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Slow media : émergence d'un journalisme narratif sur le web.

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par Elena JOSET
Université Sciences Humaines et Arts Poitiers - Master Information-Communication, Web éditorial 2016
  

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1.2.3- Précision factuelle, immersion et regard pour un journalisme expérientiel

Les définitions proposées dans l'espace anglophone et francophone du journalisme narratif insistent sur la précision factuelle à laquelle le journaliste se plie. En effet, « le journaliste s'astreint à une stricte exactitude factuelle et ne construit pas ses personnages par l'imaginaire80 ». Cette obligation de précision, ce souci de l'accuracy, est le résultat d'une immersion du journaliste dans le milieu

70 Ibid.

71 VANOOST, Marie. Op.cit.

72 GREVISSE, Benoît. Op.cit.

73 LALLEMAND, Alain. Op.cit.

74 NEVEU, Erik. Op.cit.

75 Ibid.

76 VANOOST, Marie. Op.cit.

77 Ibid.

78 MEURET, Isabelle. Op.cit.

79 VANOOST, Marie. Op.cit.

80 GREVISSE, Benoît. Op.cit.

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observé. Cette immersion permettrait au journaliste par la même occasion de « réduire sa subjectivité et de s'approcher de la réalité81 ».

À ce titre, Erik Neveu rapproche l'immersion du journaliste aux techniques employées en sciences sociales qui reposent sur le double parti pris de compréhension et d'intégration au terrain étudié. Pour Grevisse, le journaliste doit « à la fois parvenir à vivre avec [des] personnages, sans oublier sa posture d'observateur, cette distance qui permet d'échapper à l'adhésion totale82 ». De la même manière, Pélisser et Eyriès évoquent le travail de l'anthropologue qui s'investit sur le long terme afin d'explorer en profondeur un milieu. En effet, plusieurs mois, voire plusieurs années peuvent être nécessaires pour déboucher sur une production éditoriale. Pélissier et Eyriès ajoutent que « le narrateur se fond dans le décor, devient acteur du milieu observé ce qui lui permet d'affûter son regard et sa perception de l'environnement83 ».

Par ailleurs, en identifiant les traits fondamentaux du récit en journalisme, le grand reporter Alain Lallemand met un point d'honneur à l'importance de l'implication du journaliste sur le terrain. Au-delà des caractéristiques que sont la proximité avec les personnages, la distance critique, la fiabilité, la voix et la structure signifiante, l'action est sans doute le point fondamental qui distingue le journalisme narratif du journalisme factuel84. Pour Alain Lallemand, il ne s'agit pas seulement d'être dans l'observation, mais dans l'action pour mieux raconter les expériences vécues. Le journaliste doit faire ressentir au lecteur l'histoire racontée.

Alors qu' « aucun élément ne peut être inventé, ajouté ou supprimé, que tout doit être vrai85 », le récit journalistique fait la part belle aux détails permettant de rendre compte d'ambiances et de rendre « l'histoire vivante, presque «expérimentable»86 ». Pour Benoit Grevisse, le journalisme narratif est en fait un « journalisme de sensations » dont l'objectif est de faire ressentir au lecteur les sentiments des personnages ainsi que les événements87. Marie Vanoost ajoute à ce titre que le récit journalistique fait « intervenir tous les sens du journaliste, creusant jusque dans les émotions et pensées des personnages, permettant de faire vivre au lecteur des expériences ».

Ainsi, les praticiens du journalisme narratif justifient l'utilisation de l'ensemble des techniques d'écriture littéraire pour mieux comprendre un sujet et offrir une expérience de lecture différente de celle proposée par un journalisme plus traditionnel. Pour Nicolas Pélissier et Alexandre Eyriès, « au final [le journaliste narratif] contribue à ré-enchanter un monde que le journaliste factuel enferme au quotidien dans des contenus toujours plus petits et étanches ».

81 Ibid.

82 GREVISSE, Benoît. Op.cit.

83 PELISSIER, Nicolas, EYRIES, Alexandre. Op.cit.

84 LALLEMAND, Alain. Op.cit.

85 VANOOST, Marie. Op.cit.

86 Ibid.

87 GREVISSE, Benoît. Op.cit.

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Et Roy Peter Clark, cité par Chip Scanlan88, d'ajouter à propos de l'utilisation des techniques d'écriture empruntées à la fiction :

« It's also necessary to define what those tools are designed to create : I agree with those also say « experience ». A narrative or story is a form of vicarious (or substitute) experience. The

story transports the reader to a place and a time not otherwise available the reader89 ».

88 SCANLAN, Chip. What is narrative anyway ? Poynter. [En ligne]. 20 septembre 2003. [Consulté le 20/01/2016]. Disponible à l'adresse : http://www.poynter.org/2003/what-is-narrative-anyway/16324/

89 « Il est également nécessaire de définir ce pourquoi ces outils ont été conçus pour créer. Je suis d'accord avec ceux qui disent : «expérience ». Une narration ou une histoire est une forme d'expérience vécue par procuration (ou par substitution). L'histoire transporte le lecteur à un moment et dans un lieu qui ne seraient pas à sa portée d'ordinaire ».

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