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La pollution de la lagune Ebrie: la berge lagunaire d'Abobo Doume

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par AGREY BARTHELEMY NOGBOU
CERAP ET UNIVERSITE DE BOUAKE - DEESS EN ETHIQUE ECONOMIQUE ET DEVELEPPEMENT DURABLE 2012
  

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2-Résultats de l'enquête

Ces résultats vont porter sur :

- La pollution de la lagune selon les riverains

- Les causes de la pollution selon les riverains

- Le consentement à payer des riverains et selon le genre

- Le montant à payer souhaité selon les riverains

- La pratique de la pêche selon les riverains

La provenance des produits halieutiques selon les riverains

a) La pollution de la lagune selon les riverains

Graphique n°1 : La pollution de la lagune selon les riverains

Source : Données de l'enquête

L'on note sur ce graphique que 96% des enquêtés trouvent que la berge lagunaire d'Abobo Doumé est polluée, contre 4% qui pensent le contraire.

Cette inquiétude de la majorité est également le souci de toutes les études menées sur la lagune Ebrié.

Selon KONE60(*) B. et al (2004-2006): « Les aspects de leur (populations d'étude) vulnérabilité rapportés par elles sont entre autres les mauvaises odeurs qui émanent des eaux lagunaires, les mouches et moustiques qui se multiplient en lagune et qui leur apportent des maladies comme le paludisme et les diarrhées, le fait que la lagune soit l'habitat de leurs génies alors qu'elle est polluée, les démangeaisons de corps dont les pêcheurs se plaignent. »

Selon le CRO61(*), les estuaires, les lagunes et les zones côtières constituent les zones les plus sensibles à la pollution, eu égard à leur rôle réceptacle des déchets de l'activité humaine. Cette pollution est particulièrement notable dans le cas de la lagune d'Abidjan. Ce qui a amené l'OMS à conclure que compte tenu du nombre élevé de coliformes dans la lagune Ebrié, elle demeure impropre à toute baignade.

Pour GUIRA62(*) et collaborateur, les déversements d'effluents contribuent à un très important surcroît de la contamination des eaux de la zone urbaine et que de plus, les densités des bactéries témoins de la contamination fécale indiquent une pollution plus élevée des berges lagunaires comparativement aux eaux libres de la lagune Ebrié.

b) Les causes de pollution selon les riverains

Tableau n°4 : Les causes de la pollution selon les riverains

Causes

Nombre

Pourcentage

Ordure ménagère

31

38,3

WC

11

13,6

Déchet

10

12,35

Eaux usées

6

7,4

Caniveau

4

4,94

Usine

4

4,94

Eaux de ruissellement

3

3,7

Egouts

3

3,7

Ecailles de poissons

2

2,46

Poubelles

2

2,46

Eau pluviales

2

2,46

Corps humain

1

1,23

Bateaux bus

1

1,23

Déchets toxiques

1

1,23

 TOTAL

81

100

Source : Données de l'enquête

Il ressort de ce tableau que les ordures ménagères sont les causes de pollution les plus incriminées par les riverains. Cela confirme notre constat et nos prises de vue lors de notre observation. Ces ordures représentent 38,3% des causes.

Après les ordures, les riverains accusent les WC (13,6%) ou les différentes formes de latrine que l'on installe directement dans la lagune. Nous pouvons également impliquer tous ceux qui font leur défécation directement dans la berge.

Les riverains notent aussi l'existence des eaux usées, les eaux de ruissellement, les eaux de pluie, les caniveaux et les égouts, les usines, les écailles de poisson, les poubelles, les corps humains, les bateaux bus63(*) et les déchets toxiques.

Les écailles de poissons (2,46%) sont certainement issues du marché à poissons où les commerçants après le nettoyage des produits halieutiques, laissent trainer les boyaux et les écailles sur la berge.

Les corps humains (1,23%) dont parlent les riverains sont probablement les effets de la crise post-électorale qui ont beaucoup affecté la population d'Abobo Doumé.

L'implication des bateaux bus rentrent dans le même cadre que les pinasses qui servent au transport des personnes et des biens entre Abobo Doumé, le Plateau et Treichville. Pour le quotidien Nord Sud64(*), les trois bateaux qui font la navette entre les gares de Treichville, Plateau, Blockauss et Abobo-Doumé sont appuyés par des pinasses artisanales.

La pollution consisterait au déversement de carburant des moteurs des différents bateaux directement dans la lagune lors des trafics ainsi qu'à la fumée rejetée à cette occasion.

En ce qui concerne les déchets toxiques, les riverains font certainement allusion à la date du 18 août 2006, le jour où, le Probo Koala entre dans le port d'Abidjan, dans la nuit, et se débarrasse de ses déchets toxiques65(*).

c) Consentement à payer

Graphique n°2 : Le consentement à payer des riverains

Source : Données de l'enquête

Selon les résultats de notre étude, 92% des enquêtés sont prêts à payer pour la dépollution de la lagune. Ce qui veut dire que la majorité des riverains sont conscients du danger que représente la pollution de la lagune.

Selon les travaux de KONE et collaborateurs, les populations (de Niangon Lokoa, Azito et Béago) sont sensibles à leur vulnérabilité aussi bien au plan spirituel que physique: « Les populations étudiées se disent victimes de "la ville". Les aspects de leur vulnérabilité rapportés par elles sont entre autres les mauvaises odeurs qui émanent des eaux lagunaires, les mouches et moustiques qui se multiplient en lagune et qui leur apportent des maladies comme le paludisme et les diarrhées, le fait que la lagune soit l'habitat de leurs génies alors qu'elle est polluée, les démangeaisons de corps dont les pêcheurs se plaignent. Aussi, les riverains pensent que la lagune polluée est l'une des causes de certaines Infections Respiratoires Aigues (IRA). Ils disent que la lagune a perdu son pouvoir de guérison, que la pêche est devenue improductive et qu'ils manquent de soutien financier et matériel pour mener de grandes actions d'entretien des berges lagunaires et faire de la sensibilisation. »

Il faut dire que les populations sont souvent soucieuses de leur environnement, en ce qui concerne la pollution. Cela rejoint LADJI dans ses travaux qui conclut que, les populations d'Anyama sont prêtes, non seulement, à payer pour l'assainissement de leur cadre de vie mais aussi à participer à toute opération d'assainissement de leur environnement.

Graphique n°3 : Le consentement à payer selon le genre

Source : Données de l'enquête

Notre étude montre que les femmes comme les hommes dans leur majorité sont conscients du danger de la pollution, mais les hommes (96%) sont plus sensibles à la vulnérabilité liée à cette pollution que les femmes (86%).

Graphique n°4 : Le montant à payer souhaité selon les riverains

Source : Données de l'enquête

Nous constatons sur ce graphique que 100% des femmes qui ont opté pour le CAP se limitent uniquement entre 100 et 1000 francs CFA, alors que les hommes vont au-delà de cette tranche.

Cette attitude des femmes confirme notre constat que les hommes sont plus sensibles au danger de la pollution. L'intérêt des hommes pourrait s'expliquer par la coutume et les responsabilités qui leur incombent.

En ce qui concerne la coutume, les hommes sont plus appelés à faire la pêche que les femmes chez les peuples riverains ; en sus, l'homme étant le chef de famille et généralement le plus disant, toutes les dépenses lui incombent. Pourtant, le marché de poisson d'Abobo Doumé est géré et animé par les femmes.

Cependant, sous d'autres cieux, les femmes sont plus aptes à la sensibilisation de l'amélioration de l'eau de ménage que les hommes. Dans la recherche menée par la Water

Demand Research Team66(*) de la Banque Mondiale dans le Programme Solidarité Eau67(*), hommes et femmes ont été enquêtés dans quatre études d'évaluation contingentes68(*) de façon à tester l'effet du sexe de l'enquêté sur le consentement du ménage à payer pour des services en eau améliorés. Parce que les femmes supportent presque universellement la tâche de la quête de l'eau, les sociologues qui étudient la gestion domestique de l'eau supposent que les femmes attachent davantage d'importance à la fourniture d'eau améliorée que les hommes, et qu'elles seraient donc disposées à payer plus pour de telles améliorations.

Graphique n°5 : La pratique de la pêche selon les riverains

Source : Données de l'enquête

Nous pouvons déduire que la majorité des riverains (73%) pense que la pêche se pratique bel et bien dans la berge lagunaire d'Abobo Doumé, pourtant, toutes les données jusque là nous montrent que cette berge est polluée et que toute pêche serait infructueuse.

d) La provenance des produits halieutiques selon les riverains

Graphique n°7 : La provenance des produits halieutiques selon les riverains

Source : Données de l'enquête

Sur ce graphique, l'on constate que les riverains, homme comme femme, soutiennent dans la majorité des cas que les produits halieutiques du marché de poissons sont issus de la pêche dans la berge lagunaire d'Abobo Doumé ; alors que tout laisse croire que la lagune est polluée et que les pêches sont sans provision.

Néanmoins, une minorité des riverains reconnait que les produits halieutiques viennent d'autres contrées, car la pêche ne rapporte que des alevins et des crabes de petite taille.

* 60 Koné B., Cissé G., Odermatt P., Tanner M.et Houenou PV. (2004-2006); Evaluation des risques sanitaires en rapport avec l'urbanisation rapide d'Abidjan et la pollution lagunaire induite le long de trois villages périurbains de la commune de Yopougon. http://www.scnat.ch (CSRS : Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d'Ivoire), ACTIVITES DE RECHERCHE EN 2004-2006

* 61 Centre de Recherches Océanologiques, Journal Ivoirien d'Océanologie et de Limnologie, vol 4, n° 1, Abidjan, 2007, 1-40p

* 62 GUIRA D. et KOUASSI A.M. (1992), Estimation à proximité des berges des niveaux de pollutions organique et bactérienne des eaux lagunaire de la ville d'Abidjan Ebrié, Journal Ivoirien d'Océanologie et de Limnologie, vol 2, n° 1, Abidjan, 18-41p

* 63 C'est le 6 décembre 1980 que la première ligne de bateau-bus est créée, et que les deux premières gares lagunaires voient le jour. L'année d'après, une gare lagunaire est créée au Plateau, quartier administratif et des affaires. De l'eau coule sous les ponts Félix-Houphouët-Boigny et Charles-de-Gaulle avant la création, en 1998, d'une gare dans la commune de Cocody, non loin de l'emblématique hôtel Ivoire. ( http://www.cotedivoire-economie.com/fichier/1335533616031.pdf)

* 64 Nord-Sud du N° 1808 du 7/7/2011

* 65 Plus de 528 m3principalement d'hydrogène sulfuré (H2S), de la soude (NaOH) et du mercaptan, des produits très toxiques

* 66 (Water Demand Research Team - 93)

The World Bank Water Demand Research Team, The Demand for Water In Rural Areas : Determinants and Policy Implications, in »The World Bank Research Observer», vol.8, n° 1, p. 47-70, 1993.

* 67ALLÉLY D., DREVET-DABBOUS O., ETIENNE J., FRANCIS J., MOREL A. À L'HUISSIER, PHILIPPE CHAPPÉ, VERDELHAN CAYRE G. Eau, genre et développement durable, Expériences de la coopération française en Afrique subsaharienne, Ouvrage collectif collection Etudes et travaux , Editions du GRET.

* 68 On parle d'évaluation « contingente » de la demande lorsque le service n'est pas encore disponible, c'est-à-dire « hypothétique ».

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