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Le Bien chez Saint- Thomas d'Aquin

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par Vivien Hoch
Institut catholique de Paris - Licence 2008
  

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I) contexte métaphysique de la notion transcendantale de bien

La science morale s'enracine dans la métaphysique et dans la théologie, car l'homme est partie intégrante d'une nature entièrement tournée vers le transcendant ; de plus, les actes qui constituent l'objet de la morale proprement dite sont déterminés en leur cause formelle et en leur finalité par l'orientation métaphysique de la nature humaine et se réalisent à partir de ses critères. Saint Thomas d'Aquin ne sépare jamais l'homme de sa nature, et la morale n'en est en aucun cas un dépassement ou une quelconque artificialité : c'est en ce sens que l'on qualifie la morale Thomiste de naturaliste. Le cadre de la science morale se délimite ainsi ; et le bien s'y place comme un transcendantal qui est le principe moteur et la fin de tout agir moral - nous y reviendrons par la suite.

Mais avant tout, il faut commencer par définir le cadre théologico-métaphysique dans lequel le monde entier se situe, l'homme et ses actes y compris, car c'est ce cadre qui va délimiter la sphère épistémologique dans laquelle Saint Thomas d'Aquin va énoncer ses vérités. Il convient ensuite de situer la place de l'homme au sein de la nature, car l'homme est intégré au système des êtres et est soumis aux lois métaphysiques ; et c'est cette place qui va déterminer les finalités et les limites de l'homme en tant que sujet et acteur responsable de la science morale, car comment penser ce qui est bon pour l'homme sans connaître le schème métaphysique dans lequel il se trouve, schème qui le détermine en tout ? C'est la question du statut de la nature humaine parmis la création toute entière. Après avoir considéré la place de l'homme dans son contexte naturel et métaphysique, c'est tout naturellement qu'il faut en déceler les lois interne, c'est-à-dire la structure ontologique du monde ; en effet, être une créature parmis un ensemble d'êtres, c'est être soumis aux lois générales de ces êtres. C'est la question de l'analogie de l'être, qui va nous permettre d'anticiper le dernier point : le Bien comme transcendantal.

a) le cadre théologico-métaphysique de la morale

La nature dans sa totalité est entièrement tourné vers Dieu comme son principe, son fondement et sa fin dernière, et la Révélation identifie Dieu comme étant le Bien absolu ; l'être humain n'échappe pas à cet état de fait et toute réflexion morale doit s'inscrire dans cette dynamique métaphysique, car l'on trouve chez Saint Thomas une continuité parfaite entre la morale et la métaphysique, tout comme il existe une continuité parfaite entre la nature humaine et la destinée surnaturelle. C'est d'ailleurs cette continuité qui est le principe d'unification de l'homme avec le monde et avec Dieu dans toute son oeuvre. La créature raisonnable qu'est l'homme dans le monde en tant que système de choses est pris dans cette dynamique qui part de Dieu comme en son principe et qui y retourne de façon rationnelle (Somme théologique, Ia, qu. 44, art. 4) : c'est le mouvement de l'exitus reditus où l'homme provient de son Créateur et y retourne au moyen d'actes ordonnés à sa propre nature (Somme théologique, Ia, prologue de la question 2). Dieu imprime donc une direction aux choses en les créant, et la direction imprimée à la créature raisonnable est de retourner à Dieu au moyen de leurs actions qu'ils choisissent eux-mêmes librement (qu. de veritate, qu.13, art. 1 et 2). Nous verrons que l'homme est une créature qui possède le libre-arbitre : elle peut choisir librement les moyens qui vont lui permettre d'acceder à cette fin ultime. C'est la question du choix de ces moyens corrélatifs à cette fin ultime qui constitue le propre de la science morale pour saint Thomas.

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