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Sagesse et pouvoir. une herméneutique du pouvoir

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par Antoine BASUNGA Nzinga
ITCJ - Baccalauréat canonique en théologie 2010
  

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· 3.1. Communauté et dignité humaine

Dans une étude récente, Bujo précise quelques sont les caractéristiques de la communauté traditionnelle africaine. Il s'agit d'une communauté tridimensionnelle, faite des vivants, des morts et des non-encore-né. « Selon cette conception, la communauté, contrairement à la société, est un tout organique qui n'est pas basé sur un contrat quelconque, mais est plutôt un lien plongeant ses racines dans une alliance qui, elle, opérationnalise généralement une réalité fondée sur une origine commune soit naturelle, soit symbolique »61(*). Après avoir ainsi dépeint la communauté, il déplore le fait qu'il n'est pas rare qu'on entende critiquer l'influence, qu'en Afrique, le groupe exerce sur les individus, aux dépens, dit-on des droits humains. Il rappelle que l'idéal de la tradition africaine, à savoir que la morale est essentiellement basée sur les relations interpersonnelles, n'est pas à confondre avec les manquements qui doivent être corrigés à corriger à la lumière de l'idéal lui-même. L'approche de la liberté en Afrique doit se démarquer par rapport aux schèmes de la conception occidentale qui ont leur propre histoire. Si en Occident, la liberté est vue dans l'autodétermination hautement personnelle de chaque individu (telle qu'elle s'opère dans la problématique kantienne, qui est reprise dans la défense de droits humains), l'éthique négro-africaine exalte l'épanouissement de l'individu dans un véritable « processus qui se déploie à travers l'interdépendance entre individu et communauté, laquelle comprend non seulement les morts et les non-encore-nés, mais aussi le cosmos et Dieu lui-même »62(*). Autrement dit, la liberté individuelle non intégrée dans la communauté n'atteint jamais le niveau d'une liberté communautaire. Celle-ci devait offrir un garde-fou contre les dictatures qui s'imposent aujourd'hui dans le monde.

La dignité humaine est toujours et déjà liée à l'individu en tant que personne avant d'être une dignité collective. « La tradition se préoccupe de la personne humaine en tant que multiplicité intérieure appelée à s'ordonner et à s'unifier, comme à trouver sa juste place au sein des unités plus vastes que sont la communauté humaine et l'ensemble du monde vivant. Synthèse de l'univers et carrefour des forces de vie, l'homme est ainsi appelé à devenir le point d'équilibre où se conjoindre, à travers lui, les diverses dimensions dont il est porteur»63(*). Dès lors, l'on peut se poser la question de savoir comment discuter de la dignité humaine dans une société où tout le monde est conscient de la primauté de la communauté sur l'individu ? Les auteurs s'accordent pour dire que dans la société africaine, c'est la communauté qui détermine l'individu. Certes, mais il est tout aussi vrai que l'individu n'y reste pas inactif. Chaque individu qui, grâce à ses efforts soutenus par la communauté entière, c'est-à-dire celle des vivants et des morts, arrive à réussir dans la vie, contribue en même temps à l'augmentation de la force vitale de sa communauté. Il s'ensuit que toucher à la vie, à la dignité d'un individu, c'est toucher à la dignité de sa communauté. Sans pour autant être instrumentalisé, l'Africain est en réalité débiteur de la valeur de la vie, de la dignité de sa société. Encore que la notion de « société » en Afrique est très éclatée, il est tout à fait possible de discuter de la dignité de l'individu dans la société. La société « en soi » ou encore tout simplement à but « sociétariste » peut ne pas être réellement africaine. L'homme comme individu reste en amont et en aval des projets communautaires. Les objectifs que poursuit la société visent tout d'abord à protéger l'homme en qui la vie atteint son expression suprême. La société offre un cadre à cette vie. Comme fondement de la dignité humaine, la vie est une responsabilité et dans ce sens, il est du devoir de la communauté de veiller à son bon déroulement.

Il est évident que l'individu qui vient à la vie, y entre par la famille. Celle-ci s'inscrit dans le cadre assez plus large de la parenté, dans laquelle les modalités de vie sont régies par des modèles établis en bon fils et bonne fille de sa famille, de son clan l'individu s'y laisse instruire etc. Dès lors, il devient responsable de l'héritage culturel qui l'a façonné. C'est lui qui a formé sa conscience et sa personnalité. Cette « conscience », est un condensé des connaissances et de savoir-vivre, n'est que la participation toujours dynamique de l'individu à la conscience collective de sa société. Autrement dit, dans la société africaine, la complicité « individu-communauté » reste déterminante dans l'appréciation de la dignité humaine. L'individu est l'ambassadeur de la conscience communautaire dont il exprime le caractère propre par des actes concrets. Nous en analysons un aspect dans notre présentation du concept de « l'hospitalité ».

* 61 _ B. Bujo, Introduction à la théologie africaine, Fribourg, Presse Universitaire, 2008, p.141-145

* 62 _ Ibidem.

* 63 _ HAMPATE BA « Notion de Personne en Afrique Noire » Cf. Acte du Colloque International sur La Notion de Personne en Afrique Noire. G. Dieterlen, Dir., Paris, Harmattan, 1993, pp.181-192. La même conception de la personne a déjà été développée chez Buakasa. Cf. Lire la Religion Africaine, Bruxelles, Noraf, 1988, pp. 15-25.

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