WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La critique existentialiste du rationalisme chez Sàśren Kierkegaard

( Télécharger le fichier original )
par Eric MBOCK ABOUBAKAR
Grand Séminaire Saint Augustin de Maroua - Mémoire fin de cycle de philosophie 2008
  

sommaire suivant

INTRODUCTION GENERALE

Depuis le siècle des Lumières, la philosophie moderne s'est trouvée partagée entre deux courants principaux de pensée, à savoir le rationalisme et l'empirisme. Pour les définir de manière sommaire, l'un a tendance à privilégier et surestimer le rôle de la raison et l'autre à tendance inverse, récuse la raison en s'attachant à l'expérience sensible. Et au XIXème siècle, l'évolution exponentielle sur le plan scientifique, et les changements brusques de la société influenceront plusieurs penseurs et philosophes. A la seconde moitié du XIXème siècle, un autre courant de pensée naîtra, ayant pour « père« KIERKEGAARD. Ce courant de pensée appelé Existentialisme est comme le définit VERNEAUX : « une réaction contre le rationalisme en général et précisément contre le rationalisme absolu tel qu'il parut chez HEGEL »1(*).

Contrairement à l'empirisme qui rejette la raison au profit de l'expérience sensible, l'existentialisme kierkegaardien rejette la fameuse pensée abstraite, logique et objective ; il refuse tout système rationnel visant à expliquer l'univers. C'est pourquoi KIERKEGAARD dira : « vous aurez beau dire tout ce que vous voudrez, moi je ne suis pas une phrase logique de votre système. J'existe, je suis libre. Je suis moi un individu et non pas un concept [...] Aucun raisonnement ne peut ni expliquer, moi, ma vie, les choix que je fais, ma naissance, ma mort »2(*). Pour le philosophe danois, ce qu'il y a de mieux à faire, pour toutes les disciplines philosophiques et en particulier pour le rationalisme, c'est d'avoir pour sujet d'étude l'existence humaine dans sa réalité concrète et non les concepts qui ne traitent que de choses abstraites, au point d'affirmer comme HEGEL que le rationnel est réel et le réel rationnel. Car comme le déclare l'auteur des Miettes philosophiques :

« Pour l'existant, d'exister est le suprême intérêt, et l'intérêt à l'existence est la réalité. Ce qu'est la réalité ne se laisse pas exprimer dans le langage de l'abstraction. La réalité est «interesse» entre l'unité hypothétique de la pensée et l'être. L'abstraction traite de la possibilité et de la réalité, mais sa conception de la réalité est fausse interprétation, car le plan sur lequel nous sommes n'est pas celui de la réalité, mais celui de la possibilité [...] Tout savoir sur la réalité est possibilité ; la seule réalité dont un être existant ne se borne pas à avoir une connaissance abstraite est sienne propre, qu'il existe ; et cette réalité constitue son intérêt absolu. L'exigence de l'abstraction à son égard est qu'il se désintéresse pour qu'il puisse savoir quelque chose ; l'exigence de l'éthique, qu'il s'intéresse infiniment à l'existence »3(*).

Face donc à cette manière d'aborder ou de considérer l'homme, une vive critique existentialiste du rationalisme naîtra au XIXème siècle ; critique qui aura pour métronome le philosophe danois Sören Aabye KIERKEGAARD. Cette critique, il faudra le remarquer, sera abordée de manière différente selon qu'on soit un existentialiste athée ou un existentialiste théiste.

Le problème que nous voulons au cours de ce travail étudier est de montrer les limites de la pensée rationaliste par rapport à la question de l'homme en tant qu'existant ; car user de la raison juste peut-il permettre d'aborder l'homme comme cela se doit ? Et l'existentialisme qui critique le rationalisme ne présente-t-il pas lui aussi des manquements par rapport à la question de l'existant ? Sans toutefois se désintéresser à la question de l'existant, elle l'envisage plutôt comme un élément du monde et d'un point de vue objectif et surtout abstrait, alors que la pensée existentielle s'attache principalement et peut être même de manière exclusive à l'homme et vise à pénétrer sa subjectivité et son individualité. Au cours de notre travail, et usant de la méthode analyco-critique, nous présenterons tout d'abord les différentes approches conceptuelles des deux courants, la critique que KIERKEGAARD mène face aux rationalistes, et grâce à laquelle de part sa vision existentielle de la condition humaine, nous pourrons aboutir à un humanisme intégral.

D'une part, nous essayerons à partir des différentes approches conceptuelles de montrer comment chaque courant s'est formé, ce qui le définit et quelle fut son évolution au cours des siècles. Nous présenterons d'abord le rationalisme qui est une doctrine qui pose la raison comme seul moyen pouvant nous conduire à une connaissance vraie, puis nous montrerons qu'au cours des siècles il s'est développé sous l'égide de grands philosophes à l'instar DE PLATON, DESCARTES, et bien d'autres. Nous procèderons de la même manière aussi pour la présentation de l'existentialisme qui est une doctrine qui prône le retour à l'existant, et qui, au cours de son évolution a été portée au plus haut niveau par des philosophes tels que KIERKEGAARD, SARTRE, HEIDEGGER, et JASPERS.

D'autre part, après la présentation de cette approche conceptuelle, au cours de laquelle nous aurons exposé les différentes doctrines, nous montrerons en quoi consistera la critique kierkegaardienne du rationalisme pour qui, il ne saurait avoir un système d'existence, et qui trouvera des abus dans sa considération de l'existant ; abus qui conduira l'homme en s'enfermant dans la raison, sans lui laisser une fenêtre par laquelle entrera la moindre lumière. Et enfin nous essayerons en dernier ressort de relever quelques limites inhérentes à l'existentialisme ; car prônant le retour de toute discipline à l'essentiel c'est-à-dire à l'existant, l'existentialisme a laissé derrière lui quelques aspects importants de la dimension humaine, tel que l'aspect communautaire de la vie de chaque existant ou sa relation avec la divinité. Et la reconquête de ces éléments oubliés nous amènera à faire un dépassement de l'existentialisme afin de tomber dans un humanisme intégral qui prend en compte de manière intégrale la condition humaine.

Pour mener à bien ce travail, nous conduirons cette critique sous l'égide d'un seul philosophe existentialiste à savoir KIERKEGAARD qui sera épaulé de manière secondaire par les positions défendues par d'autres philosophes existentialistes.

* 1 _ R. VERNEAUX Leçons sur l'existentialisme et ses formes principales, Paris, Téqui, 1949, p. 10.

* 2 _ Idem.

* 3 _ S. KIERKEGAARD, Post-scriptum aux miettes philosophiques, Paris, Gallimard, 1941, pp. 210-211.

sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy