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La paradiplomatie dans les relations internationales contemporaines. Contraintes et opportunités.


par Jackson CABENE GANZA
Université de Lubumbashi - Licence en relations internationales 2013
  

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Chapitre 3. PROBLEMES ET PERSPECTIVES DE LA PARADIPLOMATIE

Section 1. Contraintes

§1. Contraintes

Les acteurs paradiplomatiques connaissent des nombreuses contraintes qui vont au-delà de la difficulté de se faire reconnaitre comme acteur international. Malgré la transformation du système international, l'Etat demeure le principal acteur et sujet de Droit International. Donc les acteurs paradiplomatiques ne sont pas des entités reconnus par le Droit International, ils doivent négocier avec les autorités du gouvernement central, les limites d'une partie de leur activité internationale, comme les relations formelles avec des représentants de pays souverains ou d'Organisation Internationales.65

Malgré qu'ils disposent une certaine autonomie, ressources et influences, les Etats sub-étatiques font face à de nouveaux problèmes sur le plan environnemental, à l'échelle des infrastructures communes, sur le plan de mouvement des marchandises, de services mais également des capitaux. En général, la coopération transfrontalière vise à régler des problèmes conjoints comme la dépollution d'une rivière, la protection des espèces menacée mais également l'édification d'infrastructures conjointes comme les autoroutes, des ponts ou des liaisons ferroviaires. De même, lorsque des ensembles culturels sont séparés par une frontière, des politiques de promotion de la culture, des associations de chercheurs, des échanges d'étudiants sont créés mais il se fait que les disparités institutionnelles et politiques entre les régions peuvent gêner l'action des pouvoirs politiques sub-étatiques. Il en irait ainsi pour une région comme la Flandre, qui dispose des ressources financières, politiques et organisationnelles consistantes, et des régions transfrontalières françaises dépendantes des échelons local et national pour la mise en oeuvre d'un programme ou d'un projet d'infrastructure.

65 Stéphane Paquin, les actions extérieures des entités sub-étatiques : quelle signification pour la politique comparée et les relations internationales, in Revue international de politique comparée, vol 58 2005- p135.

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§2. De la participation aux Organisations Internationales

La diplomatie multilatérale est un des éléments les plus importants de la politique étrangère contemporaine. Aucun aspect de la politique des gouvernements n'échappe à l'activité d'une ou plusieurs organisations. Selon la logique du Droit international seuls les Etats souverains détiennent le monopole de la représentation dans ces forums, la participation d'autres acteurs que l'Etat est exceptionnelle.66

Les entités sub-étatiques qui revendiquent avec plus d'instance leur participation à certaines organisations internationales ont toujours eu de la difficulté à se faire accepter dans ces forums. Sur le plan politique, le Droit International prédomine au sein des organisations multilatérales ce qui signifie que l'accès aux organisations internationales en tant qu'acteur politique relève du domaine (quasi) réservé des Etats-nations. C'est ce qui explique l'obstruction créée aux entités sub-étatiques mais non pas exemple aux ONG reconnues. Puisque les organisations internationales formulent des propositions qui touchent aux champs de compétence de nombreuses entités sub-étatiques il est permis de se demander combien de temps cette politique peut encore tenir ?67

L'exclusion des entités sub-étatiques au sein des organisations internationales se fonde sur un triple raisonnement ; dans un premier temps, il est

postulé que les nations détiennent le monopole des relations internationales. On
soutient que le fonctionnement même des relations internationales est basé sur cette logique. Dans un deuxième temps, la multiplication des pays souverains, et dont la plus grande diversité de points de vue complique l'activité des organisations internationales, un engagement de plus en plus poussé des entités sub-étatiques rendrait encore plus difficile le fonctionnement de ces institutions. Finalement comme le souligne Daniel Latouche, on cherche généralement à préserver la souveraineté des Etats et l'intégrité territoriale.68 La crainte de créer des précédents est forte. Si une entité sub-étatique obtenait le droit de devenir membre d'une organisation internationale, d'autres entités du même genre pourraient, elles aussi demander un statut similaire. Les organisations multilatérales veulent éviter de contrarier les Etats membres en satisfaisant aux inspirations d'une entité fédérée.

66 Daniel Dormony, cité par Stéphane Paquin, op cit, p 125.

67 Stéphane Paquin, idem.

68 Daniel Latouche, cité par Stéphane Paquin, idem.

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Par contre, sur le plan technique la situation est bien différente. David Criekemans et Timo Bo. Salomon Son affirment que les entités fédérées sont reçues à "bras ouverts" lorsqu'elles posent leur candidature en tant que donatrices pour de fins de coopération à certains programmes ou projets ou encore lorsqu'elles concluent des partenariats. C'est dans cette optique que le gouvernement flamand a mis sur pied le "fonds fiduciaire flamand de la banque mondiale" le " healthy cities network" de

l'Organisation Mondiale de la Santé ou encore l'accord de coopération avec
l'Unesco.69 La présence d'experts provenant des entités sub-étatiques, que ce soit des fonctionnaires ou des politiciens est également appréciée dans le groupe de travail

technique des différentes organisations internationales. Plusieurs membres
d'organisations internationales soutiennent que ces échanges sont en quelque sorte l'extension des partenariats avec les entités régionales et locales. Certaines organisations parlent même des partenariats de l'avenir. D'autres, comme l'Unesco dont les activités dépendent le plus de la coopération avec les administrations des entités sub-étatiques sont généralement celles qui sont le plus ouvertes aux entités sub-étatiques. Contrairement à ce qu'affirment de nombreux auteurs, il arrive de plus en plus fréquemment que des entités sub-étatiques soient représentées au sein d'organisations internationales. Les Etats fédérés du Québec, du nouveau Brunswick et Wallonie-Bruxelles sont représentées dans l'Organisation Internationale de la Francophonie.70 Même la France "unie et indivisible" permet à ses territoires d'outre-mer de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie d'avoir un siège propre au sein de la conférence du pacifique du sud71 aux côtés des pays souverains comme l'Australie, la nouvelle Zélande et les Etats-Unis. Il faut noter ici que les tendances sécessionnistes sont notoires en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie. Au Quai D'Orsay on avance que cette politique vise à favoriser l'intégration régionale. On sait également que le gouvernement du Texas a participé à des nombreuses rencontres de l'OPEP. De nombreux leaders sub-étatiques participent régulièrement à des rencontres internationales comme le World Enconomic Forum de Davos.

Ces dernières peuvent aussi accéder aux Organisations Internationales par l'entremise de leur Etat. Le gouvernement australien par exemple, s'est déjà fait

69 David Criekment et Timon Bo Salomonson cité par Stéphane Paquin, op cit, p126 suivantes.

70 MASSART PIERAD et cité par Stéphane Paquin, op cit, p 128.

71 Christian Rioux cité par Stéphane Paquin, op cit, p 127.

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représenter par une entité sub-étatique lors d'une conférence de l'ONU sur le développement et l'environnement.

C'est en Belgique que l'accès aux Organisations Internationales par les entités sub-étatiques est le plus fréquent. Les entités belges ont le droit d'établir directement des politiques dans le domaine multilatéral. Aucun pays ne va cependant aussi loin que la Belgique. Le 30 juin 1994, un accord-cadre a été promulgué concernant la participation de la Belgique et de ses entités fédérés aux Organisations Internationales. Cet accord-cadre impose une concertation générale systématique, horizontale et verticale, préalable à chaque réunion ministérielle d'une organisation internationale, c'est ainsi que certains auteurs soulignent que « faute de hiérarchie entre ces autorités fédérales, les communautés et les régions, le bon fonctionnement du système de coopération dépend entièrement de la bonne volonté des différentes autorités. De plus, il existe des accords pour les organisations internationales qui traitent des matières mixtes, les entités fédérées belges siègent au sein des organisations internationales, il leur arrive même de présider des rencontres et de conclure des traités. Des accords ont été conclus avec l'ONU, le conseil de l'Europe, l'OCDE, OIT, la CNUCED, UNESCO, OMS, l'OMC, le BENELUX,...72

Enfin il existe des organisations qui traitent des matières exclusivement communautaires ou régionales comme la Nederlandse Taalunie ou l'Unesco. Dans ce cas, la Belgique n'est représentée par les Etats fédérés.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand