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Evaluation des conditions de mise en oeuvre des normes issues des directives CEE/ ONU dans la production des noix brutes de Cajou à  Kouandé, Atacora, Bénin

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par Boris HOUENOU
Université d'Abomey- Calavi faculté des sciences agronomiques - Diplôme d'ingénieur agronome, option économie-socio-anthropologie et communication pour le développement rural 2008
  

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2. 1 .2.3. Description de l'arbre

Port

L'anacardier est un arbre formant un feuillage en dôme et pouvant atteindre 20 m de hauteur avec un diamètre de tronc à hauteur d'homme de 25 cm en conditions favorables. Le fût est relativement court et généralement bas branchu donnant une apparence d'arbre étalé. Le tronc est rugueux, résineux, légèrement gris ou brun (Jayaweera, 1981et Johnson, 1973et Meijer, 1983et Purseglove, 1968et Van Eijnatten, 1991et Chadha, 1985). L'anacardier a un port hémisphérique (globuleux) de type arbre fruitier et la hauteur indiquée plus haut est seulement possible dans son aire originale. Dans nos conditions, elle dépasse rarement à 10 m environ. Lacroix (2003) remarque qu'à Bassila 2

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la hauteur avoisine 10m et le tronc peut atteindre un mètre de diamètre à la hauteur de la poitrine (soit 1,3 ou 1,5 mètres de haut). La concurrence arborée occasionne une compétition pour la lumière qui amène l'anacardier à pousser ses branches le plus loin possible dans la cime de l'espèce concurrente, mais jamais à l'intérieur car ses bourgeons ont besoin de lumière pour se développer. Le port s'en trouve alors tourmenté, avec un fût court et tortueux. En cas de concurrence herbacée ou de pauvreté du sol, la densité de son feuillage diminue et au lieu d'avoir un port touffu, il adopte un port lâche qui produira peu de fleurs et peu de fruits.

Feuilles, branches et bois

Les feuilles de l'anacardier sont simples, alternes, oblongues, lancéolées ou ovales, arrondies au sommet, cunées à la base, parcheminées, glabres, coriaces et possèdent une cuticule épaisse avec des nervures saillantes à la face supérieure. Elles mesurent de 7 à 18 cm de long sur 5 à 12 cm de large et sont portées par un pétiole de 1 à 2 cm environ, épaissi à la base. Le limbe est cassant et le pétiole aussi à sa base. La couleur de la face supérieure des feuilles est vert foncé et est plus claire sur la face inférieure. Les feuilles sont marquées de 10 à 15 paires de nervures latérales.

Les branches sont extrêmement sensibles au feu, et lorsque les branches sont détruites par le feu, il faut de longues années avant que l'arbre ne refasse sa couronne et ceci d'autant plus que l'arbre est âgé. A l'état naturel, les branches touchent rapidement le sol et peuvent même provoquer des marcottes naturelles.

Fleurs et leur physiologie

L'anacardier porte à la fois des fleurs unisexuées mâles et des fleurs hermaphrodites. De couleur blanche ou jaune pâle striées de rose ou rouge- vert, elles sont nombreuses, regroupées en panicule ou cymes terminales et sont odoriférantes. Les pétales sont au nombre de 5 avec 10 étamines. Les fleurs sont couvertes de larges bractées légèrement pubescentes. Les fleurs hermaphrodites sont

2 Kouandé et Bassila partagent la même aire de distribution et des conditions climatiques similaires.

groupées en racèmes, d'un côté de la branche. L'espèce est donc allogame, ce qui rend difficile le processus de sélection en faveur de l'amélioration de cette plante (Tandjiekpon, 2005). Les fleurs apparaissent généralement vers la fin de la saison des pluies aux endroits de la couronne touchés par les rayons du soleil. Il faut donc à l'anacardier beaucoup de lumière pour donner le maximum de rendement. Il est important de prendre en considération cet élément dès le semis de manière à offrir à l'arbre une place suffisante tant en surface qu'au niveau du système radiculaire. Dans le cas où les arbres auraient été plantés trop près les uns des autres et se toucheraient, la floraison n'apparaîtrait plus alors que les branches forment une table au sommet de l'arbre et pourrait entraîner une déperdition de la fructification de l'ordre de 30%. Au Bénin, la récolte court de Janvier à Avril avec le pic en Février et Mars.

Ce point est essentiel pour comprendre la culture de l'anacardier. Les bourgeons floraux sont héliophiles. Les fleurs apparaissent là où le soleil atteint les bourgeons. Dans le cas d'arbres serrés et qui se touchent, la surface de floraison et de fructification est réduite et la production également (moins 30 % environ, parfois plus) (Lacroix, 2003). De plus, la concurrence racinaire diminue la qualité des fruits. La surface de la couronne exposée à la lumière conditionne la productivité de l'arbre individuel. Une plantation en quinconce devrait théoriquement donner de meilleurs résultats qu'une plantation en carré. La question de la densité impacte donc beaucoup la production et la qualité des noix récoltées. La première floraison peut subvenir après 2 ans ou plus et la production normale commence vers 5 à 7 ans. Si l'arbre est planté dans des zones bénéficiant de deux saisons sèches3, il pourra fleurir à deux reprises au cours de l'année. La fructification se passe en deux temps. La noix de cajou se développe en premier lieu jusqu'à atteindre sa taille et volume maximaux (en 30 à 35 jours) et puis le pédoncule, jusque là normal, se développe considérablement et très rapidement jusqu'à devenir la pomme de cajou, charnue. Lors de cette phase, la noix placée sous le faux fruit perd de l'humidité, diminue de volume, s'assèche, se rétracte et durcit. Le fruit de l'anacardier offre donc un aspect inhabituel : la noix ressemble à un appendice placé sous la pomme. Les noix sortent également de l'ordinaire : elles sont réniformes (en forme de rein), de 2 à 5 cm de long et de 1,5 à 3,5 cm de large selon la variété. Une fois à maturité, le fruit se détache de l'arbre et tombe sur le sol où il devra être ramassé très rapidement afin de lui conserver toutes ses qualités et d'éviter qu'il ne soit attaqué par des ravageurs, des insectes ou autres champignons. En cela la période de récolte et les opérations pré-récolte représentent des données fondamentales de production de noix d'une certaine qualité ou répondant à des normes précises.

3 Kouandé bénéficie du climat soudanien avec juste une saison sèche par an.

La noix et la pomme de cajou

La noix (de cajou) grise ou brune et qui pèse le tiers du poids du fruit entier, est un akène4, qui atteint son plein développement en un mois environ après la fructification. Sa dimension est de trois à cinq centimètres. Elle est composée d'un péricarpe dont la partie intérieure est très dure et la partie extérieure, spongieuse et d'une amande comestible qui est riche en huile et en sucres, l'anacarde ou kernel en anglais. Entre les deux structures du péricarpe, on découvre

une partie plus molle en «ruche d'abeilles« contenant un liquide visqueux brun foncé qui rendra assez difficile l'extraction ultérieure de l'amande du fait de sa toxicité et de sa haute caus ticité. Ce produit toxique est appelé baume de cajou, ou en anglais CNSL (Cashew Nut Shell Liquid). Il s'agit d'une résine phénolique aux propriétés très particulières qui contient 90% d'acide anacardique et 10% de cardol. Cette substance est notamment utilisée dans des applications d'ordre industriel. (Jayaweera, 1981et Johnson, 1973et Meijer, 1983 et Purseglove, 1968et Van Eijnatten, 1991et Chadha, 1985 cités par A. Tandjiekpon, 2005).

La queue charnue (pomme) a une forme de poire rouge, jaune ou orange ou rouge écarlate selon la variété, mesurant cinq à dix centimètres de longueur et contenant un jus sucré, acide et astringent appelé pomme cajou. Elle possède de grandes qualités anti-scorbutiques en raison de sa teneur en vitamine C qui est environ cinq fois plus élevée que celle d'une orange. (Jayaweera, 1981et Meijer, 1983et Van Eijnatten, 1991). Il représente en moyenne les 4/5ième du poids total de l'ensemble du fruit (noix et pomme), (URF, 2000). La composition en nutriments est présentée dans le tableau N°1.

Tableau N°1 : Valeur nutritive moyenne pour 100g

 

Valeur nutritive moyenne pour 100g

 

Eau: 4,0 g

fibres : 3,5 g

valeur énergétique : 600 kcal

en kJoules : 2508

Protéines: 18,6 g

lipides : 49,3 g

glucides : 20,5 g

sucres simples:

Oligo-Eléments

 
 
 

Potassium : 668,0 mg

phosphore : 466,0 mg

magnésium : 252,0 mg

calcium : 38,0 mg

Sodium: 14,0 mg

fer : 5,20 mg

cuivre : 3,70 mg

zinc : 2,10 mg

Manganèse : 0,80 mg

nickel : 0,50 mg

fluor: 0,14 mg

molybdène : 0,01 mg

Vitamines

 
 
 

vitamine B1 : 0,43 mg

vitamine B2 : 0,16 mg

vitamine B3: 1,80 mg

vitamine B5: 1,60 mg

Acides Gras

 
 
 

Saturés :

mono-insaturés:

poly-insaturés:

cholestérol:

Source : Raintree Nutrition, 2008

4 Fruit sec qui ne s'ouvre pas, mais se détache entièrement de la plante mère

Racines et leurphysiologie

Le système racinaire de l'anacardier est formé souvent d'une racine pivotante centrale et des ramifications racinaires latérales horizontales. La racine principale peut atteindre 3 m de profondeur. Lorsque le diamètre de la cime atteint deux puis quatre mètres, les racines latérales produisent de nouveaux pivots à 2 puis 4 mètres environ du tronc à partir des racines latérales, ce qui est très particulier et essentiel à comprendre pour la culture de l'arbre.

Les racines à l'âge de 9 mois ont une longueur égale à environ 1,5 fois la hauteur du plant. Sachant que le pivot central ne doit pas être coupé puisque son bourgeon terminal n'est pas remplaçable, on peut théoriquement conseiller de planter la graine en semis direct ou le transplanter avant que l'extrémité du pivot n'atteigne le fond du sachet de pépinière. Si on veut utiliser la technique des sachets en pépinière, le temps de pépinière ne doit pas dépasser 45 jours avec de grands sachets, sous peine d'avoir des plants dont la racine pivot centrale serait coupée et d'avoir des plants à croissance faible dans les premières années. On comprend facilement l'importance de la grandeur de la trouaison (trou de plantation) lors de la plantation, afin de faciliter le développement de cette racine pivotante fragile dans le jeune âge. La trouaison est une question de norme de production pour produire en quantité et en qualité des noix de cajou.

Les racines de l'anacardier entrent rapidement en concurrence lorsque les racines de deux arbres proches se rejoignent. En effet, dans la région de Bassila, l'approvisionnement en eau est faible surtout en fin de saison sèche et il est souhaitable que l'arbre reçoive un maximum d'eau afin de produire des noix dans les meilleures conditions possibles. L'anacardier est une espèce à croissance rapide et, comme toutes les espèces de ce type, elle est très exigeante en eau (Lacroix, 2003). Dans le sol, les racines couvrent un diamètre un peu plus large que la projection des branches au sol. En clair, si l'on a une cime de 22 mètres de diamètre, on peut trouver des racines sur un diamètre de 24 ou 26 mètres. Ainsi, dès que deux arbres ont des branches qui ne sont plus séparées que d'un mètre, leurs racines entrent déjà partiellement en compétition. Dès que la concurrence joue, les fruits n'arrivent plus à se développer de la même façon. Si la concurrence est forte, on se retrouve avec des noix et des amandes plates, de faible poids et de mauvaise qualité. La densité de semis ou de la plantation adulte, est donc une notion importante qui entre en ligne de compte de norme de production de noix de qualité.

Vu que l'anacardier réagit à la sécheresse en étendant son système racinaire latéralement
(horizontalement), l'écartement doit être d'autant plus grand que le sol est sec ou l'eau indisponible.
Le non respect de cette consigne conduit à des arbres malingres dont la production à l'hectare en

noix de cajou est très faible. Les anacardiers consomment environ entre 2 et 2,5 kg d'azote par ha et par an à l'âge adulte. Les racines verticales peuvent descendre à plus de 6 m de profondeur dans un sol bien oxygéné.

Les racines de l'anacardier en sol argileux ou asphyxique, du fait du manque d'oxygène, ne dépassent pas 2 m de profondeur. Le guide technique de l'INRAB indique, en effet, clairement que la plantation d'anacardier ne peut prospérer sur un sol inondé ou hydromorphe. Un calcul réalisé pour la région de Parakou indique que l'écartement entre les lignes doit être de 134 % du diamètre de la couronne à l'âge de 20 ans (Lacroix, 2003). Ce qui fait bien plus que ce qui est couramment admis. Moins le sol est profond, moins le sol peut retenir d'eau, et plus l'écartement entre les lignes doit augmenter et dans le pire des cas un écartement de 20 à 25 m sera conseillé, mais pas plus. Mais de manière générale, l'INRAB conseille 10mX10m comme écartement.

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