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Analyse juridique du phénomène de la surpopulation carcérale en Haà¯ti (cas des personnes détenues dans la prison civile des cayes de 2019 à  2022)


par Jean William LOUIS
Ecole de droit et des sciences Economiques des Cayes(UEH) - Licence en sciences juridiques 2018
  

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1.2.- Différentes conceptions de la peine

C'est le code pénal de 1791, le premier code pénal français, qui insère pour la première fois officiellement l'emprisonnement dans l'échelle des peines. Jusque-là, la prison n'était pas une peine, du moins dans le droit laïc. Selon une tradition qui remontait au droit romain, la prison est un lieu de détention préventive, où ne sont enfermés que des individus en attente d'être jugés. L'ancien droit connait donc, en principe, que la prison préventive. Cependant il n'ignore pas totalement la prison répressive. Certaines peines d'élimination comme par exemple l'enfermement des mendiants, ont une finalité proprement pénale. Il reviendra au siècle des lumières, avec son humanisme et aussi son optimisme, de découvrir une autre finalité : la guérison par la prison. Sans renier l'utilitarisme de la peine, la doctrine et la jurisprudence de la seconde moitié du XVIIIe siècle font de la prison amélioration une préoccupation majeure. Bien avant les réformes de la révolution, on observe que des parlements transforment en appel de lourdes peines traditionnelles en peines d'emprisonnement. C'était renouer avec l'espoir d'un amendement auquel le droit canonique avait pu croire. Il ne s'agit plus au XVIIIe siècle, de la notion chrétienne de rachat du péché, mais de l'idée que l'infraction est une violation du contrat social, qu'il faut donc renouer le pacte en donnant au condamné le moyen de retrouver sa place dans la société. Dans une perspective historique, ces trois finalités, la prévention, la punition, la guérison, ne sont pas donc substituées les unes aux autres, mais accumulées.

1.2.1.- Les fonction traditionnelles

L'article 130-1 du code pénal français précise les fonctions de la peine. Il dispose qu'« afin d'assurer la protection de la société, de prévenir la commission de nouvelles infractions et de restaurer l'équilibre social, dans le respect des intérêts de la victime, la peine a pour mission :

a) De sanctionner l'auteur de l'infraction.

b) De favoriser son amendement, son insertion ou réinsertion. »

Cet article vise les fonctions de rétribution, d'intimidation, de neutralisation de réinsertion de la peine. Cela correspond globalement aux fonctions traditionnelles de la peine qu'avaient dégagées Beccaria et Bentham.

Au XVIIIe siècle et qui consistent en l'un capacitation du délinquant, l'intimidation collective et individuelle et la rétribution, la punition du délinquant.

1.2.1.1.- La vengeance

Elle perpétue le cycle de violences et de souffrances, là où la justice vise au contraire à organiser la réparation de la situation. L'utilisation de la peine de mort affaiblit la conception même de justice dans les pays qui la pratiquent. Elle répond à la loi du talion, une loi ancestrale consistant en la réciprocité du crime et de la peine, symbolisée par l'expression «Oculo pro oculo, dente pro dentis» (OEil pour OEil, Dent pour Dent).

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