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Analyse des déterminants de la demande globale d'une ressource énergétique par les ménages:le cas du gaz butane en Côte d'Ivoire


par Aristide Cyrille DADIE
Université de Cocody Abidjan - DEA PTCI Economie 2005
  

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Objectif Général

Cette recherche se propose en tant qu'objectif principal d'identifier et de quantifier la nature de la relation entre la demande de gaz butane des ménages ivoiriens et ses principaux déterminants.

Objectifs Spécifiques

De manière spécifique, il s'agira dans un premier temps pour nous :

-D'identifier les déterminants de la demande de gaz butane des ménages en Cote

D'Ivoire.

-De quantifier à travers le calcul des différentes élasticités l'impact exercé par chacune des variables sur la demande de gaz butane des ménages.

-Identifier la nature économique du bien gaz butane : est-il un bien de luxe, un bien inférieur ou un bien normal ?

Hypothèses de Recherche

Notre travail est soutenu par quatre hypothèses :

-Face à des ressources en gaz butane limitées, toute augmentation de la demande de gaz butane va entraîner une hausse de son prix.

-Toute augmentation du prix des combustibles substituts va entraîner une hausse de la demande de gaz butane.

-Toute augmentation du prix du gaz butane va entraîner une réduction de la demande des combustibles complémentaires au gaz butane.et une augmentation de la demande des combustibles substituts.

Revue de Littérature

La théorie économique a beaucoup été sollicitée par les acteurs du secteur de l'énergie, mais en retour, les débats énergétiques ont permis aux théoriciens de l'économie d'alimenter certaines réflexions. C'est que le secteur de l'énergie fait appel à des ressources épuisables (les ¾ de l'énergie consommée dans le monde appartiennent aux ressources dites épuisables.) ; qu'il est très capitalistique et souvent organisé autour de monopoles intégrés, privés ou publiques, pour ce qui est de la distribution de certains fluides (gaz, électricité).

C'est en outre une activité génératrice de fortes externalités. Ces débats ne sont pas nouveaux : On se souvient de la « question charbonnière » soulevée par S.Jevons(1865) ou de la tarification des monopoles énergétiques abordée par J.Dupuit(1844).

Il est donc intéressant de voir comment les relations entre énergie et théorie économique ont évolué au cours de ces dernières années et quels sont les thèmes qui, aujourd'hui, sont au centre des préoccupations des économistes de l'énergie.

Dans cette partie de notre travail, nous nous consacrerons dans un premier temps à apprécier l'évolution de la relation entre énergie et théorie économique. Puis dans un second temps, aux différents travaux et études effectuées dans le cadre de la demande énergétique des ménages en général.

Au début des années 1950, le problème principal auquel était confronté l'Etat en matière énergétique, restait celui de la pénurie. Il fallait avant tout, programmer des investissements en s'appuyant sur une planification de long terme et l'instrument principal de cette planification était l'existence d'un vaste secteur public en situation de monopole.

Dans les années 1980-1990,la préoccupation majeure dans le secteur énergétique était devenue celle de la compétitivité internationale et l'irruption des mécanismes du marché dans une industrie jusque-là vouée à la planification va alors modifier fondamentalement le rôle de la régulation publique. Plusieurs questions vont tout au long de la période, préoccupées les économistes. Celles de la relation entre le capital et l'énergie ; l'organisation optimale d'une industrie énergétique ; la question de la formation des prix de l'énergie .

Une célèbre controverse théorique a opposé à la fin des années70, Berndt et Wood(1975),d'un coté, Gregory et Griffin(1976) de l'autre sur la relation capital-énergie.

Pour les premiers, le capital et l'énergie sont avant tout complémentaires(l'énergie est toujours consommée à travers un équipement). Pour les autres, ils sont largement substituts(on peut économiser de l'énergie en faisant des investissements supplémentaires).

Cette controverse a été alimenté par de multiples « vérifications empiriques », utilisant pour la plupart des fonctions de production translog (cf. .Diewert 1974,Christensen et al 1975).

Une tentative de réconciliation a été proposée par Berndt et Wood en 1979 : l'énergie et le capital sont des substituts bruts au sens « technique » du terme, mais demeurent des compléments nets au sens économique du terme

Les controverses sur les relations qui existent au sein de la fonction de production : KLEM se sont largement atténuées avec la diminution du nombre de travaux prospectifs sur l'évolution de la demande et de l'offre d'énergie.

Par contre, les débats sur l'organisation optimale du secteur énergie et sur la formation des prix de l'énergie n'ont en revanche rien perdu de leur intensité.

Dans les pays développés, la distribution et le transport de certains produits énergétiques comme le gaz et l'électricité, sont conférés à des industries de réseau. Ce réseau a souvent le caractère d'un monopole naturel, car sa duplication aurait un coût exorbitant et l'existence de rendements d'échelle croissants justifient la présence d'une seule entreprise. Ces réseaux sont souvent concessionnaires de missions de service public et ce fait impose dès lors la présence d'un régulateur. Il aurait pour rôle d'accorder des droits exclusifs au concessionnaire, protéger l'usager contre les abus de position dominante et de sauvegarder l'intérêt collectif. Ce qui a conduit en France à la nationalisation de EDF et GDF en 1946.Cependant,la théorie des coûts de transaction et celle des marchés contestables ont fortement remis en question la régulation.

Pour Coase (1937), la firme est un mode d'organisation de l'activité économique qui permet d'économiser des coûts de marché. Williamson (1975),(1988) a prolongé cette thèse et, dans le cadre du courant néo-institutionnaliste il a montré que selon la spécificité de l'actif, la firme a intérêt soit à internaliser ou à externaliser ses transactions. Ainsi il existe une taille optimale de la firme (coût d'organisation interne égalise le coût du marché) et l'existence d'une fonction de coût sous-additive seulement ne justifie pas l'intégration verticale. Cette intégration verticale est toutefois discutable, dès lors que la spécificité de l'actif décroît selon Riordan et Williamson (1985) et l'organisation de l'industrie doit s'orienter vers des structures plus concurrentielles. Ce qui fut le cas de l'industrie gazière et de l'électricité en Europe avec l'évolution technologique.

C'est sur cette thèse que s'appuie aujourd'hui l'école libérale pour justifier l'ouverture à la concurrence de certaines activités de réseau et par voie de conséquence, la remise en cause du régulateur.

La théorie des marchés contestables vient conforter la précédente dans la nécessité de réintroduire plus de compétition dans les industries de réseau. Cette théorie est apparue à la fin des années 1970 et est due à trois auteurs : W.Baumol, J.Panzar et R.Willig en 1982.

Selon cette théorie, la menace crédible d'entrée sur un marché qui ne serait pas nécessairement concurrentiel, doit suffire à discipliner les entreprises en place, quand bien même elles fonctionneraient en situation d'oligopole, voire de monopole. Le rôle de l'Etat ne serait donc que de veiller à ce qu'il n'y ait pas d'obstacles juridiques à l'entrée et non le maintient d'un régulateur.

Une autre question a alimenté les débats économiques : la tarification optimale de l'énergie.

Le débat n'est pas nouveau et s'est posé dans les années 1930 aux Etats-Unis, à une période où les réserves de pétrole brut semblaient s'épuiser rapidement.

Hotelling(1931), avait alors apporté une réponse à la question de savoir, comment doit évoluer en longue période, le prix de marché d'une ressource épuisable. Pour lui, le prix de marché de la ressource extraite doit tenir compte non seulement du coût marginal d'extraction, mais aussi du coût d'option que constitue cette valeur en terre sacrifiée. Il en déduit dès lors le sentier optimal d'évolution d'une ressource épuisable, selon la structure du marché.

En situation de concurrence pure et parfaite, le prix net(des coûts d'extraction) doit croître suivant le taux d'actualisation. Par contre en situation de monopole, c'est la recette marginale des coûts de transaction qui doit croître au rythme du taux d'actualisation. Le prix d'équilibre diffère du prix de concurrence par la prise en compte d'une rente de monopole qui est positive, dès lors que l'élasticité prix de la demande est en valeur absolue supérieur à 1.

Certains auteurs tel que M.Aldenman(1980et1986),considèrent que l'approche en terme de ressources épuisables n'est pas pertinente et qu'en conséquence le prix du pétrole est tendanciellement aligné sur son coût marginal en développement.

D'autres auteurs, en mettant l'accent sur l'innovation technologique, montrent la pertinence de l'adoption d'une vision autre que normative.

W.Nordhaus(1973), introduit le concept de « backstrop technology »qui englobe le processus de production capable de fournir à un coût élevé un bien substitut parfait inépuisable (énergie solaire, nucléaire).

La demande d'énergie a fait l'objet de plusieurs études économiques. Elle revêt un caractère important dès lors que l'on se rend compte que les principales sources d'énergie potentielles sont tarissables, et de la nécessité d'appréhender de façon minutieuse la demande.

La première difficulté a été la détermination d'une unité de mesure de la consommation d'énergie, les sources et l'utilisation étant différentes. Deux unités de mesure sont jusque là utilisées : le TEP et le BTU.

Le TEP se défini comme le « tonne d'équivalent pétrole ». C'est une unité de mesure qui permet la conversion de toute forme d'énergie en tonne de pétrole.

Le BTU qui est le « British Terminal Unit » est la quantité de chaleur nécessaire pour augmenter la température d'une livre d'eau (0.545Kg) d'un degré fahrenheit.

Ces deux unités de mesure permettent la conversion de toutes formes d'énergie et facilitent dès lors, l'estimation de l'énergie consommée.

Tous les économistes s'accordent à penser que la meilleure mesure de l'évolution de l'efficacité énergétique d'une économie, est le ratio d'intensité  énergétique défini par le rapport de la consommation d'énergie primaire sur le PIB mesuré à prix constants.

Les premières estimations effectives des fonctions de demande d'énergie des ménages, remontent aux années 1970. Les articles fondateurs de cette littérature, sont ceux de Houthaker et Taylor(1970) et de Houthaker et Kennedy(1979). Les données utilisées sont en général, des séries chronologiques et les méthodes économétriques consistent le plus souvent, à l'utilisation des moindres carrés ordinaires (MCO). D'autres études telles que celles de Kasanen et al(1989), et de Vaage(2000) utilise des données en coupe transversales et une approche à choix discret pour analyser la demande résidentielle d'énergie et l'énergie de chauffage.

Il est admis en France, d'après les travaux de Vallet (1974), se basant sur le modèle de Houthaker et Taylor, que l'élasticité revenu de long terme est positive et supérieur à 1, mais que l'élasticité prix de la demande n'est pas significativement différente de 0.

Azzam et Hawdon (2000), étudient la demande d'énergie en Jordanie, en se basant sur l'analyse des dynamiques moindres carrés ordinaires (DOLS), selon l'approche de Stock-Watson. Ils montrent que l'élasticité Revenu de la demande totale d'énergie est très proche de l'unité, impliquant que la croissance économique est probablement accompagnée par une croissance proportionnelle de la demande d'énergie. Leur approche est très originale car elle évite des problèmes que soulève un modèle à correction d'erreur simple.

Un consensus semble se dégager entre les économistes, en ce qui concerne les variables qui doivent entrer comme explicatives de la demande d'énergie des ménages :

Le prix réel, Pernille H et F.Joutz(2000) ou le prix relatif, Vallet(1974) ; le revenu et plus souvent les valeurs retardées de la variable explicative, pour prendre en compte les effets de long terme.

Il faut remarquer que ces études, n'ont concerné que les pays développés et que les réalités socio-économiques diffèrent sensiblement de ceux de l'Afrique subsaharienne ou 80% des ménages utilisent le bois comme combustible essentiel. Très peu d'études ont été réalisées dans le domaine spécifique du gaz. La plupart des travaux existant sur la demande de gaz restent très loin du cadre d'estimation économique, mais pose plutôt le problème du choix d'énergie de cuisson du ménage.

Boukary Ouedraogo(2004) utilise un modèle logit multinomial pour analyser le choix d'énergie de cuisson du ménage, en milieu urbain au Burkina Faso. Il démontre que la probabilité pour un ménage d'adopter le bois comme principal énergie de cuisson, est de 92,20% contre moins de 6,20% pour le gaz butane.

D'autres auteurs, tels que Hozier(1988) et Campbell et al(2003) étudie la transition de l'utilisation du bois à l'électricité en s'appuyant sur une approche descriptive.

La demande de gaz butane des ménages en Afrique Subsaharienne, n'a donc pas fait l'objet de beaucoup d'études.

Cependant l'analyse de ses déterminants demeure nécessaire pour la mise en place d'une politique énergétique efficace en Cote D'Ivoire.

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984