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Analyse de l'optimalité de la zone monétaire uemoa dans un contexte d'intégration

( Télécharger le fichier original )
par Sèwanoudé Honoré HOUNGBEDJI
Université de Parakou - Maitrise en Sciences Economiques 2007
  

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Paragraphe 2 : Résultats de l'estimation et interprétation

A) Présentation des résultats de l'estimation 1 - La ~ - convergence

L'écart type est l'indicateur de dispersion retenu pour estimer le processus de convergence des économies de l'UEMOA. Le tableau ci-après révèle les résultats du calcul par type d'indicateur tout au long de la période.

Tableau N°14 : Evolution des écarts types des indicateurs de convergence.

Années Eléments

1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 Normes

R1

2,1

7,3

5

7,5

6,3

4,1

5

6,4

3,8

= 0

R2

15

2

1,7

2,8

0,7

0,8

5,4

1,3

1,9

= 3

R3

162

246

115

202

116

104

107

85

85

= 70

R4

14,4

12

115

155

51,7

47,6

202

167

108,7

= 0

R5

129,5

29,8

9,2

10,2

13,3

17,7

25,5

39,8

24,5

= 35

R6

6,5

21,7

16,7

6,3

7,3

10,6

9,43

10,4

14,6

= 20

R7

22

20,9

17

14,5

17,3

15

17

17

19,7

= 5

R8

2,9

3,7

3,3

2,5

2,5

2,9

2,8

2,9

2,5

= 17

Yit

1,3

11,2

2,6

4,4

4

4,2

3,3

1,1

2,6

 

Source : Calculs de l'auteur à partir des données de la commission de l'UEMOA sur les critères de convergence.

Analyse de l'optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d'intégration 2 - La ß - convergence

L'estimation a été faite à partir des données de panel constituées par les données des pays de l'UEMOA sur une base chronologique de 15 années (1991 à 2005). La méthode utilisée pour cette estimation est la « Pooled Least Squares ». Cette estimation a généré pour ce panel 105 observations (Cf. Annexe 4).

Le modèle estimé est :

TCit = 17.42 -2.89 log (Yio) + 0.13 Zit

(3.08) (-3.01) (2.22)

n =105 ; (.) t de student R2 =0.09

De ce modèle estimé, il ressort que toutes les variables explicatives sont significatives au seuil de 5 %.

En effet, les t de student des paramètres des variables PIB réel initial par tête, les taux d'épargne et la constante sont tous supérieurs à 1.96. Ceci révèle que ces variables contribuent effectivement à l'explication du modèle. Ainsi donc, le taux de croissance réel par tête (TCit) des pays de l'UEMOA repose bien entendu sur le niveau antérieur de son PIB et aussi sur des paramètres structurels comme le taux d'épargne. Cette estimation indique que ces déterminants (Yio, Zit) expliquent à 9% le niveau du taux de croissance réel par tête de cet espace économique et monétaire. Le pouvoir explicatif de ces variables exogènes parait faible au regard du niveau de son R2. Ceci indique que d'autres paramètres pourraient mieux expliquer le TCit.

L'objectif poursuivi par l'usage de ce modèle n'était pas d'identifier les déterminants du taux de croissance réel par tête ; mais par la valeur du coefficient ß, nous puissions mettre en évidence :

- la vitesse de convergence vers l'état d'équilibre ;

- de mesurer la durée (d) nécessaire pour que l'économie comble la moitié de l'écart (écart des économies par rapport à leur état stationnaire) à travers le coefficient ß.

Ainsi donc, cet outil constitue un point de départ essentiel pour toute interprétation économique du modèle.

B) Interprétation

1- La ó - convergence

L'observation graphique de l'allure des courbes est la méthode utilisée pour apprécier le processus de convergence des économies de l'UEMOA.

20

15

10

5

0

97 98 99 00 01 02 03 04 05

R1

R2

Graphique N°7 : Evolution des courbes R1 et R2

Ce graphique montre que ces deux courbes ne sont pas convergentes car l'évolution de leur dispersion est contrastée.

En effet, le trend de R2 (taux d'inflation) révèle que ces pays s'efforcent à faire converger leur taux d'inflation en vue de rendre plus compétitive leur économie via le taux de change réel. Par contre, le graphique 8 ci-dessous révèle quelques remarques.

30

25

20

15

10

5

0

97 98 99 00 01 02 03 04 05

R
R

Graphique N°8 : Evolution R3 et R4

En effet, l'évolution de la dispersion de R4 (Arriérés de paiements) révèle les difficultés rencontrées par les pays de l'UEMOA à éponger les arriérés de paiement. Son trend est instable et donc cet indicateur ne converge pas.

La tendance observée pour R3 (en cours de la dette / PIB) laisse à voir qu'il y a une évolution de la diminution de cet indicateur. De ce fait, ce ratio R3 a entamé un processus de convergence au sein de la zone. De manière globale, seul R3 est l'indicateur de convergence du premier rang qui est resté convergent tout au long de la période d'étude (1 indicateur sur 4 converge).

Cependant le graphique 9 ci-dessous nous présente des résultats non satisfaisants.

140

120

100

40

60

20

80

0

97 98 99 00 01 02 03 04 05

R5

R6

R7

R8

Graphique N°9 : Evolution des courbes R5, R6, R7, R8

En effet, l'allure des courbes liées aux critères de convergence du second rang est instable. Les courbes R5 ; R6 ; R7 ont un trend haussier de 2000 à 2005. Ceci fait soupçonner la présence d'un mécanisme de divergence de ces indicateurs. S'il est vrai que l'évolution de la dispersion de R8 qui est contrasté (taux de pression fiscale) atténue l'ampleur de la situation (non convergence), elle n'est pas trop significative pour apprécier l'effort généré par l'UEMOA afin de dégager des recettes fiscales supplémentaires pour le financement de son économie.

Grosso modo, tous les indicateurs de convergence du second rang ne sont pas convergents sur la période d'étude. Ce constat révèle l'existence d'une contrainte structurelle pesante sur les économies qui les empêchent de réaliser les équilibres internes et externes. De même la courbe 10 indiquant le trend du PIB réel par tête révèle qu'il y a une présomption de la présence d'un mécanisme de divergence de cette variable.

En effet, suite à une contre performance observée en 1998, depuis 2000 ces pays ont entamé un processus de convergence de leur revenu réel par tête. Néanmoins en 2005, cette tendance est renversée et il est observé une trajectoire ascendante de cette courbe. Ce constat serait apparemment dû d'une part, à

l'amélioration des performances économiques de l'UEMOA en 2005 et d'autre part, au non maîtrise de sa démographie.

15

10

5

0

97 98 99 00 01 02 03 04 05

Yit

Yit

GRAPHIQUE N°10 : Evolution de la dispersion des yit (taux de croissance des PIB réels par tête).

En synthétisant l'analyse graphique, sur les neuf courbes, seul R3

a entamé un processus de convergence au cours de la période d'étude. Ce constat sur l'état des convergences de ces indicateurs ressort la question de la crédibilité et de l'effectivité de l'organe chargé de surveiller la convergence des économies de l'UEMOA (Mécanisme de la Surveillance Multilatérale).

De tout ce qui précède il est observé que cet indicateur de mesure (la óconvergence) donne un aperçu global de l'évolution de l'écart type des variables sans pour autant s'interroger sur les déterminants du processus et son rythme de convergence. L'indicateur ß - convergence tout en complétant l'analyse de la convergence des économies vient pallier les insuffisances notées à son encontre.

2- La ß - convergence

Il s'agit ici d'interpréter les paramètres économétriques du modèle estimé. Ainsi donc :

+ ß = -2.89 ; la négativité de cette valeur est conforme aux

propriétés de la ß - convergence.

En effet, ce coefficient fournit le degré de convergence vers l'état stationnaire. Si ß = -2.89 avec n =105 et A = -[Log (1+ ßn)] n ; on a A = 0.024

A extrait de ß montre que la vitesse de convergence des économies est de 2.4%. Cette vitesse parait faible au regard des défis auxquels cet espace est appelé à faire face dans l'ère de la mondialisation des économies qui s'opère par le biais de l'intégration sous régionale.

De même, le coefficient d = 13 [d = (log 2) / A] ; indique que l'UEMOA comblera la moitié de cet écart (convergence vers l'état stationnaire) d'ici 13 années toute chose égale par ailleurs. Pour cette fin, un effort soutenu doit être mis en oeuvre par les responsables de politique économique afin de minimiser cette durée.

+ y = 0.13; ce coefficient est différent de 0. Cet indicateur montre

que la convergence des économies de l'UEMOA est conditionnelle. Les variables structurelles sont différentes d'un pays à un autre. Autrement dit, cet coefficient révèle que le revenu réel par tête de ces pays convergera vers un niveau identique à long terme, indépendamment de leur situation initiale si elles sont dotées des caractéristiques structurelles (Zit) identiques. D'où le PIB réel par tête des pays de l'UEMOA n'est pas convergent. Ces résultats issus de la ß-convergence viennent confirmer ceux de la a - convergence.

3-Validation des hypothèses

~ Vérification de l'hypothèse 1

La première hypothèse suppose que les échanges intra UEMOA sont faibles. A la lumière de nos analyses l'on note que :

- les échanges commerciaux intra UEMOA varient entre 10 et 15% sur toute la période d'étude ;

- les échanges financiers appréhendés par la culture boursière au sein de l'UEMOA sont de 28%.

Ces indicateurs sont tous inférieurs à 50%. Ceci étant, l'hypothèse 1 est vérifiée. ~ Vérification de l'hypothèse 2

La seconde hypothèse suppose que les économies de l'UEMOA ne convergent pas. Les résultats auxquels les analyses ont abouti, montrent que sur 8 à

9 indicateurs de convergence, seul un ratio (encours de la dette/PIB) a entamé un processus de convergence au sein de la zone. Ce qui se justifie par le niveau du taux de convergence (2,4%) révélé par la ß - convergence au sein de l'UEMOA. Etant donné que l'ensemble des indicateurs macroéconomiques n'est pas convergent, il est évident que ces économies ne le sont pas non plus. L'hypothèse 2 est donc vérifiée.

Les résultats issus de cette analyse empêchent de voir en l'UEMOA, une ZMO pour deux raisons :

-la faiblesse des échanges intra (car les indicateurs des échanges intra uemoa sont tous inférieur à 50%) ;

- la non convergence des économies qui trouve sa justification dans le fait que l'ensemble des indicateurs ne converge pas et par ricochet le faible niveau du taux de convergence des économies ainsi observé.

Ces facteurs sur cités sont soumis à une forte disparité au sein des économies de cette zone. Ce qui a pour corollaire, la non symétrie des chocs au sein des économies.

Eu égard à tout ce qui précède, il apparaît donc nécessaire de prendre des mesures de politique économique pour lever les goulots d'étranglement afin d'améliorer les performances en la matière.

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