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Adolescents placés : des familles à  l'épreuve du lien


par Rozenn Léauté
ITES Brest - DEES 2015
  

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III.4 - Évaluation du projet

L'évaluation du projet consiste à mesurer si les moyens mis en place répondent aux objectifs fixés dans le but d'atteindre la finalité du projet, à savoir ici : le maintien de l'adolescent dans sa famille d'accueil.

J'ai recueilli l'avis des professionnels et des enfants pour évaluer l'efficacité du projet (cf. questionnaire en annexe 5, p.67). Je n'ai pas récupéré les réponses de Mme S. En effet, Amélie a été brutalement retirée de la famille d'accueil suite aux accusations d'attouchements, et je n'ai pas revu Mme S. Au vue du contexte particulier, il m'a paru inconvenable de lui demander ce questionnaire. Concernant Mme T, je n'ai pas eu non plus ses réponses. Seuls les deux assistants familiaux Mr R et Mr C m'ont renvoyé leurs impressions.

Il s'agit à tous les deux de leur premier placement. Le groupe de parole leur a paru intéressant. Ils disent se sentir plus à l'aise avec les questions de l'adolescence. D'après Mr C :

« cela permet de discuter et d'échanger nos opinions et d'avoir des idées avec d'autres

familles d'accueil ».

Mr C trouve la prise en charge d'Adrien plus compliquée en ce moment :

« l'éveil sexuel est plus difficile à gérer et est en lien avec l'augmentation d'instabilité plus
fréquente, et peut amener à l'agressivité. Il faut être prudent et plus vigilant en ces périodes

plus difficiles. ».

À la question : « Serait-ce un projet à continuer ? », voici leurs réponses :

Mr R : « Oui, il faut continuer car les rencontres avec les autres assistants familiaux sont

enrichissantes ».

Mr C : « Oui, le groupe de parole est toujours important car pour la famille d'accueil, en
parler entre nous, cela permet de décompresser, de transmettre nos idées et savoir que l'on a
un soutien avec le service PFS c'est toujours rassurant
». Il en a retenu que : « selon l'enfant
placé, il faut être plus tolérant que d'autres selon la difficulté de l'enfant, avoir beaucoup de
patience, savoir aborder la discussion, être ferme selon la situation, apprendre à désamorcer
quand il y a trop de tension, savoir protéger sa famille en cas de difficultés
».

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Mon stage s'est terminé sur des péripéties, à la veille de mon départ, telles que les révélations d'Amélie qui ont arrêtées brutalement son accueil chez Mme S. Adrien quant à lui, a appris son changement de famille d'accueil ce même jour. Je n'ai pas pu évaluer les bienfaits de mes accompagnements auprès de lui et de Mr C. Enfin, Damien allait faire un essai de prise en charge en foyer éducatif, quand j'ai quitté le service.

Pour Jules, le soutien à Mme T a été positif puisqu'elle a continué de l'accueillir. Le fait d'avoir reçu Jules pour lui expliquer que ses comportements sexualisés étaient indécents, a permis qu'il cesse sa conduite.

Selon moi, l'outil du groupe de parole peut s'évaluer sur une longue période. Je n'ai fait que les prémices du projet. Il y a un manque évident de recul quant aux groupes de parole pour que les résultats soient vérifiés.

Après quelques séances, j'aurais pu interroger les jeunes pour savoir si ils évoquaient souvent les questions de l'adolescence avec leur assistant familial, et si cela leur était bénéfique. J'aurais posé la même question aux assistants familiaux, et aurais demandé l'évolution de leur relation. Enfin, les éducatrices m'auraient exposées leur avis neutre et extérieur quant aux effets positifs et négatifs des groupes de parole.

Il aurait été intéressant que je puisse continuer ce projet sur plusieurs mois, voire une année, afin d'évaluer ce que cela aurait apporté à la famille d'accueil et aux adolescents accueillis. Un mois est trop court pour qu'un changement soit observable dans les relations. D'après les réponses de Mr R et Mr C, il semble que ces séances pourraient être bénéfiques. Voici les questions que j'aurais posées après par exemple un an de séances :

« Y a t-il plus de discussions sur la question de l'adolescence entre la famille d'accueil et l'enfant, les parents et l'enfant ? L'éducateur et l'assistant familial ont-ils plus d'outils pour travailler sur la question de l'adolescence ? »

Ce projet est facilement réalisable, car il ne demande pas de moyens financiers au niveau matériel. Des groupes de paroles pourraient être mis en place en fonction des problématiques observées dans la relation enfant-famille d'accueil. Mais le manque de temps et de formation pour les éducateurs pallie à la mise en place de ce genre de projet.

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