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Prise en charge de patients colostomisés

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par Emilie GESTAS
 - infirmière diplômée d'état 2007
  

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Le rôle éducatif de l'infirmière

Même si j'ai élargi ma question de départ provisoire, je voulais tout de même, introduire cette partie par l'acceptation du patient colostomisé et ces différentes étapes pour 2 raisons :

-d'une part, il me paraît indispensable pour l'infirmière d'adapter son éducation en fonction du cheminement du patient dans les étapes d'acceptation,

-d'autre part, je m'interroge sur le lien entre l'éducation et l'acceptation du patient colostomisé : peut-il ne pas accepter la colostomie malgré une éducation infirmière ? L'éducation de l'infirmière a-t-elle de l'incidence sur l'acceptation du patient ?

Puis, je continuerai en définissant l'éducation, les soins éducatifs et la démarche éducative afin de comprendre, connaître le rôle infirmier auprès des colostomisés et démontrer l'importance de l'éducation envers ces patients.

L'acceptation

L'acceptation, c'est le fait d'accepter12(*). Accepter c'est prendre, recevoir volontairement ce qui est proposé13(*).

Les patients n'arrivent jamais complètement à accepter leur colostomie mais pour eux, accepter, c'est arriver à vivre avec et que ce ne soit pas vécu comme un handicap.

Cette stomie leur rappelle toujours leur cancer. En effet, en voyant leur poche, ils voient le cancer ; donc pour eux, il est difficile d'accepter. Pour faciliter l'acceptation, il est conseillé de préférer le terme de stomie digestive à celui d'anus artificiel.

Certains facteurs, comme l'inquiétude de bruits, d'odeurs souvent présents, peuvent entraver l'acceptation .

D'après Lacroix A. et Assal J-P. : « Toute personne qui se sait atteinte d'une maladie chronique donc d'une maladie qu'elle va devoir traiter à vie et qui est susceptible d'entraîner des complications, vit la survenue de cette maladie comme une perte-celle de son état de santé antérieur. En réaction à cette perte, se met en place un processus d'acceptation de la maladie, qui s'apparente à un processus de deuil et qui se déroule en plusieurs étapes. »14(*)

Le patient colostomisé doit faire 2 deuils :

- De sa santé, suite à l'annonce du cancer car ce dernier représente la mort

- De son image corporelle, suite à la colostomie ce qui entraîne une perte du schéma corporel.

Pour permettre ces deuils, le patient passe par différentes étapes du travail de deuil avec des retours en arrière possibles :

- La dépression : à l'annonce du diagnostic, le patient est anéanti, il est amputé d'une partie de lui : l'infirmière écoute, rassure.

- Le déni : refus du diagnostic, il est provoqué par l'angoisse, il doit toujours être pris au sérieux et traité avec bienveillance et compréhension et non dans une attitude de jugement et de rejet : l'infirmière instaure un climat de confiance, ne dit pas que c'est rien , dit que c'est un handicap.

- La révolte : colère, injustice, le patient se dit « pourquoi ça tombe sur moi », il est en colère contre toutes les personnes soignantes : l'infirmière évite que le patient rompe avec le Médecin, avec le corps médical. Elle rétablit les liens avec les personnes.

- Le marchandage : la négociation, ils essayent de trouver un compromis : l'infirmière négocie sur des points secondaires,

- L'acceptation : ils font avec, ils essayent de vivre avec. L'infirmière renforce l'éducation personnalisée du patient, lui fait retrouver ses habitudes de vie.

Les patients vont devoir faire le deuil de leur état antérieur en bonne santé. On pourra observer une évolution progressive selon les étapes de deuil. Bien entendu, il est illusoire d'espérer qu'un patient qui nie son état puisse accéder à une autogestion de sa colostomie et il est difficile d'obtenir d'une personne en phase dépressive une attitude active.

Ainsi, selon où le patient se situe dans les différentes phases d'acceptation, les infirmières devront réaliser une éducation personnalisée, adaptée pour l'aider à progresser.

* 12 FOUQUET E., NEEFS H.Dictionnaire Encyclopédique. Paris : Hachette, 1997, p10.

* 13 Ibid.

* 14 ASSAL J-P., LACROIX A. L'éducation thérapeutique des patients. Nouvelles approches de la maladie chronique. Paris : Vigot, 1998.

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