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Evaluation des conditions de mise en oeuvre des normes issues des directives CEE/ ONU dans la production des noix brutes de Cajou à  Kouandé, Atacora, Bénin

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par Boris HOUENOU
Université d'Abomey- Calavi faculté des sciences agronomiques - Diplôme d'ingénieur agronome, option économie-socio-anthropologie et communication pour le développement rural 2008
  

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2.1.3.2. L'approche des sciences technologiques et sociologiques

Les etudes de technologie et des societes emergent des disciplines de philosophie et de sociologie.

ü Le constructivisme social

Dans le modèle de construction de la technologie (SCOT) les participants, composes de groupes sociaux pertinents/dominants et à travers leurs interactions, creent les technologies et les artefacts technologiques à travers un processus d'interpretation flexible.

«Dans ce modèle descriptif, un artéfact ne peut soudainement muer en un résultat, un acte momentané d'un inventeur héroïque et plutôt, il est graduellement construit ou déconstruit dans les in teractions sociales des groupes sociaux dominants» (Bijker, 1993: p119). Les normes formelles/officielles peuvent 'etre perçues comme une creation de ces groupes sociaux.

ü La flexibilité interpretative

L'interpretation flexible est le processus par lequel ces groupes sociaux varies donnent un sens et une utilite à ces artefacts, et par lequel ces artefacts doivent trouver differentes applications comme envisagees par les inventeurs originels ou developpeurs. La traduction des exigences morphologiques et de poids des noix de cajou, etablissant la norme de qualite, en des conduites de plantations est bien une expression de cette flexibilite interpretative.

ü Les ensembles sociotechniques

En reaction aux approches traditionnelles positivistes des sciences politiques et economiques, et au reductionnisme du determinisme technologique, l'ecole des STS a allie les elements technique et social dans une interaction dialectique avec une analyse finale : «le technique est socialement construit et le social est techniquement construit». Dès lors que les normes techniques sont socialement construites à travers un corps dynamique de principes, ces theories suggèrent que l'operation des ensembles sociotechniques et leurs groupes sociaux dominants peuvent servir de base à la theorie de normalisation. Le constructivisme social offre une plateforme theorique sur laquelle les theories de normes sont à construire et l'arène des normes offre une place pour atteindre le but du projet constructiviste.

Les reglementations et normes peuvent 'etre etudiees comme activant et supportant les reseaux de firmes et d'autres groupes dominants qui sont engages dans la construction de la technologie.

2.1.3.3. L'approche des théories de la sphère publique

Cette approche met les «protagonistes>> de la fabrication des normes dans une position d'acteurs intervenant dans une arène, ici publique, où le pouvoir, sa détention et son usage sont les éléments déterminants.

Discours éthique

L'établissement des normes peut être vu comme une forme de disc ours éthique tel que défini par Habermas. L'essence de ce discours éthique est que les principes éthiques universels et la relation entre justification, et l'application des normes peuvent être socialement construites à partir du discours rationnel basé sur le langage. Dans ce modèle, Habermas poursuit son exposé en engageant la proposition selon laquelle les normes réellement bien négociées peuvent être déterminées à travers le consensus et le groupe suivant les principes procéduraux du discours rationnel et lesquels principes impliquent ce qu'il appelle «le discours idéal>>.

La sphère publique

C'est un forum pour le discours éthique qui repose essentiellement sur ces principes de discours idéal ou règles d'argumentation. De tels principes comprennent l'accès libre, les droits égaux de participation, la véracité de certains participants, l'absence de coercition, etc. La notion propre à l'idée de la sphère publique donnant les principes du discours idéal, est que l'homme raisonnable devrait être à même d 'aboutir au consensus ou à un agrément substantiel sur les issues de l'intérêt mutuel.

L'établissement des normes peut être aussi vu comme une forme de sphère publique qui donne corps à une pratique sociale spéciale. La sphère publique telle que conçue par Harbemas est un espace public conceptuel où les privés se mettent ensemble pour engager le discours rationnel sur les matières d'intérêt mutuel.

L'action communicative

Habermas (1983) propose pour résoudre le conflit entre privé et public, l'intersubjectivité par laquelle les intérêts subjectifs du conflit sont évacués à travers la création discursive de l'opinion publique qui reconnaît l'égalité des droits privés et publics.

Pour l'auteur, la démocratie légitime procéderait non pas seulement de la majorité mais par la qualité discursive de la délibération qui a abouti à la décision. L'établissement des normes à contrario de la législation et de la gouvernance démocratique usuelle, n'est pas seulement une question de majorité mais surtout de consensus.

Le processus de la rationalité discursive transforme les disputes normatives en satisfaction mutuelle : c'est le discours pratique. Il propose trois étapes pour ce discours : les participants doivent parler le même langage naturel suivant les mêmes conventions générales et les participants doivent désirer l'aboutissement à un agrément et doivent défendre ce qu'ils pensent être bon et et les participants doivent fournir les arguments, preuves de leur assentiment, et non simplement être à la recherche de comportements commodes ou résultats.

Au troisième niveau, il trace la distinction entre l'action stratégique qui concerne seulement les résultats externes (influence politique, menaces, coercition, rhétorique utilisée...) et l'action communicative qui concerne la valeur du meilleur argument. L'action stratégique introduit les distorsions dans le processus du discours idéal.

L'établissement des normes a été longtemps perçu pour institutionnaliser ces mêmes règles d'argumentation basée sur l'action communicative, peut-être avec la mesure du succès.

Les processus officiels de fabrication des normes sont constitués de procédures et règles qui se retrouvent dans le discours idéal habermasien, ses règles et son argumentation. Les directives opérationnelles des organisations internationales de normalisation (ISO, IEC, JTC, ITU, IEEE, etc.) et la plupart des organisations nationales ou régionales (CEBENOR, ANSI, CENELEC, etc.) s'appuient sur la liberté, l'ouverture, l'inclusion des «parieurs», l'adhésion libre et le consensus dans la décision et lesquels principes sont compatibles avec le modèle du discours idéal. Sous cet angle, la pratique officielle de fabrication des normes est décrite comme une sphère publique revitalisée dans un contexte de société (technologique/industrielle) moderne.

Force est de constater que cette pratique est sujette à plusieurs formes de distorsions. Avant qu'elle ne fonctionne comme une sphère publique, elle doit s'intéresser à l'identification des «parieurs», leur degré de participation et le rôle de l'expertise et l'accès public. Le degré auquel cette pratique actuelle s'écarte du discours idéal et de la théorie de l'action communicative a donné lieu à deux autres théories : théorie de la rhétorique, issue des sciences de communication et théorie d'analyse institutionnelle issue des sciences politiques.

L'approche des théories de la rhétorique

La rhétorique est l'étude et la pratique de la communication anthropocentrée, parlée ou écrite et et c'est peut-être la plus ancienne des disciplines, née dans la Grèce Antique et longtemps considérée comme indispensable.

La rhétorique est la persuasion - et les institutions juridiques (ex- législative et judiciaire) et de normes
(ex : normalisation) - sont aussi de la persuasion. L'abstraction de l'«action stratégique» par Habermas

n'est pas sans équivoque. Hauser (1999) a critiqué cette approche et propose un modèle rhétorique plus large de la sphère publique - dans lequel les observateurs habermasiens dépendent du discours idéal et de la sphère publique et ainsi << de la compétence des participants et de la validité rationnelle de leur discours...» qui exclut plusieurs arènes où se joue le dialogue public - et <<établit les critères de communication qui sont peu compréhensifs par rapport à l'essentiel rhétorique».

Hauser appelle à un modèle rhétorique de la sphère publique qui met en relief <<un réseau de sphères discursives» comprenant la société civile dont certains membres <<engagent chacun un dialogue continu sur les problèmes publics, les corps constitués et les challenges dans les domaines pour la formation de <<l'opinion publique». Bien que Hauser se réfère à la société en général, le caractère rhétorique et les croyances idéologiques évidentes dans le discours sur les normes, présentent une difficulté pour les membres des comités de fabrication des normes dans l'agrément des discours dominants et et il est clair que l'atmosphère du discours rationnel n'est pas toujours une réalité. A cela, Habermas pourrait répondre qu'un tel discours n'est pas compatible avec les règles du discours idéal et ne constitue pas une action communicative. Mais que faut-il faire ? La pratique de fabrication des normes ne constitue pas un réseau de <<sphères discursives» ou publiques et, peut-être les <<règles» nécessaires sont néanmoins reconnues par les pratiques rhétoriques et donc elles peuvent être effectivement séparées de celles rationnelles.

L'approche de l'analyse institutionnelle

Steinmo (1994, pp106-131), dans cette approche, examine le rôle des institutions, un rôle différent de celui de la culture dans le processus délibératif. Son étude sur les approches américaines de législation pour le bien-être versus celles d'autres nations occidentales, a identifié les voies par lesquelles l'élite ou les organes institutionnels «...constituent essentiellement ceux qui participent effectivement à la politique, comment ils doivent être organisés et qu'est ce qui estpossible d'atteindre ? - irrespectueux de nos idéologies et valeurs».

Les mécanismes identifiés par Steinmo sont particulièrement utiles dans la compréhension des différences institutionnelles et historiques entre les structures de fabrication des normes lorsqu'on passe des USA à l'Europe et à l'Afrique. Le problème n'est donc pas que culturel, mais surtout institutionnel.

Le processus de fabrication ainsi analysé par la littérature est un processus d'élite dans lequel les producteurs de noix de cajou du Bénin ne se frayent aucun passage. Les exemples, mêmes de normes établies au niveau national en sont si éloquents que les producteurs ne se retrouvent pas comme acteurs membres de comités de fabrication des normes. Cela s'accentue lorsqu'on monte dans les structures internationales où la réalité ne s'écarte pas trop de la théorie de domination ou de dépendance (voir Paul Baran, 1957 et A. Gunder, 1970).

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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