 M.A. Bohême et A. Forgeau, Pharaon, les secrets du pouvoir, Armand Colin, Paris, 1988,

* 388 Ibid.

* 389 B. Mathieu, « Que sont les textes de Pyramides ? », Afrique et Orient, no 12, Centre vauclusien d'égyptologie, Avignon, février 1999, pp. 289-311.

* 390 Entretien avec Ngala Otto, responsable du clan epeumenh du village Mboanké, Mboanké le 21 décembre 2014.

* 391 M. Kouam, M. Ndongmo, Funérailles en pays Bamiléké : quelle signification aujourd'hui ? Faut-il en parler comme d'une tradition de gaspillage ?, PUCAC, Yaoundé, 2001, p. 39.

* 392 J. Vernette, Réincarnation résurrection. Communiquer avec l'au-delà, Les mystères de la vie après la vie, éd. Salvator, Mulhouse, 1988, p. 75

* 393 M. Griaule, « mythes, croyances et coutumes du Begamder (Abyssinie) », Journal asiatique, Paris, Tome CCXII, Janvier Mars 1928.pp.19-124.

* 394 Ibid.

* 395 J. Vandier, Manuel d'archéologie égyptienne, Tome IV, Picard, Paris, 1964, p. 82.

* 396 J. Voisenet, « L'animal et la pensée médicale dans les textes du haut Moyen âge », www.netwiki.htm, consulté le 25 Avril 2015.

* 397Textes des Sarcophages, www.Histoiredel'EgypteAncienne.htm, consulté le 25 Mars 2014.

* 398Vernette, Réincarnation, résurrection, Communiquer ..., 1988, p. 67.

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