WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Quel est l'impact de l'impression 3D sur la supply chain ?


par Stéphane RUFER
Université Paris Dauphine - Master II "Supply Chain International" 2014
  

précédent sommaire suivant

Chapitre 5 : La nouvelle organisation des processus Supply Chain

Ce cinquième chapitre est davantage un avis personnel sur les tendances et les perspectives sur l'impression 3D.

Soyons clair. Je parlerai bien entendu ici que de petites et moyennes séries. Si le produit vise un marché de plusieurs dizaines de millions de personnes et qu'il est tout à fait standardisé (grandes séries), les moules à injection restent encore la meilleure solution. Par contre, si l'objectif est de proposer une expérience unique, personnalisée et adaptée à chaque client, l'impression 3D va permettre de tirer les coûts vers le bas tout en court-circuitant le nombre d'intermédiaires.

Pour relever le défi du passage à l'impression 3D, les industriels vont devoir revoir toute leur organisation Supply Chain tant les conséquences pour eux sont importantes.

1. Les bonnes questions à se poser

Avant de se lancer dans l'aventure de la fabrication additive, les directeurs Supply Chain pour anticiper cette nouvelle technologie et modifier en conséquence leur organisation logistique devront se poser les bonnes questions.

La première d'entre elles, la plus basique mais sans doute la plus importante : « Quelles sont parmi les pièces que je commercialise celles qui sont éligibles à l'impression 3D ? ».

Cette question doit être étudiée à la fois d'un point de vue technique, financier mais aussicommercial.

Au niveau technique, on jugera de la faisabilité pour le matériau requis et de la possibilité de combiner plusieurs matériaux.

Au niveau financier, on mettra dans la balance la rentabilité de l'impression 3D en prenant en compte l'ensemble des coûts du produit (production, transport, logistique, ...) et celle de la production dite « traditionnelle ».

Enfin, au niveau commercial, dans la stratégie Achats (cf cours du Master II de Natacha Tréhan), on se penchera sur les véritables motivations et besoins des clients des industriels pour imprimer les objets en 3D : qualité, coût ou et délai ? Sachant qu'ils cherchent de plus en plus à se distinguer à la fois par les coûts et par la différenciation. L'occasion également de faire une analyse de la valeur ainsi qu'une analyse fonctionnelle du produit (nécessité pour cela d'un cahier des charges plutôt fonctionnel que technique). Une autre piste consiste à chercher d'éventuels matériaux de substitution, voire un nouveau design moins consommateur de matière. Il faudra alors idéalement travailler sur une re-conception à coûts objectifs pour le produit dans sa globalité.

Tout dépendra bien évidement du type d'achat, fonction de l'engagement financier et du niveau de risque de l'entreprise : achats lourds, achats stratégiques, achats simples ou achats risqués.

Deuxième question : « Suis-je suffisamment équipé pour me lancer dans l'impression 3D ? »

Au-delà de l'aspect matériel avec l'acquisition de ces imprimantes et de l'investissement financier qui est requis vient le souci de formation des équipes. L'objectif est de maîtriser l'étendue des possibilités des imprimantes 3D, d'identifier les qualités et contraintes de leur usage, d'étudier la législation du numérique et d'être maître de la chaîne numérique : du scan 3D à l'impression 3D pour passer du réel au virtuel et du virtuel au réel.

Dernière question : « Où positionner ces machines à répliquer en 3D pour être au plus près de la demande ?»

Directement chez le fabricant ? Chez de nouveaux fournisseurs de proximité qui détiendraient des machines par matière ?Chez des prestataires de service type La Poste ? Directement chez le client ? La logique : plus on se rapprocherait du client, plus les flux logistiques se simplifieraient (réduits à la simple fourniture de matières premières) et les flux d'information se complexifieraient (envoyer le bon plan à la bonne machine, de manière sécurisée pour protéger les secrets de fabrication).

Je pense sincèrement que les services d'impression 3D en ligne de type Sculpteovont être amenés à se développer largement en France, en Europe et Outre-Atlantique.

Quant à la localisation des imprimantes 3D, elle se positionnera soitdirectement chez l'industriel pour les grandes entreprises soit sur de grands centres régionaux pour les PME.

précédent sommaire suivant