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CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE
Le cadre théorique est un stade où l'on
apprécie généralement la culture du chercheur,
l'étendue et l'actualité de ses connaissances dans sa
spécialité, ainsi que sa capacité à les appliquer
pour l'explicitation, l'élaboration, en un mot, pour la
théorisation de son sujet. Cette partie du mémoire
généralement par la présentation des motivations qui ont
milité en faveur du choix du sujet d'étude, une étape
importante dans la construction de l'objet de la recherche (N'da,
2002).
Rappelons que le cadre théorique passe par la
justification du choix de sujet de recherche, sur la problématique, les
hypothèses, et les objectifs de l'étude, sans oublier la revue de
la littérature, la phase de la conceptualisation et le champ de
référence théorique.
I- JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET DE RECHERCHE
I-1- motivations d'ordre personnel
Notre motivation pour le choix de ce sujet trouve son origine
dans notre visite à Bacon lors d'un séjour amical dans ce village
en 2017. En effet, durant notre séjour, nous avons été
dans l'obligation de nous interposer dans un conflit opposant notre tuteur
à un membre du village. Il était question d'un conflit foncier
dans lequel, les deux antagonistes se réclamaient propriétaire
d'une parcelle dont avait
exploité notre tuteur. Dans les faits, cette parcelle
avait déjà fait l'objet de plusieurs conflits à l'issue
desquels notre tuteur avait été déclaré
propriétaire par les anciens du village. Cependant, celui-ci ne dispose
d'aucun document légal pouvant le mettre à l'abri d'une
éventuelle contestation de droit de propriété. Cette
situation beaucoup récurrente dans le village ou il y a eu des
sensibilisations au sujet de la CF et l'instauration d'un comité CVGFR
en vue de rapprocher les paysans des législateurs dans le cadre de la
sécurisation foncière moderne. Mais jusqu'à
présent,
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les populations tardent à adhérer à la
CF. seulement 9,5% de demande ont été effectué.
C'est donc cette situation qui nous a amené au choix
de notre présent sujet de recherche.
I-2- motivations d'ordre social
En Afrique la question de sécurisation foncière
est un phénomène qui traverse toutes les couches sociales. En
Côte d'Ivoire, la nécessité de sécuriser les terres
est née des conflits fonciers récurrents qui ont
été à l'origine de plusieurs décès et
litiges entre les peuples (DFR,2014).
Aujourd'hui encore, les conflits fonciers sévissent
encore et certaines populations sont contraintes au déplacement
involontaire. Ainsi, il est demandé aux ivoiriens et non-ivoiriens de
formuler des demandes de CF, qui marque un premier pas de la transformation des
droits coutumiers vers le droit moderne (Dagrou, 2007). La formalisation des
droits fonciers traditionnels sur les terres agricoles est censée
favoriser la paix sociale en réduisant les inégalités
sociales et permettre une hausse de l'investissement et de la
productivité agricole (Koné, 2006).
Cependant, face à ces exigences politiques, persistent
la sécurisation coutumière des droits traditionnels (Kalieu,
2010). Un nombre dominant d'agriculteurs s'oppose à la formalisation des
droits fonciers traditionnels. Autrement, la quasi-totalité des terres
ivoiriennes n'est pas immatriculée. Selon le rapport de MINADER/ DFR
(2018), seulement 4130 ha de terres ont été immatriculées
sur plus de 30.000.000 ha.
En réalité, les terres rurales continuent
d'être régulée et gérée selon les
systèmes coutumiers (colin et al, 2011). Pourtant, la coutume
s'est révélée inapte à
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régulariser les tensions foncières nouvelles.
Ceci constitue les raisons d'ordre social qui ont militées au choix de
ce sujet.
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