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Monographie du village Baloumgou, village bamiléké


par Juscar NDJOUNGUEP
Université de Yaoundé I - Master II 2008
  

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L'OCCUPATION ADMINISTRATIVE DU VILLAGE BALOUMGOU

Après de longues tentatives d'occupation du village baloumgou par voie du conflit armée, les Bangou oeuvrèrent pour une conquête par voie administrative. À ce sujet les informations qui nous sont rapportées expliquent que le chef TAYO II continua l'oeuvre machiavélique de son père change de tactique. Car comme le disent nos informateurs se croyant plus rusés et plus éduqués adoptèrent une conquête par la voie administrative. A ce sujet le décret ministériel de 1975 portant sur l'organisation des chefferies traditionnelles aux Cameroun a été monté de toute pièce par le représentant du chef Bangou, feu Djomo Christophe alors en exile, ceci dans le but de marginaliser le village Baloumgou et d'y créer une confusion totale dans l'esprit des congénères et population baloumgou. Comme nous le rapporte un fils Baloumgou le nommé DJOMO Bertrand :

« Ce qui figure dans l'arrêté préfectorale No 91/AP/DM de 1967I, n'est que le fruit d'un montage soigneusement réalisé sur la dictée du feu Djomo Christophe.  En effet l'article premier de cet arrêté précise très bien qu'il s'agit des sous chefs et de chefs de quartiers. Toutefois une question liée à la signature de cet arrêté reste d'actualité à savoir pourquoi cette notion de sous-chef n'intervient que dans le groupement Bangou ? Alors que ce même arrêté est muet en ce qui concerne les autres groupement du département de la Mifi, ou nulle part ailleurs »

Tout laisse croire que sa Magesté Tayo ayant compris que la conquête par voix militaire n'était plus possible. Il fallait changer de tactique ; d'où la mise sur pied de la stratégie administrative. Nous ne pouvons continuer sans présenter cet arrêté préfectoral.

A sans tenir sur l'aspect juridique des choses ; il n'y a pas de différence entre un chef de quartier et un chef de troisième degré. Le nombre de quartiers(08) que compte ce village fait de lui une chefferie de 2ème degré. L'on constate que le chef Djomo Christophe avait tout simplement cherché à semer la confusion dans l'esprit des administrateurs. Force est de constater que cet arrêté n'avait même pas tenu compte de réalités historiques et traditionnelles du terrain. À ce sujet le chef du village Baloumgou, sa majesté WACHE Norbert déclare :

« Nous connaissons tous le village Baloumgou. Il est composé de 08 quartiers à savoir TSWETCHA, NGWETCHA, TCHITCHI, TOUKONG, NGWETCHE, POUTSWE, POKEHEU, FOPSACK. Aucune autorité camerounaise n'est descendue sur les lieux pour étudier de près la velléité des rapports que lui avait présentés le chef Bangou ; mettant ainsi de côté tous les faits historiques et traditionnels qui relient les quartiers suscités Notons en passant que ces quartiers qui constituent le village Baloumgou sont dans la norme des choses une Chefferie de troisième degré. Vous le voyez tous comme personne que Baloumgou qui se limite à POKEHEU, selon la frauduleuse carte qui accompagne l'arrêté, n'aucun très de ressemblance avec la carte originale du village... »

Les années 1960 furent des années de tensions au Cameroun. Ce fut des années très troublantes pour l'histoire des peuples Baloumgou. Le Cameroun est plongé dans l'épineux problème la lutte contre le maquis. Ceci nous permet d'expliquer le succès de DjomoZaché dans son processus d'annexion administrative sur deux angles. En effet entre 1960 - 1975, sévi au Cameroun la révolution Upéciste taxé de maquis. Il faut mettre fin à ces troubles et construire un Cameroun libre et prospère. Cependant l'ouest Cameroun et plus précisément les hauts plateaux sont la pièce maitresse, le fief par excellence du maquis. Nous comprenons que l'insécurité devait battre son plein dans la région de Bangou et par ricoché le village Baloumgou. Pour cela, tout rapport qui sera présentés à une autorité administrative en cette période devait être validés sans chercher à avoir des preuves justificatives de peur de faire une descente sur le terrain et de faire face à la poursuite Upéciste. À ce sujet un chef de Maquis de la région, notable Baloumgou nous décrit la situation

« Le maquis à Baloumgou extrêmement dangereux. Avec le chef de l'États qui avait décrété l'Etat d'urgence, l'insécurité avait atteint son summum. Les maquisards semaient la terreur dans le village. C'était la panique dans le village. On enregistrait des kidnappings, des assassinats atroces (les tètes des gens tranchées et déposées en plein carrefour) opérés par les forces de l'ordre et les maquisards. Vous comprenez qu'il était très difficile pour une autorité de se déployer dans cette région sans craindre d'être descendu. De plus en cette période un problème crucial opposait les deux villages. C'est pour cela qu'une enquête de  ce genre ne pouvait se dérouler dans la région sans risque de déclencher les attaques pouvant conduire à de bains de sang » 

La seconde raison serait le fait qu'après l'indépendance, le président du Cameroun Ahmadou Ahidjo prônait la réconciliation et l'intégration nationale. Il invitait tout les ethnies du Cameroun à se mettre ensemble pour favoriser le développement politique, économique et social du pays. Ceci dans le seul but d'éviter autant que possible les disparités régionales dans le pays. Il trouvait aussi en cette réconciliation nationale un moyen idéal pour lutter contre le maquis grandissant au Cameroun. Ainsi il envisagea la décentralisation des pouvoirs. L'on comprend que tout regroupement qui était présenté aux autorités était ratifié par l'administration sans aucune preuve quelconque. Ainsi tout chef, qui comme Djomo Christophe, avait des ambitions hégémoniques pouvait facilement annexer administrativement le territoire qu'il voulait mettre sous son autorité. C'est dont ainsi que ce dernier s'amusa à mettre sous sa juridiction la localité Baloumgou. Ainsi par ce décret Baloumgou de 1965 fut dépecé et réduit au quartier POKEHEU.

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