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Analyse juridique du phénomène de la surpopulation carcérale en Haà¯ti (cas des personnes détenues dans la prison civile des cayes de 2019 à  2022)


par Jean William LOUIS
Ecole de droit et des sciences Economiques des Cayes(UEH) - Licence en sciences juridiques 2018
  

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1.1.2.2.- Les peines classiques

Ce que l'on est convenu d'appeler le système classique est issue en droite ligne de l'école philosophique et de la théorie du contrat social de Rousseau. Ses représentants les plus illustres ont été Beccaria en Italie, Bentham en Angleterre, Feuerbach en Allemagne. Dans le plus grand mouvement d'idées qui se fit au XVIIIe siècle, il était inévitable que le droit pénal, avec les atrocités et l'arbitraire qui le caractérisaient alors, dût tout d'abord attirer l'attention. Ce qu'il y avait de plus urgent et de plus immédiat, c'était de supprimer l'arbitraire du juge et d'atténuer l'atrocité des peines. Peines atroces et peines arbitraires, c'étaient des expressions et des idées courantes en ancien droit ; et on savait à quels abus cela pouvait conduire. C'était là le point de vue pratique ; avant reformer le système des peines. Mais ce qui caractérise l'école du XVIIIe siècle, c'est qu'elle est principalement une école de doctrinaires et de théoriciens. On ne conçoit pas une réforme pratique qui ne s'appuierait pas sur ce système philosophique. Avant donc de supprimer l'arbitraire des peines, les philosophes du XVIIIe siècle eurent à se demander ce que c'était que la peine et d'où venait le droit de punir. Cette question du droit de punir, que l'histoire et la sociologie expliquent si simplement comme l'une des fonctions inhérentes à la vie de toute société, est au contraire l'une des plus insolubles au point de vue philosophique, ce qui était le cas de Rousseau.

1.1.3.- Aux temps modernes

Les temps modernes sont dominés par une grande réforme du droit pénal ancien (de l'Antiquité jusqu'au Moyen Age). S'inspirant des travaux des philosophes « lumières », plusieurs principes fondamentaux sont consacrés sous les ruines de l'ancien droit :

1) Le principe de la légalité des délits et des peines, ce qui se traduit par cet adage latin : « nullum crimen, nulla poena sine lege » ;

2) L'individu est considéré comme doté du libre-arbitre, en conséquence il est responsable de ses actes ;

3) Les peines doivent être proportionnelles aux délits commis, c'est le rejet du système arbitraire ;

4) Les peines doivent être utile, d'où la formule développée par les Néo-classiques : «Punir pas plus qu'il n'est juste, pas plus qu'il n'est utile».

A vrai dire, il y a de grands principes qui caractérisent le droit pénal classique, à savoir :

L'homme n'est naturellement ni bon ni mauvais, c'est la manière dont la société est organisée qui va influencer son comportement. Ainsi sans justice, résultante directe du droit, la théorie du contrat social ne trouverait à s'appliquer et une société dans laquelle chacun fait primer ses intérêts privés serait alors de rigueur. L'époque moderne est celle qui débute vers la fin du moyen Age, c'est-à-dire à partir du XVe siècle jusqu'à la révolution française de 1789. Intervient ensuite l'époque contemporaine qui s'étend jusqu'aujourd'hui. C'est dans cet intervalle-là que le droit et la justice vont commencer à se développer et à organiser la société et les rapports entre les individus. Au XIIIe siècle, Saint-Louis sera l'un des premiers grands législateurs, puis vont se succéder justices royale et féodale dans lesquelles priment l'injustice, mais ce qui ont constitué les prémices de l'organisation juridique d'aujourd'hui en France et ailleurs.

C'est à cette époque que les procédures accusatoires ou inquisitoires ont vu le jour et se sont adaptées aux sociétés et aux coutumes de territoires sur lesquelles elles étaient appliquées. Le procès à l'époque était surtout pénal. Le droit et la justice aux temps modernes se sont, en France, surtout développés sur la monarchie absolue. Les règles procédurales et la manière dont la justice sera rendue se précisent et certaines manières de rendre la justice ou encore leur place dans la société actuelle. C'est aussi la période des`` grands affaires`` comme l'affaire `` Fouquet `` ou encore `` l'affaire des poissons``. Cependant, la justice reste dure, les sanctions sont souvent arbitraires et la peine est de rigueur. Ce n'est que vers 1750 et notamment au travers de l'oeuvre Beccaria qu'intervient une justice plus humaine. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen est un tournant fondamental dans le respect des droits et liberté.

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