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La pin-up et ses filles: histoire d'un archétype érotique

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par Camille Favre
Université Toulouse Le Mirail - Master 2 Histoire des civilisations modernes et contemporaines 2007
  

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Al G. Merkling (20 combats Mapping Squadron).

Avant la guerre Al Merkling occupe un poste d'illustrateur et caricature souvent les touristes à Philadelphie. Lorsqu'il est appelé sous les drapeaux en 1942 Al n'oublie pas sa passion : « je n'ai jamais abandonné ma passion. Avant de quitter les Etats-Unis, je faisais le portrait des copains, dans les baraquements, ce qui m'a rapidement valu une réputation d'artiste256(*) ». Al est affecté à un laboratoire dans le Pacifique sud et commence à dessiner ses premières pin-up : « nous sommes arrivés en Nouvelle Guinée avec des avions couverts de peintures de guerre mal faites, carrément bâclées. Quand les copains m'ont demandé d'arranger ça, je me suis empressé de le faire et ils m'encourageaient tous257(*) ! ». Il réalise ensuite des nombreuses peintures sur une douzaine de Liberator, un A.20 et deux C.47 : « les pilotes et l'équipages me suggéraient parfois une idée générale, me parlaient de leur ville natale ou de souvenirs personnels, et je créais quelque chose à partir de là258(*) ». Comme le souligne l'artiste : « je n'utilisais ni calendrier ni images d'aucune sorte ; tout jaillissait de mon imagination. L'argent ? J'étais souvent payé en bières. Parfois, l'équipage évaluait mon travail à deux caisses de bières259(*) ».

Al Merkling ébauche directement ses dessins sur le métal à l'aide d'un crayon de bûcheron : « j'utilisais tout ce qu'il me tombait sous la main : peinture de façade, vernis au shellac ou mélanges d'huiles et d'essence, que je travaillais avec des brosses de peintre en bâtiment préalablement taillées ou avec tout ce que je pouvais trouver. Avec des températures toujours supérieurs à 35, ma peinture cuisait littéralement sur le métal, à peine étalée et le bleu de la livrée crépitait de partout. Comme je ne pouvais pas poser ma main sur le fuselage, il me fallait toujours prévoir une forme de protection spéciale260(*) ». Après la guerre, Al Merkling retourne travailler dans sa fabrique à jouet.

James C. Nickley.

Attiré par les arts dès son plus jeune âge, Nickley doit interrompre ses études pour rejoindre l'armée où, comme beaucoup d'autres artistes, il réalise très tôt qu'aucune affectation ne correspond à ses capacités. Il opte donc pour la photographie et devient technicien dans un laboratoire. Affecté au 6 Photo Group des Blackhawks, il rallie le Pacifique en février 1944, avec les Lightning du 36 Photo Squadron. Il consacre ses heures de liberté aux peintures de guerre, dont les plus célèbre resteront Lucky Strike sur un B.24, et Daisy Mae. Il se familiarise avec le Nose Art : « comme il y avait des bombardiers dans toutes les îles... il a suffi que je réalise une peinture de guerre, pour que le bruit courre et que les commandes pleuvent. Je dois en avoir une centaine à mon actif. La plupart du temps, c'étaient les équipages qui m'en suggéraient le thème. J'ai aussi effectué plusieurs retouches sur des peintures qui commençaient à s'abîmer261(*) ». Sa famille pourvoit à ses besoins en pinceaux et en tubes de peinture à huile, bien qu'il utilise aussi des vernis et quand la térébenthine vient à manquer, il lui substitue du carburant de P.38, à fort indice d'octane.

Rusty Restuccia (494 Bomb Group).

Rusty Restuccia réalise, encore adolescent, de nombreuses affiches publicitaires pour l'entreprise de son père. Il obtient ensuite une bourse pour poursuivre ses études dans le Massachussetts College of Art. Il commence alors à étudier l'art de l'affiche, puis se tourne vers le portrait dans la tradition des grands maîtres. Et la guerre éclate. Durant celle-ci, il est affecté au 494 BG mais c'est au sein du 865 squadron qu'il se fait connaître en réalisant sur les blousons de cuir des aviateurs, le fameux Pluto de Walt Disney, l'emblème de l'unité. Un jour un pilote lui présente une photo de sa femme et lui demande d'en faire le portrait géant sur le fuselage de son Liberator. Rusty Restuccia réussit une oeuvre très ressemblance qui reçoit le nom de Suggin Sal et lui vaut une pluie de commandes, dont on retiendra notamment Sitting Pretty, Bomb Shell, Hawaiien Dream, Innocence A'Broad, Double Trouble, The Bull, Taloa et My Girl of my Dreams, sans compter les innombrables décorations de blousons. Il réalise ses peintures de fuselage en traçant d'abord les grands traits puis progresse par étape en indiquant à l'équipage ce dont il a besoin pour continuer. « Ils se débrouillaient pour piquer de la peinture aux Marines et j'en arrivais souvent à mélanger les pigments jaune orange de différentes variétés de haricots, utilisés pour peindre les canots, par les habitants de l'île Angon avec qui j'entretenais de bons rapports. Je parle de l'époque où nous avions quitté les Iles Mashall et les Mariannes pour Trul et Peleliu. Un jour, les indigènes m'ont aussi apporté un pinceau en poils de cochon ; en guise de pinceau, j'utilisais souvent des brosses, normalement destinées au nettoyage des instruments, que je taillais à ma convenance. A vrai dire, je faisais feu de tout bois...Quant à l'argent ? Je n'ai jamais réclamé un sou262(*) ». Malgré le brillant avenir que laissaient augurer les nombreuses distinctions obtenues avant son engagement dans l'armée, Restuccia renonce à la peinture dès la fin de la guerre, trop handicapé par ses nombreuses blessures.

* 256 Idem, p.96.

* 257 Idem, p.97.

* 258 Idem, p.99.

* 259 Idem, p.100.

* 260 Idem, p.99.

* 261 Idem, p.111.

* 262 «Ibid.»

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard