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Le pouvoir de la population sur son environnement! Cas du Plateau de Millevaches

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par Julien Dupoux
Université Paris Sorbonne IV - master 2 2012
  

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Conclusion au chapitre : des leviers de pouvoir à l'épreuve de l'échelle

Sur le Plateau de Millevaches, j'avais dégagé quelques moyens utilisés par les habitants pour être les acteurs de leur territoire, des moyens qu'ils pouvaient percevoir comme des leviers de pouvoir : la propriété, l'influence -en particulier culturelle-, les liens entre collectifs et l'expérience d'un fonctionnement sans chef. On retrouve plusieurs de ces moyens dans divers endroits, mais différemment agencés. Le découpage que j'ai fait des leviers de pouvoir pour le Plateau est conditionné par ce que j'ai cru observé. Ailleurs, on pourrait peut-être citer le « terroir » comme grand axe avant de le découpler entre propriété, savoir-faire et culture. Certains écrits qui traitent d'aménagement du territoire et de pouvoir, ou certains romans locaux, évoquent aussi ces leviers de pouvoir. Eux aussi peuvent les utiliser dans un cadre différent mais le rôle de la culture ou la recherche d'une démocratie directe, sans tête, sont souvent mentionnés.

Les relations avec les institutions sont variables selon les cas, les habitants ou collectifs y étant plus ou moins intégrés. Mais la participation ou la présence dans une institution, possiblement envisagée comme pouvoir, n'est en réalité qu'une position de pouvoir. Position plus ou moins élevée selon l'échelle institutionnelle considérée. Le levier de pouvoir ne perd pas, lui, en impact sur son environnement avec le franchissement des échelles mais gagne en reconnaissance, en autorité peut-être. C'est aussi le regard des autres, depuis une autre échelle, qui lui donne crédit de son rôle.

Le fait d'avoir différencié position de pouvoir et pouvoir, remet aussi en cause les qualifications de « leviers de pouvoir » que je viens de donner pour diverses actions. La propriété, par exemple, n'est-elle pas finalement un statut, une position de pouvoir ? Ce n'est pas parce qu'elle est utilisée par les habitants (au lieu des institutions qui par leur nature représentative ne peuvent intégrer que quelques-uns) qu'elle est pour autant un facteur de pouvoir. Facteur très relatif d'ailleurs. Et l'idée que c'est justement en n'exerçant pas un pouvoir qu'on le reconnaît, qu'on le perçoit, que l'on a du réellement du pouvoir remet

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d'autant plus en cause la définition de mes leviers de pouvoir. L'influence peut n'être qu'une autorité exercée sans choix ; un même levier selon qu'il veut conquérir ou laisser du pouvoir perd ou gagne sa valeur d'usage, sa réalité de levier de pouvoir. Et si l'habitant n'est plus distingué de son habitat mais dépendant, composant et composé de ce dernier, l'exercice du pouvoir sur le reste que lui devient inepte. Et il lui suffit d'avoir du pouvoir sur lui-même pour avoir, par liaison, du pouvoir sur son environnement. Il devient la géographie.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



BOSKELYWOOD from Ona Luambo on Vimeo.