WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Analyse juridique du phénomène de la surpopulation carcérale en Haà¯ti (cas des personnes détenues dans la prison civile des cayes de 2019 à  2022)


par Jean William LOUIS
Ecole de droit et des sciences Economiques des Cayes(UEH) - Licence en sciences juridiques 2018
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

1.1.3.1.-Les limites des peines pratiquées sous l'ancien Régime

« Nullum crimen, nulla poena sine lege » : il n'y a ni crime ni peine sans loi. Ce principe de légalité hérité des lumières est à la base du droit criminel français depuis la révolution de 1789. De fait, la situation était bien différente sous l'ancien régime. La loi n'est alors pas la seule source des incriminations et de peines, loin s'en faut : s'y ajoute la doctrine pénale élaborée par des juristes à partir du droit romain et du droit canon, mais aussi la jurisprudence construite à partir des décisions judiciaires rendues par les parlements, les cours d'appel de la monarchie qui ont tout pouvoir dans leur ressort judiciaire respectif. Rien d'étonnant, donc, à ce que les châtiments pratiqués en France jusqu'à la fin du XVIIIe siècle aient été aussi variés et souvent arbitraires et cruels. En 1866 le petit journal dresse ainsi la liste glaçante des peines en vigueur à partir du XVIe siècle, selon le type d'acte commis.

1.1.3.2.- L'emprisonnement au regard de la philosophie des lumières

Lourdement critiquée dès sa naissance au milieu du XVIIIe siècle, la prison, comme peine de référence du droit criminel, se maintient malgré tout. A cet effet, les thèses développées par Foucault dans surveiller et punir auront reconnu l'influence d'un discours disciplinaire et problématisé, sous forme de fonction « Latente », la gestion différentielle des illégalismes de classe. Au coeur d'un système de pensée « coréalisant » ces éléments, sans doute constitutifs du problème, cachent cependant d'autres réalités cognitives faisant obstacle à la valorisation des sanctions alternatives. En les rendant plus visibles, en les distinguant comme « cachots conceptuels », le droit, tout comme les observateurs du droit, pourraient à cet égard favoriser une éventuelle évasion cognitive. C'est dans cette perspective que nous devons concevoir la contribution visée par cet article.

1.1.4.- La peine à l'époque contemporaine

Au lendemain de la période révolutionnaire, le régime qui s'instaure en matière d'enfermement de l'élaboration de l'article 64 du code pénal à l'adoption de la loi de 1838 organisant le système asilaire s'efforce d'établir une distinction ferme entre deux cadres légaux pour l'enfermement. L'enfermement, progressivement défini comme une peine à sanctionner un délit ou un crime juridiquement constitué dans leurs différents éléments (légal, matériel et moral), et est soumis au contrôle de l'autorité judiciaire.

L'élément matériel du délit ou du crime témoigne qu'il n'y est pas question d'enfermer en prison quelqu'un au nom de bizarreries, d'immoralités, de troubles non qualifiables comme infraction, ni (théoriquement) de manière préventive, au nom du péril ou d'un danger qu'il ferait courir à la société. L'élément moral implique que la personne ait eu l'intention de nuire à travers son acte et puisse en être tenu responsable. Cristallisant ce principe, l'article 64 du code pénal dispose qu'il n'y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action ou lorsqu'il y a été contraint par une force à laquelle il n'y a pas pu résister».

Les historiographies anglophones et francophones de la peine de mort contemporaine ont connu d'importants renouvellements dans les dernières décennies. La plupart des efforts ont été menés de manière parallèle, dans chaque espace national et/ ou linguistique, un plus faible volume affirmant des ambitions comparatiste ou « connectées ». Dans le cadre de cet essor de l'histoire transnationale, l'une des questions récurrentes est notamment la divergence observée entre les Etats-Unis et les autres démocraties occidentales sur le maintien de la peine capitale. Les ouvertures que l'on peut envisager pour l'étude historique, de la peine de mort se situent dans une continuité thématique, géographique et chronologique de différents axes qui nous semblent aujourd'hui structurer les développements récents. Ces dernières se situent aux confins de différents mouvements historiographiques et du champ des death penalty studies, ensemble foisonnant d'étude dont les enjeux sont encore brûlants. Ses résultats sont en effet susceptibles d'être employés dans le débat actuel entre partisans et adversaires de l'abolition, dans différentes parties du monde. Par souci de clarté, nous avons regroupé l'ensemble des questionnements en quatre grands « massifs », bien qu'un certain nombre de travaux et de problématiques résistent sans doute à un découpage trop systématique.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme