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Analyse des déterminants de l'octroi du crédit bancaire aux entreprises: le cas de Afriland First Bank

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par Césaire AIME TCHUMKAM
Université de yaoundé II soa - Diplôme d'études supérieures spécialisés en gestion bancaire et établissements financiers 2003
  

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I-2. Selon DIAMOND (1984)

Pour DIAMOND (1984), l'avantage comparatif des banques dans le traitement de l'information est déterminant et justifie leur existence. Dans le modèle avancé pour soutenir cette idée, on trouve l'asymétrie ex-post entre prêteurs potentiels et l'entrepreneur à la recherche des capitaux pour investir dans un projet risqué. Les prêteurs ne peuvent connaître ex-post le rendement du projet qu'au prix de l'information coûteuse alors que cette information est gratuite pour l'emprunteur. Or c'est sur la base de cette information que cet entrepreneur reversera une partie des profits aux investisseurs. Dans une telle situation, DIAMOND montre que le financement optimal prend la forme d'un projet à échéance fixe accompagné d'une pénalité de défaut au moins égale à l'échéance.

Afin d'éviter d'être trompé par l'entrepreneur, notamment par le biais du mauvais rendement, fictif, les prêteurs se doivent de surveiller la gestion et les résultats de l'investissement. Ce sont ces coûts de surveillance (monitoring cost) qui peuvent faire naître les intermédiaires financiers.

Les intermédiaires vont, comme chez LELAND et PYLE, procurer le financement des projets sous forme de pénalité et en assurer le monitoring. Mais les institutions ne possèderont un avantage par rapport à un investisseur particulier sur le marché que si le portefeuille est diversifié.

Somme toute, les intermédiaires financiers sont nés de la nécessité d'obtenir et de gérer un certain nombre d'informations qui, soit ne sont pas connues du marché, soit font l'objet de possibilité de sélection adverse. L'avantage informationnel de l'intermédiaire financier réside dans sa capacité à avoir l'information. L'information dont il dispose de part ses activités et son expertise à réduire le risque pour le client. Plus particulièrement, les banques peuvent réduire le risque de leur emploi en actif du bilan au bénéfice de leurs déposants.

En effet, de par leur fonction de distribution de crédit, les banques sont mieux armées que le marché pour établir le risque encouru par une entreprise. Les banques ont, de part leurs pratiques, une estimation des fonds propres requis pour qu'une entreprise puisse mener à bien une opération d'investissement. Le suivi des relations entre une banque et son client est une garantie de l'information de même que la tenue des comptes.

Eugène FAMA13(*) a particulièrement souligné l'arbitrage que constituait pour les banques leur fonction de teneurs de livre. Le contrat passé entre une banque et un client pour un crédit est d'une nature différente du contrat passé sur le marché financier. On retiendra que l'illiquidité de certains actifs s'explique par le fait que leur transmission fait supporter à l'acheteur tous les coûts de surveillance déjà mis en place par le vendeur. Les banques en tant qu'intermédiaires financiers présentent également leur avantage dans le cadre de la délégation du contrôle. Ils les prêteurs sont nombreux, ils réduisent les coûts d'information en déléguant cette tâche à un intermédiaire financier ; agent le mieux placé et mieux qualifié pour l'assurer.

En conséquence, si le contrôleur est un intermédiaire financier (IF), il a un avantage initial en matière d'information. Il se servira de cet avantage pour proposer des placements correspondants à ces clients mais il ne publiera pas l'information de sorte que celle-ci n'étant pas publique, demeurera un bien coûteux. Si l'IF a une activité diversifiée, la qualité de son information en bénéficiera et profitera à ces clients prêteurs. La diversification apparaît comme un facteur de réduction de coût de transaction en ce qui concerne les opérations des IF sur le marché mais aussi comme facteur de réduction de coût d'information. La qualité supplémentaire de l'article de DIAMOND est de montrer clairement que l'avantage comparatif des banques vis-à-vis des marchés ne peut exister que grâce à la politique jointe d'évaluation (création d'information) et de diversification. De l'ensemble des analyses, on peut croire qu'une entreprise dans le contexte d'asymétrie d'information peut avoir besoin d'un prêteur mais une fois l'information obtenue, il n'a plus besoin aussi longtemps de l'emprunteur. Les banques ont été développées de différentes manières pour résoudre le conflit potentiel d'intérêt. Une voie pour les banques de résoudre ce conflit est de prendre des actions dans la firme ou d'avoir des liens d'affaires avec la firme à travers une implication dans le conseil d'administration ou la promesse d'action (c'est le cas par exemple en Allemagne et au Japon où les banques acquièrent des actions des compagnies) et/ou la place (la banque) à la direction ou façonne le groupe ; c'est le cas par exemple des banques japonaises. Une voie alternative de refuser le conflit d'intérêt dans la pure tradition anglo-saxonne implique la création d'un réseau au sein duquel il y a transfert confidentiel d'informations.

Somme toute, en se forgeant une véritable compétence dans le traitement de l'information sur la solvabilité des emprunteurs, l'IF assume le risque de crédit et le gère grâce à la direction des risques. Les contrats qu'ils proposent sont meilleurs que ceux offerts par le marché.

Mentionnons enfin le rôle important joué par les banques dans le financement de projets qui ne peuvent être éligibles au marché financier. Il convient d'indiquer ici qu'accéder au marché financier revient à remplir un certain nombre d'obligations touchant à la fois des informations financières et de crédibilité. Toute chose qui n'est possible qu'aux grandes entreprises de bonne réputation et disposant de fonds propres élevés qui rendent la faillite improbable. Par contre, une entreprise aux fonds propres limités n'ayant pas remboursé un prêt dans le passé ou n'ayant pas encore pu bâtir une réputation de solvabilité devra être évaluée et surveillée. De ce fait, la banque joue un rôle déterminant à l'endroit des entreprises qui peuvent être évincées du marché financier.

* 13 Né à Boston le 14/02/1939, Eugène FAMA est un économiste américain, auteur de la théorie d'efficience des marchés financiers.il est le père de l'hypothèse du marché efficace.

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